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I. Petites excursions dans la Campagne de Borne

Cette première partie comprend la description des tours qu'on peut faire hors de Rome en quelques heures et qui offrent une excellente occasion de reprendre de nouvelles forces après une matinée consacrée à la visite des églises et des galeries. Jusqu'aux portes, et ordinairement même jusqu'à 15 minutes au delà, les routes sont bordées de hauts murs et par conséquent très-monotones et fatigantes. On fera donc bien de s'y faire conduire en voiture. Pour le tarif des fiacres jusqu'aux portes et v. p. 112 ; en allant plus loin, il faut s'entendre d'avance sur les prix. On s'arrangera de façon à être de retour peu de temps après le coucher du soleil.

Nous énumérerons ces tournées dans l'ordre des portes de la ville, du sud à l'est et au nord. Voir la carte ci-jointe.

Hors de la porte Portese (pl. III, 15).

Bois des frères Arval s. — L'excursion demande environ 4 h. et n'est intéressante que pour les antiquaires. A 2 kil. de la porte, la via Campana se détache, à g., de l'ancienne via Portuensis pour se diriger, généralement le long du Tibre, pendant environ 2 kil. 1/2 vers la vigne Ceccarelli , entre la 4e et la 5e pierre milliaire, là où le chemin de fer de Civita-Vecchia traverse la chaussée, et vers la station de Magliana (p. 8). On a découvert récemment dans la vigne en question la place précise du bois sacré des frères Arvals.

Le collège des 12 frères Arvals était une des corporations primitives du Latium, dont la tradition attribue l'origine aux fils d'Acca Larentia (mère des Lares) nourrice de Romulus. Dans le principe, elle avait pour but d'implorer sur les champs les bénédictions de la déesse dispensatrice (Dea Dia\ par des sacrifices et des processions annuelles; mais elle subit, sous Auguste, une transformation complète. Elle conserva, il est vrai,

excursions.

LA MAGLIANA. Envir. de Rome. 339

ses trois jours de fête au mois de mai, ses ce'rémonies et ses sacrifices, mais elle adopta aussi une foule d'autres fêtes qui n'avaient d'autre but que le culte de la dynastie régnante. La modeste confre'rie devint un ordre privilégié, composé de gens attachés à l'empereur, s'occupant plus de prier pour le salut du souverain et de sa famille, de faire des sacrifices pour le succès des armes impériales, de fêter leurs victoires par des festins, de célébrer la naissance des princes, etc., que de rester fidèles au culte de Cérès. L'historique de ces fêtes était gravé sur la pierre, -4t exposé dans le bois sacré.

C'est en 1570 qu'on a trouvé pour la première fois des actes des Arvals dans cette vigne, alors vigna Galletti. Outre 19 fragments d'inscriptions, on y a découvert 7 bases de statues d'empereurs romains en frères Arvals. Deux nouvelles tables ont encore été retirées du sol en 1699, et l'on a mis enfin à jour d'autres petits fragments d'inscriptions en 1857. C'était donc évidemment dans cette vigne qu'il fallait chercher la place du bois sacré des frères Arvals, que des inscriptions plaçaient entre la 4e et la 5e pierre milliaire de la via Campana. Mais ce° n'est qu'après la découverte importante d'une table intacte, faite en 1866, en creusant les fondations delà maison d'un vigneron, qu'on résolut, à l'instigation et sous la direction de M. Henzen , premier secrétaire de rinstifut archéologique allemand, de faire des fouilles régulières qui ont donné, en 1867 et 1868, des résultats surprenants. Le nombre des inscriptions a été plus que doublé par ces fouilles , et l'on a acquis ainsi une nouvelle source pour l'histoire de l'Empire, qui ne le cède pas, en valeur, aux fastes consulaires du Capitole (p. 219). Ces inscriptions, aujourd'hui au musée lapidaire du Collège Romain (p. 154), comprennent les temps écoulés depuis Auguste jusqu'à Gordien, c'est-à-dire 3 siècles. Après Gordien , on perd les traces des frères Arvals , et il semble que son successeur Philippe, que l'on suppose avoir été favorable au christianisme, ait supprimé leur corporation.

Les fondements antiques sur lesquels est "bâti le casino de la vigne, sont ceux d'un temple de Dea Dia, qui s'élevait au milieu du bois sacré. Dans la plaine au-dessous du bois , de F autre côté de la route, se trouvent les restes de la maison ou se réunissaient les Frères, construction primitivement carrée et avec portique. C'est là qu'avaient lieu les festins du collège, et qu'on sacrifiait aux empereurs dont les statues ornaient l'édifice. Du côté de la colline était une ancienne sépulture chrétienne, où l'on a découvert les restes d'un oratoire du pape St Damase.

Près de là est aussi l'entrée des catacombes de Ste-Genérosa, rencontrée en 1868 dans les fouilles du bois sacré. Ces catacombes, quoique de peu d'étendue, sont intéressantes au point de vue de leur disposition tout à fait primitive, et de leur bon état de conservation.

LaMagliana. — Près de la station de ce nom (p. 8), se trouve le château de chasse la Magliana, appartenant au couvent de Ste-Cécile. Ce château, aujourd'hui en ruine, a été autrefois le séjour favori de plusieurs papes, en particulier d'Innocent VIII, de Jules II et de Léon X. On y voit de beaux ornements de la Renaissance, mais les fresques qui l'ornaient, et qu'on attribue au Spagna, en ont été enlevées. L'une d'elles est maintenant au Louvre et le reste au palais des Conservateurs (p. 218).

.340 Envir. de Rome. TRE- FONTÀNE.

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Hors de la porte St-Paul (pl. II, 16). De la place Bocca-della-Verità jusqu'à la porte St-Paul , 20 min.; de là jusqu'à la basilique de St-Paul-hors-les-Murs , 30 min.; jusqu'à Tre- Fontane, encore 30 min. — On pourra fort bien, en se rendant à la porte St-Paul, visiter les trois églises qui sont sur l'Aventin (p. 254, 255). Si l'on veut se rendre directement à la basilique de St-Paul , on peut, l'après-midi, profiter de l'omnibus qui part toutes les l/2 n- de la place Campitelli (p. 209 ; 30 c; trajet de 25 min.).

