‹ Italie centrale et RomeChapitre 41 sur 105 · Pérouse (Perugia · texte numérisé non relu

Pérouse (Perugia

Hôtels : ::Alb. di Perugia, dans le bas de la ville, à 15 min. de la gare (en voit:), nouveau, de 1er rang, avec une vue dégagée; au fort de la saison, il sera prudent de retenir sa chambre d'avance ; — *hôt. de la Grande Bretagne, 10min. plus loin, au commencement du Corso (eh. , 2 1. et au-dessus ; boug. , 50 c. ; serv. , 50 c. à 1 1. dîn. , av. le vin, 3 à 4 1.). — De 2e chasse: Al b. & R est. di B elle Arti, via dei Capellari, rue qui donne sur le Corso, recommandé.

Restaurant: Progresso, place Sopramura, près de la via Nuova.

Cafés: *Baduel, Trasimeno, tous deux au Corso ; fM e 1 i n el 1 i , place St-Laurent, en face de la fontaine de la cathédrale, et un café agréable, avec une belle vue, sous les arcades de la préfecture.

Il y a un théâtre de jour près de la place d'Armes.

Poste, via Riaria, 33. — Télégraphe, à la préfecture, place Victor - Emmanuel. — Bureau de diligence, Corso, 38.

Pérouse convient pour un séjour d'été; les logements y sont à bon marché. — Le voyageur pressé consacrera 1 jour ou 1 jour 1/2 à la ville. — Guides, dont on peut se passer: Giov. Scalchi, Al. Rotoni, recommandables. Ils offrent des antiquités dont celui qui n'est pas connaisseur devra se défier.

Pérouse, chef-lieu de la province d'Ombrie, ville de 16,700 hab. (49,500 avec ses dépendances), siège d'une préfecture, d'un commandement militaire, d'un évêcbé et d'une université, est située sur une hauteur à environ 400 au-dessus de la vallée du Tibre et à 520 m. d'altitude. Cette ville a conservé un caractère ancien; on y voit de nombreuses constructions du xive et du xve s., l'époque de sa prospérité, et ses tableaux de l'école ombrienne, les magnifiques et vastes vues qu'on y a sur ses environs d'un caractère tout particulier, en font une de celles de l'Italie qui méritent le plus une visite.

Perusia était une de 12 villes de la confédération étrusque à la même époque que Cortone. Elle fut, en même temps qu'elle et Arretium, soumise aux Romains en 310 av. J.-C. Plus tard, elle fut convertie en municipe. Dans la guerre entre Octave et Antoine, lequel occupa Perusia pendant l'été de l'an 41, et fut forcé de la rendre au mois de février suivant après une lutte acharnée (bellum Perusinum), la ville souffrit terriblement et fut enfin réduite en cendres. Reconstruite plus tard, elle devint colonie romaine sous le nom d'Augusta Perusia. Totila, roi des Ostrogoths, la détruisit de nouveau au vie siècle, après un siège de 7 ans. Dans les guerres des Lombards, des Guelfes et des Gibelins, elle souffrit également beaucoup ; mais elle soumit ensuite presque toute l'Ombrie à sa domination, au xive siècle. Elle fut obligée de se rendre au pape en 1370. Elle se releva néanmoins encore une fois et soutint de nouvelles guerres, dans les dissensions des grandes familles des Oddi et des Baglioni. En 1416, le sage et courageux Braccio Fortebraccio de Montone s'y érigea en maître, ce qui fit naître de nouvelles luttes, jusqu'à ce que Giovanni Paolo Baglioni rendit enfin la ville au pape Jules II. Léon X fit décapiter Baglioni à Rome, en 1520. Le pape Paul III construisit en 1540 la citadelle, pour maintenir la population sous le joug, uad coercendam Perusinorum audaciam", comme disait l'inscription qui ne fut détruite que lors de la dernière révolution. En 1708, la ville fut prise par le duc de Savoie ; le 31 mai 1849, par les Autrichiens; en 1860, par les Piémontais.

Histoire.

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Ecole de peinture d'Ombrie. Dès le temps du Dante, il y avait un artiste ombrien célèbre par ses miniatures , Oderisi de Gubbio , ville qui était déjà un centre artistique, ainsi que Fabriano, Pérouse, etc. Le voisinage de Sienne exerça certainement sur eux son influence, mais la tendance en fut encore plus déterminée par la situation des villes, par l'esprit des habitants et par la proximité des sanctuaires d'Assise et de Lorette. On ne trouve pas chez les artistes de cette contrée , comme chez les autres de la Renaissance, surtout ceux de l'école florentine, des compositions pleines d'action et de caractère; on y cherche en vain la tendance à en faire l'expression d'idées profondes et variées ; mais leurs figures et leurs groupes charment par une aménité, par une grâce presque unique. Le^ hommes y paraissent souvent faibles et ils ont des figures peu expressives , tandis que les femmes plaisent par leur air de piété plein de douceur. Les innovations techniques s'introduisirent lentement dans l'école d'Ombrie, qui cultiva plutôt avec soin le vieux style et qui en augmenta le charme par l'emploi d'un plus grand nombre d'ornements.

