D'Ancône à Foligno (Orte, Rome
129 kil. Trajet en 4 h. 3/4 par la grande vitesse, pour 14 1. 60 et 101. 25; en 4 h. 3/4 à 6 h. i/4 par les trains ordinaires, pour 131. 85, 9 1. 50 et 6 1. 60. — Jusqu'à Rome , 295 kil., en 9 h. V2 à 10 h 1/4, pour 351. 60 et 241. 70 c.
Ancône, v. p. 96. Le train suit la ligne d'Ancône à Bologne jusqu'à la station de Falconara (9 kil.); puis il tourne a\i S.-O. dans la vallée de YEsino, VuEsis des anciens, rivière qu'il traverse bientôt après, non loin de la station de Chiaravalle (16 kil.).
27 kil. Jesi, aujourd'hui une des villes les plus industrielles de la province, l'antique jEsis, où naquit en 1194 le puissant empereur Frédéric II, fils d'Henri YI et de Constance de Sicile, petitfils de Frédéric 1er Barberousse. La cathédrale est dédiée au martyr St-Septime, qui en fut le premier évêque, en 308. Le compositeur Spontini était aussi de Jesi (1778-1851).
La vallée se rétrécit peu à* peu, la ligne traverse deux fois la rivière. — 42 kil. Castel-Planio. — 48 kil. Serra- S.-Quirico. Derrière cette station, près du mont Rosso, les montagnes se rapprochent et forment une gorge sauvage, dangereuse à cause des rochers qui la surplombent et qui viennent souvent s'y précipiter; un long tunnel traverse le mont Rosso; on va plusieurs fois d'une rive à l'autre, et on atteint enfin la charmante vallée de Fabriano. — 62 kil. Alhaccina.
A 12 kil. S. d'ici se trouve Matelica, ville de 4,000 hab., posse'dant des tableaux de Palmezzano et d'Eusebio di S. -Giorgio, dans l'église S.-Francesco , et une petite galerie de tableaux , dans le palais Piersanti. De Matelica à Camerino (p. 103), 4 kil. 1/2; à San-Severino (p. 103), 18 kil.
71 kil. Fabriano (hôt. : Léon d'Oro; Campana), ville florissante de 17,500 hab. avec ses dépendances, située près des anciennes
102 Boute 14.
FOSSATO.
D'Ancône
villes détruites de Tuficum et à'Attidium et possédant de célèbres papeteries. L'hôtel de ville renferme des inscriptions antiques et une petite galerie de peinture. Sur le campanile, vis-à-vis, on en remarque une inscription d'une exagération pompeuse, relative à l'unification de l'Italie. Les églises, S.-Nicolo, S.-Benedetto. S.-Agostino, S.-Lucia, et plusieurs maisons particulières (casa Morichi et Fornari) renferment des tableaux de l'école de peinture qui florissait à Fabriano, et dont le cbef fut le doux Gentile da Fabriano (? 1370-1450; v. p. 47). Le marquis Possenti a une très-précieuse collection d'ivoires.
Un bon chemin de montagnes (14 kil.) conduit de Fabriano par la Genga, village très-pittoresque, à Sassoferrato , situé à une hauteur considérable dans une vallée fertile. Cette ville, de 2,000 hab. possède de belles églises avec de bons tableaux. Giambattista Salvi, appelé Sassoferrato, y naquit en 1605. Il est surtout connu par ses madones. Il mourut à Rome en 1695. L'église S.-Pietro possède une de ces madones. Dans le voisinage, les ruines de l'ancien Sentinum, où eut lieu, en 296 av. J.-C, la grande bataille décisive entre les Romains d'une part et les Samnites, les Gaulois, les Ombriens et les Etrusques de l'autre, et dans laquelle le consul Décius se sacrifia. Cette victoire étendit la domination romaine sur toute l'Italie.
Passé Fabriano, le chemin de fer court le long d'un ruisseau, le Giano, puis il franchit un tunnel long de 1950 m., qui traverse la chaîne centrale des Apennins.
87 kil. Fossato (diligence 3 fois par jour pour Schieggia; v. p. 94). On entre dans la plaine du Chiascio. A g., sur la hauteur, se voit le village de Palazzolo, à dr., Pellegrino 7 puis à g., Palazzo, S.-Facondino.
93 kil. Gualdo - Tadino , ville de 7,000 hab., à 3 kil. du chemin de fer, près de laquelle se trouvent les ruines insignifiantes de l'ancien Tadinum. Ce fut là que Narsès battit et tua, en 552, le roi des Ostrogoths Totila, succès qui lui permit de s'emparer de Rome bientôt après. L'église de S.-Francesco possède un tableau d'autel de Niccolô da Foligno, de 1471. Dans la cathédrale, une belle rosace, et dans la sacristie des tableaux de Niccolo da Foligno.
La voie descend en pente douce. — 110 kil. Nocera, ville épiscopale construite sur l'emplacement de l'ancienne Nucérie des Ombriens. Dans le voisinage se trouve une source minérale connue depuis 1510. Nous entrons ensuite dans l'étroit Val Topina, passons par Ponte- Centesimo , et arrivons à
129 kil. Foligno (v. p. 74).
Route (d'Ancône) de Civitanova a Foligno (et Rome).
