‹ ItalieChapitre 16 sur 31 · ENCEINTE D' AGRIGENTE · texte numérisé non relu

ENCEINTE D' AGRIGENTE

Les murs, d'une épisseur et d'une élévation remarauabies, s'appuyaient dans beaucoup d endroits sur la roche vive et sur aes escarpements qui en augmentaient encore la hauteur. Cette vaste enceinte était couverte de palais , de maisons nombreuses , de monuments, de temples, et même de tombeaux magnifiques ; car le luxe des Agrigentins ne cessait point avec la vie. Il les suivait aussi dans les camps : les chars et les coursiers d' Agrigente étaient renommés. Ses plus riches citoyens affectaient une prodigalité royale. Gélias, l'un d'eux, nourrissait et habillait à leur passage des escadrons entiers. De grands réservoirs, des viviers limpides, de vastes égouts , des magasins immenses , ouvrages de l'ingénieur Phéax , assuraient la salubrife de la ville et fournissaient aux besoins de ses habitants.

On croit reconnaître les débris de ces constructions gigantesques près des hauteurs de l'ancienne enceinte ; mais les maisons, les palais qui la couvraient, ont disparu. Quelques métairies éparses , des ruines que recouvrent des bosquets d'oliviers et d'arbustes odoriférants , des champs cultivés , des iardins , plusieurs couvents, des chapelles, s'aperçoivent de loin en loin sur ce plateau , qui fut foulé jadis par huit cent mille habitants , en V comprenant ceux des faubourgs et de la contrée environnante. Diodore n'élève qu'à deux cent cinquante mille le nombre des habitants de la ville au moment où elle fut prise par les Car-

thaginois. Cependant, sous ces ombrages paisibles , à chaque pas on rencontre des tombeaux; les Agri-

{(entins conservaient les cendres de eurs pères au milieu d'eux, et la mollesse de leurs habitudes ne s'effrayait pas de ces tristes souvenirs.

Il faut dire qu'à côté de ces cendres respectées , ils élevaient aussi des monuments funèbres à leurs chevaux , à leurs diiens favoris : fantas(]ue et bizarre assemblage des sentiments les plus reli^eux et des caprices du luxe et de la richesse.

Les révolutions et les siècles ont dévoré cette vaste cité et ses voluptueux habitants; mais les tombeaux et les temples sont restés dans son enceinte, comme des témoins de la faiblesse humaine et de la grandeur divine, les premiers, cachés sous les massifs embaumés d'une végétation riche et brillante, les autres dominant ces bosquets de la majesté de leurs ruines , de la noblesse de leurs porti-

aues.^ Trois temples s'élèvent encore u côté du midi , sur le terre-plein et près des anciens murs qui s'étendaient, parallèlement au rivaj^e de la mer, depuis rétroite et profonde ravine qui côioyait la ville au levant, jusqu'au lit de rAcragas, qui la bornait du côté du couchant.

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