‹ Italie centrale et RomeChapitre 99 sur 105 · OSTIE · texte numérisé non relu

OSTIE

Côte du Latium.

Immédiatement à l'entrée de la ville se trouve, à dr., une simple osteria, où est le gardien, reconnaissable à une plaque de cuivre (on peut se passer de lui; 2 à 3 L pour toute l'excursion). De la porte, on arrive en 5 min. aux tombeaux, qui bordent le chemin en avant de la porte de Rome de la ville antique. La plus grande partie des bas-reliefs qui y furent trouvés sont maintenant déposés au musée de Latran (p. 274). Au bout de 3 min., on est à la porte de l'ancienne ville. Plus loin, sur la hauteur à dr., les ruines du théâtre; la scène était tournée du côté du fleuve. On arrive ensuite, après une marche de 15 min. à travers différentes rues et édifices à demi-degagés, à un *temple avec une cella bien conservée, dont le seuil est formé d'un bloc de marbre d'Afrique d'environ 5 m. de long. Il y a encore une crypte voûtée, et des magasins où se mettaient les objets sacrés (favissœ). En prenant le chemin en face de la cella, on est en 5 min. au sanctuaire de la Magna Mater, découvert en 1869. C'était un édifice formant un quadrilatère irrégulier avec une colonnade sur chaque côté, et où fut trouvée une statue d'Atthis (p. 274). — A 7 min. de là, du côté du fleuve, une maison avec une nouvelle façade, dans le voisinage de laquelle on a mis à jour quelques maisons particulières. C'est là que sont déposées les antiquités provenant des fouilles. —

10 min. plus loin, à g. du chemin qui côtoie le Tibre, des Hhermes. Ils sont d'une moyenne étendue. On y reconnaît encore l'emplacement du fourneau, un bassin de natation, le bain chaud (caldarium) , etc. En tournant du côté du chemin le long du Tibre, on atteint en 5 min. un cellier, où sont 30 beaux vases ensevelis dans le sol, jadis destinés à conserver du vin, de l'huile et du grain. A 2 min. de là, d'autres thermes beaucoup plus considérables, avec palestre, etc., vraisemblablement construits par Antonin le Pieux. Dans la salle principale, un grand pavé en mosaïque avec une représentation des galeries du Labyrinthe. Attenant à ces bains, un petit mithrœum avec inscription sur le pavé en mosaïque. Auprès du chemin, derrière les thermes, des restes de constructions en plein cintre, composés de blocs réguliers de tuf et de travertin, et considérés comme ayant fait partie du port. De cet endroit, il y a V4 d'h. jusqu'à la route de Laurentum (à l'E. de la ville), où il y a des tombeaux, parmi lesquels sont plusieurs colombaires. Retour à Ostie en V4 d'h.

Une route conduit d' Ostie à *Castel-Fusano (3 kil.), situé au milieu d'une belle forêt de pins-parasols. Aujourd'hui propriété des Chigi , ce château fut construit au xvie s. par le marquis Sacchetti, et fortifié contre les pirates. — Un chemin moderne, avec un pavé de basalte antique, conduit de là au rivage (V2 h-)- La vue sur la mer est interceptée par de hautes dunes, comme

11 y en a sur toute la côte jusqu'au sud des marais Pontins.

Côte du Latium. PORTO. Envir. de Rome. 383

On peut se faire passer en bateau d'Ostie , près de Torre-di-Boacciano, à Yisola Sacra, qu'on traverse (1/2 h) pour se rendre à Fiumicino, de l'autre côté du bras droit du Tibre , et de là à Porto. V. plus bas.

De Castel-Fusano à T or -Pater no , métairie aux environs de l'ancien Laurentum, 11 kil. A 7 kil. i/2 de là, Pratica^ village sur l'emplacement de l'ancien Lavinium. De Pratica à Albano, 12 kil. ; à Rome, 24. Ardea, avec des restes de l'ancienne ville, est à 11 kil. de Pratica.

Porto.

L'excursion est plutôt intéressante pour l'antiquaire que pour le touriste. Voit, pour Fiumicino, 20 à 25 lire. Outre le bateau à vapeur (p. 381), on peut aussi prendre le chemin de fer de Civita-Vecchia. De Ponte-Galera (p. 8), il y a 9 kil. jusqu'à Porto , 12 jusqu'à Fiumicino.

Les grandes alluvions des bouches du Tibre (des calculs récents ont démontré que son delta avance chaque année de quatre mètres) comblèrent peu à peu le port d'Ostie, tout en exposant, à cause des obstacles apportés à l'écoulement des eaux, les parties basses de Rome à de fréquentes inondations. L'empereur Claude établit un nouveau port immédiatement sur le rivage de la mer, c'est-à-dire un bassin entouré de môles, où il fit déboucher un canal du Tibre. Mais ces ouvrages ne remédièrent que peu de temps au mal. En 103, Trajan construisit un autre port avec une ville, le Portus Trajani, où se concentra bientôt tout le commerce de Rome. Il fit creuser un nouveau canal (fossa Trajani), qui constitue actuellement le principal bras du Tibre. Ce port est maintenant à 3 kil. de la mer.

