‹ Israël chez les nationsChapitre 6 sur 65 · LE CHRISTIANISME ET LES IDÉES MODERNE · texte numérisé non relu

LE CHRISTIANISME ET LES IDÉES MODERNE

I. Comment, en un sens, l’antisémitisme est la contrepartie de l’anticléricalisme. — Comment l’antisémitisme est un autre Kulturkampf. — IL Quelle est la part des juifs dans l’évolution des sociétés modernes? — Sont-ils le principal agent de la déchristianisation des peuples? — Le juif, l’hébraïsme et la Révolution. — Que le juif moderne a reçu l’impulsion au lieu de la donner. — III. Esprit conservateur des grandes juiveries. — Que l’esprit moderne s’y insinue du dehors. — Comment le juif se dôjudaïse en même temps que le chrétien se déchristianise. — Comment notre civilisation est un péril pour le judaïsme. — Pourquoi, en ce sens, il ne peut y avoir de judaïsation des sociétés.

Le chrétien des classes éclairées n’a pas, contre le uif, les préjugés archaïques du populaire. Dans l’Europe orientale même, en Hongrie, en Roumanie, en Russie, la mince couche cultivée, « l’intelligence », comme disent les Russes, sait que le juif ne vole pas les

enfants pour les livrer au couteau du schohet, et que, pour célébrer la pâque hébraïque, la Synagogue n’a pas besoin de sang chrétien. Catholiques, protestants, orthodoxes, ont contre le juif un autre grief, moins enfantin et moins grossier. Ils l’accusent d’être l’ennemi né de ce qu'ils appellent « la civilisation chrétienne ». De toutes les accusations portées contre Israël, c’est, par son vague même, une des plus graves.

S’il n’est pas vrai que, dans ses rites secrets, le juif talmudiste se délecte à répandre le sang chrétien, les juifs, dit-on, les juifs « progressistes », spécialement, font pis encore : ils s’acharnent à mettre en pièces la foi, la morale, la civilisation chrétiennes. Non contents de la tolérance moderne, ils s’efforcent, ouvertement ou clandestinement, de « déchristianiser » l’Europe et les sociétés contemporaines. Ainsi envisagé, le judaïsme est un agent de décomposition, au point de vue moral et religieux, aussi bien qu’au point de vue économique, ou au point de vue national : c’est un dissolvant des vieilles sociétés chrétiennes.

Allemagne évangélique, Russie orthodoxe, France ou Autriche catholique, le juif est dénoncé comme le plus zélé démolisseur de ce qu’on se plaît à nommer l’État chrétien et la culture chrétienne. En s’attaquant aux juifs et au judaïsme, chrétiens de toute confession prétendent, avec le pasteur Stoecker, ne prendre l’offensive que pour se défendre. Il est des hommes qui s’ingénient à découvrir, partout, dans l’histoire, des res-

sorts cachés; qui croient aux longs desseins mystérieusement suivis à travers les siècles ; ceux-là vont jusqu’à se représenter « les princes de Juda » comme les éternels instigateurs de la guerre séculaire faite au Christ, à l’Église et à l’esprit chrétien1. Pour eux, l’ancien peuple de Dieu, en révolte contre son Messie, est devenu l’ennemi de la cité de Dieu, dont il sape sourdement les fondements, et sur les ruines de laquelle il compte asseoir la domination d’Israël. Les juifs sont les initiateurs, les apôtres et les bailleurs de fonds de la grande « anticroisade » menée, dans le monde moderne, contre les traditions et les institutions chrétiennes. De cette manière, l’antisémitisme est, en quelque sorte, la contre-partie de l’anticléricalisme ; c’est un autre Kulturkampf , un Kulturkampf retourné contre les adversaires, secrets ou avoués, de la culture chrétienne.

