‹ ItalieChapitre 29 sur 31 · CARLOS · texte numérisé non relu

CARLOS

En 1713, Philippe V et Louis XIV, pour détacher un ae leurs adversaires de la coalition contre laquelle ils luttaient avec tant de peine, firent offrir la couronne de Sicile au d.uc de Sa-

voie , Vîctor-Amédée. Il se hâta d'en prendre possession ; mais cinq ans plus tard, d'autres combinaisons politiques entre la France et l'empereur l'attribuèrent à ce dernier. De son côté le roi d'Espagne la réclama. Le comte de Lede pour les Espagnols , le comte deMercy pour les Impériaux, le comte de Mafïei pour le duc de Savoie , s'y trouvèrent chacun à la tête d'une armée et s'y firent pendant deux Ans une ^erre très-vii e , dans laauelle ils se disputèrent la possession des villes et des postes importants. Enfin , à la suite d une conférence et d'un traité , en 1720, l'empereur Charles VI en resta possesseur; après sa mort, elle devait retourner au roi d'Espagne. La guerre s'étant rallumée en 1734 entre la France et l'Autriche, à l'occasion de. la mort d'Auguste, roi de Pologne, l'infant d'Espagne don Carlos entreprit la conquête des royaumes de Na- Sles et de Sicile. Cette Ile l'appelait e tous ses vœux, et le prince espagnol s'en vit maître pres(]ue sans coup ferir* Les Impériaux, qui s'y trouvaient en trop petit nombre , se retirèrent , et don Carlos fit son entrée solennelle à Palerme, le 30 juin 1735. Le traité de Vienne, bientôt après, assura la couronne de Naples et de Sicile à ce ieune prince, qui prit le nom de Char» les III. Sous ce règne , la Sicile obtint des améliorations utiles dans son gouvernement ; et la sage et prudente administration de Tannucci, premier ministre de Naples , fut favoranle à la prospérité de cette belle province,

FBROmAND.

Lorsque Charles III abandonna le sceptre de Naples pour prendre celui d'Espagne, Ferdinand, le plus jeune de ses fils, lui succéda; ce prince n'avait que huit ans , et Tannucci continua de diriger les affaires. Ce ministre diminua le nombre des couvents en Sicile et enveloppa dans la suppression les établissements des jésuites. La faiblesse débonnaire de Ferdinand , la disgrâce de Tannucci , l'ascendant de la reine Caroline, ar-

L'UNIVERS

diiduchesse d'Autriche , soeur de Tinfortunée Marie-Antoinette , les intrigues du favori Acton n'empêchèrent pas la Sicile de réparer sous ce règne paisible une partie des malheurs qu'elle avait si long-temps éprouvés. Peu favorisée , jalousée peut-être par le gouvernement napolitain, elle vit néanmoins ses villes s'embellir, ses antiques monuments sauvés d'une ruine complète, son commerce se ranimer, ses mœurs s'adoucir. La paix, l'industrie et les arts y appelaient les étrangers et les savants , lorsque deux grandes et terribles commotions, l'une physique et l'autre politique , vinrent suspendre cet accroissement prospère; le tremblement de terre de Messine en 1783, et les suites de la révolution û'ançnise. La cour de Kaples fit des efforts heureux pour réparer les rava-

fes de l'un , et essaya imprudemment e lutter contre l'autre. Elle se trouva heureuse d'être comprise dans le traité de paix que Bonaparte imposa à l'Autrime. Le roi de ^aples, s'étant allié de nouveau en 1798 aux puissances liguées contre la France , n'eut bientôt d'asile et de sujets qu'en Sicile, où il se réfugia par le conseil de la reine , après avoir brillé les vaisseaux qui se trouvaient dans le port de ISaples et enlevé les richesses du trésor et du palais. La cour fugitive se retira à Palerme. Les victoires de Souwaroff rendirent pour quelque temps à Ferdinand le royaume de ^'aples. En 1805, il fut forcé de nouveau de Tahandonner et d'appeler les Anglais en Sicile pour la préserver d'une descente que les Français tentèrent en vain ; un bras de mer arrêta les vainqueurs de l'Europe entière. Le

séjour de la cour en Sicile et r»en

répandu par les Anglais ooi, do rcsu y commandaient en nmties, eui^ quelque influence sur la prospert- i I Ile et y développèrent quriqufs r^ mes d'industrie et d'activité; b : i de 1814 ne rendit pas la ararocr 4 !Naples à Ferdinand; mais e& t> le royaume des Denx-Sîcîles fut rt-*..

tel qu'il était avant la oomjini^ • Français , et la Sicile vit s er »i une partie des espérances quVUr -■ ■ conçues d'un gouvernement pois ^ -tecteurde ses mtéréts. Les révcH"ir qui eurent lieu en tStO^ à >ap'^ i en Esjiagne , eurent leur ccMitrr- | en Sicile. La crise fut courte, r i violente ; Palerme vit la guerre < I ensanglanter ses murs , detruïn m édifices, dévaster ses plus beaux 'i blissements. Des villes furent detn: ' ! dans rintérieur. Les Autnch-fu» .>i coururent pour arrêter ce niou\et .- \ qui pouvait leur arradier Tltaiie. L- 1 arrivée en Sicile comprima V ii> i mécontentements, et mit un trr.ices orages, dont la cause subsiste \w i être encore ; néanmoins sous k^ rr. i de Fran<^.ois et de Ferdinand II. i jourd'hui régnant, la Sicile, nvu des obstacles qui tiennent à la n •' i de son gouvernement , a pris un -*i croissement remarquable de pc»: i tion , de commerce et de mouveiiv i industriel. L'émancipation de la G mi la civilisation de rÉg)'pte, les o^h d'Afrique , la placent au centre ti ^ i grande sphère de puissance et d\i :i vite, et lui préparent peut-être [ i l'avenir des annales aussi rem(>lie> , i celles dont nous venons d'indiqui^r .^ princiuules époques.

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