CORI
Envir. de Rome. 375
composent de gros blocs sans ciment, les intervalles remplis de cailloux; par exemple, près des portes de Norma et de S. -Maria. Ceux de la seconde époque, déjà supérieurs, sont construits en pierres polygones taillées, excepté en dehors, comme on le voit près de S.-Oliva et à un long pan de mur sur le chemin menant à la ville haute. Enfin viennent les murs en pierres de taille régulières, peut-être du temps de Sylla; par exemple, au-dessus de S.-Oliva et entre la ville haute (arx) et la ville basse. On serait porté à croire que la ville a eu plusieurs enceintes.
Hors de la porte Ninfesina, un ravin profond est traversé par un *pont très-ancien en blocs de tuf (ponte délia Catena), voûté dans le genre de la Cloaque Maxime de Rome. Pour bien pouvoir juger de cette construction et de sa solidité (une arche double), il faut descendre au fond du ravin.
Mais l'objet le plus intéressant de Cori est le portique du prétendu * temple d'Hercule (ou de Minerve?), situé au point culminant de la ville. La cella de ce temple est comprise dans l'église S.-Pietro. Les 8 colonnes du portique dorique, ainsi que la frise, sont en travertin et portent des traces de revêtement en stuc. Son inscription, rappelant la construction du temple par les magistrats de la ville (duumviri, dans le genre des consuls de Rome), est du temps de Sylla. Très-belle *vue sur la ville, la mer, la plaine et le mont Circello.
L'église S.-Oliva est également construite sur les fondements d'un temple romain, et possède des colonnes antiques. Dans la rue S.-Salvatore, il y avait, d'après une inscription, un temple de Castor et de Pollux, aujourd'hui en ruine : on en voit encore une frise et 2 magnifiques colonnes corinthiennes. On rencontre en outre partout d'autres restes de l'antiquité , tels que : colonnes, inscriptions, bas-reliefs, débris de marbre, et de grandes masses à'appareil réticulé de l'empire.
Un chemin de mulets, très-fatigant, mène de Cori à Segnien5à6 h., par les montagnes; mais il a été quelquefois impraticable à cause des brigands. Un autre chemin à travers la plaine n'est pas beaucoup plus sûr, il mène à la station de Valmontone par Giulianello et Montefortino (4 h.). Nous recommandons d'aller à Segni par le chemin de fer. — L'excursion à Cori peut être prolongée jusqu'à Norma, où l'on arrive en 2 h. Un chemin plus court, mais fatigant (guide, 1 lira), sort par la porte Ninfesina et longe les montagnes ; un autre passe par la plaine. On prendra le premier pour aller, le second pour revenir. Après 1 h. 3/4 de marche, on atteint les ruines de Norba, colonie latine depuis l'an 492 av. J.-C, prise et détruite par les partisans de Sylla pendant les guerres civiles. Le mur, du style polygonal et bien conservé, avait 2,470 m. de circonférence; on y voit plusieurs poternes et une porte. A l'intérieur, divers débris informes. On arrive de là en 15 min. à la JSforma moderne, petit village au pied duquel, au milieu des marais de la plaine, s'étendent les ruines tapissées de lierre de Ninfa^ fondée au moyen âge et abandonnée par suite des exhalaisons des marécages. On y voit un château , un couvent , des églises avec des fresques ternies et le tracé de diverses rues. On peut revenir de là à Cori par la route qui relie Sermoneta à cette ville.
De Rome à Segni , seconde station de chemin de fer après
376 Envir. de Borne. .SEGNI. M. du pays des Volsques.
Velletri 65 kil., trajet de 2 h*. % pour 7 L 35, 5 1. 15 et 3 1. 70. De la stat. jusqu'à la ville, 1 h. i/2 de montée.
Segni (Locanda di Gaetanini) est l'ancienne Sigma, colonisée, dit-on, par les Romains sous ïarquin l'Ancien, située sur le flanc d'une montagne haute d'environ 700 m., dans une position trèsforte, avec une belle vue sur la vallée des villes herniques. Elle a environ 3,500 hab., et elle ne couvre que la moitié inférieure de l'emplacement de la cité romaine.