En faisant abstraction de ceux du xive s. qui vécurent dispersés dans différentes petites villes, le premier peintre marquant de l'école fut Ottaviano Nelliy de Gubbio (xve s.). Il y a de ses œuvres dans sa ville natale et à Foligno. Il fut éclipsé par Gentile da Fabriano, né entre 1360 et 1370, qui étudia peut-être dans sa jeunesse des maîtres siennois , qui fit plus tard de longs voyages (à Venise , à Rome), qui fut célèbre dans toute l'Italie, et dont les œuvres semblent avoir quelque chose de la peinture flamande. Non seulement Gubbio et Fabriano, mais encore les autres villes d'Ombrie , telles que Camerino et Foligno ont eu leurs écoles locales. La dernière a produit au milieu du xve s. Nie. Alunno, peintre doué de moyens restreints, mais qui sut les faire valoir avec usure. Il peignit surtout des madones, dans lesquelles l'expression rêveuse est heureusement alliée à une beauté pure, et on peut dire qu'il prépara par là efficacement la voie au Pérugin et à Raphaël.

La ville principale de l'Ombrie, Pérouse ne resta pas en arrière. Les traditions de l'école n'y suffirent plus, et de même qu'il y régna une vie plus active, on y sentit aussi la nécessité de se rapprocher de l'école florentine. Ben. Buonfigli (2e moitié du xve s.) fut le premier qui tenta de s'élever au-dessus du style local. C'est aussi ce que fit Fiorenzo di Lorenzo, peintre plus jeune, peut-être l'élève de Benedetto.

Le but fut atteint par le maître qui fait surtout la gloire de l'école d'Ombrie, par Pietro Vanucci, de Città-della-Pieve (1446-1524), nommé le Pérugin parce qu'il travailla surtout à Pérouse. Il séjourna toutefois à plusieurs reprises, durant des années à Florence, et longtemps aussi à Rome. Il s'efforça avec succès de remédier à l'insuffisance de l'école locale. Il fut initié dans l'atelier de Verrochio, à Florence, aux secrets de la perspective et du nouveau coloris , et il devint un maître sous les deux rapports. Il se maintint au même niveau jusqu'au commencement du xvie s. , comme le prouvent, à Pérouse, les fresques du Cambio et la Vierge avec des saints de la galerie de peinture (n<> 38). Les vingt dernières années de sa vie, il déclina, non sans qu'il n'y eût de la faute, car il se fit de la peinture une sorte de métier, et il accepta plus de commandes qu'il n'en pouvait exécuter consciencieusement. Il semble même qu'il ait eu en même temps plusieurs ateliers, par ex., de 1502 à 1505, à Florence et à Pérouse. C'est dans le second qu'étudia Raphaël.

Un des principaux maîtres de l'école avec le Pérugin est Bernardino Betti, dit le Pinturicchio (1454—1513). Sans avoir une influence décisive sur l'art italien, sans accepter, par ex., les grandes innovations de Léon, de Vinci, il sut très-bien suivre les règles traditionelles et employer les formes ordinaires. Il travailla surtout au Vatican, dans les églises de Rome, dans la bibliothèque de la cathédrale de Sienne et dans l'église collégiale de Spello. — Il faut nommer ensuite parmi les contemporains du Pérugin Giovanni di Pietro , ou lo Spagna, ainsi surnommé d'après sa patrie. Ses tableaux égalent les œuvres de Raphaël dans sa jeunesse, et il se distingue comme tous les peintres de l'école d'Ombrie par la facilité de la production.

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Le Corso

D'autres artistes d'un ordre inférieur qui se formèrent dans l'atelier du Pérugin sont : Giannicola di Paolo Manni (m. 1544) et Eusebio di S.- Giorgio , qui imita heureusement le genre de Raphaël, au point que ses tableaux ont été quelquefois attribués à ce dernier, par ex. l'Adoration des mages de la galerie de Pérouse (nO 8). On n'a pas de détails sur fiinibaldo Ibi ni sur Tiberio d'Assisi, qui peignaient dans les vingt premières années du xvie s., et leurs œuvres sont rares. Gerino de Pistoie est un bon peintre de second ordre et Dom. di Paris Alfani, ami de Raphaël, possède encore un certain charme. Mais les derniers artistes ne sont plus guère indépendants •, avant le commencement de la seconde moitié du xvie s., l'école d'Ombrie s'est laissé entraîner au courant général parti de Florence et de Rome.

A l'entrée de la ville haute, là où s'élevait la citadelle démolie depuis 1860, s'étend la place Victor-Emmanuel (pl. B5), où se trouve la préfecture, belle construction neuve à arcades au rez-de-chaussée. La terrasse plantée de fleurs qui est sur le devant, offre une *vue splendide sur la vallée d'Ombrie, dans laquelle se voient Assise, Spello, Foligno, Trevi et beaucoup d'autres localités qu'encadre la chaîne principale de l'Apennin à partir de Gubbio ; puis sur le Tibre et une partie de la ville basse. Il y a musique sur cette place deux fois par semaine dans la soirée.

