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Albains.
FRASCATI. Envir.de Rome. 353
Frascati. — Hôtel: Alb. di Londra, sur la place, bon, mais assez cher. — Restaurants: T r a 1 1. Camp a n a , dans le voisinage \ delSole. — On trouve facilement des logements pour l'été , en particulier aux villas Piccolomini, Falconieri, Muti, ainsi que des chambres meublées, à 30—401. par mois (3 ou 4 ch., environ 100 1.).
La visite des villas, toujours accessibles au public, et celle de Tusculum, demandent de 2 h. 1/2 à 3 h. On ira de préférence par les villas Aldobrandini et Ruffinella, et reviendra par les Camaldules et les villas Mondragone et Taverna. Guide et «ne, nécessaires seulement si Ton a peu de temps, 2 à 3 1. — Guide pour Nemi, par Rocca-di-Papa , etc., environ 31. — Voiture, v. p. 352.
Frascati, dans un site frais et salubre, sur le versant des montagnes, avec des villas délicieuses, aux frais ombrages et aux belles pièces d'eau, est le séjour d'été favori des Romains aussi bien que des étrangers. La ville même, d'origine moderne, est insignifiante. Elle prit naissance après la destruction de l'antique Tusculum par les Romains en 1191, dans les ruines d'une ancienne villa couverte de broussailles (frasche), d'où elle tira son nom. Sur la place, une jolie fontaine et la cathédrale, S.-Pietro, contruite en 1700, par Innocent XII. On y voit, à g. du maître autel, une inscription en mémoire du prétendant Charles- Edouard, fils de Jacques III, mort à Frascati le 31 janv. 1788. L'ancienne cathédrale, S.-Rocco, est de 1309. — A l'entrée de la ville au S.-O. , à l'endroit où aboutissent la route de Rome et le chemin de la gare (v. p. 352), est située la villa Conti, qui a des jets d'eau et d'où l'on jouit de belles vues; elle appartient au duc Torlonia, neveu du banquier.
De la place, on suit la rue qui monte à dr. le long de S.-Pietro, le corso Victor-Emmanuel, et l'on va tout droit en passant devant la station des ânes. Au-dessus de la ville , la villa Piccolomini, jadis habitée par le savant cardinal Baronius (m. 1607). Un tombeau rond au-dessous de la villa passe, sans raison, pour celui de Lucullus.
Plus loin, à dr. , la magnifique *villa Aldobrandini , fondée par le cardinal Pierre Aldobrandini, neveu de Clément VIII, d'après les plans de Qiacomo délia Porta; elle est aujourd'hui la propriété des Borghèse. Le palais renferme des peintures du cav. d'Arpin. Cascades, beaux chênes, vue étendue, surtout du toit plat de la construction en hémicycle. — Plus au S., la villa Montalto , construite par les Peretti et appartenant à la Propagande depuis 1835.
Le chemin de Tusculum passe plus loin, 25 min. au-dessus de la ville, devant V église des Capucins, qui renferme quelques tableaux. On entre ensuite dans la *villa Tusculana, ou Ruffinella, du xvie s. ; elle a été la propriété de Lucien Bonaparte, puis de la reine Marie-Christine de Sardaigne, et elle est aujourd'hui au roi Victor-Emmanuel. C'est là que des brigands tentèrent d'enlever Lucien en novembre 1818, comme Washington Irving le décrit si bien dans un de ses contes: l'Aventure du peintre.
Baedeker. Italie, II. 5^ édition. 23
354 Fiivir. de Borne. TUSCULUM.
Monts
C'est* là "aussi qu'était, comme on le suppose, la fameuse villa de Cict'rori, le ,,Tusculanumu. On y montre des inscriptions et des antiquités trouvées dans les environs.
