TIVOLI
Montagnes de
on traverse les pâturages , entre des oliviers, et l'on atteint en 20 min. environ un chemin de voitures qui descend en quelques minutes au pont delV Acquoria, par lequel on traverse l'Anio. Sur la rive g. , on monte la hauteur à g. , par un chemin qui a des restes de pavé antique et qui débouche dans la route de Rome. A g. la prétendue villa de Mécène, dont on a vu déjà à l'autre rive les arcades; il y a une usine dans les bâtiments. De l'autre côté de la route est une vieille rotonde qui porte le nom singulier de temple de la Toux (tempio délia Tosse), c'est peut-être le tombeau d'une famille Turcia ou Tuscia. Jusqu'à la porte de la ville, la porte S.-Croce, il faut environ 10min. à pied.
La *villa d'Esté, près de cette porte, mérite une visite. L'entrée du bas est fermée ; c'est pourquoi l'on montera la colline et prendra la rue à dr. pour aller à l'autre porte, à côté de l'église St- François. La villa a été construite en f549 , par Pirro Ligorio, aux frais du cardinal Hippolyte d'Esté; elle appartient actuellement au cardinal Hohenlohe, grand-aumônier du pape. Quoique négligée, elle possède encore de grandes beautés. Le casino est décoré de fresques (endommagées) par F. Zuccari et Muziano; les jardins sont ornés de terrasses, de grottes avec des cascades (le meilleur endroit pour les voir est au rondpoint des cyprès, où se trouvent 4 jets d'eau), de charmilles touffues, de hauts cyprès, de superbes groupes d'arbres de différentes teintes, et ils offrent des points de vue admirables.
La villa Braschi, fondée par Pie VI, et la terrasse du collège des Jésuites près de la porte S.-Croce, offrent également des points de vue splendides sur la Campagne et Rome.
Outre celles dont il a été question, on rencontre fréquemment sur les coteaux environnants des ruines d'anciennes villas. Dans celles au-dessous du collège grec, que l'on regarde comme les villas de Cassius et de M. Brutus, on a trouvé une foule d'objets d'art, dont plusieurs sont conservés au musée du Vatican (p. 309).
On peut faire de Tivoli les plus belles excursions dans les montagnes de la Sabine: à Subiaco , v. ci-dessous ; à Licenza , p. 373; à Ampiglione, p. 367; à S.-Angelo, p. 373; à Monticelli , p. 373; à Palombara et au mont Gennaro , p. 373- puis à P al e s tr in a (belle excursion, mais fatigante) par Gericomio, S.-Gregorio, Casape et Poli (7 h.); ou, ce qui est plus court, par Passer ano et Zâgarolo (24 kil.).
Subiaco.
De Tivoli à Subiaco, 40 kil. ou 26 milles. — Un voiturin va tous les matins de Tivoli à Subiaco, en 5 h. : 41. par pers. On trouve aussi d'autres occasions. Voiture à 2 chev., guère moins de 201. et un pourb. — Voiturin de Rome à Subiaco, 8 lire. Pour le départ, etc., v. p. 113.
Pour les piétons, il y a un chemin plus court (environ 30 kil.), qui conduit en 7 à 8 h. à Subiaco. Ce chemin est assez intéressant, mais fatigant. Il passe par la vallée des aqueducs et par Gerano (environ les 2/3 du chemin), jusqu'où l'on peut aussi aller en voiture. A partir de Gerano, il faut prendre un guide (1 1. 50; même prix pour un âne). Voir les cartes, p. 368 et 366.
la Sabine.
SUBIACO. Envir. de Rome. 367
Les piétons quittent Tivoli par la porte St-Jean et suivent le chemin de voitures sur les versants du mont Ripoli et du mont Spaccato. A 1 kil. l/2 de la porte, un chemin à g. conduit à Castel-Madama ; nous restons à dr. On découvre les arches de YAqua Marcia, puis les restes de VAqua Claudia et de VAnio vêtus. A 6 kil. environ , on voit à g. les ruines de l'antique Empulum, aujourd'hui Ampiglione; 1 à 2 kil. plus loin, celles de Sassula; ensuite on passe pendant quelque temps par une contrée déserte. Au-dessous de Siciliano, la route tourne à dr. vers Gerano, village avec une misérable osteria.
