‹ ItalieChapitre 14 sur 31 · FLEUVES ET RIVIÈRES · texte numérisé non relu

FLEUVES ET RIVIÈRES

Toutes les rivières en Sicile, et même les ruisseaux . sont décorés du nom de fleuves qui , a la rigueur, leur est dû , puisque leur cours , en général très-borné , se jette dans la mer. Les

f>Ius considérables de ces rivières sont : aGiaretta, dont le cours, de Toccldent à Porient, a environ trente lieues de longueur : c*était le fleuve Svmèthe des Grecs et des Romains ; il prend sa source vers le centre de la Sicile , près de Léon-Forte et de Castrogiovanni , reçoit dans son cours plusieurs petites rivières, et se termine dans la mer entre Catane et Augusta, à la côte orientale de File; l'Aci, dont les eaux d*un froid glacial sortent pourtant des flancs de TEtna et viennent Brunir à celles du Symètbe; TAnapo, dont rembouchure est au fond du grand port de Syracuse : son nom antique et révéré n'a pas péri , c'était TAnapus des Grecs ; il recevait dans son lit les eaux de la fontaine Cyane, arrosait la colline où s'élevait le tem-

Sle de Jupiter Olympien , et fut plus *une fois fatal aux ennemis de Syracuse : ce fut sur ses bords ^ et en voulant le franchir, que l'armée des Athéniens , qui venait de lever le siège de la capiàie, fut taillée en pièces et obligée de se rendre prisonnière avec ses généraux. Sous le règne de Denys, Syracuse vit les Carthaginois sur le point de forcer ses murailles ; mais les marais qui bordent l'Anapus causèrent dans l'armée africaine une affreuse épidémie qui la contraignit à prendre le parti de la retraite; FOrètne, qui arrose les fertiles campagnes de Falerme; il traversait autrefois cette ville ; son cours a été détourné dans la vallée; ses eaux charrient quelques paillettes d'or mêlées dans le sable de

son lit; le fleuve Salso , qui prend son nom et sa source dans les salines de Castrogiovanni : c'était THimère austral des Grecs; il est désigné aussi par le nom d'AIicata, ville qui se trouve sur un de ses bras ; il se jette dans la mer d'Afrique, tandis que l'Himère septentrional, aujourd'hui le Fiume Grande, part des monts Nembrodes et se termine dans la mer d'Italie; les deux fleuves Belici , qui tous deux ont leur embouchure dans la mer d'Afrique:

l'un était le Crinisus , et arrosait les

{Haines de Selinunte; l'autre était 'Hypsa, peu distant d Agrigente, actuellement Girgenti : enfin le Platane, autrefois THalicus; le Cantaro, l'Onobala des anciens ; TAbisus ou l'Hélore, près duguel Hiéron vainquit les Carthaginois , et un ^and nombre de nvières moins considérables , mais qui toutes entretiennent la fertilité de la terre, et la défendent contre l'ardeur d'un soleil brûlant et contre les vents desséchants du midi.

HOIITAGNES.

Il y a peu de pays de plaine en Sicile ; la majeure partie de l'île est couverte de collines , de monticules , qui laissent entre eux des vallons resserrés , ou des gorges étroites. Deux grandes chaînes de montagnes la traversent du levant au couchant : la première est celle des monts Pélores, jadis les monts Neptuniens, qui partent du cap du même nom et se rlirigent vers le centre de l'île en s'éloignant peu des côtes septentrionales ; les sommets les plus élevés de cette chaîne sont les monts Dinamare et Strapeveri ; leur pente du côté du nord est en général fertile et boisée ; vers le midi , ils sont plus âpres et plus arides. Une autre chaîne, celle des montagnes de Madonia , appelées Nembrooes par les anciens, commence un peu au midi du point où se termine la première, et se prolonge au couchant jusque vers rembouchure du Belici , près des ruines de Selinunte. Outre ces principales chaînes, divers embranchements moins élevés partagent les plateaux situés au nord et au midi.

SICILE

û^ loin* ftoB Mip6ct flé^èfo, r^fidîté de 869 flancs, leurs déeoupures précipitées , forment un contrasté Irap- {»ant, mais d*un efïet grandiose, atee e site riant, animé, de la ville, du port et de la vallée, et sa eouleur sombre, réfléchie dans les eaux de la rade, en fait encore ressortir la limpidité. Les Grecs avaient donné à cette montagne le nom d*Krcta. Des chroniqueurs siciliens attribuent h Saturne, dont ils font un roi puissant et cruel , la construction de la première forteresse élevée sur ce mont long-temps inaccessible. Une race gigantesque, dont on prétendait avoir retrouve les ossements et les demeures souterraines , comme nous le dirons ailleurs , avait dd occuper cette montagne. La difficulté d'arriver au plateau fertile qui la couronne, et aux sources qui s'y trouvent , Tempécha long-temps d'être habitée; durant la première guerre punique, Amilcar en fit un camp inexpugnable, et y brava, pendant cinq ans , les eflfbrts des Romains , Jusqu*au moment où la victoire navale remportée, près de Drepanum, ?iar le consul Luctatius sur les Carhaginois , contraignit ces derniers à demander la paix et à évacuer la Sicile.