De cet endroit se dirigent vers le N. , à g. , le Corso, qui mène à la place de la Cathédrale; à dr., la via Riaria, conduisant à la place Sopramura (p. 52). Nous suivons le Corso, la rue la plus animée et la plus belle de la villeJ

A dr., n° 241, le palais Baldeschi (pl. 21 ; B 4), où se trouve, au 2e étage, un *dessin du Pinturicchio ou de Raphaël (?), l'esquisse de la 5e fresque de la bibliothèque de la cathédrale de Sienne (p. 27; 50 c. de pourb.).

Plus loin, à gauche, n° 249, le Collegio del Cambio, l'ancienne chambre de commerce, avec des fresques célèbres du Pérugin, de 1500, sa meilleure époque. Elles sont le mieux éclairées le matin. 50 c. au gardien.

Ces fresques décorent la i:sala del Cambio: à dr., les Sibylles et les Prophètes; au-dessus, Dieu lePière; à g., des Héros, des Rois et des Philosophes de l'antiquité ; en face la Nativité et la Transfiguration de J.-C. ; à g., sur un pilier, le portrait du Pérugin-, le tout est entouré de très-belles arabesques. Parmi ceux qui aidèrent l'artiste se trouvait diton Raphaël, auquel on attribue les arabesques du plafond. Pérugin reçut pour son oeuvre, de la corporation des marchands 350 ducats. On remarquera aussi les sculptures et les *marqueteries des sièges, des portes, etc. , par Ant. Mercatello , elles sont du nombres des meilleurs ouvrages de ce genre que produisit la Renaissance. — Dans la c h ap e 11 e voisine, un tableau d'autel et des fresques de Giannicola Manni.

Immédiatement à côté s'élève le *Palais Public ou Palais Communal (pl. 22; B4), grand édifice datant de 1281 et de 1333, habilement restauré depuis peu, avec sa façade principale du côté du Corso et une seconde donnant sur la place de la Cathédrale. Il a de belles fenêtres et une belle porte, avec des sculptures goth., les armes de villes alliées, des Saints, etc. Le Griffon, dans le groupe d'animaux au-dessus de la porte d'entrée, repré-

Cathédrale.

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sente Pérouse, et la Louve dont il est vainqueur représente Sienne. Des trophées au portail de la place de la Cathédrale (chaines, verrous) rappellent aussi la victoire que les habitants de Pérouse remportèrent sur ceux de Sienne en 1358. — La salle de la Préfecture, au 3e étage en entrant par le Corso, renferme des fresques endommagées, dont les sujets sont tirés de l'histoire de StHerculane et de celle de St Louis de Toulouse, par Buonfigli.

Sur la place delà Cathédrale (pl. I, II; B 4), la *Grande Fontaine (Fonte Maggiore) , de 1277, une des plus belles qui furent élevées en Italie à cette époque. Elle a trois vasques et elle est ornée de nombreux bas-reliefs bibliques et allégoriques, par Nie. et Oiov. Pisano (1280) et par Arnolfo del Cambio. Deux des statuettes ont été refaites de nos jours. — Le côté 0. de la place est occupé par Vévêché, derrière lequel était jadis l'hôtel de ville, détruit deux fois par le feu, en 1329 et en 1534, et dont l'on voit un reste dans la Maestà délie Volte, dans une ruelle derrière l'évêché.

La cathédrale (pl. 11; B4), St-Laurent , du xve s., est inachevée à l'extérieur. Il y a une chaire à dr. de l'entrée du côté de la place.

I/'-intérieur est à trois nefs avec un petit transept; ses proportions sont castes, mais lourdes. — Au commencement des bas côtés, à dr. et à g. se trouvent deux chapelles. Celle du !N\, la chap. St-Bernardin, a une Descente de croix de Baroccio , son œuvre principale (1569). Le vitrail, qui représente la prédication de St Bernardin de Sienne, est de Constant, di Rosato et Arrigo Fiammingo de Malines \ il a été restauré en 1863. La chap. du S., dite dell' Anello, contenait jusqu'en 1797 le célèbre Spolazio du Pérugin qui est maintenant à Caen, en France. Les deux chapelles ont de belles stalles, de même que le chœur. — Dans le bras droit du transept, un sarcophage de marbre rentermant les restes des papes Innocent III (m. 1216), Urbain IV (m. 1264) et Martin IV (m. 1285). Dans le chœur d'hiver à côté, un "tableau d'autel de Luca Signorelli, la Vierge avec St Jean-Baptiste, St Onuphre l'Ermite, St Etienne, et un évêque, le donateur. Sous la 2e fenêtre, à g., Jésus bénissant et des saints , par Lodovico Angeli.

La bibliothèque possède de précieux manuscrits, entre autres un de St-Luc. du vie s., écrit en lettres d'or sur du parchemin pourpre. i

A l'O. et au N. de la cathédrale s'étend la place du Pape (pl. BC 3, 4) , qui doit son nom à une statue de Jules III, en bronze, par Vinc. Danti (1556). — En face, le Palais Connétable, autrefois célèbre comme possédant une Vierge de Raphaël, qui a été vendue en 1871.

