‹ Italie centrale et RomeChapitre 40 sur 105 · LAC TRASIMÈNE · texte numérisé non relu

LAC TRASIMÈNE

Route 6. 45

Le lac Trasimène (258 m. d'altit.) , nappe d'eau de 50 kil. de tour et large de 12 à 22 kil., est entouré de collines dont les pentes douces, couvertes de bois ou d'oliviers, montent peu à peu jusqu'à une grande hauteur. Il a trois îlots, ïisola Maggiore, avec un couvent; Y isola Minore, près de Passignano, et l'isola Polrese au S. A l'O. se trouve un cap que couronne Castiglione-del-Lago (p. 56). Les eaux de ce lac sont riches en oiseaux aquatiques et en poissons, tels que carpes, anguilles, etc. Les oiseaux sont l'objet d'une chasse acharnée. De petits affluents exhaussent par leurs alluvions le lit de ce lac, dont la plus grande profondeur, autrefois de 10 à 12 m., n'est plus aujourd'hui que de 6 ni. Un canal de dessèchement en faisait écouler l'eau au xve s. dans un affluent du Tibre. Ce lac paraît avoir été plus petit dans l'antiquité; depuis Napoléon Ier, on s'est occupé quelquefois du projet de le mettre entièrement à sec, sans cependant le réaliser.

Le souvenir de la victoire sanglante qu'Annibal remporta en ce lieu, le 23 juin 217 av. J.-C. , sur le consul romain C. Flaminius , couvre le charmant paysage d'un voile de tristesse. La contrée est encore parfaitement conforme à la description que nous en font Polybe (3, 83 et suiv.) et Tite Live (22, 4 et suiv.) dans leurs récits de la bataiile. Au printemps 217, Annibal quitta les quartiers d'hiver qu'il avait pris chez les Gaulois de l'Italie du Nord , franchit les Apennins , traversa les plaines inondées par l'Arno , en ravageant tout sur son passage , et passa au S. de l'armée romaine postée à Arezzo. Le consul , aussi brave soldat qu'inhabile général , le suivit avec une précipitation imprudente. Annibal occupa les hauteurs bordant le défilé, long de deux bonnes lieues, qui s'étend au H. du lac entre Borghetto et Passignano. L'entrée du défilé, près de Borghetto, ainsi que sa sortie près de Passignano sont faciles à barrer. Les forces principales occupaient la colline au milieu , là où se trouve aujourd'hui le village de Tuoro. Un brouillard e'pais couvrait le lac et la plaine, lorsque le consul, ignorant le plan de l'ennemi, et le croyant en marche sur Rome, s'engagea dans le défilé qui devait lui être fatal. Lorsqu'il s'aperçut de sa faute , il était trop tard. Tout son flanc gauche était découvert, et la cavalerie ennemie l'attaquait à revers du côté de Borghetto. Il ne lui resta plus qu'à forcer la sortie près de Passignano, et en effet Pavantgarde , composée de 6000 hommes , parvint à percer l'ennemi , mais fut également obligée de mettre bas les armes le lendemain. La mort du consul fut le signal de la déroute générale , qui coûta 15,000 morts aux Romains , et dispersa complètement l'autre moitié de l'armée. Cette défaite ébranla sensiblement la domination romaine en Italie. Le massacre dura trois heures. Deux petits ruisseaux descendent du Gualandro dans le lac ; le premier , que l'on franchit , s'appelle Sanguinetto , en souvenir des flots de sang qui en rougirent les eaux jusqu'à son embouchure dans le lac.

La ligne longe le lac et traverse un tunnel. — 135 kil. Passignano. Encore deux tunnels. — 144 kil. Magione, bourg avec une vieille tour du guet , qui date des temps de Fortebraccio et de Sforza. — 155 kil. Ellera. A g., sur la hauteur, se montre, sous un aspect pittoresque, la ville de Pérouse.

165 kil. Pérouse. Omnibus, 1 1. Il est ordinairement vite rempli; il faudra donc se hâter pour avoir une place. Il y a 15 min. de chemin jusqu'à l'Alb. di Perugia et 25 min. jusque dans le haut de la ville. De l'endroit où le chemin fait une

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PÉROUSE

première courbe à g., il y a à dr. un sentier commode et plus court qui conduit à la ville en 20 min.

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