On traverse la ville, et l'on arrive, dans le haut, à l'église S.-Pietro, construite sur un temple antique. Ses murs se composent de blocs de tuf taillés à angle droit, sur deux couches de blocs de calcaire taillés en polygones. A côté de l'église se trouve un puits également d'origine romaine. Les *murs de la ville (2 kil. de circuit) , du style polygonal massif, sont généralement bien conservés. On arrive de S.-Pietro à la curie use *porte Saracinesca, qui remonte à une époque antérieure à l'invention du cintre. Au lieu de faire une voûte, l'architecte a rapproché peu à peu, pour les réjoindre, les parois latérales. On peut longer l'enceinte, de là, à dr., pendant 1/2 h. La porta in Lucino, analogue à la précédente, est en partie écroulée. Plus bas, on voit les restes d'une seconde enceinte, puis des inscriptions etc.
Anagni est éloigné d'environ 8 kil. de la stat. de Segni. Voir le IIIe volume de notre Guide.
Villes étrusques.
La pays qui s'étend au N. du Tibre jusqu'au mont Ciminien et aux montagnes de Tolfa, constituait dans l'antiquité l'Étrurie méridionale. Primitivement habitée par une peuplade d'origine latine , puis soumise aux Étrusques, elle fut reprise et latinisée après de longues guerres, qui remplissent les premiers siècles de l'histoire de Rome. La chute de la puissante Véies, en 396 av. J.-C, caractérise cette mémorable révolution.
On dirigera d'abord ses pas vers les restes de sépultures étrusques à Cervetri et Véies. Mais cette contrée mérite une attention toute particulière à cause de la beauté grandiose de ses paysages. Tout le pays, à peu d'exceptions près, est actuellement désolé par la malaria.
V ei e s.
Véies ou Veji, près d'Isola-Farnese, à 18 kil. de Rome, peut être visitée en une journée: voiture, aller et retour, 201. L'excursion est un peu trop longue pour être faite à pied; en tout cas, nous recommandons de faire l,a première partie du chemin en voiture, par exemple jusqu'à la tombe de Néron (7 kil. l/2; fiacres, 4 1.) ou jusqu'à la Storta (13 kil.). Si l'on n'est pas trop fatigué, on pourra revenir de Véies, en faisant un petit détour, le long du Fosso di Valchetta^ dont la vallée débouche sur la voie Flaminienne, entre la 6e et la 7e pierre milliaire (à environ 0 kil. de Rome. Il est bon d'emporter des provisions.
De Rome au pont Molle, v. p. 349, 350. Près de l'osteria où la voie Flaminienne se détache à dr., on prend à g. la voie Cassienne, qui monte peu à peu. Bientôt la contrée devient stérile. Près de la 5e pierre milliaire, à g. du chemin, se trouve un sarcophage sur un soubassement détérioré, avec une longue inscription, qu'on appelle ordinairement, mais à tort, le tombeau
Villes étrusques.
YÉIES.
Envir. de Rome, 377
de Néron. L'inscription par derrière,* où passait l'ancienne route, dit en effet que ce monument, qui est du 11e s. de notre ère, fut érigé par Vibia Maria Maxima en F honneur de son père P. Vibius Mariantes et de sa mère Regina Maxima. — A dr. est un ancien chemin conduisant à dr. à Véies ; il est plus court que l'autre, mais comme on le perd facilement, il vaut mieux rester sur la grande route.
Après avoir fait 13 kil. , on arrive au relais de la Storta (auberge), jadis le dernier avant Rome. A 1 kil. 1/2 de là, on prend à dr. pour Isola Farnese, et environ 1 kil. plus loin, encore à dr. : le chemin de g. va à Formello.