Les autres villas sont situées sur la hauteur à TE. de Frascati, d'abord la villa Taverna , un peu plus loin la villa Mondragone, qui en est voisine, et qui a été fondée par le cardinal Altemps, sous Grégoire XIII. Elles ont de beaux jardins avec de charmants points de vue. La seconde, avec son grand palais, est occupée par un établissement d'éducation dirigé par les jésuites. — Au-dessus de la villa Taverna, la villa Falconieri, fondée avant 1550 par le cardinal Ruffini, avec un palais par Borromini, des peintures de C. Maratta, etc., et un beau jardin. — Sur la hauteur à FE., l'ancien couvent des Camaldules, fondé par Paul Y.
De la villa Ruffinella (monter à dr. du palais), un chemin ombragé, en partie antique, conduit à l'emplacement de Tusculum, une des villes les plus vieilles, dont la fable attribue la fondation à Télémaque, fils d'Ulysse; patrie de Caton l'Ancien, séjour favori de Cicéron. Au moyen âge, le castel au sommet était habité par des comtes belliqueux, pour la plupart alliés aux empereurs contre les Romains. Ces derniers occupèrent enfin la forteresse en 1191, sous Célestin III, et la détruisirent de fond en comble, pour se venger de la défaite que leur avaient infligée en 1167 des troupes de l'empereur Frédéric Ier. C'est pourquoi il ne nous reste de l'ancien Tusculum qu'un amas de ruines.
En montant de la villa Ruffinella, on arrive d'abord à Yamphitheatre (grand axe, 70 m.; petit, 52; arène 48 et 29m.), désigné par les guides sous le nom de Scuola di Cicérone. Il était situé hors des anciens murs. Il a été découvert, selon l'inscription, par Marie-Christine, reine-douairière de Sardaigne, à l'arrivée de Grégoire XYI, le 7 oct. 1839. Ensuite une prétendue villa de Cicéron, découverte en 1861 par le prince Aldobrandini. A dr. , l'ancien forum et, à environ 3/4 d'h. au-dessus de Frascati, le ^théâtre, découverts par Lucien Bonaparte et très-bien conservés : à côté se trouve un petit édifice également en forme de théâtre, qui était destiné à des séances publiques. Derrière le théâtre, une piscine divisée en 4 parties. D'habitude, les guides ne veulent pas aller plus loin, et en effet le chemin d'ici à la citadelle est mauvais, à peine praticable aux ânes.
L'ancienne ^citadelle (arx) était située à 50 m. au-dessus de la ville et 676 m. au-dessus du niveau de la mer, sur un rocher taillé de main d'homme, à l'endroit où s'élève une croix; il faut plus d'une h. pour y monter de la place de Frascati. On y voit encore deux portes et le tracé des murs. *Vue superbe. A dr., on aperçoit les Camaldules et le mont Porzio; plus loin, les montagnes de la Sabine avec Tivoli et Monticelli; puis, le Soracte et le mont Ciminien; vers la mer, la vaste Campagne avec ses aque-
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Albains.
GROTTA FERRATA. Envir.de Borne. 355
ducs, Rome et la coupole de St -Pierre 5 à g., le mont Cavo, Castel-Gandolfo , Marino et Grotta-Ferrata.
En tournant à dr. , à la descente, on arrive à un pan de l'ancien mur d'enceinte et, à côté, à im ^réservoir d'une construction singulière et très-ancienne, en pierre de taille et voûté presque en ogive. Au retour, on peut passer par les Camaldules (Camaldoli) et les villas Mondragone, Taverna etFalconieri (p. 354).
Deux chemins conduisent de Frascati à Grotta-Ferrata (4 kil.) : la grande route de Marino, et un sentier plus court par la forêt, à g. au-dessous de la villa Conti (p. 353).
Grotta-Ferrata, couvent grec de l'ordre de St- Basile, a été fondé sous Othon III par St Nil, en 1002. Au xves., il appartint au cardinal Jules de la Rovère (Jules II), qui le fortifia au moyen de fossés et de tours. De son ancienne église, il n'existe plus que le portique, où l'on voit à dr. une jolie statue de la Vierge. Le portail , du xie s. , est décoré d'arabesques et d'une inscription grecque; au-dessus de la porte, des mosaïques représentant le Sauveur, la Vierge et St Basile. L'église même a été reconstruite en 1754 par le cardinal Guadagni.
