‹ ItalieChapitre 18 sur 31 · TEMPLE D'HERCULE · texte numérisé non relu

TEMPLE D'HERCULE

Au couchant du temple de la Concorde, et près d'une tranchée qui conduisait à une des portes d'Agrigente. se trouvait le temple d'Hercule , dont il ne reste debout qu'une seule colonne, autour de laquelle sont nmoncélés péle-méle les corniches , les frises , les chapiteaux; ces débris donnent encore l'idée de la force et de la grandeur. La statue du dieu passait pour un des chefe-d'œuvre de la sculpture

grecque. Les A grigentins l'entouraient 'encens et d'hommages. Le préteur Verres , abusant de l'autorité que Rome lui avait confiée, conçut le projet de s'emparer de cette * précieuse 'statue; il n'osa cependant l'enlever ouTcrtement , mais par ses ordres , un de ses affidés, nommé Timarchîdes, à la tête d'une troupe d'esclaves, pénétra la nuit dans le sanctuaire, et voulut, à Taide de oordes et de leviers, arracher

le ûiea de Son p\ëàeà^\. tM tiW&â ef&ayés appelèrent le peuple atl ^é- CO'irs de sa divinité protèctrièe. tin combat s'eheajgea dans le sanctuaire^ et les satellites du prêteur furent tepoussés. Zèuxis avait peint poiif ce temple un tableau ^u1 Représentait Hercule enfant, étouffant deux serpents , sous les yeux de sa mère Alcmène. L'artiste , fier de son ouvrase^ aima mieux le donner aux Agrigentms que d'y attacher un prix qui lui eût toujours semblé au-dessous de ta valeur de son chef-d'œuvre.

TEMt>LB J)E JUPITEROLV&ipIfiN , '

DIT DM oIaiTTS.

Près du temple d'Hercule et dé l'autre côté de la voie dont nous avons parlé, règne un vaste emplacement occupé par les fondations ec les pf emières assises du temple de Jupiier- Olympien, et couven encore fl y à peu d'années de l'énorme amoncellement des débris et des matériaux de cet édifice colossal. Au moment où la Grèce élevait à Jupiter-Olympien les temples renommés d'Elîs et d'Athènes , les villes de Sicile voulurent rivaliser avec elle de ma^ificence et de piété. Syracuse fonda le superbe monument ^ui dominait son port et sa cité. Sélmunte dédia au maître du tonnerre un temple dont les dâ)ris semblent encore surpasser par leur masse l'idée des forces humaines.

Mais le temple de Jupiter-Olympien, d'Agrigente , les effaça tous par la.

grandeur de son plan , la hardiesse dt, sa construction, l'alliance de la statuaire et de l'architecture dans sa décoration, aussi nouvelle qu'extraordi-, naire.

Le désordre complet de ces ruines ^gantesaues , parmi lesouelles on distinguait a peine, au muieu de blocs, immenses et informes , quelaues nié-, topes, quelques triglyphes dune ar-, chitrave appartenant a Tordre dori-'

aue, et plusieurs chapiteaux analogues, 'une proportion énorme , ne pei-met; tait pas oe feconnittre la dîsposltioii première de ce somptueux édifice, et

SICILE

pour la pvobabllîté de cette singulière décoration, dont Vitruve, au reste, a cité plusieurs exemples. Houel, observateur exact et judicieux » chercha seulement à mesurer et à reconnaître l'enceinte du temple. Il vérifia Texistence des demi-colonnes engagées et des pilastres intérieurs correspondants ; il crut que les façades étaient hexastyles , c'esUà-dire à six colonnes.

Houel parle aussi d*une espèce d'échancrure qu'il a remarquée dans le mur latéral, et qui pouvait hien , selon lui , indiquer l'entrée, ou une des entrées du temple. Cette observation n'a {)as été confirmée depuis. La construction d'un mole destiné à fermer le port marchand de Girgenti , entreprise vers le milieu du dix-septième siècle, fit employer indistinctement les matériaux enlevés sans choix et sans précaution dans les ruines du temple de Jupiter. Aucune recherche ne fGt faite aloi-s dans l'intérêt de l'art , ni de l'étude du monument. De nos jours , le ^ père du roi de Naples actuellement ré- ' gnant ordonna le déblai de l'emplacement du temple, et cette opération donna lieu d'abord à diverses remarques curieuses et à des découvertes qui ont jeté un grand jour sur la forme de ce vaste monument. L'enlèvement des débris amoncelés fit retrouver nonseulement des fragments de. frise, des triglyphes , mais , ce qui dut frapper d'étonnement et d'admiration , îles parties entières de statues colossales d'un style et d'une proportion gio:antesques. Tous ces fragments lurent rapprochés, numérotés, rangés sur le terrain , et bientôt plusieurs colosses, dans la position aatlantes , purent être rétablis plus au moins complètement. Ce fut M. Cokerell, architecte anglais , aidé par M. Politi de Girgenti, oui rassembla d'abord ces éléments de restauration (pL 8). L'examen des murs d'enceinte donna des résultats conformes à la description de Diodore.