L*histonre, depuis cette époque, ne fait plus mention du mont Ercta ; des ruines amoncelées sur son plateau paraissent être les débns de quelquesunes de ces forteresses dont les Sarrasins couronnèrent les hauteurs de la Sidie, afin de tenir en bride sa population. Les auteurs siciliens j veulent voir ou la forteresse de Saturne, ou les retranchements d'Amilcar. Quoi quMI en soit , le sommet de ce mont . ainourd*bui si célèbre et s!

fréquente , n'était visité que par quelques pâtres assez hardis pour en gravir les sentiers. On ne sait même II quelle époque des temps modernes il avait reçu le nom de Pelleffrino, qui semblait annoncer d^avance raflluence que la dévotion et la curiosité y attireraient plus t^rd. Depuis, le mortt Peltegrtno est devenu Tobiet de la vénérauoQ den Siciliens , le but des plus

pieux pèlerinages , le sanctuaire des

Ïlus araentes prières , le riche taber-' ade que les mangers comme les habitants de la Sicile et ses souveraine décorent des plus magnifiques ornements. Une route superbe, quoique rapide, nommée la Seàla, oonduit, par qumze replis, jusqu'à la Grotte Sacrée , où les légendes siciliennes as^ surent que le corps de sainte Kesalle, la patronne de Palerme, fut retrouvd en 1634.

Rosalie, Tobiet de tant de vceox, vivait, dit-on, dans le douzième sfèele à la cour du roi Roger. Les chevaliers normands, vainqueurs de la Sicile, y avaient porté le goût des fêtes, des plaisirs et de la magnificence ; il semble que partout les guerriers victorieux empellissent ainsi les jours de leur repos. Issue du sang royal, la jeune Rosalie, brillante de Jeunesse et decharmes, devenait, au milieu de cette cour galante, Tobjet des hommages les plus vifs. Ils portèrent sans doute le trouble dans son coeur, et les scrupules dans son ame timide. Effrayée des périls qui menaçaient sa vertu , elle s'enfuit secrètement de cette cour dangereuse , et vint se consacrer à la retraite et à la prière, dans une grotte humide et isnorée du mont Peilegrino.

D'autres chroniques disent qu'elle était fille d'un comte sicilien nonmfié Sinibalde, et oue, pour se soustraire aux violences deè Sarrasins, elle se re-* tira dans cet asile obscur. Quoi qu'il en soit, elle y nsourut, disent les mé* mes légendes, et son sacrifice, sa beauté , se^ malheurs et son tombeau furent effacés de la mémoire des Siciliens.

Environ cina $iëcles plus tard, en 1624, Palerme riit en proie aux horribles ravages de la peste ; ses habitants , dévorés par le terrible fléau , imploraient en vain , au pied des autels , la miséricorde et les secours du ciel, quand tout h coup un des citoyens descendit du mont qu'il était parvenu

Xvir, et annonça qu'une révélation e lui avait indiqué la grotte oi) reposaient, sans honneur et sans sépulture , les ossements de sainte Rosalie:

8ICILE*

du tniTMl et 8â rtenniMise. Les hibttants dn vilUwet ont Taspect un peu sauvage et rebord anea nide.

Parfais la curiosité des voyageurs les étonne, les inquiète; ils ne la comprennent pas; mais ils sont serviables et hospitaliers ; ils forment d'excellents guides pour les étrangers que le désir de connaître ou Tamour des sciences conduisent et retiennent oudquefois sur les hauteurs de TEba.

Les limmes sont douées de la force et de la beauté; mais elles voient bientôt flétrir Tune et Tautre par Texcessive chaleur du climat et par les rudes travaux qui sont leur partage.

Les hommes sont plus indolents; ils laissent aux femmes les occupations les plus pénibles; tous les jours elles gravissent les forêts escarpées de r£tna; elles en rapportent du bois, des plantes usuelles et médicinales, et de la fflace qu*elle vont vendre à la ville. Cette i>reaiière réjgion de la base du volcan, si fertile, si abondante en productions de toute espèce. n*est ce* pendant pas aussi riante, dans cette direction, que vers Mascali, un peu plus au nord-est, parce qu'on rencontre trop souvent en sortant de Catane ces coulées de laves qui déd)i* rent dans tous les sens les chamjM cultivés, fatiguent les ytvn et attristent la pensée. A mesure qu'on s'élève sur la peote de ces belles collines, les villages et les habitations devien* nent plus rares; les dernières qu'on rencontre oontiguis à la région des forêts, sont le couvent de S. ^iooio de l-Areoa et le bourg deNicolosi. C'est à Tua de ces deux endroits qu'on va passer la nuit avant de poursuivre sa route à travers les bois. Le couvent appartient aux bénédictins de Catane.