Chemin de la porte St-Paul à St-Paul-hors-les-Murs , v. p. 256. — Avant la basilique, à g., est un chemin agréable qui fait un angle aigu avec celui par où l'on vient, la via délie Sette-Chiese] on va par là en 3/4 d'h. à St-Sébastien , sur la voie Appienne. Voir aussi p. 342.

La route continue ensuite tout droit, en passant à TE. et devant le campanile de l'église, et elle se bifurque à 7 min. de l'église, près de Yosteria del Ponticello: la partie à dr. est l'ancienne via Ostiensis, allant à Ostie (p. 381), celle de g., la via Ardeatina Nuova. En prenant celle-ci, on arrive en 25 min. à

L'abbaye délie Tre-Fontane (ad aquas Salvias), presque totalement abandonnée à cause du mauvais air qui y règne. Elle a été cédée en 1868 à des trappistes français, qui en y faisant de grandes plantations d'Eucalyptus, arbre qui croît rapidement, ont déjà, dit-on, beaucoup remédié au mal. L'abbaye passe pour devoir son nom à trois fontaines sorties du sol lors du supplice de St Paul, qui eut lieu en cet endroit, et dont la tête bondit trois fois. On entre dans la cour qui entoure ces églises par une arche portant des traces de peinture, et qui est probablement un reste d'une église St- Jean-Baptiste (sonner; 25 c).

La plus grande des trois, celle de *St - Vincent-et-St - Anastase, est une basilique à piliers d'un vieux style, construite par Honorius Ier, restaurée en 1221 par Honorius III, comme le dit l'inscription à g. du chœur , et actuellement aussi en restauration. Elle a conservé bien des choses anciennes , en particulier les fenêtres de marbre au-dessus de la nef centrale. Le portique présente des restes de peintures, entre autres un portrait d'Honorius III. Les piliers sont ornés des figures des douze apôtres d'après des gravures de Marc-Antoine, faites sur des dessins de Raphaël: ces peintures ont été mal restaurées de nos jours.

A dr. s'élève la seconde église, de forme ronde, appelée Ste-Marie- Scala-Cœli, parce que St Bernard, auquel Innocent III avait confié ce couvent, eut un jour la vision d'une échelle céleste sur laquelle des anges conduisaient au ciel des âmes délivrées par ses prières. Cette église, dans sa forme actuelle, date de la fin du xvie s.*, l'abside renferme de bonnes mosaïques de F. Zucchero (les saints Zenon, Bernard, Vincent le Diacre et Vincent Anastase), données par Clément VIII et le cardinal Aldobrandini, qui acheva le monument.

La troisième église, S.-Paolo-alle- Tre-Fontane , s'élève, dit-on, à la place où St Paul fut décapité ; elle renferme les trois fontaines (v. plus haut). Au milieu est une mosaïque antique représentant les quatre saisons; elle a été trouvée à Ostie en 1869 et donnée par Pie IX à l'abbaye. Près de la fontaine de droite, on remarque la colonne de marbre blanc à laquelle le saint fut attaché lors de son supplice. L'édifice actuel est de 1599. — On donne 1 1. au religieux qui ouvre les églises.

Belles vues des collines près de l'abbaye, dans lesquelles il y a des carrières de pouzzolane.

excursions. VOIE APPIENNE. Envir. de Rome. 341

Hors de la porte St-Seb astien (pl. III, 28).

La visite delà voie Appienne demande, en voiture, 3 h. à 3 h. 1/2' : voit à chev. jusqu'à Casale-Rotondo , 9 à 10 1. aller et retour. De bons piétons mettent environ 4 h. i/2 à 5 h.: de l'arc de Constantin à la porte St- Sébastien , 25 min.; de la porte aux catacombes de St-Calixte , 25 min.; de là au commencement de la partie de la voie antique mise à jour, 20 min.; enfin jusqu'à Casale-Rotondo, 40 min. — Le mieux est de prendre une voiture jusqu'aux catacombes (2 1. 50) , que l'on visitera en même temps, et d'aller ensuite à pied. Les piétons peuvent, pour n'avoir pas à parcourir deux fois la première partie de la route peu intéressante, revenir par le val Caffarella (v. p. 344, 345).

On peut aussi réunir l'excursion à Albano à la visite de la voie Appienne, mais le bout de chemin qui reste à parcourir n'est pas intéressant (p. 358). Voiture à 2 chev. de Rome à Albano, 25 1. et un pourboire ; voit, à 1 chev., pas au-dessous de 20 1.

On passe par la rue de la porte St-Sébastien, conduisant à cette porte, et près des ruines et constructions qui l'avoisinent (v. p. 258 à 261).

La *voie Appienne, route militaire établie Tan 312 avant J.-C. par le censeur Appius Claudius, passait par l'ancienne porte de Capoue près de St-Grégoire (on a encore trouvé en 1869 des débris du mur de Servius dans la vigne de cette église), et allait jusqu'à Capoue, d'où elle fut prolongée plus tard jusqu'à Bénévent et Brindes. Elle a été déblayée en trois ans, depuis 1850, par ordre de Pie IX, sous la direction du ministre du commerce Jacobini et de l'architecte Canina, jusqu'à la onzième pierre milliaire, où elle est aujourd'hui coupée par le chemin de fer d' Albano. Elle mérite encore maintenant le nom de "reine des routes", et c'est sans contredit sur cette voie qu'on fait la plus intéressante des petites excursions aux environs de Rome. On y jouit d'une trèsbelle vue sur la Campagne, avec ses ruines d'aqueducs et ses montagnes, et on rencontre, des deux côtés du chemin, une foule de tombeaux antiques, dont un petit nombre seulement sont conservés intacts. Les restes qu'on en a retrouvés, ont été réunis et rétablis par les soins de M. Canina, afin de donner autant que possible une idée de l'architecture et de l'ornementation de ces monuments. Malheureusement, la nouvelle administration a mis également ici en pratique son système de nettoyage et enlevé une grande partie des inscriptions et des sculptures qui s'y trouvaient de tous les côtés.