De la place, en prenant dans le coin au N. la via Yecchia, on descend à V*arc d'Auguste (pl. 2;C3), porte antique avec l'inscription : Augusta Perusia. Les fondements sont étrusques, le reste date probablement de l'époque d'Auguste, après l'incendie. On peut suivre d'ici le tracé des anciens murs d'enceinte de la ville romaine, qui occupait l'emplacement de la ville haute d'aujourd'hui et dont il subsiste encore des parties.

La petite place devant l'arc d'Auguste s'appelle place G-rimani (pl. C 3). A g. est le palais Antinori, de 1758. — Au

Bœdeker. Italie, II. 5e éditon. 4

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Quartiers N.

N., à peu de distance, l'église St- Augustin (pl. 5 ; C2), qui possède quelques tableaux du Pérugin et d'autres peintres de l'Ombrie, ainsi que de belles stalles.

A côté du palais Antinori est la via de' Pasteni qui mène en quelques minutes à l'Université (pl. 29; B 2), un ancien couvent d'Olivétains. L'université de Pérouse a été fondée en 1320, mais elle n'occupe cet édifice que depuis le temps de Napoléon. Elle possède un petit jardin botanique, des collections d'histoire naturelle, un musée d'antiquités étrusques ët romaines et surtout une *galerie de peinture formée depuis 1863 avec les dépouilles d'églises et de couvents supprimés, et fort importante pour l'étude de la peinture de l'école d'Ombrie.

Les œuvres principales sont expose'es dans l'ancienne chapelle du couvent. On y entre (tous les jours de 9 h. à midi; 50 c), soit directement de la petite place, soit, le plus souvent, par la porte de l'université, qui est à côté. Du corridor, dont les murs sont couverts d'inscriptions étrusques, on passe par la première porte à dr. puis par deux vestibules, dont l'un contient de vieilles peintures sans importance, l'autre des peintures de l'école siennoise primitive.

Salle principale, la chapelle. On y trouve des catalogues. Les numéros commencent à la grande entrée: 1, Bonfigli , le gonfalon de St Bernardin de Sienne, Jésus lui donnant sa bénédiction (il y a eneore un assez grand nombre de tableaux de ce peintre, mais ils sont de moindre importance); 2, le Pérugin, la transfiguration, de sa meilleure époque;

4, Boccati da Carnerino, la Vierge et des saints, avec un gradin d'autel complètement repeint, de 1446 ; 5, Dom. Alfani, la Vierge avec des anges et des saints, de 1524 (on reconnaît l'influence de Raphaël dans l'enfant Jésus); sans num., le Pinturicchio , St Augustin ; au-dessus, 6, le Pérugin,

5. Griacomo délia Marea, peint vers 1512; 8, Eus. da S. -Giorgio, Adoration des mages, souvent attribuée à Raphaël; — 7, le Pérugin, la Vierge, œuvre faible de la fin de sa vie: dans le bas, Jésus et neuf apôtres. — Il y a aussi un vieux sarcophage chrétien, sur lequel est représenté Jonas sorti du ventre de la baleine; il a renfermé les restes de StEgidius, successeur de St François d'Assise. — 22, Taddeo di Bartoli, le Couronnement de la Vierge, de*1403; — *23, 41, le Pérugin, fragments d'un grand rétable de l'église St-Augustin, la Nativité et le Baptême de J.-C, et auquel appartiennent encore les num. 24, 42 et 56; 25, lo Spagna , la Vierge sur un trône et des saints, tableau qui montre bien l'aptitude que l'artiste avait à s'assimiler différents styles, car il rappelle également les styles du Pérugin, du Pinturicchio et de Raphaël ; — 26, Giannic. Manni, Jésus entouré d'une gloire; 27, 28 (tableau à deux faces), le Pérugin, le Couronnement de la Vierge et Jésus en croix; 29, Fiorenzo di Lorenzo , la Vierge et des saints; — *30, le Pinturicchio, un rétable, la Vierge avec l'enfant Jésus, St Jean, St Augustin et St Jérôme (avec un lion) , dans le haut l'Annonciation et le Corps de Jésus tenu par des anges, de 1498, une des meilleures compositions de ce maître; — 164, 31, ';:'35, le Pérugin, Martyre de St Sébastian, de 1518, œuvre d'atelier; la Vierge et des saints; la Vierge donnant sa bénédiction à six religieux, de 1489; *39, Fiorenzo di Lorenzo, Adoration des mages attribuée aussi au Pérugin et à Ghirlandajo ; 41, le Pérugin, Baptême de J.-C. (v. ci-dessus); — 44, 65, Bernardino da Perugia, le Couronnement de la Vierge ; la Vierge avec des saints, tableau peint en partie sous l'influence de Raphaël; 47, Piero délia Francesca, la Vierge et des saints; 49, lo Spagna, Dieu le Père avec des anges; 51, Bonfigli, l'Annonciation; — 59, Domenico ou Orazio Alfani, Ste-Famille (del Carminé), d'après une composition de Raphaël qui se trouve maintenant à Lille et dont on voit ici une photographie; — 75, Me. Alunno, l'Annonciation, dans laquelle on admire surtout l'ange Gabriel. — Au milieu de la salle est un vieil autel chrétien.