Tel est bien, en effet, un des facteurs de l’antisémitisme. On le reconnaît au pays et à l’époque où il a fait son apparition. Ce n’est point par hasard qu’il est né dans l’Allemagne du prince de Bismarck, au plus fort du conflit du nouvel empire et de la hiérarchie catholique. Pendant que la presse libérale allemande, conduite, en partie, par des juifs, donnait l'assaut à l’Église, les assiégés, cherchant le point faible des lignes d’investissement, firent une sortie dans la direc-

1. Ainsi, par exemple, les Juifs nos maîtres , par Chabaudy ; Paris, 1882.

tion de la Synagogue, là où campaient les troupes commandées par le juif Lasker. C’était de bonne guerre ; pareille diversion était suggérée par la composition des deux armées. Aussi tend-elle à devenir une des manœuvres classiques des modernes campagnes cléricales. Le juif, qui semblait en devoir être le bénéficiaire, risque ainsi d’être la victime de la guerre au christianisme. L’événement montre que ce n’est pas toujours, pour lui, un jeu sans péril de soulever des luttes confessionnelles, ou de s’y mêler. L’imprudent ! il n’a guère que des horions à y gagner. Les traits lancés par lui, ou par les siens, contre « les cléricaux » menacent de se retourner contre Israël. Il n’est pas bon, pour le juif, qu’on se demande quels yeux peuvent être offusqués de l’ombre inoffensive de la Croix, ou quelles mains ont intérêt à effacer de nos vieux pays les nobles et chers emblèmes de la religion de nos pères.

« Comment, me disait un Allemand de Silésie, voudriez-vous nous empêcher de rendre au Talmud les coups portés à l’Évangile? L’appel fait à l’État contre notre clergé et nos associations chrétiennes, n’avons-nous pas le droit de le faire à l’État, et au peuple, contre les rabbins et les associations juives? La tolérance qu’il réclame pour lui, qui est minorité, qu’Israël nous la montre, à nous qui sommes majorité. Autrement, il entendra, de nouveau, crier : Hep! hep Z1 par les

1. Hep! hep! cri traditionnel contre les juifs en Allemagne. On

millions de chrétiens qui s’imaginent encore que le meilleur présent qu’ils puissent faire à leurs enfants, c’est un évangile et un crucifix. » Et ce langage n’est pas seulement celui des croyants, je l’ai retrouvé sur les lèvres de sceptiques ou d’indifférents qui, en face du juif, se prenaient à se rappeler qu’ils étaient chrétiens.

L’anticléricalisme a donc été, par contre-coup, un des principaux fauteurs de l’antisémitisme. En plus d’un pays, les juifs s’en sont plus ressentis que les catholiques. A ceux qui dénonçaient l’Église comme un corps étranger, obéissant à un chef étranger, les catholiques devaient être portés à répondre en dénonçant les juifs comme des intrus de race étrangère, sans patrie et sans patriotisme. A ceux qui, en Allemagne, par exemple, accusaient les sujets spirituels du pape d’être, de cœur et d’âme, des « ultramontains », rebelles à l’esprit germanique, les catholiques devaient être enclins à répliquer en accusant « les Sémites » d’être réfractaires à l’esprit allemand et à la deutsche Kultur. — « Front contre Rome ! » avait dit, un jour, en 1879, au plus fort de la bataille du Kulturkampf, une des feuilles de Berlin, dirigée ou rédigée par des

en a donné diverses explications plus ou moins fantaisistes; on a voulu y retrouver les initiales des mots : Hierusalem est perdita. Ce n’est peut-être, selon l’hypothèse d’Isidore Loeb, qu’une corruption du mot : Hebel heb I <r arrêtez ! tenez-Ie ! » encore employé, dans ce sens, en Alsace et dans les pays rhénans.

israélites. A ce cri de guerre, l’organe du « Centre ultramontain, » la Germania ripostait par un cri de guerre : « Front contre la nouvelle Jérusalem î » C’est ainsi que, de tout temps, l’intolérance appelle l’intolérance : abyssus, abyssum...