De la porte St-Sebastien (p. 261), la route descend l'ancien clivus Martis, passe au bout de 4 min. sous le chemin de fer de Civita-Vecchia et traverse 3 min. plus loin YAlmo, ruisseau près duquel on voit déjà, à dr. et à g., des ruines de tombeaux. A 12 min. de la porte, la voie Ardéatine se détache à dr.*, à g. s'élève la petite église Domine- quo-vadis, qui tire son nom d'une légende d'après laquelle St Pierre, fuyant le supplice, y aurait rencontré Jésus, et lui aurait dit: Domine quo vadis?" (Seigneur, où allez-vous?), à quoi Jésus aurait répondu: ,,Yenio iterum

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cruciflgi" (je viens me faire crucifier de nouveau), ce qui aurait fait retourner St Pierre sur ses pas. On y montre une copie des empreintes que les pieds du Sauveur laissèrent, dit-on, sur le marbre.

A quelque cent pas au delà de l'église, est une petite chapelle ronde, à g. de laquelle se détache un chemin de traverse qui conduit au val Caffarella (p. 344). — La route monte ensuite et reste très-monotone pendant 10 min., en longeant des murs. A 25 min. de la ville, on arrive, à dr. , à l'entrée des catacombes de St-Calixte (p. 334), reconnaissante à quelques cyprès et à une inscription.

Un peu plus loin, la route se bifurque encore une fois. Le bras de g. est la route moderne; il mène à S.-Urbano (p. 345) et aux bains d'Acqua-Santa (p. 346), et il débouche dans la route d'Albano , à 3 kil. 1/2 de distance , non loin de Roma-Yecchia (p. 343).

Par le bras de dr., que nous suivons, on descend, en passant devant l'entrée des catacombes juives (à g., n° 37; v. p. 335), à

St-Sébastien, église située à 30 min. de la porte du même nom. C'était, dès les temps les plus anciens, une des sept que les pèlerins venaient visiter, parce qu'elle s'élevait sur les catacombes où reposaient tant de martyrs. Elle est mentionnée pour la première fois sous St Grégoire le Grand. Elle avait autrefois la forme d'une basilique, mais elle a été reconstruite telle qu'elle est aujourd'hui par Flaminio Ponzio et Giov. Yasanzio, en 1612. Son portique a six colonnes antiques de granit.

Dans la lre chapelle à dr., la pierre sur laquelle sont les empreintes des pieds du Sauveur. La dernière chapelle à dr. , est de Charles Maratta. Sur le maître autel, un tableau d'Innocent Taceoni, e'iève d'Annibal Carraehe. Dans la 2e chapelle à g., une belle statue de St Sébastien, modelée par le Bernin et exécutée par Giorgini. A g. de la sortie, il y a un escalier descendant aux catacombes, qui sont maintenant sans intérêt.

Immédiatement avant l'église, à dr., la via délie Sette-Chiese, qui au bout de 10 min. traverse la voie Ardéatine, et qui conduit, 4 min. plus loin, aux restes nouvellement mis à jour de la basilique de Ste-Petronille ou des Sts-Nere'e-et-Achillee (p. 335). De là à St-Paul-hors-les-Murs, il y a 1/3 h. de chemin (v. p. 340).

Plus loin sur la voie Appienne, on rencontre à g. une grande porte où l'on passe pour arriver au *cirque de Maxence, qui s'étend à g. de la voie. Ce cirque , qui a 482 m. de long sur 79 de large, fut construit en 311. Il est assez bien conservé et suffisamment déblayé pour qu'on en reconnaisse la disposition^ il était destiné au courses de chars.

En avant, sur la voie Appienne, il y avait un grand portique derrière lequel se trouvait Ventrée principale ; une autre entrée, vis-à-vis, donnait sur l'hémicycle qui terminait l'édifice (près de la ramification de g. de la route mentionnée ci-dessus et p. 345). D'autres entrées se trouvent sur les côtés, et Ton considère la première à dr. comme la porta Libitina , par où l'on sortait les morts. Des deux côtés de la première entrée prin-

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cipale étaient les carceres, c'est-à-dire les barrières. Les conducteurs de chars partaient de là et faisaient sept fois le tour de l'arène, qui e'tait environnée de sièges pour les spectateurs, et séparée en deux dans sa longueur par un mur appelé spina (l'épine). Ce mur était surmonté de statues et d'obélisques, dont l'un se trouve aujourd'hui sur la place Navone (p. 199, 200). Aux deux extrémités s'élevaient les buts (meta). La ligne du mur est légèrement oblique, afin de compenser autant que possible le désavantage résultant pour les chars de leur différente position au départ. C'est aussi ce qui a fait construire les barrières en biais. Il n'y avait place que pour 18,000 spectateurs environ, sur dix gradins. On remarquera les voûtes de ces derniers , faites avec de la poterie.

Les ruines d'un édifice rond, à côté du cirque, sur la voie Appienne, passent pour celles d'un temple de Romulus, fils de Maxence, mort en bas âge et en l'honneur duquel le cirque fut peut-être également construit.

La route remonte ensuite, et nous arrivons, à 35 min. de la porte St-Sébastien , au *tombeau de Caecilia Metella, qu'on voit souvent représenté sur les vues de la Campagne. C'est une construction ronde de 20 m. de diamètre, sur un soubassement carré, le tout primitivement revêtu de travertin. En haut, tout autour, s'étend une frise de guirlandes de fleurs et de crânes de taureaux, qui ont fait donner à l'édifice le nom de Capo di Bove. Sur une plaque de marbre du côté de la route, on lit les mots: Cœciliœ, Q. Cretici Filiœ, Metellœ Crassi, c'est-à-dire à la fille de Métellus Créticus, femme du triumvir Crassus. L'intérieur, entièrement rempli de décombres, se composait d'un caveau funéraire. Au xme s., les Gaétani en firent une forteresse et y ajoutèrent des créneaux. Cette forteresse importante, qui changea plusieurs fois de mains, et qui fut détruite sous Sixte-Quint, embrassait aussi les ruines pittoresques qui avoisinent le mausolée. Il y avait un château à côté de la tour et une église est vis-à-vis.

Un torrent de lave, descendu des monts Albains et qui fournit plus tard le pavé de l'ancienne route, vient s'étendre jusqu'ici. Au delà commence la partie la plus intéressante de la voie Appienne. L'ancien pavé est en partie découvert, des deux côtés s'étendent des rangées de tombeaux, dont il ne reste cependant souvent que très-peu de chose. La vue devient également de plus en plus illimitée. A g. , on aperçoit , l'une à côté de l'autre, les arcades grandioses de l'Aqua Marcia et de l'Aqua Claudia, dont la dernière constitue en partie l'Acqua Felice moderne (v. p. 347). Les maisons bordant la route deviennent de plus en plus rares; à 45 min. de la ville, on atteint la partie déblayée de la voie Appienne (plaque à la maison à dr.). Elle est entièrement bordée à partir de là de tombeaux, dont beaucoup, avec leurs inscriptions, méritent une attention spéciale. L'ensemble produit toujours l'effet le plus imposant.