A l'intérieur, on pénètre de la nef latérale de droite dans la chapelle St Nil, ornée de *fresques relatives à la vie du saint, peintes en 1610 'par Je Dominiquin et restaurées en 1819. A l'entrée de la chapelle', à g:, la Rencontre du saint et d'Othon III. Le page en vert qui tient lé cheval de l'empereur, est le Dominiquin; à dr. du cheval, le Guide, -également en vert; plus à dr. encore, le Guerchin. L'enfant à toque'bîeùe surmontée d'une plume blanche, devant le cheval, a les traits d'une jeune fille de Frascati dont le peintre était épris. Adroite, St Barthélémy empêchant la chute d'une colonne, et sauvant ainsi la vie à des ouvriers. A g. de l'autel, St Nil guérissant avec l'huile d'une lampe de la Vierge un enfant possédé. A dr. , la Vierge offrant une pomme d'or à St Barthélémy. Dans la voussure, la Mort de St Nil. En dehors de la chapelle, St Nil apaisant un ouragan qui menace les récoltes \ le saint en prière devant la croix. Au plafond, l'Annonciation,
La belle abbaye renferme quelques vieilles sculptures et un monument du cardinal Consalvi, qui mourut en 1824' abbé de Grotta-Ferrata, empoisonné, à ce que l'on crut alors (son tombeau, v. p. 154). La petite Madone sur l'autel est d'Annibal Carrache, le buste du Dominiquin, de Thérèse Benincampi, élève de Canova. — Le 25 mars et le 8 septembre, ont lieu à Grotta-Ferrata des foires tres-fréquentées par les habitants du pays, et qui attirent aussi beaucoup d'étrangers de Rome.
3 kil. plus loin au S., où l'on peut aller par des sentiers ou par la route, se trouve
Marino, petite ville pittoresquement assise sur une saillie des monts Albains haute de 403 m., sur l'emplacement de l'antique Castrimoznium. Elle est célèbre par un vin excellent mais assez capiteux. Marino était au moyen âge un château fort des Orsini, qui s'y défendirent contre leurs ennemis, surtout contre les Colonna; ces derniers s'en emparèrent en 1424, sous Martin V, et ils en sont restés maîtres depuis lors. On remarque à Marino la
356 Envir. de Rome. MONT CAVO.
Monts
grande rue, le Corso, une fontaine et une cathédrale consacrée à St Barnabe. L'église de la Trinité, à g', du Corso, possède une Trinité peinte par le Guide; la Madonnq.delle Orazie, un St Roch du Dominiquin, et la cathédrale, un St Barthélémy du Guerchin, très-détérioré.
La station du chemin de fer de Rome à Naples est à 5 kil. , dans la Campagne (trajet en 35 min., pour !2 1., 1 1. 45 et 1 1. 05).
Un chemin de voitures ombragé, avec de beaux points de vue, conduit de Marino à Albano (1 h. 4/4; v. p. 358), en passant devant le lac d' Albano et par Castel-Gandolfo : il traverse une vallée boisée (il parco di Colonna), baignée par un ruisseau qui est Vaqua Ferentina des anciens, et souvent mentionnée comme rendez-vous des Latins.
De la route de Frascati à Marino, se détache à peu près à mi-chemin une route neuve qui mène à Rocca-di-Papa , à environ 8 kil. de Frascati (2 h. i/z de montée); voit à 1 chev., à peu près 8 1. — De Tus eu lu m (p. 354), on y va directement en 1 h. l/2 par des chemins de traverse (guide nécessaire, 1 1. à 1 1. 50).
