I. Frais de voyage. Monnaie
Comme nous l'avons déjà dit dans la première partie de ce Manuel, les prix sont généralement en Italie les mêmes que dans les autres parties les plus fréquentées de l'Europe. En moyenne, un homme seul dépense en voyageant 20 à 25 fr. par jour, et, en s'arrêtant quelque temps dans une ville, 10 à 15 fr., et moins encore s'il est au courant de la langue et des usages du pays. On économise beaucoup en voyageant en société; mais, d'un autre côté, les frais augmentent considérablement lorsqu'on voyage avec des dames.
La monnaie légale pour le royaume d'Italie est le franc {lira: 1.). Il se divise comme en France en 100 centimes (centesimi). La pièce de 5 centimes ou d'un sou s'appelle soldo, et le peuple compte encore généralement par sous comme en France.
Depuis la guerre de 1866, on a établi le cours forcé du papier-monnaie, et les métaux précieux ont disparu de la circulation. Un porte-monnaie ordinaire n'est plus pratique en Italie} on en achètera un disposé spécialement pour y mettre du papier-monnaie, qui coûtera 11. à 11. 50, et une pochette pour les pièces de cuivre. Une loi de 1874, destinée à régulariser le système du papier - monnaie , a laissé le droit d'émettre des billets à six grands établissements: Banca Nazionale , Banca Nazionale Toscana, Banca Toscana Industriale e Commerciale, Banca Romana, Banca di Napoli, Banca di Sicilia, dont les billets ont cours dans toutes les provinces où ces banques ont des succursales. En outre, ces six établissements émettent maintenant en commun des biglietti consorziali, de 50 c, 1, 2, 5, 10 et 50 lire, destinés à remplacer peu à peu les autres. Pour l'étranger, le mieux est de ne prendre que des billets de la Banca Nazionale et des biglietti consorziali, puis des billets des banques de Toscane pour les provinces décrites au commencement de ce volume, ainsi que des billets de la Banca Romana pour Rome. On refusera les billets trop usés et il n'est pas inutile de se tenir en garde Contre le faux papier-monnaie.
L'agio sur l'or et sur l'argent s'élève jusqu'à 15 et 18%, mais on n'en obtient autant que cela que chez les changeurs. On en obtient moins dans les hôtels, les magasins, les cafés, etc., et même pas du tout aux guichets des chemins de fer. On
INTRODUCTION. Plan de voyage.
se munira de papier chez un changeur (cambia-valuta) et l'on ira de préférence chez un de ceux qui affichent le cours, parce que tous ne paient pas le même prix. Tâchez aussi d'avoir de petites coupures, de 1, 2 et 5 1. , d'abord parce qu'il est souvent difficile de changer les autres et ensuite parce qu'on ne rend pas volontiers sur du papier au chemin de fer. Enfin soyez toujours pourvu de pièces de cuivre, pour 1 1. à 1 1. 50, afin de ne pas être obligé de dépasser les limites ordinaires lorsqu'il s'agit de donner des pourboires (v. p. xvn).
Ce qu'on peut emporter de mieux, en fait d'argent, ce sont des pièces de 20 francs; elles valent habituellement 211.50 à 23 1. en papier. Les lettres de crédit reviennent un peu cher, par suite des frais de commission déduits à Rome, à Naples, etc. On peut se faire envoyer de l'argent par la poste, de France, de Suisse, de Belgique, etc., jusqu'à concurrence de 200 fr. par mandat.