A 25 min. de l'entrée, à g., on remarque un ,,casale" construit dans l'église de S.-Maria-Nuova. Derrière, des ruines étendues nommées Roma-Vecchia , apparemment les restes d'une grande

344 Envir. de Rome. VOIE APPIENNE.

Petites

villa de la famille Quintilia. Plusieurs de ses pièces servaient de salles de bains.

A 15 min. de S.-Maria-Nuova, à g., se trouve une grande sépulture sur laquelle est établie une petite ferme; on l'appelle le Casale Rotondo. Elle est située près de la 6e pierre milliaire, et elle a été construite, selon M. Canina, en l'honneur de Messala Corvinus, fameux homme d'Etat et poète sous Auguste. Cependant les preuves à l'appui de cette assertion sont assez faibles. On y montera pour jouir de la vue (25 c. ; on y trouve du vin). — Le haut édifice à 7 min. de là à g., du même côté, est également un ancien tombeau, sur lequel les Arabes et les Normands élevèrent une tour appelée Tor di Selce (tour de basalte).

Le reste de la voie Appienne jusqu'à Albano (2 h. 1/2) est moins intéressant. Au bout de 20 min., on rencontre à g. un chemin de traverse qui mène jusqu'à la nouvelle voie Appienne (v. ci-dessous). Parmi les tombeaux, il faut encore mentionner, à 3 kil. de la Tor di Selce, à g., le Torraccio ou Palombaro, de forme ronde. On ignore qui y fut enterré. Le chemin de fer traverse la route près de la 11e pierre milliaire. Un peu plus loin, Yosteria délie Fratocchie. De là à Albano, v. p. 358.

Les piétons qui ne veulent pas revenir par le même chemin, peuvent prendre à travers champs , à g. de la Tor di Selce, traverser la Nouvelle voie Appienne [2 h. par cette route jusqu'à la porte de la ville] et gagner en 1 h. la station de Ciampino (p. 357), d'où le train venant de Frascati ou celui d'Albano ramène à Rome (1 1. 60, 1 1. 15 ou 80 c).

Temple du dieu Rédicule. Grotte d'Egérie. S. - Urbano. — De l'are de Constantin à l'église Domine -quo-vadis , 35 à 40 min. ; de là à S. -Urbano, 20 à 25 min. (on peut aller en voiture jusqu'à cet endroit); puis à travers champs à la Nouvelle voie Appienne et à la voie Latine, 30 min.; retour à la porte St-Jean , 40 à 45 min. Ou bien rejoindre l'ancienne voie Appienne, en allant de S. -Urbano au cirque de Maxence et de là au tombeau de Csecilia Metella: 20 à 25 min.

Derrière l'église Domine -quo-vadis (v. p. 341), près de la petite chapelle, on prend le chemin de traverse à g. (très-sale en temps de pluie), passant pendant 10 min. entre des haies. Au bout de ces haies, on descend à g. à un moulin, près duquel s'élève l'édifice appelé temple du dieu Bédicule (du Retour ou du Recul), tombeau romain du temps d'Adrien, situé sur une ancienne route qui partait de la porte Latine, aujourd'hui murée. Cet édifice est d'une architecture de bon goût; il passait sans raison pour le temple érigé par les Romains après la retraite d'Annibal. On en remarquera les ornements en briques, les pilastres corinthiens (des demi -colonnes sur le mur latéral du S.) et la corniche. L'intérieur (25 c.) est à 2 étages , avec voûtes d'arête.

excursions.

S.-URBANO. Envir. de Rome. 345

Revenant sur nos pas, nous montons le val Caffarella, qu'arrose YAlmo. Nous suivons toujours tout droit le chemin de voitures. Au bout de 5 min., nous passons par une porte dans une haie (cancello); un peu plus loin, un chemin conduisant à g., à une ferme (tenuta). A 2 min. de là, après une seconde porte, le grand chemin monte, à dr., à S.-Urbano (v. ci-dessous). Nous le quittons pour suivre le sentier au bord du ruisseau. Ce sentier mène à une grotte qu'on a nommée grotte d'Egérie, par suite d'une fausse interprétation d'un passage de Juvénal, et parce qu'on a confondu pour un temps l'enceinte d'Aurélien avec celle de Servius. C'est un nymphée, originairement revêtu de marbre, le sanctuaire de l'Almo, ruisseau qui coule près de là et auquel fut élevé ce nymphée, à une époque relativement peu reculée. Le ruisseau est aujourd'hui canalisé. Dans la niche du fond, sur des consoles d'où s'écoule de l'eau, on remarque la statue de la divinité. Les niches des deux côtés renfermaient également des statues.

Le sentier conduit ensuite au petit bois sur la colline , où, au dire des guides , Numa Pompilius venait s'entretenir avec la nymphe Egérie. On a de là une très-belle vue sur la campagne et sur les monts Albains. — A dr. ou au N., en face,

S.-Urbano, reconnaissable de loin à ses murs en briques rouges. C'est un tombeau romain du temps des Antonins , longtemps pris pour un temple de Bacchus. Il semble avoir été transformé en église au XIe s.

L'édifice avait un portique à quatre colonnes corinthiennes en marbre, qui fut muré lors d'une restauration, dans laquelle on y ajouta aussi des arcs-boutants , probablement en 1634.

L'intérieur (25c.) renferme, entre les pilastres corinthiens, des peintures, retouchées à la vérité sous Urbain VIII, mais très-intéressantes à cause de leur ancienneté. Selon rinseription du Crucifiement au-dessus de la porte, elles furent exécutées par un certain Bonizo , en 1011. Sur le mur du fond, le Christ bénissant sur un trône ; puis , des scènes de l'histoire du Sauveur, de celles de St Urbain et de Ste Cécile. Un escalier, dont la porte est murée, conduit, dit-on, à des catacombes.