La route monte de là sur la hauteur, d'oii se déroule une belle vue sur les montagnes et les vallées du côté d'Olevano (p. 372). Les villages sur la gauche sont Canterano et Rocca- Canterano, à dr. Rocca-S.-Stefano et Civitella. On monte et descend ensuite alternativement le long des versants des montagnes, en jouissant de belles échappées de vue sur les vallées environnantes. Enfin, au bout du dernier défilé, le regard embrasse subitement la vallée de l'Anio et, au fond, Subiaco (p. 368).
La grande route quitte Tivoli par la porte S.-Angelo, et reste constamment sur la rive droite de l'Anio. A 2 kil. de Tivoli, on remarque à dr. quelques arches de VAqua Claudia et bientôt après, VAqua Via, dont on voit les arcades en bien des endroits de la route. A 5 kil. environ, un chemin à g. monte à S.-Polo (683 m.), d'où se fait l'ascension du mont Gennaro (p. 373). Plus loin, sur la hauteur (445 m.), le village de Castello-Madama, que l'on aperçoit pendant longtemps; puis, à dr. , les débris de l'ancien château de Saccomuro. A environ 12 kil. de Tivoli, on atteint Vicovaro , l'ancienne Varia, avec de curieux murs en blocs de travertin, et la chapelle octogone de S.-Giacomo , de la dernière époque gothique, construite au xvie s. par Simone, élève de Brunelleschi. Elle renferme une image de la Vierge à laquelle on a attribué récemment des miracles. Au delà de Vicovaro, la route se bifurque: celle de g. conduit au village de Licenza (p. 373); celle de dr., le long de la rivière, à Subiaco. Cantalupo (la Mandela d'Horace; v. p. 374) est sur les rochers à g.
A 2 kil. de Vicovaro, on passe devant le couvent de S.-Cosimato , et un peu plus loin, on franchit la Licenza, affluent de l'Anio. Sur la rive gauche de la rivière s'ouvre la vallée de Sambuei, par où l'on passe pour aller à Siciliano et pour gagner le chemin de piétons de Tivoli à Subiaco , décrit ci-dessus. Plus haut, à 830 m. au-dessus de la rivière, est situé le village de Saracinesco , qu'on ne tarde pas à apercevoir. On prétend qu'il a été fondé par des Sarrasins : ses habitants se font remarquer par leur costume. A V osteria délia Ferrata (dans le haut à g. sur la carte ci-contre), à mi-chemin entre Tivoli et Subiaco, le chemin se bifurque de nouveau; la voie Valérienne
368 Envir. de Rome. SUBIACO.
Montagnes de
conduit, à g., à Arsoli et au lac Fucin (v. la IIIe partie de notre guide en Italie), et la voie Sublacensis, à dr., à Subiaco. Entre les deux est situé Roviano et vis-à-vis, sur la rive gauche, Anticoli.
Au delà de Roviano, la vallée de l'Anio s'élargit et devient pittoresque. Plus loin, elle se rétrécit: à g., Agosta ; derrière, sur un roc élevé, Cerbara; à dr., Canterano et Rocca-Canterano. Bientôt on découvre Subiaco dans un site charmant, entre des bois et des rochers.
Subiaco (* la Pernice, bonne maison, convenable aussi pour un séjour prolongé; pens. , 5 1.), chef-lieu de la Comarca, est une ville de 6,000 hab., dont l'aspect rappelle encore le moyen âge; elle est dominée par un château qui a été souvent habité par les papes. Dans l'antiquité, elle s'appelait Sublaqueum et elle était sur le territoire des Eques. Elle s'est élevée sur l'emplacement d'une grande villa de Néron , qui renfermait trois lacs artificiels, les Simbruina stagna de Tacite (Ann., xiv, 22). En 1305, cette ville fut détruite par une inondation. Sur la rive g. de l'Anio, vis-à-vis du couvent de Ste-Scholastique, on voit encore des constructions et des terrasses du temps de Néron; c'est là que cet empereur faillit être frappé à table d'un coup de foudre, comme nous le raconte Tacite.