C'est une espèce d^hosplce pour les religieux. On y envoie pendant Tété les Jeunes moines dont la santé a besoin de ménageoMOt el d'un air plus salubre.

Quelques andene pères y viennent aussi pour s'y livrer plus tranquille* ment a l'étude des sciences et surtout à celle de la botanique.

Cet établissement remonte su temps de la dynastie des princes norman»*

Ils demkèfcnt ma wdiffiem des teins dans oe eanton et leur irent bâtir une maison assez vaste sur un plateau un peu plus élevé que le couvent actuel.

C'était la principale babitatiOD de l'ordre lorsqu'une éruption df l'fitna la détruisit de fond en comble. Chassés de la montagne, hs disciples de saint Benoit vinrent bâtir un grand couvent dans la ville de Catane; il fut détruit à son tour, et rebâti bientôt après, ainsi que San Nicolo deil-Arena, qui ..n'est |)lus qu'une annexe de la maison urindpale. Micolosi est un bourg peuplé d'environ trois roiUe habitants où l'on trouve plus de ressources Qu'au monastère dont nous venons de parier. Malgré sa position dangereuse, il renrarme quelques maisons de campagne. Rien n'est plus ravissant que la vue dont on jouit de ce lieu en contemplant le pays, qu'on vient de parcourir, les campagnes de Catane, et au fond, cette belle ville et la mer de Grèce; mais par un contraste frappant, rien n'est plus affreux, plus triste, plus menaçant, que le spectacle qui se présente en tournant les yeux du côté opposé. Là s'éiève ce terrible Monte-Rosso qui dérobe aux habitants de Mrolosi la vue du cratère et des forêts de TEtna, mais qui doit sans cesse rappeler a leur pensée son affreuse ori^ne et tous les désastres de l'éruption de 1669 qui lui donna naissance.

Ce tut au-dessus du village de Nicolosi , à une demi-heue environ des dernières habitations, que 1m flânes de l'Etna s'entr*ouvirent et vomirent pendant quatre mois tantôt des cendres et des scories brûlantes qui for* mèrent ce mont effrayant , et frapnèreat de stérilité tout ce qui touche à sa base , tantôt des torrents de lave qui, se précipitant avec fureur, dé»

truisirent presque entièrement le bourg deMicolosi , siflonnèrent dans tous les sens les oampagnes inférieures, cC bouleversèrent la vtUc et le port de Catane. Le Monte -Roaso présente deux cimes, ou pour mieux dire les deux extrémités de son ancien cratère^ U. dépendrait aujouid'luii Miooloei

L'UNIVEHS,

<jhine coulée de lave <pii inrtlrâlt d'un point plus élevé ; mais lui-même rouvre souvent son cratère et ses horribles flancs , et plusieurs villages ont été, à diverses reprises, dévastés par des éruptions soudaines; c*est onlinatrement à Nicolosi qu'on prend des suides pour traverser la région des roréts , et qu'on se précautionne pour pouvoii' passer plus commodément la nuit sur f Etna, comme nous le dirons plus bas.

Aussitôt qu'on a tourné le Mante^^ Rossoy qu'il faut laisser à sa gauche, on entre dans la seconde région , celle des forêts. Sous ces vieux arbres , dont le dôme cache à la vue la cime effrayante et encore éloignée du volcan , au milieu de cette aibondante végétation de plantes fleuries et embaumées, de graminées et de bruyères dont .on foule les tapis émailles , je ne sais quel aspect sévère, miel caractère grave et triste empêche de trouver ce calme , cette fraîcheur, ce repos dont les bois inspirent toujours la pensée. Ces chênes, ces châtaigniers (^rgés de branches et d'années, aux troncs énormes, aux racines noueuses, semblent n'avoir pu diriger librement leurs cimes vers le ciel ; la foudre a menacé leurs têtes, a courbé leur orgueil et tourmenté leur croissance. La terre qui les supporte est plutôt bouleversée qu'inégale. De profondes scissures, des grottes sans fond ou aboutissant à des abîmes s'y rencontrent en très-grand nonôbre ; des monticules boisés laissent encore reconnaître à leur cime les anciens cratères de volcans secondaires, que les siècles et les efforts de la nature ont recouverts d'une verte parure. Quelquefois le bois s'éclaircit, les arbres sont rares et desséchés, une mousse glissante rem[dace les gazons, et bientôt une coulée de lave présente à sa surface des ondulations distinctes, comme si les flots brûlants venaient de s'arrêter. Plus on approche de Textrémité de la région des tbréts,

Slusoesaccidentsdeviennentfréquents.

l'est dans une de ces édaircies, près de la route de Kioolosi au cratère, que

se trouve la grotte des chèms. Ek fut long-temps l'asile noctoroe da voyageurs qui montaient à TEtna , et