Un chemin , en partie bordé d'arbres et offrant de superbes points de vue, conduit de S.-Urbano (2 min.) à la route qui mène, à dr. (9 min.), à l'ancienne voie Appienne, près des catacombes de St-Calixte (p. 342). En suivant au contraire cette route à g., on arrive en 2 min. au cirque de Maxence (p. 342), qu'on peut traverser pour atteindre la voie Appienne en-deçà du tombeau de Csecilia Metella.

En se dirigeant de S.-Urbano de l'autre côté, on traverse la vallée de l'Almo (il faut sauter plusieurs petits fossés), pour se rendre à travers champs à la Nouvelle voie Appienne (15 min.). Les tombeaux de la voie Latine , qu'on pourra fort bien visiter par la même occasion, se trouvent à la 2e pierre milliaire, à peu près à l'endroit où l'on tomoe dans cette route: on appuiera légèrement du côté de la ville.

346 Envir. de Rome. VOIE LATINE.

Petites

Hors de la porte St-Jean (pl. II, 33).

De la porte aux tombeaux , 45 min.; de là à S.-Urbano, 15 à 20min. (v. p. 345). On peut aller en voiture jusqu'aux tombeaux. Le gardien s'y trouve, en hiver, depuis midi jusqu'au coucher du soleil (pourb. : 50 c. ^ une société, 11. à 1 1 50). — On peut aller de là, par les prairies, jusqu'à la porte Furba, en 10 min., et réunir ainsi commodément les deux excursions. Si l'on a une voiture, l'envoyer attendre là.

L'antique voie Latine se détachait de la voie Appienne à la porte de Capoue. Elle passait à travers l'enceinte d'Aurélien par la porte Latine, actuellement murée (p. 260). De même que la voie Appienne et les autres routes partant de Rome, elle était bordée des deux côtés de tombeaux, dont quelques-uns, intéressants surtout par leur ornementation, ont été mis à jour en 1862.

Porte St-Jean, v. p. 261. On suit la route d'Albano (via Appia Nuova), qui a de beaux points de vue: marcher toujours tout droit. A la trattoria Baldinotti se détache à g. la route de Frascati (v. p. 353). Nous restons sur la route d'Albano jusqu'à un chemin qui prend à g. au delà de la 2e pierre milliaire (à g.) de la route actuelle. Là nous nous engageons dans l'ancienne voie Latine, entre des débris de cette route, et nous arrivons aux deux tombeaux antiques intéressants qui s'y trouvent.

Le 1er tombeau, à dr., avec les deux pilastres romains récemment relevés, se composait d'un vestibule et d'un caveau souterrain, au-dessus duquel s'élevait le sacellum, nouvellement reconstruit, avec ses deux colonnes. Le caveau est orné d'intéressants *bas-reliefs de stuc représentant des monstres -marins, des nymphes, des génies.

Le 2e tombeau, sous le hangar vis-à-vis, renferme dans l'un de ses compartiments des *peintures représentant des paysages et des sujets mythologiques, encadrés d'ornements de stuc. Ces peintures sont pour la plupart relatives à l'histoire de Troie. Les deux sépultures remontent, au dire de leurs inscriptions , à la fin du IIe s.

Un troisième tombeau, à dr., est de peu d'intérêt. — Quelques pas plus loin , on découvre une vue magnifique.

On a aussi trouvé près de ces sépultures les fondements d'une ancienne basilique de St- Etienne , construite au ve s. Ils sont aujourd'hui entourés d'un mur; mais celui qui désire en voir l'intérieur peut s'y glisser par une ouverture à l'O.

En s'avançant davantage sur la route d'Albano, on arrive (1 kil.) à un chemin conduisant aux bains minéraux froids à'Acqua- Santa. Passant ensuite devant le cirque de Maxence et S.-Urbano, on tombe dans la voie Appienne près des catacombes de St-Calixte (v. p. 345 et 342). — Pour le reste du chemin jusqu'à Albano, v. p. 353.

Porte Furba. — Excursion de 2 à 3 h., agréable surtout parce que la vue n'est interceptée que peu de temps par des murs (fiacres à partir de la porte St-Jean, aller et retour, 3 à 4 1.).

De la porte St-Jean, on va tout droit pendant 5 min. (v. cidessus). Près de la trattoria Baldinotti, on prend à g. la route de Frascati , que traverse plus loin le chemin de fer de Civita- Vecchia. Sur la gauche s'étendent les arcades de l'Acqua Felice, et en avant, çà et là, les restes imposants de l'Aqua Claudia et

excursions.

TOR DE' SCHIAVI. Envir. de Rome. 347

de l'Aqua Marcia, l'une au-dessus de l'autre. L'aqueduc de' YAcqua Felice, archevé en 1585 par Sixte-Quint (Félix Peretti) et souvent restauré plus tard, vient du pied des monts Albains, près de Colonna. Il est long de près de 20 kil., dont les deux tiers sous terre, et il débouche à la place St-Bernard (p. 174). Celui de VAqua Marcia, construit par le préteur Q. Marcius Rex, en 145 av. J.-C, est long de 90 kil. et part des montagnes de la Sabine. Il a été restauré en 1869 et dirigé sur Rome par la porte Pia. Son eau est réputée la meilleure de Rome. L'Aqua Claudia, qui passe au-dessus, est de l'empereur Claude (50 apr. J.-C); elle vient des environs de Subiaco et parcourt une longueur de 95 kil. — A dr., la vue s'étend sur la voie Appierme, où se voit le tombeau de Céecilia Metella.

La porte Furba, qu'on atteint à 40 min. de la ville, est une arche de l'Acqua Felice, au-dessous de laquelle passe la route. *Vue charmante sur la Campagne et les monts Albains; un peu plus loin, on voit aussi les montagnes de la Sabine. En bas , on aperçoit le chemin de fer de Frascati et de Naples. A 2 min. de la porte Furba, à dr. d'un pin parasol, V*osteria del Pino. 10 min. plus loin , les regards sont attirés par un tumulus que couronne une tour, le monte del Grano. La tour mérite qu'on en fasse l'ascension à cause du ^panorama qui s'offre de là. Dans la colline se trouve une construction circulaire à laquelle on arrive par une longue galerie ; c'est l'ancienne chambre sépulcrale.

Hors de la porte Majeure (pl. II, 35).

