ANCIENS PEUPLES SICILIENS
Les historiens ne sont pas d'accord sur les premiers habitants de la Sicile dont on trouve quelques traces, mêlées à des récits fabuleux. Géants , Cydopes , Lestrigons , 'nroglodvtes , peuples barbares retirés dans les cavernes, ils n'ont laissé ni annales, ni monuments; à moins qu'on ne regarde comme leurs habitations souterraines, ces grottes spacieuses , esp^es de la- *bynntes évidemment taillés par la main des hommes, et distribués en salles nombreuses, telles qu'on en voit encore dans plusieurs parties de l'île , et surtout dans le val de Noto, près de Spacca Formo. Les plus connues sont les grottes d'Ispica, creusées à différentes hauteurs aans les flancs de rochers à pic qui bordent de profondes vallées, et souvent superposées comme les étages d'une maison; les unes indiouent une certaine connaissance de rart . quelque idée de décoration et de distribution; les autres sl»mblent avoir été les retraites d'une population que la crainte, le besoin oH la barbarie, retenaient dans ces soMbMs et inabordatbles demeures.
Phisfëurs fftieurs kicffieu pari»t d'ossements girantesques qu^on r 2 trouvés; ce Hit n'est rîen urî-î qu'authenti^e : au teste, quds qu*3^ etë les habitants de ces grottes. ^ ont précédé les premiers peuples d«^ rétablissement en Sicile est «m^-!par l'histoire, et 11 est peu prtMi
Sue cette grande fie ait été totairrv éserte avant Farrh-éc des roVqui y fondèrent des villes , antérr rement et postérieurement au passr:
des Troyens.
Les Phéniciens paraissent v arrr * débarqué les premiers parmi les pépies de l'Orient ; mais bientôt , b p * vie occidentale de l'île fut occupée r-les Sicanes , nation que Thun^ et Diodore , entre autres , regardcomme originaii^ de la Sicile, t-.r oue d'autres historiens la font tt de l'Ibérie. Lfle portait alors le nde Trinacria, dérivé de sa fr— triangulaire. Quoiqu'il en soit, P< restèrent pas long-temps traïK^i possesseurs de cette contrée, q, avaient iionunée Sicante. Lfis Sicui * passés de Tlllyrie en Italie , d'où furent chassés par les Liguriens, réfugièrent en Sicile^ qui prît et p leur nom. Les Sicaniens les reçur en ennemis. Après de lonç ues *py res , ces deux peuples s^étaÏMirrnt dl'intérieur de l'île, sur les |4ate9?\ phis escarpés, sans doute pour * mettre à l'abri des débarqitefnent> ^ quents qu'y tentaient les Phéaicif r les Grecs, les Cretois et les Africri ou , pour mieux dire , des piratf^ toutes ces nations. On désignait premiers Sidliens sous le nom d" t ' mes : ce furent eux qui fondèrr^nt -
glus anciennes villes, entre autrryx, Entelle , Ségeste, Zanrié, r- \ prit ensuite le nom de Messane, enfln celui de Messine; Motves et micus, qui fut depuis la citiiilelle d ' gngente. On attribue aussi la forv* tion des trois premières aux Trtn ^
PlEMlitRES COLONIES.
En général , les origines des I*^ anciennes villes siciliennes sont f» 1 obscures et remplies de cootradictior.
sifctiÉ.
Leuif hfstpnrts he ^^éëldittit ^ûlt partie de rétablissenlent des colonies grecques. Une des premières fiit celfe de riaxos , fondée la secondé année de lai cinqiiiènie olympiade , par Théoclès , navigateur athénien. Porté par des vents contraires sur les côtes de Sicile , il remarqua la beauté et la fertilité de cette contrée , et, de retour à Athènes, il voulut engager ses compatriotes à Y envoyer des colons. Il ne fut point écouté, et passa dans l'Eubée , où des habitants de Chalcis se montrèrent disposés à seconder ses projets; il partit à leur tête, et la nouvelle colonie devint bientôt assez florissante pour envoyer elle-même des colons qui s'établirent à Catane et à Léontium. 11 ne reste plus rien de cette ville de Naxos, mais on croit reconnaître la place qu'elle occupait sur use langue de terre qui s'avance dans le détroit, entre Taormine et Catane , et où se trouvent quelques restes de tombeaux antiques.