Isola- Farnese est un village pauvre, de 100 hab. à peine, propriété des Rospigliosi, désolé par les fièvres en été, fondé au moyen âge à cause de la force de sa position, et alors assez important. On y prend un guide (1 1. à 1 1. 50 c.) pour visiter l'emplacement de Véies. Les ruines ne sont nullement imposantes, mais le paysage est aussi beau qu'intéressant. L'archéologue seul trouvera de l'intérêt à rechercher tous les restes de la ville; le touriste se contentera des endroits suivants , dont la visite demande 2 à 3 h. Descendre d'abord au moulin (molino) près du ruisseau, où l'on voit une jolie cascade. Non loin de là, ce ruisseau est traversé par un pont antique (ponte delV Isola). Ensuite on arrive au pont Sodo, taillé dans le rocher sous lequel un passage a été frayé au ruisseau. Puis vient la porte Spezieria, avec les restes d'un colombaire, et tout près la grotte Campana. On va de là le long de la Cremera à la Piazza d'Armi (v. plus bas), où l'on a une belle vue, et l'on revient à Isola. — Les piétons peuvent descendre la vallée de la rivière, de la Piazza d'Armi, pour retomber, au bout de 2 h., dans la voie Flaminienne.
Véies, une des villes étrusques les plus puissantes, fut enfin prise par Camille en 396 av. J.-C, après une lutte de plusieurs siècles, qui avait eu d'abord pour objet Fidènes (Castel- Giubileo; p. 349), la tête-de-pont des Etrusques sur la rive méridionale du Tibre. La ville, comme on peut encore le constater aujourd'hui, avait 9 kil. de circonférence. Tombée en ruine après la conquête, elle reçut de César une colonie romaine, qui n'occupa néanmoins que le tiers de l'ancienne enceinte. Les fouilles qu'on y a faites ont mis à jour des inscriptions, des statues et les colonnes qui ornent le portique de la poste sur la place Colonna à Rome (p. 150).
Véies est située sur un plateau baigné au N. et à l'E. par le fosso di Formello, la Cremera des anciens, et à l'O., du côté dlsola, par le fosso delV Isola. Une plaine isolée, au confluent des deux ruisseaux, reliée au reste du terrain par un isthme étroit, s'appelle la Piazza d'Armi; c'est l'ancienne citadelle. Le champ des Fabiens, dont toute la tribu fut anéantie
378 Envir. de Rome. GALERA.
Villes
par les habitants de Véies , se trouvait à ij2 h. de la Piazza d'Armi, sur les hauteurs de la rive dr. de la Valca, nom actuel de la Cremera dans son cours inférieur. La * grotte Campana, ainsi nommée d'après celui qui l'a découverte, est le seul tombeau de Véies conservé intact. On l'a laissée telle qu'elle a été trouvée en 1842. Elle est taillée dans le tuf, et ornée de 2 lions à l'entrée. L'intérieur se compose de deux caveaux. Les murs sont ornés de peintures grotesques, évidemment de la plus haute antiquité. Sur les bancs mortuaires se trouvaient deux squelettes, qui tombèrent bientôt en poussière. On y voit encore les restes de l'armure d'un guerrier, des vases de terre, etc.
G al er a.
Gâtera , située à 24 kil. de Rome, peut être visitée de là en une journée, soit en allant à Bracciano , soit directement en voiture (environ 251.). Comme on n'y trouve pas d'auberge, il faut emporter des vivres. On peut aussi profiter du voiturin (v. p. 379).
A 1 kil. derrière la Storta (p. 377), la voie Clodienne se détache à g. de la voie Cassienne allant à Baccano (p. 69, 68). Nous suivons la première, où se voient encore des restes de pavé antique. La contrée est déserte. Au bord du chemin, on remarque les entrées du canal souterrain de YAcqua Paola , qui , venant du lac de Bracciano , aboutit au Janicule (p. 324). A 7 kil. i/2 de la Storta, à g., l'église S.- Mariadi-Cesareo, 1 kil. i/2 plus loin, Yosteria Nuova, où on peut laisser la voiture. La contrée a un excellent système d'irrigation et plusieurs grandes fermes. Un sentier, à g., conduit à ces fermes ; puis il mène à dr. , en i/2 h. , aux ruines de Galera. Fondée au moyen âge près du village antique de Carciœ, elle fut d'abord soumise à de puissants comtes, puis aux Orsini, de 1226 à 1670. Au commencement du xixe s., il fallut l'abandonner à cause de la malaria; il n'y demeure qu'un pâtre avec ses troupeaux. Elle est située sur un rocher de tuf escarpé, baigné de tous côtés par VArrone, écoulement du lac de Bracciano. Ses murs du xie et du xve s., ses deux églises avec leurs tours, son château des Orsini et beaucoup de maisons, sont littéralement tapissés de lierre et d'autres plantes parasites.