2U1 voulaient n'y arriver qu'au lem u soleil. Cette seule ciroonstaaoe i fixé l'attention sur cette grotte, <p n'est d'ailleurs ni profonde ni ëlem Sa voûte peu épaisse est évidcmiMB;

Sroduite par une coulée de lave aujov 'hui suspendue en l'air, paroe que b pluies, ou l'affaissement du temb.

ont entraîné les cendres sur lesqudia elle s'était formée. Plusieufs groCta semblables éparses dans ka for& scr vent de glaaères que les habitaots et TEtna remplissent pendant rhînr.

au moyen aes neiges dont se ctmm la cime du mont La grotte des dl^ vres est, pendant les nuits orageuseï la retraite des bergers qui , toos b étés . conduisent leurs troupeaox d»

ces rorêts. Lorsqu'un voya^teur vieM s'y reposer , ils accourent a b mÇt pour lui vendre du lait , des uns 8auva§[es et du gibier oui abonde wom ces bois. On y trouve des podrix, éa cailles, des pigeons ramiers, des htvres, des sangliers, des dievreiiik Du reste, personne ne coucbe ptuf à la grotte des cbèvres depub h construction de la maison de Gend^ laro, dont nous parlerons bientôt. U région des forêts forme autour db mont une circonférence d'envûn» U lieues sur trois de largeur; ette ofhv. dans ses édaircies , dâ aspects adnirâbles , d*où l'on découvre , a tnvm des arbres groupés de la manièTC U plus variée et la plus pittoresque, b

8 laines riantes et fécondes fui serves: e base à l'Etna. Après bien des értours on approche oifin de la iimiir supérieure, les arbres deviennent ^ grêles et plus rares; on ne renoontit

S lus que des bouleaux, des sapins <k es pms ; un vent violent et^aoé pe^ nètre dans les veines. La nwte «st glissante, les pentes sont plus rapide; enfin la végétation cesse tout à coop , et la troisième région, regkme «•perla, se présente Suib son effirafante nudité. A peine quelques mousses Im> guissantes tapissent -elles encore ses noirs rochers, dont les

SÏCÎLÉ.

remplies d*une neige durcie. Ce triste aspect, la violence du vent, les sourdes détonations du volcan , semblent augmenter encore la difHcuIté du chemin. La respiration devient difficile et fréquente ; c*est en s'aidant des pieds et des mains et des bâtons ferrés, qu*on arrive au sommet de cette pente ; là se trouve une plate-forme toute hérissée de quartiers de laves et de blocs glacés , de neiges et d'éjections volcaniques. Elle entoure de trois côtés seulement le dernier cône de TEtna , dit la région du feu. Cette plaine effrayante se nomme , on ne sait pourquoi , la Piana del Frumento ; jamais nom ne fîit moins approprié. On croit

?[ue cette vaste et norrible enceinte ormait , dans des siècles reculés , r immense cratère du volcan d'où se sont échappées ses plus terribles éruptions.

En arrivant sur cette terre de deuil et de désolation , on éprouve une vive surprise d'y rencontrer une petite maison, construite exprès pour servir d'abri aux voyageurs , aux naturalistes et aux savants qui veulent faire et consigner leurs observations sur les phénomènes divers du volcan.

C'est à la philanthropie d'un des plus estimables habitants de Nicolosi que cet asile est ûù ; il n'a cessé de prodiguer aux étrangers ses conseils et ses secours , avec la bienveillance la plus généreuse. La maison conservera longtemps le nom de Gemellaro, On l'appelle aussi la maison des Anglais, 1>arce qu'ils l'ont augmentée pendant eur séjour en Sicile.

A peu de distance , on aperçoit, sur le même. plateau , quelques assises des murs antiques d'un bâtiment carré. Cette ruine s'appelle vulgairement la Tour du philosophe. Une tradition , passée de génération en génération, mais sans aucun caractère d'authenticité ni de probabilité historique, rapporte qu'Ëmpédocle avait fait construire là son observatoire, pour y étudier les phénomènes du volcan. Il n'est pas plus certain que le philosophe d'Agrigente se soit précipité volontairement dans le cratère,

T Livraison. (Sicile.)