Kocca-di-Papa, située sur le versant du grand cratère du Campd1 Annibal (v. ci-dessous), au milieu de beaux bois, est une petite ville misérable de 2,500 hab., convenable cependant pour un séjour en été, à cause de sa situation élevée (807 m.). On peut se faire indiquer des logements, même pour une seule nuit, au café delV Aurora, dans le haut de la ville. Les deux restaurants, dont l'un est aussi une auberge, sont à peine passables.
En montant les rues escarpées de la ville, on arrive, en 15 à 20 min. au grand cratère du Camp-d' Annibal, où une pure légende fait camper Annibal lors de son expédition contre Rome: ce sont peut-être plutôt les Romains qui y avaient établi un camp retranché contre Annibal.
De l'entrée du cratère, on se dirige vers le sommet boisé du mont Cavo, où conduit une route ancienne, bien ombragée, pavée en basalte et très-bien conservée, la voie Triomphale, ainsi nommée parce que les généraux auxquels le sénat refusait les honneurs du triomphe y montaient , de leur autorité, en cortège triomphal. A 45 min. de la route, on découvre près de deux clairières une *vue plus étendue que d'en haut: à dr., Marino; à g., le lac d' Albano; puis, Albano, Ariccia avec le viaduc, Genzano, le lac de Nemi et Nemi lui-même.
Le sommet du mont Cavo, le mont Albain des anciens, est à 954 m. au-dessus du niveau de la mer, et à 3/4 d'h. de montée de Rocca-di-Papa. C'est là que se trouvait jadis le sanctuaire de la ligue Latine, le temple de Jupiter Latiaris où avaient lieu chaque année les grands sacrifices des Fériés Latines. Les ruines en étaient encore assez bien conservées en 1783. Elles mesuraient 75 m. de long sur 35 de large, et elles avaient des colonnes de marbre
Albains.
M'ONT CAVO. Envir. de Rome. 357
blanc et jaune; le dernier des Stuarts, le cardinal d'York, a fait démolir l'édifice êt a fait construire de ses débris un couvent de la Passion. Tout ce qui reste encore de ce temple, c'estun pan du mur de fondation, au S.-E. de celui du jardin. **Vue incomparable de tous les côtés: sur la mer, la côte entre Terracine et Civita-Vecchia, les montagnes du pays des Yolsques et de la Sabine, Rome et la Campagne, avec une foule de villes et de villages; aux pieds du spectateur, les beaux monts Albains. Les lointains sont ordinairement voilés: on en jouit le mieux un peu avant le lever ou après le coucher du soleil, surtout lorsqu'une légère pluie a purifié l'atmosphère. Si l'on veut prendre quelque chose sur la montagne, nous recommandons d'emporter des vivres, car on ne trouve au couvent que du vin, du pain et du fromage: on peut à la rigueur y loger.
Du mont Cavo, on va en 1 h. 1/2 à "Nemi, avec un guide, par de beaux chemins à travers bois (v. p. 361).
Pour aller directement à Albano par Palazzuola, on retourne au Camp-d'Annibal, passe au-dessus de Rocca-di-Papa et se dirige vers la chapelle de la Madonna del Tufo (20 min. ; 708 min.), d'où l'on a une belle vue sur le lac d' Albano et la plaine. Ensuite on atteint en 20 à 25 min l'ancien couvent de franciscains de Palazzuola, du xme s. , sur le bord oriental du lac d' Albano (v. p. 359). Le jardin renferme un tombeau antique fort curieux, taillé dans le roc. On ne sait à qui l'attribuer. — Audessus du 'couvent, sur l'étroit plateau entre le pied du mont Cavo et le lac d' Albano, s'étendait jadis la grande ville à'Albela-Longue, dont il ne reste plus rien. Néanmoins, on voit encore distinctement que le rocher avait été taillé du côté de Palazzuola, pour fortifier la position.
La fondation d'Albe remonte à l'époque préhistorique; la légende l'attribua plus tard à Ascagne fils Énée. C'était l'ancienne capitale de la ligue Latine; mais elle fut détruite de bonne heure par sa rivale moins ancienne des bords du Tibre, et il n'en subsista que les antiques fêtes célébrées au sommet du mont Albain.