Br acciano.
26 milles (39 kil.) de Rome. Tous les deux jours, mais irrégulièrement, un voiturin va de la place du Panthéon, en 5 à 6 h., à Bracciano : 4 lire par personne. Retour le lendemain. Pendant la saison des bains de Vicarello, aux mois de mai et de juin, il y vient beaucoup d'étrangers.
Au delà de l'osteria Nuova (v. ci-dessus) , on atteint bientôt YArrone. Une autre route conduit à dr. à Anguillara, située au bord du lac, v. p. 379. La contrée est constamment déserte. A 4 ou 5 kil. en deçà de Bracciano, on découvre le lac de Bracciano, avec Trevignano et la Rocca-lîomana , le point le plus élevé des collines environnantes (615 m.). Le lac {lacus Sabatinus des anciens) a 32 kil. de tour, et il est situé à plus de
étrusques.
BRACCIANO. Envir. de Rome. 379
150 m. au-dessus du niveau de la mer. Sa forme ronde et les hauteurs qui l'entourent y font reconnaître un ancien cratère. Il est très -poissonneux (ses anguilles sont célèbres), et les bords en sont bien cultivés et couverts de forêts dans leur partie supérieure. Mais la malaria y règne également.
Près de Bracciano, le chemin se bifurque: celui d'en haut conduit, à g., au couvent de capucins; celui de dr., à la ville.
Bracciano (*Locanda Piva1 bonne maison de 2e cl.), ville moderne de 2,000 hab. , possède un beau château du xve s. et plusieurs grandes forges dans les environs. Ce *château est des plus curieux. Construit par les Orsini, puis propriété des Torlonia, il a été acheté récemment par le prince Odescalchi. C'est, avec ses tours et ses fortifications, un spécimen parfait des châteaux forts du moyen âge, ce qui lui attira l'attention» de Walter Scott, lors de son voyage à Rome, bien plus que ne l'avaient fait les majestueuses ruines de l'antiquité. L'intérieur, encore habité, n'a rien d'extraordinaire. Mais la *vue de la tour, sur le lac, sur Trevignano et Anguillara, ayec le Soracte et les montagnes à l'arrière-plan, est très-belle.
Jolie excursion de Bracciano à Trevignano, 10 à 11 kil. La route longe le lac. A 2 kil., un chemin monte à g. (1/4 d'h.) à l'église des SS. martyrs Marc, Marcien et Libérât , construite sur les fondements d'une villa antique du nom de Pausilypon, comme le dit l'inscription, et offrant une belle vue. Près de là s'étendait Forum Clodii, dont il reste encore des inscriptions et d'autres débris. Les piétons peuvent revenir par un autre sentier, à travers la forêt, à la route de Vicarello.
Vicarello est à 6 kil. de Bracciano. Ses bains , avec une source sulfureuse bouillante, à 15 min. de la route, s'appelaient anciennement Aquœ Apollinares. La faveur dont elles jouissaient nous est prouvée par les nombreuses médailles et les ex-voto qu'on y a trouvés en 1852 (p. 152 et p. 314). On ne s'y baigne qu'au printemps, à cause de la malaria. — Au bord de la route, on remarque de nombreux débris d'appareil réticulé, restes de villas de l'empire.
Trevignano , sur l'emplacement de la ville étrusque de Sabate , déjà oubliée dans l'antiquité , autrefois propriété des Orsini, aujourd'hui des Conti, est actuellement un chétif village avec quelques restes de l'époque romaine. L'église principale possède 2 tableaux de l'école du Pérugin, Belle vue au-dessus de la ville, des ruines du château détruit par César Borgia.