Les environs sont charmants, et les célèbres couvents (fermés de midi à 3 h.) qui se trouvent dans le voisinage, méritent au plus haut degré l'attention du visiteur. Un guide n'est pas nécessaire. Toute cette excursion exige environ 3 h. , elle offre une foule de magnifiques points de vue. On suit la grande rue qui traverse la ville, longue d'environ 1 kil. , et qui remonte plus loin sur la rive dr. de l'Anio. A 15 min. des dernières maisons du faubourg dit sobborgo S.-Martino, avant que la route traverse la gorge de la rivière sur un haut pont, se détache à g. un chemin soutenu par un mur, qui passe devant quelques chapelles et mène en 15 min. aux
*Couvents de Ste-Scholastique. Il y en a trois. Le premier fut fondé en 530 par St Benoît, qui s'était retiré dans cette solitude et y vécut en ermite dans une des grottes, actuellement transformée en chapelle (il Sagro Speco). Les propriétés du couvent lui furent plus tard confirmées par Grégoire Ier et ses successeurs. Il fut détruit au vu6 s. , puis reconstruit en 705, mais son extérieur actuel est tout moderne. Un deuxième couvent fut fondé en 1052, et enfin un troisième en 1235, par l'abbé Landus. . Si l'on a peu de temps, visiter d'abord le Sagro Speco, et au retour les couvents.
Le premier couvent (entrée avant la première cour, dans le cloître à dr.) possède quelques antiquités : près de la fontaine, un sarcophage avec des représentations bachiques , de belles colonnes , etc. , probablement trouvés lors de sa construction. Autrefois, l'établissement possédait aussi une bibliothèque riche en manuscrits. En 1465, les Allemands Arnold Pannartz et Conrad Schweinheim imprimèrent dans ce couvent le premier
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la Sabine.
SUBIACO. Envir. de Rome. 369
livre publié en Italie , le Donatus , puis des éditions de Lactance, de Cicéron, de St- Augustin (1467), dont on y conserve encore des exemplaires. Cette imprimerie fut plus tard transférée à Rome (v. p. 203).
Le deuxième couvent, de 1052, du style gothique, est un des spécimens les plus anciens de ce genre d'architecture en Italie. La cour renferme un bas-relief singulier et 2 inscriptions du moyen âge.
Le troisième couvent, de 1235, a un beau cloître avec des mosaïques.
L'église Ste-Scholastique , fondée en 975 par Benoît VII, a été entièrement reconstruite au xvme siècle, et ne renferme rien de curieux, excepté ses belles stalles sculptées.
De Ste-Scholastique , on monte en 25 min. à S.-Benedetto, ou il Sagro Sp^co , adossé contre le rocher, à l'ombre d'un bouquet de chênes, et surplombé par un roc énorme.
Le premier corridor où Ton entre est orné de peintures de l'histoire de St Benoît et de Ste Scholastique, sa sœur, de 1466. On descend de là dans 2 chapelles dont les peintures (Madone, le Massacre des Innocents , etc.) ont été exécutées en 1219 (avant Cimabué) par un certain Con.rolus , artiste d'ailleurs inconnu. La grotte de St-Benoît, il Sagro Speco, renferme la statue de ce saint, par le Bernin. Les murs sont couverts de peintures très-anciennes.
Le jardin du couvent est rempli de roses 5 la légende raconte que c'étaient jadis des épines, que St Benoît y cultivait pour se mortifier, et que St François changea en roses, lors de sa visite au couvent en 1223.
Revenu sur la route après la visite des couvents, on peut traverser le pont sur l'Anio et aller plus loin à dr. , pour rentrer en ville par des sentiers.
La route est celle dont il est question p. 372, par laquelle on va à Olevano en 3 h. 1/2 à 4 h.
Palestrina. Olevano.
On peut aller à Palestrina, soit de Rome directement, soit, ce qui vaut mieux, de Frascati (ou de Valmontone). — De Rome, il y a tous les jours en été un voiturin , qui part de la rue St-Marc, 10, où l'on prendra des renseignements. Le trajet dure près de 5 h. et coûte 41. — De Frascati (stat. de chemin de fer, v. p. 352), on peut aller en 4 h. à Palestrina, à pied ou à dos d'âne. Le chemin est aussi carrossable. — De Valmontone, station du chemin de fer de Naples (1 h. 1/2 de trajet de Rome), il y a encore 1 h. 1/2 ae chemin à pied jusqu'à Palestrina. Voir la carte, p. 352.