Un beau chemin au-dessus de Palazzuola, le long du lac, conduit en i h. à Albano; il aboutit à la Galleria di sopra (p. 359). On descend à g. près du couvent des capucins.
Albano.
De Rome à Albano. — Chemin de fer; 28 kil., trajet de 1 h. environ, pour 3 1. 30, 2 1. 30 et 1 1. 65 c. ou 4 1. 40 et 2 I. 95 (v. p. xvin).
Au sortir de la ville, le train quitte la ligne de Civita-Vecchia ; à g., la porte St-Laurent ; à dr., les arches de l'Acqua Felice, qui se dirige bientôt à g. On remarque à dr. les tombeaux de la voie Appienne. A g., les montagnes de la Sabine et les monts Albains ; Frascati, au pied de ces derniers (p. 353) et visible de loin. — 14 kil. Ciampino , où l'embranchement de Frascati se détache à g., tandis que la ligne du Sud s'approche des monts Albains. — 16 kil. Marino (p. 355) , à g., sur la première rangée de collines; au-dessus, Rocca et à dr., le mont Cavo, avec les murs blanes de son couvent. On franchit ensuite une tranchée dans la plaine. A g., sur une colline couverte d'oliviers , le village de
358 Envir. de Home. ALBANO.
Monts
Castel-Gandolfo, et bientôt après, à g., dans le lointain, Albano et Ariccia, reliés par un grand viaduc. La station près de la Cecina, qui n'a en soi rien de remarquable, dessert ces deux localités.
On trouve un omnibus (1 1.) à cette station, qui est à 1 h. d'Albano. On se hâtera si Ton veut en profiter, car il n'y a pas toujours assez de place. Les piétons ne mettent guère plus de temps. La montée est agréable, mais la vue est presque partout masquée. A dr., on a une courte échappée sur les ruines du castel Savelli; à g., la Turri ou la Torretta. On découvre ensuite une vue admirable sur Ariccia avec son vieux castel à dr. (p. 365), sur l'imposant viaduc et plus loin, à dr., sur Albano. A l'entrée de cette ville, à dr., la villa Loncampa. L'omnibus s'arrête à la ïdace Principe Umberto.
La grande route de Rome à Albano, la Nouvelle voie Appienne sert encore beaucoup, surtout si l'on veut réunir à l'excursion d'Albano la visite de l'ancienne voie Appienne (v. p. 341 ; on ne saurait guère recommander aux étrangers de profiter des voiturins mentionnés p. 113; 2 h. 1/2 de trajet pour 2 1. 50). — La Nouvelle voie Appienne sort de Rome par la porte St-Jean (p. 346), l'aneienne , un peu plus longue, par la porte St-Sébastien (p. 341). Les deux voies se rejoignent à la 11e pierre milliaire de la nouvelle, près des Fratocchie. Clodius avait sa villa à g. de la route; dans la vallée à dr. était située Bovillœ, colonie d'Albe-la-Longue , avec un sanctuaire de la famille Julia, et où l'on reconnaît encore les restes d'un cirque et d'un théâtre. On voit des deux côtés de la route des restes de murs et des tombeaux. Une grande construction carrée, haute d'environ 10m., avec 3 niches, a longtemps passé, mais à tort, pour le tombeau de Clodius. La route monte; belle vue de la hauteur sur la Campagne, la mer et Rome. Un peu avant la porte d'Albano , à la 14e pierre milliaire, un tombeau dit de Pompée (p. 359).
Albano. — Hôtels: de la Ville de Paris, dans le palais Feoli ; R 0 m a , tous deux nouveaux et recommandables ; Europa ou Posta (ch., 2 1.; vin du pays , 50 c. ; café au rez-de-chaussée); de Russie, près de la porte de Rome. — *Trattoria sur la place Principe-Umberto, où s'arrêtent les omnibus. — Café au Corso. — - Voiturin pour Rome tous les jours en été à 5 h. du matin. On trouve aussi d'autres occasions pour s'en retourner : s'informer dans les hôtels et les cafés.