et personne ne croira qu^une explosion de scories et de laves ait rejeté son cothurne. Les antiquaires , sans être d'accord entre eux, ont donné une autre origine à ces débris. Les uns veulent y reconnaître le temple redoutable de Vulcain , dont les pervers et les homicides ne pouvaient approcher sans s'exposer à être dévorés par les chiens nourris dans le sanctuaire , où des prêtres entretenaient un feu perpétuel et sacré. D'autres assurent que ce bâtiment fut construit tout exprès pour recevoir l'empereur Adrien lorsqu'il monta sur l'Etna , pour y admirer le lever du soleil. Au reste, ces débris informes attirent bien peu l'attention , auprès du spectacle qui s'offre de ce pomt aux yeux du voyageur, et qui le pénètre de crainte et d'étonnement. Au bout de la Piana del Frumento , commence le dernier cône de l'Etna , pente noire et rapide sur laquelle roulent à tout moment les scories, les pierres ponces, les cendres rejetées par le volcan. Ces éjections continuelles salissent et recouvrent des parties de neige qui subsistent encore sur ce terrain agité et brûlant. Des nuages en flocons, composés de gaz et de vapeurs lourdes et méphitiques, dissent aussi sur cette déclivité. On évalue à 1300 pieds la hauteur de la couronne de l'Etna , et sa base à environ deux lieues de tour. Il faut près de deux heures pour arriver au sommet et à Torle du cratère ; et ce n'est qu'avec une extrême fatigue et un courage éprouvé qu'on parvient à surmonter les obstacles aue présente cette ascension.L'impossibilité de prendre pied sur un sol mobile où souvent on enfonce jusqu'à mi-jambe , où quelquefois on glisse sur des parties plus solides et humectées par les vapeurs qui viennent d'y passer, la rencontre de ces nuages sulTocants, le défaut de respiration causé par la raréfaction de l'air, la terreur secrète qu'inspirent les détonations et les explosions intérieures du cratère, le vent violent qui ajoute encore à la fatigue et au découragement, ont arrêté plus d'un voyageur dans cette entreprise péril*

L'UNIVERS

' leusç. On la tente ordinairement vers la gauche , quoique le mont soit plus élevé de ce cofe, mais la pente est

5 lus unie , et dans h partie ou le bord u cratère s'abaisse sensiblement vers la vallée du Bœuf, les rochers, les ressauts, les éboulements le rendent foaccessfble. On consulte aussi la direction du vent , afin d'éviter en montant la rencontre dangereuse des nuages méphitiques et la pluie de cendres et de scories. EnGn on arrive à cette sommité si ardue , et là , le spectacle le plus extraordinaire se développe devant les yeux. Le cratère n'est pas , comme celui du Vésuve , un enlonnoir régulier formé par Tébouiement concentrique des cendres et des scories; ici c'est un gouifre immense, escarpé, irrégulier dans sa forme et dans son circuit , dont Tenceintc, qui peut avoir une lieue de dévelop|)ement, est inégale , déchirée , morcelée par de nombreuses crevasses. Tout est désordre, tout est infernal dans Tintérieur du gouffre: des explosions éclatent de tous côtés ; d'épais tourliillons de fumée s'échappent des interstices des rochers ; des gerbes de feu sortent de plusieurs petits cratères intérieurs, et retombent dans rabime a travers les sinuosités des rochers amoncelés dans un désordre effrayant. Ces accidents , ces monticules intérieurs séparent le gouffre en plusieurs parties et en varient les scènes tumultueuses.

L'audace de q^uelques voyageurs leur a inspiré le désir de contempler de plus près encore ce lieu d'épouvante. De profondes scissures formées dans la paroi du cratère leur ont offert un passage pour pénétrer jusqu'aux éboufcments amoncelés surrabmie.On neut juger, par le dessin que nous en donnons (»/. 5), pris dans rintérieur même du cratère, du courage et du sang-froid de l'artiste qui , au milieu des détonations et d'une pluie brûlante de produit^ volcaniques , a osé retracer ce site infernal. Irautres voyageurs l'ont décrit ; leurs relations s'accordent à peu de difierences près. Mais il est facile de comprendre que l'état intérieur de ce cratère, toigours incandes-

cent, toajoins tourmenté, èoit doncer

souvent d'aspect. Les guides se reîusent ordinairement à descendre daf< Fabîme, et on cite quelques vktiuks d'une pareille témérités

Du laîte de ce mont formidable , <^.

Famé et les yeux viennent de se pénétrer de tant de terreurs , un ooDtr«i>:'* saisissant et admirable appelle aiis>i l'attention du voyageur, et le ooos<f< de ses fatigues et de ses dangers. >vh.> nous servirons, pour décrire oc sf^^?tacle ravissant, de la plume d'un vo v jgeur noodeme qui a vu la Sicile en ubservateur instruit et scrupuleux, equi l'a décrite avec chaleur et d\c< goQt (*).

« EnGn l'orient s*est enflamme . e:

« le soleil a paru sur l'horizoD. Jai:w.^ « il ne fut aussi brillant à ma \ u** : « dans ce moment il était réeUeu»» :/. « pour moi le dieu de l'univers. S. ; « globe de feu se balançait pouapeio^ - « ment en sortant du sein des n)o..:> « de la Calabre. Bientôt il s'est ou .- « tré dans toute sa nuyesté , et >.-»

« rayons ont éclairé le magnilîque tj- A bleau offert à mes regards : je «i - « couvrais la Sicile entière, dont i .- « rives triangulaires, développées >u/ « une étendue de âOO lieues, $^ a blaient toutefois, par un mène..- « leux effet d'optique, n'être que la n^ >r « de r£tna: ses vastes ports rn^a>.-> « par la uature, fréquentés par tt> .^ « les navigateurs; ses cités opulei.:<> « ornées par le génie des arts , emi*? •- « lies par les souvenirs de U pK i.*-. « ses fertiles campagnes, peu|^ées»U ••.- « nombrables troupeaux, tapissées \>- « moissons, de vergers et de pauipre>.