« Le peuple allemand a enfin ouvert les yeux, continuait la Germania : il voit que le véritable Kultui kampf , la vraie lutte pour la civilisation, c’est le combat contre la domination de l’esprit et de l’argent juifs. Dans tous les mouvements politiques, ce sont les juifs qui jouent le rôle le plus radical et le plus révolutionnaire, faisant une guerre à outrance à tout ce qui reste encore de légitime, d’historique et de chrétien dans la vie nationale des peuples l. »

Et cette terrible accusation, les catholiques, contraints de faire face au prince Bismarck et à ses naïfs alliés, les nationaux-libéraux, n’étaient pas les seuls à la porter contre Israël. L’Allemagne protestante faisait écho à l’Allemagne catholique. Les piétistes prussiens, inquiets de voir les coups dirigés contre la hiérarchie romaine atteindre, par-dessus les mitres épiscopales, la Croix et l’Évangile, ont meme peut-être été les plus ardents prédicateurs de la nouvelle croisade 2. La

1. Germania , 10 septembre 1879. Cela est devenu, en Allemagne et en Autriche, le thème habituel de nombreux journaux. Cf. chez nous, la France juive, de M. Drumont.

2. Je pourrais citer comme exemple 1 discours du pasteur Stoecker au Landtag le 22 mars 1880. — Cf. les écrits de M. le professeur von Treitschke.

Kreuz-Zeitung dépassait en zèle la Germania. Et, en dehors de l’Allemagne, en des États où pareil grief semblait hors de place, des écrivains orthodoxes le reprenaient à leur tour. La Rous, du Moscovite Aksakof, faisait la partie slave dans le quatuor cosmopolite de l’évangélique Gazette de la Croix , de l’ultramontaine Germania et de la romaine Civiltà Cattolica. Pour le protestant prussien, pour le catholique autrichien ou français, pour l’orthodoxe russe, c’était donc bien un Rulturkampf que la guerre contre Israël. Il ne s’agissait de rien moins que de conserver, aux peuples modernes, les bienfaits de la civilisation chrétienne, en enrayant ce qu’on appelle la « judaïsation » des sociétés européennes. Pour tous, Slaves, Latins, Germains, Magyars, le juif, l’odieux parasite, était le microbe léthiière, la bactérie infectieuse qui porte le poison dans les veines des États et des sociétés contemporaines.

Que vaut cette accusation ? Et, pour en discerner le bien ou le mal fondé, la faut-il longiemps discuter? Et d’abord, est-elle d’accord avec l’histoire? avec ce qu’il y a de plus brutal dans les faits, avec les chiffres et les dates? Puis, n’est-ce pas grandir démesurément Israël

et attribuer au juif un empire outré que de voir en lui rinspirateur et comme le souffleur de l'esprit du siècle? On eût assurément surpris Voltaire et Diderot en leur annonçant qu’ils n’étaient que les précurseurs ou les agents inconscients des juifs. Rejeter, sur la juiverie et sur le judaïsme, l’ébranlement de certaines notions morales, religieuses, sociales, politiques, n’est-ce pas tenir peu de compte de l’histoire et de la genèse des « idées modernes » ? Ne serait-ce point, de la part des peuples chrétiens, oublier leurs propres péchés pour en charger, avec Israël, un bouc émissaire?

Quelque opinion qu’on ait de « l’esprit moderne », il est malaisé d’en donner aux juifs la louange ou le blâme. Israël était encore parqué derrière les grilles du ghetto, que les assises traditionnelles des sociétés chrétiennes étaient déjà sapées par des mains qui n’avaient pas été en apprentissage chez les rabbins.

