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De Livourne à Volterre et à Sienne

La manière la plus simple et la moins chère de voir Volterre , cette ville si intéressante pour ses antiquités, est d'y aller de Livourne. Chemin de fer pour le Saline par Cecina, 82 kil. , en 2 h. 3/4 à 3 h., prix: jusqu'à Cecina; en grande vitesse, 51. 90, 41. 15, 2 1. 65; en train omnibus, 5 1. 60, 3 1. 85, 2 1. 65; de Cecina à le Saline, 3 1. 25, 2 1. 25, 11. 55. Diligence de le Saline à Volterre, en 2 h., pour 11. Si l'on veut reprendre le chemin de fer des Maremmes pour continuer sa route, on laisse ses bagages à Cecina.

Pour continuer son trajet de Volterre à Sienne (environ 50 kil.), on a peu d'occasion. Il y a seulement 2 fois par semaine, jusqu'à présent le lundi et îe jeudi, une diligence pour Colle, où elle correspond avec celle qui va plus loin à la stat. de Poggibonsi, pour le train de l'après-

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midi de Sienne à Orvieto. Voir aussi p. 15. En allant à Volterre de Sienne avec une voiture particulière, on n'oubliera pas de passer au retour par S.-Gimignano (p. 15). Voir aussi p. 12, 13.

On peut aussi aller à Volterre de la stat. de Pontedera , sur la ligne de Florence à Pise, en 5 à 6 h. avec une voiture, par la vallée de l'Era.

De Livourne à Volterre. Ligne des Maremmes jusqu'à Cecina, 52 kil., v. p. 1 et 2. L'embranchement de cet endroit à le Saline remonte la rive dr. de la Cecina, en traversant une contrée riche en minéraux de toutes sortes. — 9 kil. S.-Martino. — 17 kil. Casino-di- Terra. — 24 kil. Ponte-Ginori.

30 kil. Le Saline, où le chemin de fer se termine, au milieu d'une contrée déserte et désolée en été par la malaria. Les grandes sauneries qui se trouvent dans le voisinage pourvoient de sel toute la Toscane, et produisent un revenu considérable.

L'excursion suivante se recommande aux géologues; on trouve des voitures à le Saline. Aller d'abord à Pomarance, jolie petite ville célèbre durant la Renaissance par ses poteries et possédant un grand château du comte Larderello. On est en 3 h. environ à Larderello , au pied du mont Cerboli, centre des fabriques d'acide boracique de la famille Larderello (lagoni et soffionï), dont la visite est permise avec beaucoup de complaisance. Cette excursion peut se continuer au S., par Bagno-del-Morbo, Castelnuovo, Sasso et Monterotondo, jusqu'à Massa-Marittima (p. 3), où l'on arrive aussi en 3 h. Aux environs de Sasso et de Monterotondo, l'air est rempli de vapeurs et la terre chaude et couverte de sublimé de soufre, de sulfate de fer, etc. Dans le voisinage de Monterotondo le lago Zolforeo ou lac Sulfureux, dont un Français, M. Duval, fait évaporer les eaux chaudes. Les produits des différentes fabriques du comte Larderello s'élèvent à 1,700,000 kilogr., ceux de M. Duval, à 500,000 kilogr. par an, le tout vendu d'avance pour l'Angleterre, où l'on s'en sert surtout dans les poteries et les verreries. Les Lagoni sont tous, à l'exception de ceux de Travale, dans les bassins de la Cecina et de la Cornia, et ils ont trèsprobablement un foyer commun.

La grande route de le Saline à Yolterre (8 à 9 kil.) monte continuellement. La contrée a une physionomie toute particulière.

Volterre, Toit erra, — HôteU: *Albergo Nazi on aie (ch., 11.50 à 21.^ dîner, en s' entendant sur le prix, 21. 50 à 51.); Unione. Café Etrusco , en face du premier hôtel.