« les fleuves qui les fécondent , ri « quelquefois aussi les dévastent; io « mers d^azur qui baignent ses fortu- « nés rivages , et qui tant de foi> > « portèrent des béros; les iles Êoiici.- « nés s'élevant du sein des onJe>, A comme des roches de tunjuois^-s ; <i y ulcania, antique demeure d un dir j « puissant; Stromboli, couronne^* «^t* « tumées ondoyantes ; les nicMita.:iu>

(*) Lettres sur la Sicile, écrtlei en i <■ î. par le marquis de Fore&ta. A Paiis , ct^^ Ducoikt, Ubndre, quai de* Amwtiat

SICILE

de te Cohhte , fwyoftsa Y^rlen mm^i im ciel teuioufs pas ; les flots éc^ meux 4u phare de Mesaine , agités dans les jours les plus c^mes; recueil de Scylla, si funeste aux nochers imprudents ; enfin , dans le lointain^ Vue de Malte apparaissait à mes regards oorome un petit nuage fixé sur rhorizott. Qael magique tableau!

quel merreuleux spectacle 1 Maïs il est peu fait pour nos débiles oi^anes, moins encore pour notre orgueilleuse imagination: la mienne, oubliant presque sa nature, s'est comme élancée vers cet olympe dont elle était si |HPûche : un instant elle a osé se croire narmi les dieux , Càx Tunivers était à mes pieds, et ie n'en voyais «pie ce qu'il y a de grand ; tous les petits obfets se peraaient dans rinunensit^. C'est ici que le philosophe devrait venir élever ses pensées ! sur oe grand trépied , le uoète se sentirait inspiré a*un sublime délire ! »

Au moment di| lever du soleil, Tom* re projetée par TËtna produit un ffet fort extraordinaire, et dont pluieurs voyageurs ont été témoins: la (loitié de la Sicile , les mers qui Ten- Durent sont embrasées des ma du )ur, et l'autre moitié , sous Tombre u gigantesoue volcan, semble plongée ans une nuit profonde.

On peut aussi , de la cime du mont , ompter avec surprise les nombreux monticules qui surgissent sur ses flancs t qui attestent les éruptions terribles es matières volcaniques. Plusieurs nt été le produit d*une seule érupion ; en enet, on compte plus de cent e ces cmtères éteints, et les tradilons historiques, assez incomplètes u reste sur ce point, ne font mention ue d'environ sohante éruptions, armi lesquelles orne seulement nréèdent Père chrétienne. Cesterruilfis hénomènes sont consignés dans beauoup d'ouvrages consacrés aux scienes naturelles; oi|r, sous oe rapport, Etna est une n)ine itiépuisable d'obervations et de systèmes pour les phyiciens , les géologues, les botanistes et Bs minémiogistas. Bdomieu y Spal-

lanzzani, Ferrara, M^Wgna, etc., et une foule d'autres savants ont publié à ce sujet des mémoires et des dissertations remplies de âdts curieuK et de remarques mtéressantes.

Une autre route au nontot du mont conduit du bourg de Lingua-Grossa au sommet de l'Etna; c'est sur oette rcNite que se rencontrent ces vieut et monstrueux diâtaigniers, dont tous les voyageurs ont parlé , et qu^ a désignés sous les noms des Cent càevaux y des Sept frères^ du iioj et du f^otMeott; étonnants de vétusté, de grosseur , et on pourrait dire de oaoucité , ils n'offrent d'ailleurs rien de bien intéressant à étudier pour le peintre , ni pour le jaaturaliste.

Les Siciliens modernes ont conservé à r£tna le nom de Ghibello, qui vient des Arabes, ^ dont on a fait le mont Gliibel. Ce mot Ghibel signifie montagne en arabe. C'était jpour ces peuples le mont par exceûenûe, et sans Autre dénomination.

ROUTES BT GHSMIMS.

Il y a peu d'années, les communications 0 étaient ni faciles, ni s(^res, entre les divers cantons de I9 SiciW- Il partait, à la vérité, de Pi4erii(e quelques grands chemins qui se diriseaient vers les principales villes in^ rîle ; mais ces routes s'arr^taiept à douze ou quinze lieues de la capitale, et n'étaient pas terminées. Pl\is loiij, des sentiers mal tracés , souvent m^pje des ruisseaux , ou des torrents desséchés, étaient les seules voi^; encose fallait-il les parcourir, soit en litièrf, soit à dos de mulets. Depuis longtemps des projetsd'amélioration étai^t annoncés, et des impôts étaient perçus pour leur exécution ; enfin , <)«^m|s fa paix, une grande partie de ces routes ont été adievées, et on voyage ^jourd'hui en Sicile aussi facilement

£ie oaos plusieurs parties de l'Italie.

es voies siciliennes, dans l'antiquité) ne le cédaient pas à celles de l'Italie; l'Itinéraire d*Antonin en fait mention et cite entre autres les viries Valerii^f Pelorina, etc.