Deux grandes routes partent de cette porte (p. 185) : à dr., la voie Labicane, à g., la voie Prénestine. Sur l'ancienne voie Labicane, qui conduit à Palestrina (v. p. 370), on remarque, à 4 kil. 1/2 de distance, les restes du mausolée octogone de l'impératrice Hélène , dont le sarcophage , trouvé en cet endroit, est actuellement conservé au Vatican. L'édifice, dans lequel est construite la petite église S.-Pietro-e- Marcellino (catacombes, v. p. 336), s'appelle aujourd'hui Torre Pignattara, à cause des pots (pignatte) qu'on y a mis dans la voûte pour la rendre plus légère, ainsi que c'était l'usage sous le Bas-Empire.

Torde' Schiavi. — En prenant à la même porte Majeure la route à g., on est sur l'ancienne voie Prénestine. Cette route est en général calme et déserte, et elle offre, à mesure qu'on avance, des points de vue de plus en plus beaux sur les montagnes. Au bout de 20 min., on sort des murs des vignes et l'on atteint la rase campagne. A dr., de nombreuses ruines de tombeaux, indiquant la direction de l'ancienne route. On pourra aller le long de ces sépultures à travers champs; la vue y est beaucoup plus libre que sur la route, qui est située plus bas. A 40 min. de la porte sont les ruines appelées Tor de' Schiavi , qui faisaient partie d'une grande villa appartenant, à ce que l'on croit, aux Gordiens.

348 Envir. de Rome. VOIE NOMENTANE.

Petites

On remarque d'abord, à g. de la route, un édifice hexagone à coupole, en majeure partie écroulé. Ces ruines produisent un effet singulier à cause d'une colonne debout au milieu, et d'une espèce d'étage qui y furent ajoutés au moyen âge. — Plus loin, s'élève un édifice rond à coupole , avec des niches, qui servit d'église au moyen âge. C'est de cette époque que datent les fresques presque effacées qu'on y voit encore. Au-dessous (entrée par derrière), une voûte avec de forts piliers au milieu. On suppose que ces deux rotondes appartenaient à des thermes. Sous les ruines, à dr. de la voie, se trouvent quelques colombaires.

La route conduit ensuite à Gabies (18 kil.) et à Palestrina (34 kil. ; v. p. 370).

A 4 kil. 1/2 de la porte, un chemin à g., F ancienne voie Collatine, longeant YAcqua Vergine, . mène à *Lunghezza (15 kil.), l'antique Collatia, métairie (tenuta) du duc de Strozzi, située sur YAnio. C'est une charmante oasis au milieu de la Campagne. Sur cette route, à 7 kil. i/2 de Rome, se trouve encore la tenuta Cervara avec les grottes de Cervara, où les artistes de Rome célèbrent souvent leurs fêtes.

Hors de la porte St- L aur eut (pl. II, 31). On passe par cette porte pour aller à l'église St-Laurent (p. 182) et à Tivoli (p. 362).

Hors de la porte Pia (pl. I, 30).

De la porte à Ste-Agnès, 20 à 25 min. ; même distance jusqu'au pont Nomentano et au mont Sacré, jusqu'où l'on pousse ordinairement la promenade.

La voie Nomentane, qui sort de Rome par la porte Pia, passe d'abord devant les villas Patrizi et Torlonia (p. 175), puis devant l'église Ste-Agnès et ses catacombes (p. 175). A 4 kil. de la porte, elle franchit YAnio sur le vieux pont Nomentano, qui fut souvent restauré , et qui est précédé d'une tour. Des deux côtés de la route se trouvent de vieux tombeaux. Au delà du pont s'élève une colline qu'on regarde comme le mont Sacre', célèbre par la retraite des plébéiens. Il y a une osteria dans le bas, et on a une belle vue du sommet.

A 6 kil. de là sont les catacombes de St-Alexandre (p. 336).

A peu de distance au delà de ces catacombes, à dr., le chemin de Palombara, localité à 32 kil. de Rome au pied du mont Gennaro (p. 373). — A g. se détache celui de Mentana, petit village appartenant au prince Borghèse, l'ancien Nomentum, à 22 kil. de Rome, rendu célèbre par le combat du 3 novembre 1867, entre les Garibaldiens et les troupes papales et françaises réunies. La contrée est généralement très-déserte, mais elle offre de magnifiques points de vue sur les montagnes de la Sabine. De Mentana à Monte-Rot ondo, 3 kil. : il y a une station du chemin de fer (p. 63).

Hors de la porte S al ara (pl. I, 27). De la porte au pont Salaro , 40 min. Si l'on ne veut que visiter l'emplacement d'Antemnes, cette excursion se fait le mieux en même

excursions. YOIE S AL ARA. Envir. de Rome. 349

temps que celle de l'Acqua Acetosa (p. 350). — Du pont Salaro à la villa Spada (Fidènes), 50 min.

La voie Salara , une des routes les plus anciennes , longe d'abord le Tibre en sortant de Rome , et se dirige ensuite vers le pays des Sabins. Après avoir passé devant la villa Albani (p. 166), à plus de 3 kil. de la porte, on atteint la rive de VAnio. Sur la colline à g., dans l'angle que l'Anio forme avec le Tibre à son embouchure dans ce fleuve, était situé Antemnes, détruite par Romulus. Superbe panorama du haut de la colline (62 m.). Le pont sur l'Anio, le pont Salaro, composé de trois -arches , fut détruit par Totila et rétabli par Narsès ; l'ancienne construction en tuf se distingue de la seconde en travertin. Il a été de nouveau détruit lors de l'invasion de Garibaldi en 1867. Au delà, un vieux tombeau sur lequel a été construit au moyen âge un édifice où se trouve aujourd'hui une osteria.

A 8 kil. de la porte, on atteint la villa Spada. C'est à dr. de là, sur la hauteur, que s'étendait l'antique Fidènes, alliée de Véies contre Rome, et soumise par celle-ci après une longue lutte.

On ne reconnaît que difficilement les vestiges de cette ville: son acropole était située sur la colline, tout au bord du fleuve, là où s'élève aujourd'hui Castel-Givbileo , à 9 kil. de Rome. La *vue d'en haut (81m.) est étendue et très-belle. Le château a été construit en 1300 par Boniface VIII, et tire son nom d'une famille Griubileo.