De Frascati à Palestrina, 20 à 22 kil. ou 14 milles. Voir les cartes p. 352 et ci-contre. Le chemin, surtout dans la première moitié, est très-beau, mais dénué fl'ombre. On monte de la gare jusqu'aux premières maisons de Frascati, où la route se bifurque. Là on tourne à g. (v. p. 352). Au bout de 15 min., la route passe à l'entrée du bas de la villa Mondragone, où conduit une allée de cyprès. Ensuite, on voit les ruines des voûtes d'une villa antique, données, mais sans raison, pour celle de Caton. Après 3/4 d'h. de marche, on passe à dr. devant une colline couverte d'oliviers, sur laquelle s'étend pittoresquement à g. Monte-Porzio (466 m.). A 35 min. de là, on atteint Monte- Oompatri (532 m.) , où il y a un château des Borghèse : c'est l'ancien Labicum. On n'entre point dans cette ville, mais on passe devant la rampe qui en forme l'entrée , et Ton descend ensuite par un chemin peu commode qui passe à côté d'un la-
Bgedeker. Italie, II. 5« édition. 24
370 Envir. de Borne. PALESTRINA.
Montagnes de
voir. Après 20 min.; on prend à dr. à un gros bouquet d'arbres, et 7 min. plus loin, on monte de nouveau à dr. à une petite chapelle contenant une madone. A 3/4 d'h. de cette chapelle, on arrive par un large chemin de voitures sur la route venant de Rome (voie Labicane, route de Palestrina) et V4 d'h. plus loin sur cette route à Vosteria S.-Cesareo, chaumière située à g., où l'on peut avoir de bon vin. La route se bifurque à S.-Cesareo: à dr., sur Lugnano; à g. , la route principale, sur Palestrina (1 h. Vt).
De Rome a Palestrina, 36 kil. ou 24 milles. On peut suivre deux chemins, partant l'un et l'autre de la porte Majeure, l'ancienne porte de Préneste: la voie Prénestine et la voie Labicane; cette dernière est la plus fréquentée et la plus commode. — La voie Prénestine passe, à g., entre des vignes, jusqu'aux ruines de Tor-de^-Schiavi (i/2 h. 5 p. 347). On arrive ensuite au tor Tre- Teste, tour du moyen âge, à 13 kil. de Rome; puis on franchit les 7 arches du pont di Nono, ancienne construction romaine en pierre de Gabies, et Ton arrive à Vosteria delV Osa, sur le ruisseau appelé Osa, sortant du lac près de l'ancienne Gabies. Cette ville était située aux environs de la tour de Casliglione, qu'on aperçoit de loin. Le lac de Gabies est aujourd'hui desséché. La chose la plus importante parmi les ruines est la cella du fameux temple de Junon Gabina, construite en pierres de taille. C'est dans la vaste plaine entre Gabies et la petite ville de Colonna, qui s'appuie à dr. au versant de la montagne du côté de Frascati, que devait être situé le lac Regille (également desséché), célèbre par la bataille des Romains contre les Latins, en 496 av. J.-C. Un peu plus loin, du côté des montagnes, est le bourg de Compatri.
La voie Labicane (p. 347) , la plus fréquentée, longe d'abord le chemin de fer, suit pendant quelque temps l'Aqua Claudia, et atteint en 3/4 d'h. la Torre-Pignattâra (p. 347). A 1 h 1/2 de Rome, on aperçoit les arches de l'aqueduc d'Alexandre-Sévère (Aqua Alexandrina). A 3 h.* Vosteria del Finnocchio, derrière laquelle s'étend Casai Pantano. A 1 h. de là, sur une éminence, Colonna. La route monte doucement jusqu'à l'osteria di S.-Cesareo, mentionnée ci-dessus.
Palestrina, petite ville étroite et sans importance, aux rues escarpées et malpropres , est très-pittoresquement située sur le flanc de la montagne. Dès l'arrivée, on se fera conduire par le premier enfant venu à la casa Bernardini, où on loge pour 4 à 5 lire par jour.