Les ouvrages en albâtre fabriqués à Volterre sont célèbres et occupent environ les deux tiers de ses habitants; malheureusement, ils sont faits d'après des modèles de très peu de goût. On trouve dans le voisinage les pierres ordinaires; les pierres fines, dans les carrières de la Castellina, au S. de Livourne. La visite des ateliers est intéressante, et on y achète à bien meilleur compte qu'à Florence ou à Livourne.

Volterre, la Volaterrœ des anciens, le Velathri des Etrusques, une des plus anciennes villes de ce peuple, compte aujourd'hui 13,000 habitants et est la résidence d'un évêque. Elle est située à une altitude de plus de 500 m. et elle offre , par un temps clair, des perspectives délicieuses jusqu'aux montagnes de Pise et aux Apennins, et sur la mer avec les îles de Gorgona, d'Elbe, de Capraja et de Corse. Les environs ont l'air désolés et abandonnés; l'influence des pluies sur les couches inférieures du sol est très-désavantageuse pour la culture.

Yolterre, une des douze villes anciennes de la ligue étrusque, était tellement forte, qu'elle soutint pendant la guerre civile

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un siège de deux ans contre les troupes de Sylla. Plus tard, elle devint municipe romain et tomba peu à peu en décadence, jusqu'à sa destruction complète au Xe siècle. Relevée dans la suite, elle n'a plus actuellement que le tiers de sa grandeur d'autrefois. Elle fut indépendante au moyen âge , époque à laquelle appartiennent ses meilleures constructions, et elle tomba sous la domination de Florence au xive s.

Parmi les antiquités de Yolterre, on remarque surtout ses *murs d'enceinte, de la plus haute antiquité, de 7281 m. de circonférence, c'est-à-dire égalant presque trois fois en développement ceux de Fiésole et de Cortone. On en voit les parties les mieux conservées à la porte S.-Francesco et dans le jardin du couvent de Santa-Chiara : elles sont hautes de près de 12 m., épaisses de 4 m., et se composent de blocs de grès en couches horizontales. Une des vieilles portes est également encore debout, la *porta ail' Arco, cintre de 6 m. de haut, avec une niche décorée de têtes méconnaissables de lions ou de divinités protectrices de la ville: on voit une porte du même genre peinte sur une urne du musée, représentant la guerre de Thèbes. La vieille porta di Diana, à la porte Florentine, a été considérablement changée. En dehors de cette porte , audessous du cimetière, se trouve l'antique nécropole, à mi-hauteur de la montagne, à l'endroit aujourd'hui appelé S-Marmi. On y a trouvé une foule de curiosités , conservées au musée ; mais les tombeaux ont tous été refermés, à l'exception d'un seul.

La piscine, devant le château, est un réservoir supporté par six colonnes. On ne peut la voir qu'avec la permission de l'évêque , et en y montant au moyen d'une longue échelle.

Les thermes, près de la fontaine de S.-Felice, sont d'origine romaine. On remarque aussi des restes d'un amphithéâtre près de la porte Florentine.

Sur la place se trouve le Palais Public, bel édifice commencé en 1208 et achevé en 1257, mais malheureusement un peu modernisé. Sa façade est décorée d'écussons du moyen âge. Il renferme le *musbe civique (museo civico), qui forme la principale curiosité de Yolterre.

Ce musée, ouvert en 1731 et considérablement augmenté depuis 1761, par la collection du savant Mario Guarnacci, renferme, dans 10 «ailes , une riche collection d'inscriptions , de médailles , de bronzes , de -statues , de vases , etc. , et surtout plus de 400 caisses funéraires étrusques. Ces caisses, longues d'environ 1 m., appartiennent à la dernière époque de l'art étrusque, à peu près au ine ou au ive s. avant J.-C, et sont plus remarquables à cause des sujets qui s'y trouvent représentés que sous le rapport de l'exécution, qui est généralement médiocre. Quelques-unes sont en terre cuite et en grès, mais la plupart sont en albâtre provenant des environs. Les couvercles supportent les statues fortement raccourcies des morts, les côtés sont ornés de bas-reliefs; quelques-unes offrent encore des traces de peinture et de dorure. Les sujets représentés sur les caisses sont en partie tirés des usages étrusques, en partie de la mythologie grecque. Parmi ceux de la première espèce on remarque surtout des scènes d'adieux: le mort est représenté à cheval, conduit