La route s'étend plus loin dans la plaine le long du fleuve. Le Scannabechi , petite rivière à 17 kil. de Rome, passe pour Y Allia, où les Romains furent complètement battus par les Gaulois, en 390 av. J.-C. A 20 kil. de Rome, Monte-Rotondo, station du chemin de fer (p. 63).

Hors de la porte du Peuple (pl. I, 15, 18).

De la porte au pont Molle, à g., 3 kil. ou 35 à 40 min. \ voit, à 1 chev., environ 2 1. ; omnibus le dimanche et aussi dans la semaine lorsqu'il fait beau, 30 c. (il part près de la porte). — Du pont Molle à VAcqua Acetosa, 25 min. ; de là au pont Salaro , par l'endroit où était située Antemnes, 30 min. — Du pont Molle à Primaporta, 1 h. 1/4; voit, à 1 chev., guère moins de 10 1.

Porte du Peuple, v. p. 142. La route passe d'abord entre des murs de jardins. Près de la porte, à dr., la villa Borghèse (p. 161); 10 min. plus loin, à dr., le casino du pape Jules. Un chemin de traverse passe devant la villa du pape Jules, bâtie pour Jules III par Vignole , autrefois célèbre pour sa magnificence, aujourd'hui délabrée. Au rez-de-chaussée, deux *salles décorées de plafonds remarquables. Belle cour avec jet d'eau (50 c). — En prenant, sur la petite place devant cette villa, par un passage couvert, dit YArco Scuro , on arrive en 30 min. à Acqua Acetosa (v. p. 350).

Plus loin, sur la grande route, à dr., St- André, fondé en 1527 par Jules III, en mémoire de sa délivrance des mains des Allemands, et construit par Yignole dans un excellent style de la Renaissance. Tout près du pont, à dr., s'élève une seconde chapelle

350 Envir. de Rome. PONT MOLLE.

Petites

de St- André , érigée par Pie II à l'endroit où il rencontra, en 1462, ceux qui rapportaient du Péloponèse la tête de cet apôtre.

Ensuite on atteint le pont Molle, qui traverse le Tibre. Ce pont a pour fondements les restes du pont Milvius, qui fut construit l'an 109 av. J.-C. , par le censeur M. iEmilius Scaurus.

C'est là que Cicéron fit arrêter, pendant la nuit du 3 décembre l'an 63 av. J.-C. , les ambassadeurs des Allobroges alliés de Catilina. Le 27 oct. 312, Maxence, battu à Saxa-Rubra par Constantin, sous le signe de la croix ou Labarum, tomba en cet endroit dans le fleuve et se noya. Le pont actuel a été construit presque en entier par Pie VII en 1815, et décoré de statues du Christ et de St Jean-Baptiste, par Mocchi, ainsi que d'une espèce d'arc de triomphe. Une de ses arches fut détruite au mois de mai 1849, mais rétablie bientôt après.

Au delà du pont Molle se trouve une osteria très-fréquentée. — Notre chemin, un des plus beaux de la Campagne de Rome, tourne à dr. immédiatement en deçà du pont, et longe le fleuve pendant i/2 h. , en offrant de beaux points de vue, jusqu'à l'Acqua Acetosa, source minérale fort appréciée. La maisonnette qu'on y voit, a été construite sous Alexandre VII par le Bernin.

Pour retourner en ville, on profitera du chemin mentionné p. 349, qui passe devant le casino du pape Jules (3/4 d'h.) , ou bien on prendra le chemin plus long, mais aussi plus beau, par la hauteur où était Antemnes et par la voie Salara (1 h. 1/2; v. p. 349): on suivra pour cela le chemin de traverse, qui disparaît souvent tout à fait, à g., d'abord dans la plaine le long de la rivière, puis sur la hauteur au-dessus de l'Anio, jusqu'au pont de la voie Salara.

Au delà du pont Molle, la route se bifurque: à g., la voie Cassienne (p. 377); à dr., la voie Flaminienne, le long du fleuve, tandis que tout à fait à g. débouche la route qui vient de la porte Angélique (p. 351, 352; au bout de 15 min. s'en détache à dr. un chemin qui monte à la villa Madame). Par la voie Flaminienne, on atteint en 35 min. environ les collines de tuf dans la première desquelles se trouve creusé le tombeau des Nasons, avec des ornements en stuc aujourd'hui très-détériorés. *Belle vue du sommet des collines. En suivant la vallée de l'autre côté, à g., vers le nord, on atteint, en 3/4 d'h. environ, le Val di Pussino, place favorite du célèbre peintre Nie. Poussin. Il y a une tenuta (ferme) dans un site des plus pittoresques. — A dr. de la route, les ruines d'un vieux tombeau, appelées Tor di Quinto.

A 1 h. du pont Molle, la voie Flaminienne traverse la Valchetta, qui vient de Véies; c'est la Oremera des anciens, connue par la défaite des Fabiens. Au delà du Tibre se trouve Castel-Giubileo , l'antique Fidènes (v. p. 349). 20 à 25 min. plus loin, la route atteint le casale di Prima Porta, où l'on voit les ruines de la villa impériale de Livie ou ad Gallinas. On y a trouvé en 1863 la belle statue d'Auguste déifie qui est au Vatican. Les fouilles sont continuées depuis. On y remarquera une chambre décorée de *peintures murales , représentant un jardin avec des arbres d'ornement et des oiseaux, et par-

excursions.

MONT MARIO. Envir. de Rome. 351

faitement conservées (50 c). Près de Prima-Porta, se trouve une station de l'ancienne voie, dite Saxa Rubra. La plaine au bord du fleuve (22 m.) fut le théâtre de la défaite de Maxence en 312.

La route conduit plus loin à Rignano (25 kil.) et à Cività- Castellana (37 kil. de Rome), v. p. 63, 62.

Hors de la porte Angélique (pl. I, 8).

De cette porte , au N. du Borgo , près du Vatican, partent deux chemins principaux. Celui qui va tout droit, conduit au pont Molle (v. plus bas). Celui de g. mène au mont Mario, partie septentrionale de la chaîne de collines qui forme le Janicule. Les anciens appelaient cette hauteur clivus Cinnœ; au moyen âge, on le nommait mont Malo. Son nom actuel lui vient de Mario Mellini, qui était, sous Sixte IV, propriétaire de la villa mentionnée plus bas. On atteint en 20 min. de la porte le pied de la montagne, en passant entre plusieurs osterie où le peuple vient en foule au mois d'octobre boire du vin et danser. Le bâtiment jaune, sur la hauteur plantée de cyprès, à dr., est la villa Mellini. Le blanc en face est le nouveau Tivoli, un caférestaurant. Les piétons qui y vont, montent immédiatement à g. (,,ingresso pei pedoni" ; 15 min.). Le chemin de voitures se détache de la route un peu plus haut. De la terrasse du bâtiment, on a une *vue presque complète de Rome, de la Campagne et des montagnes, jusqu'à la mer.