FONDATION DB SYRAGUSL.
L'excmi)le donné par Théoclès flit bientôt suivi d'autres tentatives non moins heureuses ; et une presqu'île de peu d'étendue, placée près de rembouchure du fleuve Anapus et des marais Syraco, devint le Wceau de la puissante et célèbre Syracuse , réduite aujourd'hui à l'tle d'Ortygie , sa première enceinte. Elle couvrit long-temps de ses palais , de ses temples , de ses vastes établissements , de ses théâtres, de ses profondes latomies, de sa nombreuse population^ les collines, les plaines qui entouraient ses trois ports. Ce fut Archias de Corynthe , flls d'Évngète, lequel passait pour un descendant d'Hercule, qui vint s'établir dans Ortygie, d'où il chassa quelques Siciliens. Les marbres d'Arundel indif|iient la fondation de Syracuse à la troisième année de la cinquième olympinde. On n'est pas d'accord sur cette date^ que plusieurs critiques reculent h la quatrième année de la deuxième [>lvmpinde. Vers le m^me temps , des •Megariens, débarqués en Sicile, fonjèrént, peu de temps après leur arri-
vée, Hylflâ, nommée aussi Mfiearë.
Dès îoi^ j les colonies se multiplièrent avec rapidité pendant l'espace d'uii siècle. L'époque précise de leur établissement est souvent l'objet de discussions chronologiques et critiques, dont il semble qu'on pourrait expliquer la cause, en reconnaissant que ces colons étrangers ne fondaient pas toujours de nouvelles cités, mais qn ils s'emparaient des établissements des plus anciens peuples siciliens.
Quelquefois aussi ils couvraient une comrée d'habitations éparses, sans se réunh: en corps de cités. Tel fut le premier établissement des colons dans les gorges du mont Taurus , avant
3u'i!s s^enfermassent dans l'enceintee Tauromenium. Les habitants de' Lindes. et des Cretois conduits par Antipheme de Lindes et par Entinus de Crète, fondèrent Gela. Les Cretois bcltirent aussi Enguyum, près des sources de l'Alésus. Les Lacédémoniens s'établirent à Myles et à Tyndaris , qui , plus tard , sous le règne de Denys, reçut de nouveaux colons. Ces premières villes prirent un accroissement si rapide , que bientôt elles produisirent o'autres colonies, d'autres cités. Les ^légarieqs vinrent bâtir Sélinunte au sud-ouest de l'île ; les Syracusains élevèrent Camarine ; Himëre était une* colonie de Zanclé. Mais la
f)lus belle, la |)lus opulente de ces coonies secondaires, celle qui disputa long-temps à Syracuse la suprématie de la Sicile , celle dont les magnifiques débris retracent encore la splendeur et la puissance, ce fut Agrigcnte, que Phistile et Aristonoùs, colons de Gela, vinrent fonder sur le fleuve Acragas, auprès de l'antique Cann'cus, cotte forteresse des premiers peuples de la Sicile , qui devint la citadelle de la nouvelle ville.
COMMSMCEMENTS D'AGRIGENTE.
Agrigente, comme toutes les autres cités de la Sicile , se gouverna d'abord par ses propres lois , et prit ses chefs pai'mi ses citoyens; mais les plus adroits et les plus ambitieux finirent par s'emparer du pouvoir souverain.
SICILE
de défense. Il y en avait quatre jpriiicipaux : Gamîca et la roche Athénienne dont nous avons parlé ; Agrigente sous Camica, et enfin la cité , le plus vaste et le plus magnifique.
£n dehors des murs, du côté de Test, il existait un cinquième quartier, ou faubourg, nommé rïéapolis; et enfin, un autre faubourg s étendait le long du cours de TAcragasiusqu'^à la mer, où se trouvait le port de commerce, ou Temporium.