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par un guide qui porte ses bonnes et ses mauvaises actions dans un long sac, ou accompagné de Charon avec le marteau. Les fleurs qu'on y retrouve souvent représentent la jeunesse du défunt lorsqu'elles sont à moitié épanouies, et sa vieillesse lorsqu'elles sont entièrement écloses. On y voit aussi souvent figurer des sacrifices, des cortèges ou des festins funèbres , des luttes , des courses de cbevaux, etc. La mythologie grecque compte une foule de représentations, par exemple Ulysse et les Syrènes, Ulysse et Circé, l'enlèvement d'Hélène, la mort de Clytemnestre , Oreste et les Furies, les sept chefs devant Thèbes , Etéocle et Polynice , Œdipe et le Sphinx, Œdipe tuant son père. Ces sujets et la manière dont ils sont traités, présentent un singulier mélange de sensualité et d'austérité, telles qu'on les remarque souvent dans les œuvres postérieures des Etrusques.

La sala délia Magistratura, dans le haut, renferme une bibliothèque de 13,000 volumes , des ivoires sculptés , des diptyques , etc. Le mur est décoré d'une fresque très-détériorée d1 Orcagna, l'Annonciation. Là aussi sont exposés provisoirement les objets provenant des fouilles faites dans les dernières années et qui n'ont pu trouver place au musée : il y a du nombre quelques beaux vases en verre.

La ^cathédrale fut consacrée en 1120 par le pape Calixte II, agrandie en 1254 par Niccolo Pisano et restaurée au xyie s. : sa façade est encore du xme s.

L'intérieur est remarquable par la richesse des marbres et des sculptures qu'il renferme. La vieille chaire est ornée de sculptures du xine s. 5 le maître autel en a de Mino da Fisole. L'::o ratorio di S. - Carlo, dans le transept méridional, contient, avec d'autres peintures peu importantes, une excellente -Annonciation par Luca Signorelli (1491).

S. -Giovanni, construction octogone du vne s. (?), occupe l'emplacement d'un temple du Soleil. Le ceintre de l'entrée et les chapiteaux décorés d'animaux et d'oiseaux datent du xine s., la belle arcade du maître-autel est l'œuvre Balsimelli da Settignano (xvie s.) ; les fonts octogones, d'Andréa di Sansovino (1502) ; le baldaquin de Mino da Fiesole (1471).

S.-Li?io, église et couvent fondés en 1480 par Raffaele Maffei, renferme le tombeau de ce savant, avec sa statue couchée, sculptée par Silvio da Fiesole.

S.-Francesco , avec la chapelle gothique de la Confraternità délia Croce di giorno, de 1315, possède également des fresques ayant pour sujets des scènes de la vie du Sauveur et de la légende de la Ste-Croix, par Cienni di Francesco di Ser Cienni, de Florence (1410).

Dans l'église voisine de S.-Dalmazio se trouvent provisoirement des tableaux qu'on doit placer au musée, une *Vierge avec des saints, par L. Signorelli, de 1491 ; un Christ entouré d'une gloire, par Dom. Ghirlandajo, bien détérioré par une restauration en 1874 ; et une Vierge du même artiste.

La citadelle se divise en deux parties , le Cassero ou la Rocca Vecchia, fondé en 1343 par Gauthier de Brienne, duc d'Athènes , sur les vieux murs d'enceinte , et la Rocca Nuova, construite par les Florentins après la prise de Volterre. Ils y établirent en même temps le Mastio , prison pour les criminels d'Etat , où le mathématicien Lorenzo Lorenzini fut enfermé en 1682 pour 11 ans; par le grand-duc Cosme III, sur un simple

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soupçon. Aujourd'hui la citadelle sert de maison de force pour hommes, et peut être visitée avec une permission du sous-préfet.