Porto n'a de remarquable aujourd'hui qu'une cathédrale consacrée à Ste Rufina, un palais e'piscopal avec des inscriptions et des antiquités, et une villa du prince Torlonia, qui a fait des fouilles dans les environs. On arrive d'abord aux murs de la ville, puis à des fermes, et enfin au port de Trajan, jadis un grand bassin octogone entouré de magasins, actuellement transformé en un lac presque à sec. Au N., au milieu des prairies, on distingue encore les contours du port de Claude. Du côté du fleuve s'élèvent le palais épiscopal et la cathédrale , du Xe s., aujourd'hui complètement modernisée.

A 3 kil. d'Ostie est situé Fiumicino (auberge), village moderne tirant une certaine importance de la navigation fluviale. Son château, construit en 1773 tout au bord de la mer, en est maintenant éloigné de 1000 pas. Belle vue de la tour.

ItHsola Sacra, île entre, les deux bras du fleuve, tire son nom, soit d'un temple antique, soit de l'Église à laquelle elle fut donnée par Constantin. Elle est le séjour de nombreux troupeaux de buffles , dont il faut se garder, surtout au printemps; on prendra un guide pour la visiter.

Porto-d' Anzio.

Porto d' Anzio, situé à 55 kil. ou 37 milles de Rome, est très-fréquenté pendant la saison des bains (mai et juin). On peut avoir alors des billets directs, place St-Ignace, 171, où il est nécessaire de se renseigner à cause des changements fréquents qui ont lieu dans le service. Le trajet dure 5 h. et toute l'excursion demande 2 jours.

384 Envir. de Rome. PORTO DANZIO. Côte du Latium.

Chemin de fer jusqu'à Albano , v. p. 357. De là à Porto -cTAnzio, 27 kil. ; diligence 2 fois par jour en été (départ de la station), tous les deux jours en d'autres temps. Il y a aussi un voiturin qui y va de Rome (via Boeca - di -Leone, 86), le mercredi et le samedi, à 5 h. 1/2 du matin : prix de la plaee, 6 l.

Porto-d'Anzio (Locanda di Ambrogio Pollastrini: logements particuliers) est un séjour très agréable, surtout au printemps, mais les fièvres commencent en juin, et souvent très subitement.

Antium, capitale des Yolsques , fut de bonne heure florissante par son commerce maritime. C'est là que Coriolan exilé trouva d'abord un refuge, puis la mort, parce qu'il avait épargné Rome à la prière de sa mère. La ville fut obligée de se rendre à sa rivale dès 468 av. J. -C, reçut une colonie dès 338, lors de la soumission de tout le Latium, et resta depuis sous sa dépendance. Les Romains y établirent plus tard de grandes villas. Cicéron y avait une propriété dont il ne pouvait assez vanter le charme et la tranquillité (Att., IV, 8); Horace (Od. I, 35) parle du ,, charmant Antium" et du temple de la Fortune, où il y avait aussi un oracle qu'on interrogeait encore à l'époque de l'empereur Théodose (vers 390). Claude et Néron sont nés à Antiuni ; Néron y éleva des constructions magnifiques ; Domitien, Adrien, Antonin le Pieux et Lucius Vérus l'ont habité en été, et plus tard les Goths et les Sarrasins s'y sont établis. Au xive s. , la ville était entièrement délaissée , et ce ne fut qu'au x\ie que les papes tentèrent de rétablir le port.

Depuis 1831, Porto-d'Anzio et Nettuno appartiennent au prince Borghèse, qui y a une belle villa, située, dit- on, sur l'emplacement de l'ancienne citadelle. On y a trouvé de grands soubassements , des fûts de colonnes , etc. C'est là que sous Jules II on a découvert, près de l'Arco Muto, l'Apollon du Belvédère (probablement aussi la Diane de Versailles) , et plus tard le Gladiateur Borghèse (au musée du Louvre). La ville possède de belles villas des Corsini (actuellement des Mencacci) et des Doria. Il y a aussi un bagne. Pie IX a souvent passé une partie de Tété à Porto-d'Anzio.

Un beau chemin (V2 h-) conduit, en passant près de différentes maisons de campagne (on peut aussi longer le bord de la mer, bien qu'avec quelque peine), à la petite ville de

Nettuno, prétendue colonie des Sarrasins, située sur une hauteur fortifiée, qui n'est accessible que d'un côté. Les rues en sont étroites et escarpées ; les habitants sont pour la plupart des pêcheurs , qu'on voit partout sur la plage. Le costume des femmes du pays est beau. — LTn chemin qui longe la mer conduit à Astura, 11 kil. plus loin. Il y a beaucoup de ruines de constructions romaines ; Cicéron y avait une villa. On y voit une tour reliée au continent par un pont, qui faisait partie d'un château des Frangipani.

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