Avant l'ouverture du chemin de fer direct d'Ancône à Rome, le courrier profitait jusqu'à Civitanova de la ligne d'Ancône à Brindes et allait en 10 h. de là à Foligno ; il n'y a plus maintenant que des voitures locales.
On quitte le chemin de fer à Civitanova (p. 101). La grande route remonte la fertile vallée du Chienti. Les cimes rocheuses de l'Apennin central, couvertes de neige jusqu'au cœur de l'été, restent toujours visibles, surtout le groupe de la Sibilla (2,477 m.). La contrée est supérieurement cultivée.
à Foligno.
TOLENTINO. Route 14. 103
26 kil. Macerata (hôt.: Pace; Posta), ville florissante d'environ 20,000 hab., chef-lieu de la province du même nom, majestueusement située sur les hauteurs entre les vallées du Chienti et de la Potenza. Elle possède une université , une académie d'agriculture, etc. Sa cathédrale renferme une Vierge avec St François et St Julien, attribuée au Pérugin. A S. -Giovanni, une Assomption de Lanfranc. Au Palais Municipal et au Palais Compagnon*, des inscriptions et des antiquités d1 Helvia Ricina (p. 101), ancienne colonie romaine située à 4 kil. l/2 d'ici, sur la rive g. de la Potenza. Parmi ses ruines, on remarquera surtout l'amphithéâtre. C'est après la destruction d'Helvia Ricina que se sont élevées les villes modernes de Recanati et de Macerata. Macerata possède aussi une bibliothèque publique et un arc de triomphe appelé porta Pia. A 1/4 d'h. de la ville, l'église de la Madonna-della-Vergine, dessinée par Bramante.
[A 2 h. de Macerata (1 h. de Tolentino) est le petit village à-'Urbisaglia, YUrbs Salvia des Romains, avec des ruines étendues: amphithéâtre, théâtre, murailles, bains, etc.]
La route de Rome traverse ensuite une contrée fertile sur les bords du Chienti.
46 kil. Tolentino (hôt.: Corona), l'ancien Tolentinum Picenum, sur le Chienti, ville de 4,000 hab., jadis très-forte. Elle possède une porte gothique des plus curieuses. L'hôtel de ville, sur la piazza, renferme quelques antquités. La cathédrale, S. -Niccolo-di- Tolentino , a un portail gothique, une voûte en bois richement sculptée et des fresques de Lorenzo et de Jacopo da San-Severino, l'Histoire de St Nicolas. Dans la chapelle du saint, deux tableaux: l'Incendie de St-Marc de Venise, attribué au Tintoret, et la Peste en Sicile, attribuée à Paul Véronèse. Jolis environs, avec vue sur les montagnes. Tolentino est la patrie du savant François Philelphus (1388), qui cultiva et répandit un des premiers les littératures grecque et latine. Le 19 févr. 1797, Bonaparte et un envoyé du pape Pie VI y signèrent un traité par lequel le dernier cédait à la France les légations de Bologne et de Ferrare, la Romagne avec Ancône, Avignon et un certain nombre d'objets d'art et de manuscrits, dont une partie seulement furent restitués en 1815.
A 10 kil. au N.-O. de Tolentino, dans la vallée de la Potenza, se trouve San-Severino, qui prit naissance après la destruction de l'antique Septempeda. Dans Véglise del Castello, des fresques de Diotisalvi d'Angeluzzo et un rétable de Niccolb da Foligno (1468). Au Duomo-Nuovo, une Vierge du Pinturicchio . S. - Lorenzo est construit sur les fondements d'un temple antique. Inscriptions et antiquités à l'hôtel de ville et chez le comte Servanze-Collio.
De S.-Severino à Camerino, 20 kil. (dilig. tous les jours, 11.). Camerino, est l'ancien Camerinum Umbrorum, situé sur une colline au pied des Apennins, et tout entouré de montagnes. C'était la capitale des Camertes ombriens, qui prirent parti pour Rome contre les Etrusques pendant les guerres des Samnites. Aujourd'hui cette ville est le chef-lieu d'une province, compte 5,000 hab., et possède un évêché (depuis 252) et une université. Sa cathédrale, S.-Sovino, s'élève à la place d'un temple de Jupiter; devant elle se trouve une statue en bronze de Sixte-Quint, de 1587. Carlo Maratta, le peintre, naquit à Camerino en 1625, et mourut à Rome en 1713.
De Camerino à la Muccia, sur la route de Rome, 9 kil. (v. ci-dessous).
Une autre route conduit au N. à Fabriano (40 kil.), par Matelica (18 kil.); v. p. 101.
La route de Rome traverse, au delà de Tolentino, une jolie contrée sur la rive g. du Chienti. Beaucoup de chênes. On passe par Belforte, Valcimara (relais), Ponte - délia - Tr ave (relais).
75 kil. La Muccia (Leone), halte ordinaire des voiturins. On voit une foule de petits villages sur les deux versants des montagnes. Le chemin commence à monter près de Gelagno-, contrée très-déserte; les voitures prennent un renfort de bœufs. Le passage des Apennins entre la Muccia et Foligno demande 6 h., avec les voitures ordinaires. Serravalle est situé dans une étroite gorge que dominent les ruines d'un château.
104 Route 14.