Dans l'intérieur , on trouva les premières assises des murs qui séparaient la nef du milieu , de celles des o^tés ; ils étaient continus et flanqués de bases en saillie formant, ou des pilas-

tres, ou, comme il est probable, au moins pour l'intérieur, les piédestaux de ces colosses qui suppcHrtaient probablement une riche architrave et sa corniche. M. Cokerell en a proposé un emploi différent. Il étaUit les corniches des divisions intérieures sur des Silastres très-simples, et place auessus deux rangs de géants destinés à soutenir les pièces principales du comble. Mais, a cette hauieur, ces belles statues auraient perdu tout leur effet , tout leur grandiose , et la saillie de la corniche en aurait caché toute la partie basse. M. Hittorf, un de nos plus habiles architectes, et auquel on doit des recherches précieuses, des études exactes, et une restauration très-remarquable sur ce grand monument, cherche à éviter cet inconvénient en plaçant sur les pilastres un simple bandeau sans corniche. Il faut l'avouer, l'emploi des géants à la place des pilastres paraît plus simple, plus rationnel et d'un meilleur effet. On ne conçoit guère ces figures énormes, n'ayant a supporter sur leurs bras musculeux et sur leurs têtes inclinées que des pièces de bois et des chevrons que l'élévation où ils se seraient trouvés eût fait paraître encore plus légers. On sait d'ailleurs, par le témoignage de Diodore, que la couverture du temple ne fut point entreprise ; et enfin , il est peu probable que trois de ces figures aient pu subsister isolées (à une grande élévation, lorsque la destruction du reste du temple était complète; tandis que, placées plus bas, contre des piliers et des contre-forts puissants , elles ont pu résister longtemps aux secousses qui finirent par les oriser aussi. Le stjrlede ces atlantes semble tenir le milieu entre celui des figures égyptiennes et celui des statues de l'école d'Épine. Le caractère des têtes est africain. On a retrouvé aussi quelques débris d'une statue de femme colossale, et des scurptures qui paraissent avoir appartenu aux frontons du temple.

Si l'emploi de ces figures gigantesques a donné lieu à diverses conjectures, il s'est élevé également des opi-

StCtLB.

iée , son ite, lui fluocéda; ses Tices, a férocité, son imfNTudente politique, turent bientôt détruit ToniTre glorieuse le son père; il rompit avec les Syracu- ;aiDs, qui taillèrent son armée en piè- ;es. L'indignation des Agrigentîns kclata contre lui: réfugié à Mégare,

I y Alt condamne à mort. Argenté it la paix. et cénsenra le drmt de se gouverner.

PBOORàS DE STRACrSE.

Syracuse avait précédé Agrigente , •Ile étendait comme elle sa puissance ?t son patronage sur les colonies qui Penvironnaient ; quelques-unes étaient soumises à des chefs ou tyrans. Diognète régnait à Mégare; Messine obéissait à Anaxilas , tyran de Rhège ; Thérîlle avait été chassé d'Himère; Gélon, après avoir soutenu Todieux pouvoir d Hypocrate qui opprimait Gela, essaya de défendre ses fils, Euclide et Cféandre, que la tyrannie de leur père faisait redouter, u finit par les abandonner, et s'empara lui-même de l'autorité. Il était digne du sceptre , et sa réputation, ses vertus, son habileté, firent accourir les peuples voisins sous sa domination. Plusieurs villes lui de* mandèrent des lois. Gélon espérait encore davantage ; enfin , S\Tacuse , l'objet de son ambition , déchirée par des discordes civiles, l'appela à son secours et lui offrit le pouvoir suprême , qu'il accenta la deuxième année de la soixante-aouzième olympiade, 102 ans avant J.-C.

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