L'UNIVERS

dVrBd BT 1N>ATS.

Une étendue de côtes que Cluvier évalue à six cents milles , sous un ciel si favorable, supposerait une population adonnée à la marine, une puissance navale active et redoutable, un commerce d^échange très*florissant.

Tel fut souvent le spectale qu'offiit la Sidle, aux beaux jours de la Grèce, pendant l'occupation des Carthaginois, sous la domination des Romains, au temps des croisades , et sous les rois de la maison d*Aragon. Aujourd'hui , ces beaux ports sont déserts, ces cotes voient rarement des voiles animer les flots qui les baignent; ces rades ne reçoivent pas de navires dans leur enceinte tutélaire , et le Sicilien regarde avec indifférence la lame qui se orise à ses pieds. Rien n'est plus beau,

eus vaste, plus sûr que le port de essine , formé par une jetée naturelle et recourbée qui le sépare du détroit.

Les anciens appelaient ce môle la Faulx. Ce fut de lui que Messine tira son premier nom deZanclée ; c'est aujourd'hui te Bras de Saint-Rainier, Le port de Messine est, de tous ceux de Sicile, celui où le commerce et le mouvement maritimes ont conservé encore quelque activité.

C'est dans le détroit , en dehors de la jetée dont nous venons de parler , et a peu de distance de Touverture du port, que se trouve le gouffre de Charvbde , si célèbre , si redouté dans rantiquité, et dont les dangers sont CMilement évités, et souvent même bravés i>ar les marins modernes. Scylla, non moins fameuse que Charybde*, est un rocher situé en Calabre , de l'autre côté du détroit ; au bas, sont quelques brisants et des grottes dans lesquelles la mer s'enfonce écumeuse et mugissante. La pèche du corail se fait dans les eaux de Messine , depuis l'entrée du port jusqu'aux bouches du phare.

Les Siciliens regardent comme une chose merveilleuse un phénomène assez commun qui se prâente fréquemment à la vue de Messine, lorsque le soleil se lève par un temps brumeux:

c'est un mirage qui semble faire ap-

paraître dans les airs des ofaieisb- {astiques. Cet effet est connu co Skik sous le nom et la fie Moratme.

Catane {pi. a), au fond d'un beasfoifc. eut autrelois un port assez vaste, l 'jt épouvantable coulée de lave , afiri avoir détruit la moitié de b ville, s r vança au milieu du port , le rédoi^ à un espace très-rétrad, et fonuf môle indestructible et d'une éinatix extraordinaire. La mer, arrêtée fw cet obstacle, en bat la masse averi reur, et j occasionne des brisants des remous qui rendent la passe i commode. Plus au midi, setroavrport d'Augusta , assez mal 4é(e»par un fort construit sur un rocir l'entrée en est trop lar^ et trop l couverte : elle serait ^Kde à forcer ne reste plus rien de la inasniirei des ports de Syracuse, si oétaresd l'histoire grecque et sidlienoe. l' ffrand port , que sillonnèrent tant »i uottes puissantes, où se livTa ce terrible combat naval si fttal aux Atv niens, n'est plus qu'une rade (i:< l'ouverture s'est envasée, et laissai peine un étroit passage aui gn*-^ vaisseaux. L'œil y cherdie eo ^ > des traces des neocosi , ces darses:^ menses qui pouvaiesit, disent le$ :•' toriens , abriter trois cents gakf^ Le port de marbre, ou le petit ^^^ est encore aujourd'hui le plus ne mode et le plus fréquenté ; mais il r -^ plus entouré de ces beaux édito <^i lui donnèrent son nom. Le port « Trogyie est méconnaissable. Au nn de la Sicile, près de Girgenti, 1« cienne Agrigente, on a forme. -^ moyen d'une longue jetée, constni J aveclesdébris desmonumentsdekiMi antique, une espèce de baieoù les « ^ ^ seaux viennent charger des graios.H nomme ces petits ports de cùms»-^ Caricatora , c'est-ihdire lieu de clu.' gement : c'était Temporium à» ^ ciens. On croit reconnaître danski ruines de Sélinunte rempiacemeot ^^ sablé d'un ancien nort qui devait ^ trouver au centre ûe la ville.