La route monte ensuite en faisant de longues courbes; à pied, on peut prendre des sentiers directs mais escarpés.

A 15 min. de l'entrée inférieure du Tivoli et 5 min. au-dessus de celle du haut, on passe à g. devant l'église S.- Maria-del-Rosario, à dr. devant la chapelle S.- Croce-di- Monte- Mario , et l'on est, près d'un pin-parasol, à la villa Mellini (entrée 50 c. par personne). Une avenue de chênes verts conduit à une allée près de la villa, au bord de la colline et le long de son sommet (146 m.). Vue également illimitée. — A côté de la villa se trouve une *osteria qui a aussi une belle vue.

En marchant encore pendant l/4 d'h. sur la route, qui passe devant une église St-Onuphre (S. Onofrio; à dr.) et en tournant après à g., par un chemin de traverse qui ramène dans la première direction, on arrive à la valle deir Inferno , vallée profonde et fort accidentée , couverte de chênes verts. L'œil découvre au-dessus de cette vallée une vue charmante sur la coupole de St-Pierre, encadrée entre les hauteurs des monts Albains.

En prenant, de la porte Angélique, la route peu intéressante qui va tout droit au pont Molle, on rencontre au bout de 1/2 h. un chemin qui monte à g. à la villa Madame. Cette villa a été construite pour le cardinal Jules de Médicis, plus tard Clément VII, d'après les plans de Raphaël, par Jules Romain. Elle devint ensuite la propriété de Marguerite de Parme, fille de Charles-Quint, ce qui la fit nommer villa Madame (p. 199); puis elle a appartenu aux Farnèse et après aux rois de Naples. Elle a une jolie fontaine garnie de verdure et une belle *loge décorée de fresques de

352 Envir. de Rome. FRASCATI.

Monts

Jules Romain et de Jean d'Udine. Jolie vue. (50 c. de pourb.). — Le chemin du pont Molle longe encore le Tibre pendant 10 à 15 min. et aboutit plus loin à l'endroit indiqué p. 350.

IL Grandes excursions aux environs de Borne, dans les montagnes et sur la côte.

Monts Âlbains.

Les chemins de fer de Frascati (v. ci-dessous) de Marino (p. 357) et à"1 Albano (p. 388) ont tellement rapproché les monts Albains de Rome, que même les voyageurs les plus pressés peuvent avoir en un jour une idée des principales parties de ces montagnes. Mieux vaut cependant , selon la saison, partir de Rome le soir par le dernier convoi, afin de commencer sa tournée le lendemain matin aussitôt que possible.

Plan. — Il faut pour Frascati, les villas et Tusculum, environ 1 h. 3/4 ou 2 heures ; pour Rocca-di-Papa (p. 356), 1 h. à 1 h. 1/2 (guide nécessaire, 11. à 1 1. 50)-, le mont Cavo, 45 min.; la descente, 20 min. ; Nemi, 1 h. 3/4. Genzano , 3/4 d'h. ; Ariccia, l/2h. ; Albano , 15 min., en tout 8 h., arrêts non compris. Mais on peut abréger en allant directement de Rocca-di-Papa à Albano par Palazzuola (p. 357). — En sens inverse , à partir d' Albano, l'excursion demande le même temps. Les voyageurs qui iront d' Albano par Genzano et Nemi, devront visiter d'abord Castel-Gandolfo (p. 359). Mais on peut aussi consacrer plusieurs jours aux monts Albains, et cela sans regret.

On ne trouve de bonnes auberges qu'à Frascati et Albano; les hommes seuls peuvent cependant aussi trouver un gîte dans les petits villages. Pour plusieurs jours, nous recommandons Albano, d'où l'on peut faire une foule d'excursions des plus belles.

On voyage le mieux et le plus commodément à âne (les meilleurs à Ariccia, de moins bons à Frascati) : 4 à 51. avec le guide. Au printemps et en automne, il est très-agréable d'aller à pied, mais alors il est bon d'avoir un guide (environ 21. 50). Si l'on a du temps disponible et ne craint pas un détour , on se tirera cependant d'embarras avec les explications suivantes et la carte. — On fixera exactement le chemin au conducteur d'âne ou au guide; sans cela, on serait exposé à des raccourcissements arbitraires. On fera bien aussi d'emporter quelque provision, car on trouve très-peu de chose dans les osterie.

Il y a des voitures à louer à Frascati et à Albano; cependant les excursions les plus intéressantes ne peuvent se faire en voiture. Elles sont presque plus chères à Frascati qu'à Rome. Une voiture à deux chevaux pour les lacs d'Albano et de Nemi, Genzano et Albano, 20 à 22 1.

Frascati.

De Rome à Frascati. — Chemin de fer: 20 kil., trajet en 25 min., pour 2 1. 30, 1 1. 60 ou 1 1. 15 c. ; 3 à 4 convois par jour. Billets d'aller et retour valables seulement pour une journée. Trajet jusqu'à la station de Ciampino, v. p. 357. La ligne principale, conduit plus loin à Albano et à Naples. Notre train monte peu à peu, traverse un tunnel, et s'arrête bientôt après dans la gare de Frascati, à 20 min. de la ville: omnibus, 50 c. — Le chemin de voitures venant de la gare débouche dans la route de Rome, qui se bifurque dans le bas près des premières maisons. Le chemin de dr. monte a la place de Frascati en décrivant une grande courbe, celui de g. mène plus loin à Monte-Porcio, etc., (v. p. 369). On n'aperçoit Frascati et ses villas qu'après les derniers détours de la route. Les piétons peuvent abréger en montant à gauche.

Voiturins. Départ tous les jours de la via délie Botteghe-Oscure, 46; trajet de 2 h. 1/2 h. ; 2 à 3 1. par place pour Frascati et Monte-Porzio, situé un peu plus loin. Ces voitures ne sont pas recommandables.

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