Quartiers N.

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11 y a encore deux salles de l'autre côte' des deux vestibules. Ire salle: 185, 186, 190, 191, Bonfîgli, des Anges ; 151, une Vierge de l'école de Sienne; à dr., 153, Sinibaldo Ibi, l'Annonciation; une Adoration de l'enfant Jésus, fresque du Pérugin, de S.-Francesco-del-Monte ; une Vierge, fresque de lo Spagna, de 1520; des fresques de S.-Severo ; des miniatures du xive et du xve s., ainsi qu'un gradin d'autel attribué à Luca Signorelli et représentant St Bernardin de Sienne, St François, St Laurent, etc. — IIe salle: à dr., 206, Ben. Gozzoli, la Vierge avec St Pierre, St Jean-Baptiste, St Jérôme et St Paul, bonne oeuvre de ce peintre de 1456, et avec un gradin sur lequel est la Résurrection; 207, Fior. di Lorenzo, la Vierge sur un trône, des anges et deux donateurs; 209, 210, 221, 227, école de Mantegna , Légendes; 220, Fiesole , Miracle de St Nicolas de Bari ; au-dessus , du même , l'Annonciation; 216, *223, 229, Fiesole, la Vierge avec des saints; 236, Raphaël (?), la Vierge; 237, 247, le Pérugin, la Circoncision; l'Adoration de mages ; sans num., Dom. Bartolo, un tableau d'autel. Enfin, au-dessous de ce tableau, une lettre autographe du Pérugin.

Au premier étage, le musée archéologique. Sur l'escalier et dans les corridors, des urnes funéraires étrusques et des inscriptions latines. Les salles renferment des objets du même genre. Ire salle. La plus longue inscription étrusque connue, de 45 lignes, non encore déchiffrée, et des sculptures étrusques archaïques. — IIe S. Monnaies et ouvrages du moyen âge. — IIIe S. Bronzes antiques, et les plaques de bronze et d'argent trouvées en 1810, provenant d'un char, ou appartenant, selon d'autres, à une parure funéraire. — IVe S. Terres cuites et quelques vases peints. Couvercle d'un sarcophage: Typhon (p. 6) venant chercher le mort. — Ve S. Urnes funéraires en terre cuite, avec des traces de peinture. Au milieu, un sarcophage en terre cuite , avec le cortège d'un sacrifice.

Le cabinet de minéralogie, de physique, d'ornithologie et d'anatomie est insignifiant. Deux corridors renferment des plâtres de sculptures antiques et modernes.

Près de la porte St-Ange (pl. Al), où la via Loiîgara conduit de la place Grimani, se trouve l'église St-Ange (S.-Angelo; pl. 6), monument curieux du vies., mais avec des additions postérieures. C'est une rotonde avec 16 colonnes antiques, dans le genre de St-Etienne-le-Rond à Rome. — De l'autre côté de la Longara, Ste- Agnès (pl. 4; Al), avec des fresques peintes par le Pérugin à la fln de sa vie et par ses élèves.

En montant de la place Grimani (p. 49), au S.-E. , par la rue dite Monte-di-Porta-Sole, ou de la place du Pape (p. 49) à l'E., par la via Bontempi et la place de' Gigli , puis par la première rue à gauche, la via S.-Severo, on arrive tout droit à *St-Sevère (S.-Severo; pl. 14; C3), ancien couvent des camaldules transformé en collège. Dans sa chapelle se trouve une fresque de Raphaël, la première qu'il ait peinte seul, probablement en 1505, l'année qui a suivi son départ de l'école du Pérugin et lorsqu'il avait déjà séjourné à Florence.

Cette fresque, fortement endommagée, mais nettoyée depuis peu par Consoni de Borne, a de la ressemblance avec la partie supérieure de la Dispute de Raphaël au Vatican : Dieu le Père (effacé) avec 3 anges et le St-Esprit; au-dessous, le Sauveur et StMaur, Ste Placide, St Benoît, St Romuald, St Benoît le martyr et St Jean le martyr. Inscription : Raphaël de Urbino, domino Octaviano Stephano Volaterrano* Priori , Sanctam Trinitatem angelos astantes sanctosque pinxit , A. D. MDV. Sur les côtés, plus bas, Ste Scholastique, St Jérôme, St Jean TEvangeliste, St Grégoire le Grand, St Boniface et Ste Marthe , par le Pérugin. Inscription: Petrus de Castro

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Quartiers 0.

Plebis Perusinus , iempore domini Silvestri Stephani Volaterrani a destris et sinistris div. Christipherœ sanctos sanctasque pinxit , A. D. MDXXI.

Un passage voûté sous l'horloge du Palais Public (p. 48) conduit du Corso à la via de' Priori, la rue la plus commode pour aller voir les curiosités de la partie 0. de la ville. Près de la petite place qui précède la Chiesa Nuova {St-Jean-le- Rond; pl. 10), se détache à g. la via Deliziosa, dans laquelle on montre, au n° 18, la maison du Perugin (?).