Un chemin de mulets conduit de là en 1 h. 1/2 à Sutri (p. 68), un autre , en 3 h. environ , à Anguillara , berceau des comtes de ce nom, autrefois très-puissants. Lorsque le vent est favorable, on fait mieux dépasser de Trevignano en barque de pêcheur. D'Anguillara à Bracciano, chemin peu intéressant, de 10 ou 11 kil.
De Bracciano à Cervetri, 15 kil. , à travers un pays désert. On peut donc faire l'excursion à Bracciano en même temps que la suivante.
Cœre ou Cervetri.
Cervetri , autrefois Cœre, peut être visité de Rome en une journée, aller et retour. On se rend par le premier train à Palo (p. 7; 3 convois par jour, pour 5 1. 55, 3 1. 90 ou 21. 80), et de là, en 1 h. 1/4, a Cervetri, où l'on peut s'arrêter 5 h., et revenir à temps pour le dernier train, qui part ordinairement dans l'après-midi.
Caere, anciennement appelée Agylla (mot phénicien qui signifie "ville ronde''), remonte à une très -haute antiquité.
380 Envir. de Borne.
CjERE.
Villes étrusques.
Plus tard soumise aux Etrusques, elle faisait un commerce étendu, grâce à ses ports de Pyrgos (S. Severa) et à'Alsion (Palo). Elle entretenait aussi des relations amicales avec Rome. En 351 av. J.-C, elle fut incorporée à la république romaine. Elle prospéra pendant l'empire, surtout sous Trajan, et subsista jusqu'au xme s. Mais ses habitants l'abandonnèrent en 1250 pour fonder à 5 kil. de là Cere- Nuova , le Ceri d'aujourd'hui, hameau d'environ 50 hab. Une partie de la population revint à l'ancienne Cœre (de là le nom de Cervetri), on ne sait à quelle époque. Le village actuel , propriété des Ruspoli , compte environ 200 hab. et occupe l'emplacement de l'ancienne ville, qui avait 5 kil. de tour. Il est devenu célèbre depuis 1829 par la riche moisson qu'ont fournie les tombeaux qu'on y a découverts. Les fouilles sont continuées.
Il n'y a d'intéressant, pour le touriste, que la nécropole, qu'on peut visiter en 3 à 4 h. Les tombeaux ont été taillés par groupes dans le roc, ou bien ce sont des tertres isolés de forme conique (tumuli). Ils sont moins bien conservés que ceux de Corneto; il n'y a que des traces de peinture. Le plus grand nombre se trouvent dans la colline vis-à-vis de la ville, de l'autre côté d'un ravin. Afin de se faire une idée plus juste de leur disposition, on s'en fera ouvrir aussi des moins importants.
1. Grotta délie Sedie e Scudi, ainsi nommée de deux sièges et de plusieurs boucliers taillés dans le roc; elle se compose d'un vestibule et de 5 caveaux. — 2. Grotta del Triclinio, avec des peintures passées, représentant un festin. — 3. Grotta délia bella architettura, 2 caveaux à piliers. — Grotta délie Urne, avec 3 sarcophages de marbre. — *::5. Grotta dellelscrizioni ou de'Tarquinii, 2 caveaux à piliers. De nombreuses inscriptions avec le nom de Tarchwas, en latin Tarquinius confirment l'origine étrusque de la famille royale de Rome. — -Grotta dei Bassorilievi, découverte en 1850. Les deux piliers qui supportent le toit du caveau , sont ornés de différents bas-reliefs représentant des scènes de la vie domestique, taillés dans le tuf et portant des traces de peinture.
Sur la route de Palo: ::7. Grotta Regolini Galassi, trouvée en 1836, très-ancienne. Ce tombeau a été voûté en rapprochant graduellement les parois latérales. Il a livré une moisson des plus riches en objets de toute sorte, conservés au musée Grégorien (p. 314). On y a trouvé un lit de sangles , une voiture à quatre roues , des boucliers, des trépieds , des vases de bronze , un autel en fer , des figurines de terre glaise , des coupes d'argent et une riche parure en or. — Al kil. 1/2 ae ce tombeau se voit une autre sépulture, découverte en 1850, dans laquelle on a laissé les vases qu'elle renfermait.
