‹ Italie centrale et RomeChapitre 66 sur 105 · PESARO · texte numérisé non relu

PESARO

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lisaire, échut plus tard aux Malatesta, aux Sforza, puis aux la Rovère, ducs d'Urbin, et devint, surtout sous Lucrèce cT Este, le rendez-vous des artistes et des poètes. Bernard et Torquato Tasso y ont séjourné. Elle fut incorporée aux Etats du pape en 1631. — Pesaro est célèbre par ses figues.

Pesaro est la patrie du célèbre compositeur Gioacchimo Rossini (1789-1868). Deux de ses admirateurs, le baron Salamanca de Madrid et G. Delahante de Paris, lui ont érigé en 1864 une statue de bronze, à côté du chemin de fer d' Ancône, à dr. de la sortie de la gare.

De la gare, on passe à dr. derrière le monument de Rossini et traverse la porte où aboutit l'ancienne grande route. A g., le théâtre Rossini et devant nous la place. Sur celle-ci, à g., la 'préfecture, l'ancien palais des ducs d'Urbin, une vaste construction. Sa grande salle, longue de 40 m. et large de plus de 15, a encore son plafond primitif à caissons et décoré de peintures. — Vis-à-vis, une façade élevée en 1848, avec les statues en marbre de Rossini et de Perticari. Derrière cette façade, l'église St-Dominique, avec un beau portail du xve s.

La bibliothèque Olivieri compte 13,000 vol. et 600 manuscrits, dont plusieurs rappellent l'époque des ducs, âge d'or de Pesaro ; elle a aussi des lettres et des notes du Tasse, etc. 11 y a à l'entrée, dans la cour et dans l'escalier, quelques sculptures et des inscriptions, en particulier une vieille inscription grecque dans les cannelures d'une colonne dorique, placée dans l'escalier. On voit aussi là une excellente collection de majoliques , provenant surtout de la célèbre manufacture d'Urbin.

La Foglia est traversée par un ancien pont romain.

Les églises de Pesaro sont peu importantes. S.-Francesco possède une *Vierge sur un trône par Jean Bellini, par laquelle il a révélé son talent de maître dans la peinture à l'huile, alors nouvellement inventée (vers 1470). — S.-Cassiano a une Ste Barbe de Simon de Pesaro; S.-Spirito, un *Christ en croix par Luca Signorelli; S.-Giovanni-Evangelista, une Pietà de Zoppo.

En face du grand hospice des aliéne's, le manicomio ou ospizio degli incurabili, se trouvent les Orti Giuli, jardins petits et sans importance, mais d'où l'on a, d'un bastion de l'enceinte de la ville, un joli coup d'oeil sur la Foglia et le mont Bartolo. A côté se voit une inscription disant que là était la maison habitée par Bernardo et Torquato Tasso pendant leur séjour à la cour des la Rovère.

Non loin de Pesaro se trouve le mont S.-Bartolo , où est , dit-on enterré le tragédien romain L. Attius. Plus loin, Vlmperiale^ château bâti par Girolamo Genga, pour Léonore de Gonzague. C'était autrefois le séjour favori des ducs, et il a été célébré comme tel par Bernardo Tasso. Il contient des fresques de Raffaello dal Colle , mais il est malheureusement en ruine depuis le xvnie s. Près de là s'élève l'église des Girolamitani, avec un tableau très-endommagé de Giovanni Santi, représentant St Jérôme. Sur une hauteur, derrière le couvent, on découvre une des plus belles '• vues des environs.

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De Bologne

C'est de Pesaro qu'on fait le plus facilement une excursion à Urbin. Il y a un service quotidien de diligence, le trajet se faisant en 5 h. à l'aller et 4 h. au retour. On part de Pesaro à 9 h. du matin et d'Urbin à 3 h. 1/2 du soir. Prix, 4 1. Yoir p. 86. — La route passe d'abord par la vallée de la Foglia, rivière qui se jette dans la mer à Pesaro. On traverse des localités insignifiantes. A mi-chemin, l'auberge ,,del Cappone", où l'on change de chevaux. Plus loin, Moline. Enfin la route monte à Urbin en faisant de grands circuits. La diligence s'arrête dans une rue bordée d'arcades à g. et où sont quelques cafés et l'hôteL

Urbin, TJvbino fhôt. : Aïb. d'Italia, passable), VXJrbinum Hortense des anciens, est située sur un rocher escarpé et entouré de montagnes abruptes. La ville compte, avec ses dépendances, 16,200 hab. et possède une université qui a plus de professeurs que d'étudiants. Elle a des rues étroites et tortueuses, mais elle mérite une visite à cause de ses monuments et de ses souvenirs.