Je ne l’ignore point les accusateurs des juifs peuvent ici produire des témoins juifs. Le reproche qui leur a été solennellement jeté du haut de la chaire luthérienne ou de la tribune prussienne, certains « Sémites » l’ont fièrement relevé, s’en parant comme d’un titre à l’estime des peuples. Tel fils émancipé de Jacob n’a pas craint de nous montrer, dans ses sordides aïeux de la Judengasse, les lointains pionniers de la Révolution et les secrets instruments de la libération de l’esprit humain. Au peuple qui a eu la gloire unique de donner au monde la religion, on a voulu faire gloire de lui

avoir donné le rationalisme, nous le représentant défaisant d’une main ce qu’il avait fait de l’autre. Du peuple qui, durant vingt-cinq ou trente siècles, s’est obstiné à tout fonder sur le Livre et sur la parole du Dieu vivant, on a prétendu faire le maître du scepticisme et le mystérieux précepteur de ceux qui ont brisé l’autorité du Livre et qui nient que Dieu ait jamais parlé. « Le juif, dit un brillant écrivain, a été le docteur de l’incrédule; tous les révoltés de l’esprit sont venus à lui dans l’ombre ou à ciel ouvert. Il a été à l’œuvre dans l’immense atelier de blasphème du grand empereur Frédéric et des princes de Souabe ou d’Aragon 1. » Cela peut être vrai; mais est-ce bien dans cet atelier d’outre-monts qu’ont été forgées les armes du rationalisme moderne, ou qu’ont été fondues les doctrines qui ont transformé les sociétés européennes ?

Quelques perspectives que ses rabbis aient ouvertes çà et là aux débiles sciences du moyen âge, ce n’est pas Israël qui a donné le branle au monde moderne. Pour ingénieux et subtil que soit le génie juif, s’il vient s’attribuer l’évolution des sociétés modernes, le juif se vante. Ce n’est pas son travail de taupe qui a fait pencher les flèches des cathédrales gothiques, ou se lézarder les murs des châteaux des Valois et des

LM. James Darmesteter, Coup d'œil sur l'histoire du peuple juif, 1881, p. 16 ; réimprimé dans les Prophètes d’Israël , 1892.

palais des Bourbons. Pour avoir été l'instigateur du monde moderne, il ne suffit pas d’avoir nié l’éternité- du monde du moyen âge. Le juif a le droit de se vanter de n'avoir pas courbé le front devant les dieux des nations, « que leur nom fût Christ, Jupiter ou Baal ». Par sa seule existence, il a, durant vingt siècles, protesté contre l’ordre ancien et contre la société chrétienne, qui ne lui eût pas fait plus de place qu’à l’hérétique, s’il n’eût paru le gardien providentiel du Livre et le témoin involontaire des prophètes. Le juif a été le vrai protestant ; il a été l’intransigeant qui ne pactise point, le réfractaire au dogme et à la tradition. Mais, visible ou latente, timide ou téméraire, sa protestation a été réduite au silence par la flamme du bûcher qui a consumé ses docteurs et ses livres. Eût-elle été entendue, uût-elle été plus forte ou plus libre, ce n’est pas la voix du juif qui eût fait nos révolutions, car sa protestation s’appuyait sur la tradition, et ce n’est point au nom de la tradition que s’est faite la révolution qui a renouvelé la face de la terre.

Qu’on prenne les hommes dont, depuis trois siècles, les mains ont ébranlé les colonnes du palais ou du temple, combien de juifs, parmi eux, ou de disciples de juifs? Qu’on fasse la classification des sciences modernes, de celles qui ont fourni à nos pères « les instruments d’émancipation de l’esprit », sciences naturelles ou historiques, — quelles sont, à proprement parler, les sciences juives, les sciences dont les juifs ont

été réellement les initiateurs? Est-ce l’histoire? est-ce la philosophie? Sont-ce la physique ou la chimie modernes? Serait-ce la physiologie, ou cette nouvelle venue au nom pédantesque, la sociologie ? Je vois bien « des savants juifs, je ne vois nulle part de science juive. Serait-ce l’exégèse religieuse dont les juifs, en tant que gardiens de la Bible, semblaient avoir la vocation ? Cette critique des livres sacrés dont Israël possédait seul la clef, le juif moderne l’a laissée aux protestants; si ses ancêtres l’avaient préparée, de loin, aux xie ou xne siècle, avec Raschi et ses émules, leur œuvre avait été reléguée au ghetto. Au xvie siècle même, le rôle des rabbins s’est borné à fournir des traducteurs à Luther et à Reuchlin1.