Il y a encore dans les environs une foule d'autres tombeaux; par exemple la Grotta Torlonia, dans le premier caveau de laquelle se trouvent 54 bancs mortuaires, etc.
Côte du Latium.
La communication avec la mer était pour l'ancienne Rome d'une bien plus grande importance que pour la ville moderne. Cette communication fut. dès l'orgine, une des principales causes de la position que la ville prit dans le monde. C'est pourquoi aussi il y avait à l'embouchure du Tibre un port des plus imposants, dont on voit encore les res-
Côte du Latium.
OSTIE. Envir. de Rome. 381
tes. Toute la côte vers le sud était le séjour favori de riches Romains, comme le prouvent les restes de ses nombreuses villas. Actuellement, elle est entièrement abandonnée; elle est bordée par une large bande de taillis (macchia), et la malaria y règne en été plus fort que partout ailleurs.
Les excursions sur la côte sont des plus attrayantes, surtout au printemps. On les fait de préférence en voiture, et Ton s'arrange de façon à être de retour le soir à Rome.
Ostie.
24 kil. ou 16 milles de Rome. Voit, à 2 chevaux , aller et retour, 25 à 30 lire, plus 2 à 4 1. de pourboire. Ne pas négliger de stipuler expressément la course à Castel-Fusano. — Un petit bateau à vapeur, d'ailleurs peu engageant,part le matin, et va en 2 h. à Fiumicino (v. p. 383). Retour le soir en 3 h. Le service n'étant pas régulier, on se renseignera au quai de la Ripa-Grande (v. p. 114). Il y a un chemin de fer en construction (v. p. 8). — Comme il n'y a qu'une modeste auberge à Ostie, on fera bien d'emporter des provisions. Faute d'une meilleure place, on peut très-bien prendre son repas dans la belle cella du temple (v. plus bas).
Chemin de la porte St-Paul à Yosteria del Ponticello, d'où part, à g., la Nouvelle voie Ardéatine, v. p. 340. — Sur la route d' Ostie, on atteint à 13 kil. de Rome le Ho di Décima, et 2 kil. plus loin, un viaduc antique en pépérin, appelé Ponte délia Refolta. On passe ensuite par les collines de Décima, puis par un taillis , la macchia di Ostia. A 3 kil. d'Ostie , on découvre une belle vue sur ce village. Tout près d'Ostie s'étend le stagno di Ostia, marécage que traverse une digue, et d'où les Romains extraient du sel depuis le temps des rois.
Ostie, aujourd'hui un misérable village de 100 hab. à peine, a été fondée plusieurs siècles après la destruction de l'ancienne ville par Grégoire IV, en 830. Sous Léon IV (847-856), les Sarrasins y éprouvèrent une grande défaite, que Raphaël a représentée dans les chambres du Vatican. Jules 11 (1503 — 1513) encore cardinal (Jules de la Rovère), fit construire le château par Sangallo. L'importance qu'Ostie avait conservée jusqu'alors cessa en 1612, lorsque Paul V rouvrit le bras droit du Tibre à Porto.
La jolie église de S.-Aurea a été construite, sous Jules II, sur les plans de Baccio Pintelli. Le 'palais episcopal, situé tout auprès, renferme un grand nombre d'inscriptions et d'autres antiquités mises à jour par les fouilles. Les recherches, commencées au siècle dernier, ont été reprises avec succès en 1855, sous la direction de M. Visconti, et sont continuées par M. P. Rosa. 2 h. i/2 à 3 h. suffisent pour tout voir
L'ancienne Ostie, fondée par Ancus Martius, s'étendait le long du Tibre, à 1 kil. du village actuel, jusqu'à Torre-di- Boacciano. C'était une grande ville de commerce, qui conserva son influence même après la fondation de Portus. Le christianisme, de même que les autres cultes étrangers, se répandit de bonne heure parmi sa population, composée de toutes les nationalités. L'évêché d'Ostie fut, selon quelques-uns, établi par les apôtres, et c'est encore aujourd'hui un des plus considérés de la chrétienté. Ste Monique, mère de St Augustin, mourut à Ostie.
382 Envir. de Rome.