Nous descendons plus loin dans la via de' Priori, nous passons devant une tour du moyen âge dite Torre degli Sciri ou degli Scalzi, puis près de la Madonna-della-LiLce, jolie petite église de la Renaissance (1518), et nous arrivons sur une place à dr., ou nous voyons en face

Laboratoire de St-Bernardin (Confraternità délia Giustizia; pl. 17; A 2). La façade est un chef-d'œuvre de décoration polychrome, du sculpteur florentin Agostino d'Antonio (1459-61), qui a employé du marbre de diverses couleurs et de la terre cuite et qui a de plus rehaussé par des couleurs ses nombreuses sculptures excessivement fines. Il y a dans l'église un tableau qui en représente la consécration et sur lequel cette façade est très-bien faite.

Immédiatement à côté se trouve l'église St- François- des- CouventueJs (S.-Fr. dei Conventuali ou del Prato ; pl. 9; A3), édifice goth. de 1230, modernisé au siècle dernier.

A l'intérieur, quelques tableaux de l'école ombrienne, surtout des Alfani , et une copie, par le cav. d'Arpin , de la Mise au tombeau de Raphaël qui se trouve au palais Borghèse à Rome (p. 190), mais qui fut peinte pour cette église. — La sacristie renferme, dans une caisse de bois, les ossements du condottiere Braccio Fortebraceio , tué au siège d'Aquila le 5 juin 1424, peu de mois après que son rival Sforza se fut noyé dans la Pescara.

Parallèlement au Corso s'étend à l'E. la piazza del Sopramuro (pl. C4), qui est établie sur d'énormes soubassements, dont une partie est formée par le mur de l'ancienne enceinte étrusque. A l'E., le palais du Capitaine du Peuple, plus tard palais du Podestat, de 1472. A côté, l'ancienne université, de 1483, l'un et l'autre bâtiment aujourd'hui occupés par les tribunaux. En face, la bibliothèque publique (pl. 3; C3), qui contient 30,000 volumes et comme manuscrits, un Etienne de Byzance, un St- Augustin avec des peintures, etc.

Nous allons maintenant au S. par la via Riaria à la place Yictor-Emmanuel (p 48). Là nous descendons immédiatement à g. en passant devant les soubassements de l'ancienne citadelle, où il y a une porte antique avec des sculptures intéressantes et les inscriptions : Augusta Perusia et Colonia Vibia, qui a été changée de place lors de la construction de la citadelle. — Nous suivons de cet endroit à g. la grande rue plantée de

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marronniers an bont de laquelle se trouve, à g., la petite église St-Herculane (S.-Ercolano). Son antel est un sarcophage antique.

La première rue latérale qui prend à dr. en deçà de l'église, conduit au palais délia Penna (pl. 27; C5), n°42, un peu à l'écart. Il renferme une galerie de peinture considérable, qui a une excellente *Vierge avec l'enfant Jésus, St François et St Jérôme du Pe'rugin; quelques autres tableaux de l'école ombrienne; une toile ronde de Luca Signorelli, la Yierge avec des saints; mais surtout des œuvres de peintres de la seconde moitié du xvie s. et du xvne: Carrache, le Guerchin, le Parmesan, le Caravage, Salvator Rosa. 50 c. à 1 1. au gardien.

La rue latérale débouche dans la via S.-Ercolano, qui vient de St-Herculane, et dont le prolongement porte le nom de via di-Porta-Romana. De ce côté, sur une petite place à g. est l'église

St-Dominique {S. -D ornent co ; pl. 7; C6), primitivement une construction goth. élevée au xme et au xive s. par Giov. Pisano (1304); mais presque complètement modernisée en 1614 par C. Maderna. Elle a un haut campanile en partie démoli.

Bras g. du transept: *monument de Benoît XI, qui mourut le 6 juillet 1304, victime, dit-on, des intrigues de Philippe IV de France, qui lui aurait fait servir des figues empoisonnées. Ce monument, par Giov. Pisano est un des plus importants de cette espèce. On y voit la statue du pape couchée sous un haut baldaquin supporté par des colonnes torses ,a orné de mosaïques et qui a dans le haut une Vierge entourée d'évêques et de moines. — Le chœur se termine par un mur droit percé d'une énorme fenêtre goth. (182 m. car.), dont le magnifique vitrail, le plus grand de ce genre en Italie, a été exécuté en 1411 par Fra Bartolommeo de Pérouse et nouvellement restauré. Les stalles, avec des marqueteries, sont de 1476.

Quelques minutes plus loin, on traverse la porte S-Pierre, de 1475, et l'on est bientôt à l'ancien couvent et à l'église

*S,-Pietro-de'-Casinensi (pl. 13 ; D7,8). L'entrée de l'église est dans la première cour, dans le coin opposé à g. Cet édifice, qui a été fondé vers l'an 1000 par St Pierre Vincioli de Pérouse, est une basilique à trois nefs, avec transept et plafond fortement doré; reposant sur 18 colonnes antiques de granit et de marbre et deux piliers. Il y a beaucoup de peintures.