Du reste, il n'existe pas un b^ port, A une rade sûre dans toute >^ toidue de la côte méndiooale qui f»

SICILE

ce à rA£riqae. Cet obstacle naturel it nuire à la prépondérance de la lissance carthaginoise en Sicile. Dans urs premières expéditions , les flots de Carthage faisaient le tour de le pour débarquer à Palerme ou à repanum; mais Annibal, fils de Gisin , ayant choisi le promontoire de ilybée pour y effectuer la descente ; son armée, lorsqu'il entreprit la îstruction de Sélinunte, cet incident tira sur ce point l'attention des Carlaginois. Diodore dit quMIs y établi* int leur place d'armes après que Def's leur eut enlevé la ville de Motyes, 1 d'abord ils avaient placé leurs arnaux. Dès la première guerre punile , LJlybée était devenue un établis- •ment militaire et maritime très-im- )rtant , et les Romains l'assiégèrent Midant dix années consécutives. L'enée du port était défendue par des rueils sous-marins, que les pilotes lybéens savaient seuls éviter. Virgile a pas oublié cette circonstance dans ; vers du troisième livre de l'Enéide :

r vada dura lego saxis Litybtia ceecis,

....... Et vou« rocher» terribles

ae Taffreiix Lilybée en pièges invisibles »us sa perfide mer déguise aux matelots.

( Dklillb. )

Ce fut de ce port que partirent cette meuse expédition formée par Scipion la flotte commandée par Lélius, son ni. Il faut lire dans Tite-Live le malifique récit de cet embarquement , li fut bientôt suivi de l'humiliation ! Carthage et de la ruine de sa puisnce. Les Romains , maîtres de Lily- « , n'oublièrent pas l'inquiétude que jr avait causée la puissance marine de cette ville , et ils encombrent totalement le port. Ceoendant à époque de l'invasion des aarrasins, existait un beau et vaste port qu'on gardait comme celui de Lilybée et iquel ces peuples avaient donné le >m de Marsalla (port de Dieu) , quMI ►rtc encore. Mais pendant le XVI' ?cle, don Juan d'Autriche le fit aussi icombrer, dans la crainte que les aures ne parvinssent à s'en emparer.

9ut ce rivage est maintenant triste

et désert, bwn oue Marsdla soit une ▼ille assez eonsiaérable.

De Marsalla à Trapani , la cdte est

gâte , aride , marécageuse et infecte, n y recueille beaucoup de sel, dont l'exportation est trèsHSonsidérable. Le port de Trapani est formé par une langue de terre qui s'avance dans la mer et s'y reoourtie en se dirigeant au ■ nord. La pêche est productive sur ce rivage. Elle fournit abondamment aux besoms des habitants , qui , sans elle, manqueraient souvent de subsistan* ces; car les environs de Trapani ne produisent rien, et c'est par mer qu'on y transporte les denrées de première nécessité. Cette situation défavorable ne nuit point au commerce de Trapani, ni à l'industrie de ses habitants. Beaucoup se livrent à la pèche du corail , dont on fabrique des ouvrages précieux. C'est aussi dans cette ville que fut inventé et aue s'exerce encore avec activité l'art a'imiter sur des coquilles ces beaux camées antiques à plusieurs couches de diverses teintes. Les coquilles propres à ce genre de travail se trouvent en grande quantité sur ce rivage. On reconnaît encore, à l'extrémité de la langue de terre qui forme le port , ce rocher décrit par Virgile , et qui servait de but et de terme à la course des vaisseaux, si brillamment racontée par le pète latin dans le récit des jeux célèbres par les Troyens, à Drepanum , après la mort d'Anchise.

An t«n profond dn mm , & l'aspect du rÎTagc . S'élcre on vaste roc , qui , dans les jours d'orage , Cache son front battu des vcntt impétneun. Quand la mer aplanit ses flots tumulluettii , Il parait » et , sortant de la rague îromobile Onre aux oiseaux des mers un refuge tranquille.

( DiLiLLS, EiuiJ0, Ht. V. )

Il existe maintenant sur cet Ilot un fort dont les fondations paraissent très-anciennes, et qui se nomme la Columbaria : ce nom vient, dit-on, des colombes du mont £rix, qui se rassemblaient sur ce rocher, au moment de leur départ pour l'Afrique* ISous en avons parlé en décrivant œ mont célèbre.

Enfin , la cote septentrionale de la ;iril " "-^ucanSan-ViUkatt-

Sid^

L'UNITERS.

deMus de Trapmii^ préRnle d*«bbrd un beau golfe au fim duquel se trouve ht CafH»lH9l*a de CaBtdlainare , qu'on croit avoir été Vemponam de Tantiquè Sé^te. Un peu plus à Torient, s*ouvre le gdfe de Palemle et le port de ce^ capitale , peu sût contre les coups de vent. A Textrémité orieiitale de la même cdte , on voit le port de Milazzo, à moitié comblé et fréauénté surtout par des chaloupes de pècneurs.

lîous terminerons ici cette descrintion sommaire dé la Sicile; elle suffit pour donner une idée du théâtre des événements et des révolutions dont nous allons tracer le tableau.

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