Albano (381 111. d'altit.), ville de 2,900 hab., a été bâtie sur les ruines de la villa de Pompée et de YAlbanum de Domitien, siège d'un évêché depuis 460 et souvent mentionnée au xine s., dans les luttes des papes contre Rome, appartenant aux Savelli à partir de 1697, puis aux Etats de l'Eglise. C'est un séjour d'été favori des Romains et des étrangers, à cause de son site élevé et sain, quoiqu'elle ne soit pas absolument à l'abri des fièvres. Elle se recommande aussi comme point de départ pour un certain nombre de magnifiques excursions. — Le costume des femmes d'Albano est célèbre, mais on le voit rarement, si ce n'est les dimanches et jours de fête. Le vin du pays était déjà célèbre dans l'antiquité, ainsi que nous le voyons dans Horace.
Comme restes de l'antiquité , il y a dans la ville haute, entre le couvent de St-Paul et celui des capucins , des ruines peu considérables d'un amphithéâtre, qu'on voit en partie de la rue. L'église de S.-Maria-deUa-Rotonda s'élève sur l'emplacement d'un ancien temple circulaire. Les ruines dans la rue Gesù-e-Maria passent pour provenir d'anciens bains.
La voie Appienne traverse Albano en droite ligne. Hors de la porte Romaine, au N. de la ville, s'élève à dr. le noyau d'un grand
Albains.
ALBANO. Envir. de Rome. 359
tombeau, qu'on désigne sans preuve comme le tombeau de Pompe'e. L'allée qui passe sur la droite est la Galleria di sotto (v. ci-dessous). — Au S., en dehors de la ville, sur la route d'Ariccia, à dr. (g. de l'ancien chemin), se trouve un autre Hombeau antique, du style étrusque, composé d'un grand massif de forme cubique, qui était entouré de 4 cônes tronqués dont 2 subsistent encore : un 5e s'élevait au milieu. Ce monument a longtemps été regardé comme la sépulture des Horaces et des Curiaces; aujourd'hui on le considère, sans plus de fondement, comme le tombeau d'Aruns, fils de Porsenna, qui fut tué près d'Ariccia.
A 25 min. au N.-O. d'Albano, se trouve Castel- Gandolfo. Deux magnifiques allées de chênes verts, dites ,, Galleria di sopra" et ,,G. di sotto", réunissent les deux localités. La *Galleria di sopra prend au couvent dès capucins au-dessus d'Albano, et offre de belles vues sur le lac. La Galleria di sotto commence à l'entrée de la ville au N. , à côté du tombeau de Pompée, elle passe près de la villa Barberini et mène au delà de Castel- Gandolfo â Marino (6 kil. ; p. 355).
Castel-Gandolfo , propriété des Savelli au moyen âge, appartient aux papes depuis 1596. C'est un village sans importance, avec un grand palais papal que Urbain VIII a fait bâtir sur les plans de C. Maderna, dans un site splendide à une grande hauteur au-dessus du lac d'Albano. Il a servi depuis de résidence d'été aux papes (aussi à Pie IX) , et la loi de garantie du 13 mai 1871 lui a accordé le privilège de Y exterritorialité.
Le *lac d'Albano a environ 10 kil. de circonférence; son niveau est à 294 m. au-dessus de celui de la mer et sa profondeur atteint environ 150 m. C'est le cratère d'un volcan éteint, et quoique ses bords soient bien cultivés, il fait néanmoins une impression sombre et solennelle. Il est alimenté par d'abondantes sources intérieures. L'eau s'en écoule par un vaste émissaire souterrain très - ancien .