Nef majeure, dans le haut: 11 grandes compositions exécutées de 1592 à 1594 par Ant. Vasilacchi de Pérouse, surnommé VAliense, élève du Tintoret et de Paul Véronèse. — Collatéral de dr. : quelques tableaux de Fécole d'Ombrie. Dans la chap. St-Joseph, ornée de fresques modernes, à g., un bas-relief funèbre d'une comtesse Baldeschi, en terre cuite, d'après un dessin de Fr. Overbeck; à dr., une Ste-Famille d'après André del Sarto, par le Pontormo. — Plus loin, au-dessus de la porte qui donne sur le couvent, deux Saints de Sassoferrato , d'après le Pérugin, et une copie d'une Ste-Famille du Vénitien Bonifazio. Au-dessus de la porte de la sacristie, trois autres Saints de Sassoferrato d'après le Pérugin. — Sacristie (25 à 50c. au gardien qui vous ouvre): cinq petits tableaux représentant des saints en demi-figure, par le Pérugin (ils entouraient autrefois son Ascension qui est maintenant à Lyon) -, une Ste-Famille du Parmesan ; *Jésus enfant attribué à Raphaël ; St Jean , copie d'après le Pérugin , et de bonnes miniatures du xvie s. dans des livres de chant.

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PEROUSE

Galeries partie.

Chœur: stalles en noyer avec de très-belles sculptures et des marqueteries, par Stefano da Bergamo, de 1535. — Sous l'arcade, de chaque côte', des ambons en pierre, avec bas-reliefs sur fond dore', par Franc. di-Guido, de 1517 à 1521.

Collatéral de g., dans le haut, en commençant près du chœur: Bonfigli (?), la Vierge avec le corps de Jésus et deux saints, de 1469. Dans la chapelle voisine, un autel de marbre avec des bas-reliefs eu partie dorés, par Mino da Fiesole, de 1473. Dans les deux chap. suivantes, des tableaux du Guide, de Vasari, etc. Dans l'intervalle, au mur du bas côté, Judith, par Sassoferrato. Plus loin: Eus. di S. -Giorgio , l'Adoration des mages; Sassoferrato, l'Annonciation, d'après Raphaël; le Pérugin, Pietà ou le Corps de Jésus soutenu par la Vierge, St Jean et Joseph d'Arimathie, des derniers temps de l'artiste, ayant fait partie d'un grand tableau d'autel de St-Augustin dont le reste n'existe plus.

Tout près de St-Pierre, de l'autre côté de la rue, s'étend la promenade ou Passegiata pubblica (plD8), qui va jusqu'à la porte S.-Costanzo. Elle offre une *vue magnifique sur la vallée de Foligno et l'Apennin qui l'entoure.

Outre la galerie Penna , il y a encore à Pérouse plusieurs galeries particulières. Celle de V avocat Eomualdi, via delBufalo, 5, non loin de l'hôtel de la Grande-Bretagne, se compose de bronzes, de médailles, de camées, de dessins et de peintures par Ann. Carrache, le Pérugin, etc. — La galerie Monaldi (pl. 26; B 5), dans le palais du même nom, au coin de la via Riaria et de la place Victor-Emmanuel a surtout des œuvres de peintres de la fin du xvie s. et du xvne. — La galerie Meniconi (pl. 25; C5), via di Porta-Romana, est dans le même genre.

En dehors de la porte del Carminé se trouve le cimetière (pl. E3), où l'on remarque un monument en l'honneur des habitants de Pérouse morts pour la liberté en 1849.

A environ 5 kil. à l'E. de Pérouse, avant S. -Giovanni , la première station de chemin de fer sur la route de Foligno et Rome (p. 69) a été découverte en 1840 la nécropole étrusque de Pérouse. Une voiture coûte 12 1. aller et retour. Les piétons peuvent aller par la vieille route qui part de la porte S.-Girolamo (pl. D 6,7) et revenir par la nouvelle (porte S.-Costanzo ; pl. D8). Ce qu'il y a de plus remarquable est le *tombeau des Volumnii, „Grotta de"1 Volunni", au bord du chemin, reconnaissable à quelques cyprès, à 1 h. de la ville. C'est un des plus beaux, mais non des plus anciens de l'Etrurie septentrionale. Il se compose de 10 cellules taillées dans le tuf de la colline, et il y a sur la façade des inscriptions étrusques et latines. On y a trouvé des urnes funéraires, avec des portraits d'hommes et de femmes, et toutes sortes de sculptures. Ce tombeau est bien conservé. Les urnes, lampes, ustensiles, etc., sont exposés dans la villa voisine, appartenant au comte Baglioni, où demeure aussi le gardien.

De Pérouse à la vallée du Tibre supérieur, diligence tout les jours pour Città-di-Castello, trajet en 4 h. 1/2- La route franchit bientôt le Tibre et remonte sa rive g. jusqu'à Fratta "ou Umbertide, petite ville située à 30 kil. de Pérouse. L'église de S.-Croce renferme une Descente de croix de Luca Signorelli. Belle collection de majoliques de M. Dom. Mavarelli. — Puis on passe encore deux fois le Tibre, on traverse sur sa rive g. une contrée supérieurement cultivée, et on atteint (22 kil.).