Qu’est-ce des multiples et mobiles systèmes dans lesquels l’ondoyante pensée moderne s’est efforcée de se formuler? Lequel de ces systèmes est juif? Est-ce le positivisme, l’évolutionisme, le déterminisme, le pessimisme? Si souple et si robuste, si patient, si varié, si merveilleusement apte à tout que soit son génie, le juif n’a pu avoir, sur la formation de la société moderne, qu’une influence secondaire et, à tout prendre, minime. Que la faute en soit, pour une bonne part, aux persécutions et aux humiliations dont

1. Il y a bien, chez Spinoza, quelques essais d’exégèse biblique, mais ils ont eu peu d’influence sur la Synagogue. Quant aux modernes exégètes juifs, ils sont venus après les chrétiens et se sont, le plus souvent, montrés moins révolutionnaires.

il a été victime, qu’elle soit plus à nous qu’à lui, peu importe. Le résultat est le meme. Israël eût péri tout entier sur les quemaderos de Castille que sa disparition n’eût pas retardé, de cent ans, l’avènement de la société moderne. Amis ou adversaires du juif lui prêtent une fonction qui n’est pas la sienne, quand ils s’obstinent à voir en lui l’obscur ferment qui a fait lever, dans le monde, ce que nous appelons les idées modernes. Le germe en était déjà dans la civilisation classique.

A qui veut l’envisager dans le cours des siècles, la transformation des sociétés européennes apparaît comm& une évolution intérieure, naturelle, organique, œuvre spontanée des forces génératrices de notre civilisation. Des influences extérieures en ont pu hâter le développement interne; elles n’en ont pas créé le ressort vivant; et parmi ces influences, celle du juif n’a été ni la seule, ni peut-être la plus puissante. Ce qui a, fait le monde moderne, la Renaissance, la Réforme, la Révolution, ce n’est ni le juif, ni l’esprit juif; c’est quelque chose de plus général et de plus subtil; c’est l’esprit d’analyse, c’est l’esprit d’examen, c’est l’esprit scientifique dont les premiers tâtonnements ou les premières leçons nous viennent, non de la Judée, mais de la Grèce ; et, s’ils nous sont un jour revenus par les Juifs ou les Arabes, ils n’en provenaient pas moins des Grecs.

Il y avait à l’œuvre, dans notre vieille civilisation

chrétienne, civilisation composite, aux origines hybrides,

d’autres acides que le corrosif juif. Chose à noter, lac-

tion, apparente ou latente, des juifs dispersés, grande ou du moins réelle au moyen âge, a été en décroissant à mesure que s’accélérait le mouvement qui emportait le monde moderne. Encore discernable, çà et là, dans l’ombre, à la Renaissance et à la Réforme, la maigre silhouette du juif avait presque disparu des coulisses de l’histoire, quand éclata la Révolution. L’époque du grand écroulement est peut-être, de toutes, celle ou les sociétés humaines ont le moins senti la main du juif1.

Où était le juif dans le Paris du xvme siècle? — Ils étaient encore à peine, sous Louis XVI, sept ou huit cents juifs du Midi ou de l’Alsace, blottis dans les faubourgs 2. Et cependant, à le bien flairer, notre xvme siècle français doit avoir, pour les antisémites, comme une vague odeur de ce qu’ils appellent « l’esprit juif ». Serait-ce que, à notre insu, d’Alembert, Diderot et les encyclopédistes auraient été les élèves d’un Talmud- Tora? Toujours est-il que la ressemblance est frappante. Les reproches adressés aux juifs et à la « littérature sémitique » par un Stoecker ou un Treitschke, on pourrait les faire, que dis-je? on les a faits, pièces en main, à la littérature, à la science, à la philosophie de la France monarchique, avant la chute de la royauté.

1. Nous ne dirons rien ici de l’action attribuée aux juifs dans les sociétés occultes, spécialement dans la franc-maçonnerie; c’est un sujet que nous nous réservons de traiter plus tard.

Page 1