Au pouvoir de la famille de Montefeltro depuis le xme s., elle acquit au xve, sous Federigo Montefeltro (1444-82) et son fils Guidobaldo (1482-1508), un éclat qui surpassa de beaucoup celui des cours voisines des Malatesta de Rimini et des Sforza de Pesaro. Federigo Montefeltro, qui s'était distingué comme condottiere, maria sa fille en 1474 avec Jean de la Rovère, neveu de Sixte IV, et fut nommé duc d'Urbin. Sa cour passa pour le modèle des cours princières à cette époque. Un grand nombre de savants et d'artistes y séjournèrent alors plus ou moins longtemps, et le prince lui-même était l'homme le plus savant de sa cour. Guidobaldo suivit du mieux qu'il put l'exemple de son père, malgré sa débilité et d'autres circonstances défavorables. Il fut tout particulièrement aidé dans sa tâche par sa femme, la belle et spirituelle Elisabeth de Gonzague. Le comte Baldassar Castiglione donne dans son „Cortigianou, l'idéal du courtisan, une description célèbre de la cour d'Urbin à cette époque, la représentant comme la haute école du grand monde. Guidobaldo fut chassé d'Urbin en 1497 par César Borgia, fils du pape Alexandre VI, et il n'y rentra qu'après la mort de ce dernier. Il laissa sa principauté, en 1508, à François- Marie de la Rover e , fils de sa sœur et neveu de Jules II. Le duché fut annexé aux Etats de l'Eglise en 1626, François-Marie II , qui n'avait pas d'enfant, ayant abdiqué à l'instigation du pape Urbain VIII.

Parmi les artistes qui furent occupés par la cour d'Urbin à l'époque de sa prospérité, il faut nommer : Paolo Uccello , Fiero délia Francescay Melozzo da Forli , etc. Des peintres étrangers y furent même appelés, par ex. Justus van Ghent , dont la galerie (v. p. 89) possède encore une œuvre. Melozzo da Forli et ses compagnons peignirent dans la bibliothèque ducale des portraits idéalistes de savants, qui sont une preuve de la curieuse union qui régnait à Urbin entre les intérêts scientifiques et artistiques ; mais ils ont disparu avec la bibliothèque. Timoteo Viti ou délia Vita (1467-1523), de Ferrare , le meilleur élève de François Francia, a passé la plus grande partie de sa vie à Urbin. Il a eu le premier de l'influence sur Raphaël , mais il fut lui-même plus tard complètement sous la dépendance du grand maître. L'attention se porte ici spécialement sur Giovanni Santi d'Urbin (? 1450-1494), père de Raphaël, dont les fresques à Cagli (p. 93) et à Fano (p. 91) annoncent assez de talent et surtout un sens tres-développé pour le genre gracieux. Comme il mourut lorsque son fils n'avait encore que 11 ans, il est difficile qu'il lui ait donné des leçons de peinture ^ mais on n'a pas encore pu savoir quel a été le maître de Raphaël tant qu'il resta à Urbin, jusqu'en 1500. C'est enfin de cette ville qu'était originaire Federigo Baroccio (1528-1612) , qui a produit en peinture de bonnes choses mais aussi beaucoup de choses affectées.

à Ancône.

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Le centre de la ville est la place du Marché [Pian del Mercato), où aboutit la rue dans laquelle se trouve l'hôtel. — En montant la via Pucinotti à dr., on arrive en quelques minutes à une place plus grande, mais peu animée, sur laquelle sont, à dr., la cathédrale et le palais ducal.

La cathédrale contient quelques tableaux remarquables.

Bas côté de g., un St Sébastien de Fed. Baroccio. Chap. à g. du maître autel, une Cène, par le même peintre. Maître autel, St Martin et St Thomas Becket, avec le portrait du duc Guidobaldo, par Tim. Viïi. Sacristie, la Flagellation de J.-C, par Piero délia Francesca , panneau exécuté avec la finesse de la miniature. — La crypte, dont l'entrée est sur la petite place entre la cathédrale et le palais, dans le coin à dr., renferme une Pietà par Jean de Bologne.

Le **Palais Ducal fut commencé en 1468, par l'Illyrien Lucien Laurana, pour Federigo Montefeltro, et achevé par Baccio Pintelli. En vue de la solidité et par suite de l'inégalité du sol, on renonça à lui donner une forme régulière et l'on en lit par là même un édifice très-pittoresque. Dès l'époque de sa construction, ce palais, qui semblait l'idéal de la demeure princière, fut l'objet d'une vive admiration. Cependant ses dimensions n'ont rien d'extraordinaire, comparées à celles d'édifices postérieurs; la cour même, l'œuvre de Baccio, dans laquelle on entre par la porte vis-à-vis de la cathédrale, est plus jolie que majestueuse. Les décorations intérieures, les frises peintes, les piliers, les cheminées, de Franc, di Giorgio, de Sienne, et (VAmbr. Barrocio, aïeul du peintre, sont des modèles du style de la Renaissance. On remarque dans l'escalier la statue du duc Frédéric, par Girol. Campagna. La célèbre bibliothèque et les autres collections du palais ont été transportées à Rome. Dans les corridors du premier étage est une collection remarquable d'inscriptions provenant de Rome et de municipes de l'Ombrie, fondée par l'épigraphiste Fabretti. Le palais sert maintenant de ,,Residenza Governatica", d'archives, etc.