L'entrée de cet émissaire peut se visiter de Castel-Grandolfo. Le chemin qui y conduit, un peu avant la sortie du village au S., descend rapidement de la Galleria di sopra au bord du lac. Il faut demander le gardien au village (11., davantage en proportion pour une société). La descente exige près de 1/4 d'il, et toute l'excursion environ 1 h. L'émissaire fut, dit-on, établi par les Romains pendant le siège de Véies, en 397 av. J.-C., à l'occasion d'une crue extraordinaire du lac. Néanmoins, la construction en est probablement encore plus ancienne. Ce canal souterrain est taillé dans le roc; à l'entrée s'élève une grande construction en pierre de taille, sans doute un nymphée. Le canal proprement dit est haut de 2 à 3 m. ; il débouche à 15 min. d'Albano près de la Mola , où il forme un ruisseau qui met en mouvement des moulins , et il va ensuite se jeter dans le Tibre. Sa longueur est considérable (environ 1200 m.), comme le prouvent de petites bougies que le gardien fait nager d'un bout à l'autre sur des planches.
D'Albano à Palazzuola, 1 b. : prendre à dr. près du couvent des capucins et longer le lac dans le haut. De Pallazzuola au mont Cavo, également 1 b. Yoir aussi p. 357.
360 Envir. de Rome. ARICCIA.
Monts
A 15 min. au S.-E. d'Albano est situé Ariccia. La roule passe devant le tombeau étrusque mentionné p. 359, et plus loin sur un *viaduc grandiose qui traverse la vallée entre Albano et Ariccia. Ce viaduc, construit de 1846 à 1863 par ordre de Pie IX, a 304 m. de long sur 59 de haut , et il se compose de trois rangs d'arcades de 6, 12 et 18 arches. A dr. , la vaste plaine jusqu'à la mer; à g. , le *parc du palais Chigi. Ce palais, construit par le Bernin, est à g. au delà du viaduc. Le parc, conservé à dessein dans un état complètement sauvage, se distingue par de magnifiques arbres séculaires. Pour le visiter, s'adresser au portier ou au jardinier (50 c. à 1 1.).
Ariccia, localité sans importance, est souvent choisi comme séjour d'été à cause des forêts voisines. Il y a un café-restaurant sur la place. Les femmes d'Ariccia et de Genzano sont célèbres pour leur beauté. L'antique Aricia, qui faisait partie de la ligue Latine, était située dans le bassin au S., appelé valle Aricciana (299 m.), ancien cratère au-dessous de la ville moderne, qui occupe l'emplacement de l'acropole. C'était, d'après Horace (Sat., I, 5), la première étape de la voie Appienne, qu'on voit encore s'élever, au pied du village, sur de hauts et puissants soubassements jusqu'à Genzano. Il est intéressant de faire une promenade dans la vallée d'Albano jusqu'à Ariccia et Genzano, ce qui demande 1/2 h. de plus que par la nouvelle route. — Au moyen âge, Ariccia fut soumise aux Sa^elli, qui la vendirent en 1661 aux Chigi, ses maîtres actuels.
La belle route neuve de Genzano , bien ombragée, appuie un peu à g. au sortir d'Ariccia et traverse 4 viaducs, d'où l'on a une belle vue. Au bout de 12 min., on passe devant l'ancienne église des jésuites de Galloro. 15 min. plus loin, à la 17e pierre milliaire, la route se bifurque. Le chemin de g. conduit à un couvent de capucins et descend au lac de Nemi (dans le bas, un chemin en partie antique qui va à Nemi), celui du milieu, une allée, mène au palais Cesarini (v. ci-dessous), celui de droite enfin descend à la ville.