Palestrina, nommée Prœneste parles Romains, est une des villes les plus anciennes dé l'Italie, prise en 380 av. J.-C. par Camille et soumise depuis à Rome, place d'armes du jeune Marius pendant les guerres civiles , prise de nouveau et entièrement détruite par Sylla après un long siège, et plus tard reconstruite avec magnificence par ce général comme colonie romaine. Sous l'empire, elle était le séjour favori des Romains à cause de la fraîcheur de son climat, et Horace la vante, ainsi que Tibur et et Baies, comme un lieu de repos (Od. III, 4, 22). Un célèbre temple de la Fortune et un oracle (sortes Preenestinse, Cic, Div. II, 41) y attiraient des visiteurs. Au moyen âge, Palestrina fut pendant longtemps l'objet de sanglants combats entre les Colonna et les papes, et elle fut entièrement détruite en 1436. En 1630, elle fut acquise par les Barberini, auxquels elle appartient encore. — C'est ici que naquit, en 1524, le grand compositeur Giovanni-Pierluigi da Palestrina, qui mourut en 1594 à Rome, maître de chapelle de l'église St-Pierre.
La ville de Palestrina est fondée presque tout entière sur les ruines du temple de la Fortune, qui s'élevait sur d'imposantes terrasses, avec un portique semi-circulaire, à la place occupée au-
la Sabine. PALESTRINA. Envir. de Borne. 371
jourd'hui par le palais Barberini. A l'entrée de la ville, on aperçoit la terrasse inférieure, en briques. Le plan de l'édifice n'est presque plus reconnaissable dans ses détails. Les arcades de la place près de la cathédrale, avec leurs 4 demi-colonnes corinthiennes et aujourd'hui occupées par une cave, paraissent faire partie de la seconde terrasse. On peut voir L'intérieur de ces soubassements (grottini) dans le jardin Barberini, sur le Corso, mais l'entrée en est moins facile au printemps qu'en automne, à cause des eaux qui y pénètrent. — On monte en 10 à 15 min. du Corso au palais Barberini, qui est bâti presque entièrement sur des soubassements antiques; il mérite une visite. (50 c. à 1 1. de pourb.).
On y remarque une grande mosaïque antique représentant des paysages du Nil , avec une foule de personnages en costumes égyptiens et grecs, trouvée près de la eathédrale et remontant probablement au règne de Domitien. Dans la chapelle funéraire du palais , l'esquisse d'une Pietà de Michel-Ange. — Le jardin renferme aussi des statues et des inscriptions.
Les anciennes ^murailles de Palestrina, dont on voit des restes en différents endroits, offrent 4 sortes de constructions, depuis les masses cyclopéennes jusqu'aux maçonneries en briques de l'empire. Deux murs latéraux, dont celui du N. est le mieux conservé, relient la ville à la citadelle (arx), aujourd'hui le castel S.-Pietro , composé de quelques pauvres maisons. Un chemin de mulets assez fatigant y conduit du palais Barberini en i/2 h.; mais la vue magnifique qu'on découvre de là (776 m.), compense bien la peine qu'on s'est donnée. Le regard embrasse la vaste Campagne jusqu'à la mer, et au milieu la coupole de St-Pierre; à dr., le Soracte et les montagnes de la Sabine, puis les monts Albains; à g., la vallée du Sacco, avec les montagnes du pays des Volsques qui la bordent. La forteresse, pittoresque et à moitié en ruine, a été construite en 1332 par les Colonna. On peut se la faire ouvrir (50 c. à 1 L). L'entrée en est peu commode, mais la vue qu'on y a est fort belle.
Les vastes ruines de la villa d'Adrien, où Ton a trouvé le bel Antinous Braschi, actuellement au musée du Vatican (p. 310), sont près de l'église S.-Maria-della-Villa , à 15 min. de la ville. On a découvert en 1773, sur le forum de l'ancienne ville, le calendrier de Verrius Flaccus, qui est aujourd'hui au palais Vidoni à Rome (p. 202). En général, les fouilles de Palestrina ont livré et livrent encore une riche moisson ^ beaucoup de cistes (coffrets de toilette), entre autres celle de Ficoroni (p. 153), ont été toutes trouvées ici.
De Palestrina à Tivoli, par Zagarolo et Passerano, il y a 24 kil.