Le palais Maffei-Quarnacci, vis-à-vis de l'église S. -Michèle, a trois tours, dont la plus ancienne est du xme s. 5 on y voit des tableaux et une riche collection de lettres de Salvator Rosa.

Le palais Jnghirami, du style goth., renferme une collection de tableaux, parmi lesquels nous citerons un portrait du savant Fedra Inghirami, que Mundler regarde comme étant de Raphaël (il y en a une répétition dans la galerie Pitti à Florence).

La Casa Ducci renferme l'épitaphe romaine d'un enfant de cinq ans, probablement de la famille du poëte Perse, qui naquit à Volaterrae, l'an 34 après J.-C.

C'est à la Casa RicciarelJi, que Daniel de Volterre, le fameux élève de Michel- Ange, vit le jour en 1509. Il mourut à Paris en 1567. La maison appartient encore à la famille Ricciarelli, qui possède son *Elie.

Près de Volterre, dans la vallée à l'E., est située la villa Jnghirami, d'où l'on peut visiter le labyrinthe de rochers appelé le huche de' Saracini. A 1/4 d'h. au N.-O. de la ville, entre les églises de S.-Giusta et de la Badia, on remarque le Balze, ravin qui ne s'est formé qu'à une époque récente par l'action des eaux, etj qui s'agrandit sans cesse. Il a déjà englouti des maisons, etc., et menace de ruine l'abbaye des Camaldules de San- Salvator e, fondée au xie s., qui a un cloître de l'ordre dorique et possède toutes sortes d'objets d'art.

Jolie excursion aux mines de cuivre de la Cava-di-Caporciano, près de Monte-Catini, à environ 16 kil. de Volterre. Le chemin passe par la hauteur de la Bachetona , et conduit à Monte-Catini , situé au sommet du Selagiter montagne d'origine volcanique. On découvre une "-vue étendue du haut de la tour carrée du vieux château. Les mines, ouvertes depuis le xve s., ont été exploitées avec succès jusque dans ces derniers temps , où elles ont commencé à donner moins. Le propriétaire actuel est le comte Butturlin. Le minerai se trouvait entre de la serpentine, nommée ici .,gabbro verdeu, et une autre roche, le „gabbro rosso". Les environs sont intéressants pour legéologue. Le gabbro rosso " forme ici un certain nombre de pics , tels que le mont delV Abete, le Poggio alla Croce, le mont Massi , qui ont rompu, à une époque relativement assez récente, les roches de grès et de calcaire qui les entouraient. La -vue du haut du mont Massi (582 m.), ou bien du Poggio alla Croce (à 1/2 h. de Monte- Catini), s'étend depuis les hauteurs de Massa et de Carrare au N., jusqu'au mont Amiata au S., avec la mer et les îles d'Elbe, de Capraja et de Corse.

De Volterre à Sienne. La route, qui est très-variée, suit la direction de l'E. et traverse un pays montueux. On aperçoit à g. S.-Gimignano (p. 15), où conduit un chemin de voitures que l'on rencontre à g. au bout de 12 kil. La distance de là à S.-Gimignano est encore de 18 kil. Les piétons prennent, 1 kil. plus loin, un chemin à g. passant par Ranza et S.-Donato. — A dr. après le chemin de S.-Gimignano, Pomarance (v. p. 9). A 25 kil. de Volterre , on atteint

Colle, où la route se bifurque, au N.-E. sur Poggibonsi, au S. sur Sienne. La ville de Colle, souvent nommée dans l'histoire de la Renaissance , se divise maintenant en deux parties. L'une, Colle alto, comprend les palais de la vieille aristocratie, au-

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