Genzano , ville de 5,000 hab. , est située à une grande hauteur au-dessus du bord S.-O. du lac de Nemi. Beaucoup de personnes y viennent passer l'été; néanmoins il y règne quelquefois des fièvres, et il n'y a pas d'auberge convenable. Il y a un bon cabaret sur la place, vis-à-vis de la fontaine. Le vin de Genzano est renommé. La ville n'a rien d'attrayant en dehors de sa situation. On a la meilleure vue sur le lac du jardin du palais Cesarini, qui s'étend sur la rive escarpée à g. en face du palais, où il faut s'adresser pour obtenir l,a permission d'y entrer. — A l'octave de la Fête-Dieu, on célèbre à Genzano la fameuse fête des fleurs, YInfiorata di Genzano, durant laquelle il y a une procession dans une rue couverte de fleurs semées
Albains. NEMI. Envir. de Rome. 361
de façon à former une sorte de tapis; puis des feux d'artiflce et des jeux publics. Cette fête a été remise en usage depuis quelques années, mais elle n'a pas cependant lieu tous les ans.
Le **lac de Nemi (325 m. d'altit.) est un cratère éteint d'environ 5 kil. de circonférence, et d'une profondeur considérable (près de 100 m.), comme le lac d'Albano, qui est d'ailleurs situé plus de 30 m. plus bas. L'écoulement s'opère également par un émissaire artificiel. Les bords escarpés du cratère, hauts de 100 mètres, sont très-bien cultivés. Ce lac s'appelait dans l'antiquité lacus Nemorensis, ou bien aussi "miroir de Diane", d'après un temple dont on voit les soubassements au-dessus de Nemi, et d'après un bois (nemus) consacré à cette déesse. Tibère (ou Trajan) fit construire sur le lac un vaisseau magnifique dont on conserve un débris au musée Kircher à Rome (p. 153). La surface en est claire et toujours calme, l'ensemble du tableau d'une beauté merveilleuse : c'est la perle des monts Albains.
De Genzano à Nemi, 3/4 d'h. : suivre la rue à dr. près du palais Cesarini , traverser la ville en passant près de l'église S.-Annunziata. Le chemin de voitures, qui est agréable, passe dans le haut du lac, offrant quelquefois une belle vue. Un sentier descend près de S.-Annunziata vers le lac et remonte dans le bas de Nemi, près des moulins.
Nemi est un petit village du moyen âge, avec un vieux château. L'auberge a une petite véranda d'où l'on découvre une *vue charmante: le lac avec le château de Genzano; au delà, une ancienne tour du guet; puis, la vaste plaine et la mer. — Pour aller de Nemi au mont Cavo (p. 356) , il faut un guide (1 1. à 1 1. 50), car on passe par des sentiers détournés (1 h. Albano est un peu plus loin.
On peut visiter de Genzano en 1 h. (3 kil. sur la route, puis à g.\ v. la carte, p. 352) la petite ville de Cività-Lavinia, l'antique Lanuvium. célèbre par son culte de Junon Sospita; elle est située sur une ramification occidentale des monts Albains (lh.). A l'extrémité O. de cette ville, on remarque quelques restes de murailles antiques ; sur la place , un sarcophage et des débris de tombeaux et de villas. Cività-Lavinia est aujourd'hui une localité misérable, avec de beaux points de vue sur la Campagne du côté de la mer. La station du même nom sur la ligne de Rome à Naples est 1/2 h. plus bas. Il y a trois convois par jour. Prix des places pour Rome: 3 1. 75, 2 1. 65 et 1 1. 90 c.
Près de 9 kil. plus loin sur la route (12 de Genzano) se trouve Velletri. Un chemin plus court et plus beau y conduit de Genzano en 1 h. 1/2; guide nécessaire. — Velletri (aub. : Gallo ; Campana , avec un restaur.), l'ancienne Velitrœ, ville des Volsques, soumise à Rome dès 338, est pittoresquement située sur une saillie du mont Artemisio. Cette ville, aux rues étroites et tortueuses, a 12,000 hab. ; elle est la résidence de l'évêque d'Ostie. "Vue étendue de la loge du palais Lancelotti. Les environs de Velletri sont renommés pour leur vin. — La station du chemin de fer est à 10 min. de la ville: 4 convois par jour: prix pour Rome: 4 1. 75. 3 1. 35 et 2 1. 40 ou 6 1. 40 et 4 1. 30 c.
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