De Palestrina a Olevano, environ 18 kil. ou 12 milles, qu'on parcourt en 2 h. 1/2 en voiture et en 4 h. à pied. Le chemin est très-intéressant. La vue embrasse les montagnes de la Sabine, à l'O. celles du pays des Yolsques et en arrière les monts Albains. C'est la grande route venant de Rome (p. 370), qui passe dans le bas de Palestrina. En 3/4 d'h. , après avoir traversé sur un pont à sept arches le fiume dî Cavi, on est au
372 Envir. de Borne. OLEVANO.
Montagnes de
village de Cavi, propriété des Colonna. A 3/4 d'h. au-dessus est situé le petit village de Bocca^di-Cave. La grande route continue tout droit et passe bientôt à l'église de la Madonnadel-Campo. 40 min. plus loin, un chemin à g. conduit à Genazzano.
Genazzano est une localité agréable de 3,000 hab., célèbre par sa riche chapelle de la Madonna-del-buon-Consiglio, pèlerinage qui attire, aux fêtes de la Vierge, une foule de gens du peuple aux costumes pittoresques. — On peut revenir à la route, ou bien aller directement à Olevano en traversant la vallée, par un chemin fatigant mais intéressant. .
La grande route traverse de nouveau plus loin deux ponts. Au delà du second, le pont d'Orsino, elle se bifurque: à g., sur Olevano; à dr., sur Paliano. Le premier de ces chemins monte d'abord doucement, puis il décrit une grande courbe, en sorte qu'Olevano paraît beaucoup plus près qu'elle ne l'est en réalité.
Olevano, ville du moyen âge, de 3,000 hab., propriété des Borghèse, avec quelques restes d'un ancien mur d'enceinte, est située sur le flanc d'une montagne, et a des rues escarpées et malpropres. Elle possède un château en ruine d'un aspect excessivement pittoresque. A l'entrée, le nouvel hôtel dit Albergo di Borna , où s'arrêtent les voiturins. Un peu plus loin, à dr., un chemin qui monte à la casa Baldi^ tenue par Nino, auberge célèbre parmi les peintres (pens., 5 1. par jour, 4 1. si l'on reste longtemps). Elle est située sur la hauteur qui domine la ville, et elle offre une **vue incomparable. On voit à dr. les hauteurs dénudées des montagnes de la Sabine, avec Civitella, S.-Vito, Capranica et Rocca-di-Cavi ; puis l'étroite plaine que bordent celles du pays des Yolsques et d'Albano. Dans le lointain, Velletri. Plus près, Yalmontone et son château sur une montagne conique, Rocca-Massima, Segni, Paliano. Au S., le regard va se perdre dans la vallée du Sacco. Le premier plan que nous admirons, est formé par la ville et ses ruines pittoresques. On s'arrangera de façon à être sur la hauteur une heure avant le coucher du soleil. Olevano est très-convenable pour un séjour prolongé. Les environs possèdent une quantité inépuisable de beaux paysages.
D'Olevano à Subiaco, 3 chemins différents, tous trois très-beaux.
La nouvelle grande route, qui, au bout de 3/4 d'h., avant Civitella, laisse à g. celle de Tivoli, est le chemin le plus court et le plus commode- elle exige 4 h. à pied, environ 3 en voiture. Au delà du pont sur l'Anio, tout à fait à la fin de l'excursion, 1/4 d'h. avant Subiaco, à dr., un chemin menant aux couvents (v. p. 369).
Le plus beau chemin passe par Civitella, Rocca-S.-Stefano et Rocca-S.-Francesco -, il faut 5 h., et on ne peut y passer qu'à pied ou à dos d'âne. L'aubergiste Nino se charge de procurer des ânes: 2 Là 2 1. 50; autant pour le conducteur. On suit la hauteur à partir de la casa Baldi, et on arrive en 1 h. 1/4 à Civitella, village pauvre au milieu de montagnes dénudées, sur une hauteur isolée. Il était déjà habité dans l'antiquité la plus reculée à cause de la force de sa position, bien que son ancien nom soit tombé dans l'oubli. On y voit les restes
la Sabine.
MONT GENNARO. Envlr. de Rome. 373
de la forteresse qui en défendait l'e'troit accès à l'O. et qui e'tait construite en gros blocs de rochers. Au sortir de ce village, on jouit d'un beau coup d'œil sur les vallées et lés montagnes dans la direction de Subiaco. Les antiquaires ne devront pas négliger de suivre la muraille, à g. de la porte ( chemin assez difficile ) , pour voir les -restes du mur qui défendait ce côté moins escarpé de la montagne. Il est d'une haute antiquité et composé de pierres brutes. Nous passons plus loin par S.-Stefano et Rocca-S.-Francesco, puis nous traversons la vallée de TAnio jusqu'à Subiaco : contrée partout intéressante.