Città-di-Castello (loc. la Cannoniera), ville de 6,000 hab. ou 24,000 avec ses dépendances, construite sur l'emplacement de Tifernum Tiberinum, détruit par Totila. Elle fut gouvernée au xve s. par la famille Vitelli et plus tard soumise au pape. Elle a la forme d'un rectangle et elle a conservé ses

Excursions.

PÉROUSE

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anciens murs, de 1518. Cette ville est intéressante par une quantité de petites constructions du commencement de la Renaissance; mais malgré son ancienneté, elle a peu de monuments du moyen âge.

De sa vieille cathédrale S.-Florido, fondée en 1012, il ne reste que le campanile et le portail du N. ; l'édifice actuel, magnifique monument de la Renaissance , a été bâti de 1482 à 1522. On l'attribue souvent à Bramante, mais il existe des documents qui en nomment le véritable architecte, Elia di Bartolommeo Lombardo.

St- Dominique est la seule église de la ville qui ait conservé son -caractère gothique. On y voit un St Sébastien de Luca Signorelli. — Parmi les édifices civils, on remarque le Palais Communal, bâti au xive s., dans le style florentin, par un certain Angélus d'Orvieto.

Les Vitelli ont eu la passion des constructions comme tous les dominateurs de la Renaissance. Quatre palais bâtis aux xve et xvie s. portent leur nom; le palais d'Alexandre Vitelli est le plus ancien ; le palais Vitelli a S.-Giacomo le plus beau, et le palais Vitelli a Porta S.-Egidio le plus grand. La maison de plaisance qui dépend de ce dernier, le Palazzino, mérite particulièrement l'attention.

Città-di-Castello a l'honneur d'avoir fait les premières commandes au jeune Raphaël, mais ses œuvres ont disparu depuis longtemps, soit qu'elles aient été détruites, soit qu'elles en aient été enlevées, comme le Mariage de la Vierge ou Spolazio , qui est à Milan. Il n'est resté qu'une bannière sur toile, représentant la Trinité et la création, peinte pour l'église de la Trinité et qui est maintenant au palais Berioli délia Porta; elle est dans un état pitoyable.

Ste-Cécile possède une Vierge de Luca Signorelli et le palais Mancini une "Nativité de J.-C. par le même artiste, ainsi que divers autres bons tableaux.

De Città-di-Castello à Arezzo (p. 37), 36 kil.

A 16 kil. au N. de Città-di-Castello, la route passe à Borgo-S.-Sepolcro, petite localité agréable. Les églises y renferment plusieurs tableaux de peintres qui y sont nés : Piero délia Francesca, né en 1423 , le maître de Luca Signorelli (v. p. 42) et Raffaello dal Colle (xvie s.), élève de Raphaël. A St-Antoine-V Abbé, un beau Crucifîment de Signorelli.

Une route conduit de Borgo-S.-Sepolcro , par l'Apennin central , à Urbania (50 kil.) et Urbino (p. 8S). — On peut de Borgo-S.-Sepolcro aller visiter la source du Tibre , qui est près du village de le Balze.

De Pérouse à Narni par «Todi, 90 kil., courrier. La route, autrefois très-animée, sert peu maintenant, et offre peu d'intérêt. Elle descend dans la vallée du Tibre, qu'elle traverse, pour rester ensuite sur la rive g. A peu près à mi-chemin entre Pérouse et Narni , à environ 30 kil. à l'E. d'Orvieto , se trouve

Todi (Posta, près de la porte), le Tuder de l'ancienne Ombrie, ville de 4 à 5,000 hab., dans un site élevé (456 m.). La montagne est tellement escarpée, que la partie supérieure de la ville est inaccessible aux voitures. Son ancienne importance nous est prouvée par les débris de murailles qu'on y voit encore, et les grandes ruines d'un temple ou d'une basilique. passant généralement pour un temple de Mars. Pauvre en œuvres d'art, la ville possède quelques édifices intéressants, entre autres la cathédrale et l' hôtel de ville , sur la place. S.-Fortunato a un beau portail. Mais l'édifice le plus remarquable est s'!S.-Maria-deUa-Consolazione (pèlerinage), église à coupole en forme de croix grecque, dont les bras ont des toits en calotte et se termiment en polygone, tandis que le chœur est en hémicycle. L'extérieur se distingue par sa beauté et sa noble simplicité; l'intérieur n'est pas moins remarquable par l'harmonie de ses proportions et ses piliers. Ce monument, une des plus nobles créations de la Renaissance, a été longtemps attribué à Bramante, mais il existe des documents l'attribuant à Cola di Matteuccio da Caprarola, que Baldassare Peruzzi aurait aidé de ses conseils. La construction dura très-longtemps, de 1503 à 1604. — Todi est la patrie du poète Jacopone da Todi (m. 1306) auteur du uStabat Mater".

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