Devant le long côté du palais est un obélisque et en face de celui-ci l'église St-Dominique , qui a un joli portail et un bas-relief en terre cuite au-dessus de la porte.

Nous passons devant le palais et nous allons tout droit. La rue se rétrécit. Le bâtiment du coin à dr., en face du palais, est Yuniversité: il y a des armoiries au-dessus de la porte. Plus loin, on descend un peu, puis on trouve à dr. l'entrée de

\S*Institut des Beaux -Arts, qui contient une galerie de peinture formée récemment des dépouilles des églises et des couvents supprimés dans la ville et ses environs (50 c).

Salle principale. De chaque côté de l'entrée, Lor. di S. -Séverine*, le Crucifîment, d'un réalisme repoussant. Au mur principal de dr., 73, Tim. Viti, St Roch ; 76, Justus van Ghent , la Cène, de 1474, intéressante par ses nombreux portraits , parmi lesquels on remarque, outre celui du duc Frédéric, celui de l'envoyé de Perse Caterino Zeno, à dr. de la table -, 79, Tim. Viti, Tobie ; *82, Giovanni Santi, la Vierge avec St Jean-Baptiste, St Sébastien, St Jérôme, St François et la famille du

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donateur, Buffi ; 93, Tim. Viti, la Vierge avec l'enfant Jésus et St Joseph ; 101, Ant. Alberti de Ferrare, la Vierge et douze saints, sur fond d'or, de 1439, composition pleine de raideur; 102, Giov. Santi, Pietà; 114, 115, vieille école vénitienne, la Vierge et des saints. — Au mur principal de g.: 140, 158, le Titien, la Cène, la Résurrection.

Au rez-de-chaussée, un certain nombre de plâtres, surtout d'ornements du Palais Ducal; puis des tombeaux originaux de ducs d'Urbin, de l'église St-François, et quelques belles majoliques.

Dans la contracta Raf faello, qui conduit de la place à g. à la forteresse, se trouve à g., num. 275-278, la maison où naquit lïaphaè'l , désignée par une inscription; elle est depuis 1873 la propriété de l'Académie de Raphaël. Pour y entrer, on frappe à la porte n° 278 (50 cj.

Les appartements sont ornés de quelques gravures d'après les tableaux de Raphaël. Dans la chambre de dr., se voit encore une Vierge avec l'enfant Jésus endormi , longtemps considérée comme une des premières œuvres de Raphaël: elle est seulement de son père. Un comité s'occupe d'ériger un monument au grand peintre à Urbin.

Nous montons plus haut dans la même rue, puis nous tournons à dr. dans une rue latérale, la via S.-Lucia, pour aller à S.-Spirito, église qui a des tableaux de Luca Signorelli, le Crucifîment et la Descente du St-Esprit, primitivement une bannière, de 1495.

Nous retournons maintenant à la place du Marché et nous descendons la via Balbona, pour tourner ensuite dans la première rue à dr., la via délia Posta, puis dans la première à g., la via S.-Giovanni, qui conduit tout droit à Y oratoire de la confrérie de St-Jean (Confraternità di S.-Giovanni). Les murs en sont couverts de peintures de Lor. da S.-Severino et de son frère, de l'école de Giotto, dont les sujets sont tirés de l'histoire de la Yierge et de celle de St Jean-Baptiste (1416).

Le théâtre d'Urbin, érigé par Girolamo Genga, jadis célèbre à cause de ses décorations, vit représenter la première comédie italienne, la "Calandra", du cardinal Bibbiena (1470-1520), qui était ami du pape Léon X et le protecteur de Raphaël.

De l'ancienne forteresse, on découvre une *vue intéressante sur les hauteurs arides des Apennins. Pour y aller, on monte par la rue Raphaël, tourne dans le haut à g. par la via dei Maceri et frappe au n° 1461 (25 à 50 c). Il y a dans le haut une poudrière.

A 20 min. à l'E. de la ville, à g. de la route de Pesaro, où on les aperçoit de loin, se trouvent l'ancien couvent et l'église de St-Bernardin , avec le nouveau cimetière d'Urbin. On y a une belle vue sur la ville. L'église renferme les tombeaux des ducs Federigo et Guidobaldo, avec des bustes.

D'Urbin à Fossombrone (p. 93), 15 kil., pas de communication régulière; voiture, 10 1. 5 le courrier du Furlo y passe à 11 h. Voiture d'Urbin à Gubbio , 401. Voir aussi p. 94.

D'Urbin à Urbania , l'ancien Urbinum Metaurense , plus tard Castel- Durante, probablement la patrie de Bramante, diligence tous les jours à 3 h., avec correspondance pour S.-Angelo, Città-di-Castello (p. 54), etc.

à Ancône.

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