Letroisièmechemin, par Rojate et Affile , est le plus long (5 à 6 h.), et en partie aussi le plus fatigant, bien que très-beau. La première moitié, jusqu'à Affile, passe par des bois et des champs où l'on peut facilement s'égarer; on fera donc bien d'emmener un guide. Rojate est un petit village; mais Affile est plus grand du double, et possède des restes de murs et des inscriptions antiques. A partir de là, on suit la grande route jusqu'à Subiaco.
Parmi les endroits dans les montagnes de la Sabine où l'on pourra faire des excursions si l'on a du temps de reste, nous nommerons encore comme très-intéressants le mont Gennaro et la vallée de la Licenza.
Le mont Gennaro (1269 m.), une des cimes les plus élevées de la Sabine, a souvent déjà fixé l'œil de l'étranger à Rome. Il faut 5 à 6 h. pour en faire l'ascension à partir de Tivoli. Les guides de Tivoli demandent 5à6lire; mais à S. -Polo, jusqu'où l'on peut s'en passer, on en trouve à 2 ou 3 lire. — On quitte Tivoli par la porte S.-Angelo , et on suit la grande route de Subiaco pendant 3/4 d'h. (v. p. 367). Ensuite, on x^rend le chemin de mulets à g., conduisant en 1 h. 1/2 •> ^e long des montagnes, au village de tS.-Poîo (683 m. ; le voyageur que n'effraie pas la perspective d'être mal couché fera bien de passer la nuit en cet endroit). Ici commence la montée (guide nécessaire) , et elle est surtout fatigante dans la dernière partie, où l'on fait l'ascension du cône le plus élevé. On fera bien cTemporter des rafraîchissements. La montagne manque d'eau. Les pâtres boivent l'eau de pluie qui s'amasse et se conserve çà et là dans le creux des arbres. Au sommet s'élève une pyramide en pierres sèches, érigée pour servir à la triangulation de la contrée. La vue s'étend fort loin sur la côte, du mont Circello jusqu'au lac de Baccano; sur la vaste plaine avec ses nombreux villages, depuis les montagnes du pays des Voisques^ et les monts Albains jusqu'au Soracte et au mont Ciminien; et sur la crête des Apennins jusqu'aux cimes neigeuses de la chaîne centrale.
On s'en retourne par le chemin de mulets appelé la Scarpellata, qui descend sur le versant méridional, en laissant à dr. les villages de Monticelli et de S.-Angelo.
On peut aussi monter au mont Gennaro de Rocca-Giovine en 5 à 6 h. (guide , 3 à 4 lire) , et faire en même temps l'excursion suivante. Mais il n'y a qu'un gîte médiocre à Rocca-Giovine.
La vallée de la Licenza a toujours attiré les voyageurs savants, qui y cherchent la villa d'Horace. Mais elle mérite aussi une visite pour la beauté de ses paysages. On peut s'y rendre de Tivoli, ou bien en allant à Subiaco. Tout le chemin peut se faire en voiture.
De Tivoli à Vicovaro, 12 kil. (p. 367), de là, à g. , à Rocca-Giovine, 5 kil. La route est carrossable jusque là. De Rocca-Giovine à Licenza, 3 kil. Rocca-Giovine , petit village sur un rocher escarpé, est délicieusement situé. On fait dériver son nom d'arx Junonis , et il s'y trouvait en réalité un temple, peut-être le Fanum Vacunœ d'Horace. Licenza, village également situé sur la montagne, tire son nom de la Digentia, aujourd'hui Licenza, qui coule à ses pieds ("me quoties reficit gelidus Digentia rivus"; Horace, Épîtres, I, 18). En deçà de cet endroit (guide de Rocca-Giovine, 50 c.) , on vous montre les restes chétifs d'une villa qui passe pour avoir appartenu à Horace. Cependant cette supposition est très-hasardée , et des recherches récentes on fait admettre que le "Sabinum" du poète se trouvait près de Rocca-Giovine,
374 Envir. de Rome.