De la place d’Espagne au château St- Ange
L’omnibus qui va de la place d’Espagne au Vatican ne suit pas l’itinéraire direct ci-dessous, mais passe par des rues latérales; voir l’app., p. 5, n° 6.
La via Condotti (pl. 1 18) est la plus importante des rues transversales de la partie N. du Corso et, avec son prolongement occid., la via Fontanella di Borghese, la communication la plus directe entre la place d’Espagne et le quartier du Vatican (env. 20 min. de marche jusqu’au pont St-Ange). La via Condotti elle-même n’a de curieux que ses magasins; elle croise le Corso au palais Ruspoli (p. 216); la via Tomacelli à dr., récemment élargie, mène au pont Cavour (p. 231) et aux Prati di Castello (p. 341).
Son prolongement au delà du Corso est la via Fontanella di Borghese (pl. 1 18). L’église de la Trinité-des-Monts (p. 174) forme en arrière une belle perspective.
Le palais Borghèse (pl. I 15-18) en est le principal édifice. Commencé en 1590 par Martino Lunghi VAîné pour le cardinal Dezza, achevé par Flaminio Ponzio (m. 1615) pour le pape Paul V, ce palais a passé par lui à la famille Borghèse. La *cour est en-
Palais Borghèse.
ROME. II- Près du Tibre, r. g. 231
tourée d’une belle galerie à deux étages, supportée par des colonnes de granit accouplées, et est décorée de trois statues antiques colossales; au bout de la colonnade de dr., un grand fragment de marbre d’une Amazone tombée de cheval, d’après un original grec du ive s. av. J.-C. Derrière la cour, un petit jardin orné de trois fontaines rococo, de Carlo Rainaldi, et des antiques sans importance. Les salles du rez-de-chaussée renfermaient la célèbre galerie de peinture, transportée en 1891 à la villa Borghèse (p. 210); elles sont maintenant occupées par le magasin d’antiquités de Sangiorgi (p. 153). On remarque la décoration de la lre, en grisaille et or, par Carlo Villani, et celle de la 7e, aux murs recouverts de glaces sur lesquelles sont peints à l’huile des Amours par Ciro Ferri et des guirlandes de fleurs par Mario de ’ Fiori.
La rue qui passe devant le palais au S.-O. mène à l’emplacement de l’anc. port de Ripetta, dont l’escalier pittoresque, du temps de Clément XI, a été démoli pour les travaux de rectification du Tibre. Un pont de pierre, le ponte Oavour (pl. I 15), inauguré en 1902, conduit d’ici aux l'rati di Castello (p. 341). — Dans la via di Ripetta, qui débouche au N. sur la place du Peuple (p. 170), se trouve immédiatement à dr. l’église de St-Roch (pl. I 15), bâtie en 1657 par Giov. Ant. de’Rossi.
La rue prend au delà de la place Borghèse le nom de via dkl Clementino (pl. 1 15) et passe entre les extrémités de la via di Ripetta (v. ci-dessus) et de la via délia Scrofa (v. ci-dessous). Dans la via del Clementino, à g., le palais Galitzin , de construction récente, sur le modèle du palais Giraud (p. 342) et devant lequel est la petite place Nicosia. Plus loin, dans la même direction, vient la via di Monte Brianzo (nombreux magasins d’antiquités), à l’extrémité de laquelle se trouve, à g., l’ Albergo deW Ch'so, une des rares maisons du moyen âge qui subsistent à Rome ; Montaigne y a demeuré en 1536; par contre, il n’est pas prouvé que Dante l’ait habité dans l’année du jubilé 1300. Plus loin, à dr. , le pont Humbert Ier (pl. 1 15) mène au palais de justice (p. 341), tandis que du S. débouche une large rue neuve qui doit être prolongée jusqu’à la place Navone (p. 239). On atteint enfin, au Lungo Tevere Torre di Nona, le pont St-Ange (p. 338), à 10 min. du palais Borghèse.
En passant au S. de la via del Clementino dans la via della Scrofa (pl. I, II, 15) et en prenant 5 min. plus tard la quatrième rue transversale à dr. (droit devant soi on irait à St-Louis-des-Français, p. 238), on arrive sur la place et à l’église
St- Augustin (S. Agostino; pl. II 15), construite de 1479 à 1483 à la place d’un anc. oratoire par Giac. da Pietrasanta , aux frais du cardinal d’Estouteville, protecteur de l’ordre de St- Augustin. Ce fut à Rome la première église à coupole. L’intérieur, en forme de croix latine et à trois nefs, a été restauré en 1750 et en 1860, et orné de fresques par Gagliardi .
A I’entrée, une Vierge avec l’Enfant, statue en marbre entourée
232 II- P™* du Tibre, r. g. ROME.
St - Augustin.
d’un grand nombre d’ex-voto («Madonna del Parto»); elle est de Jac. Sansovino (1521).
Grande nef, 3e pilier à g., Isaïe tenant un rouleau portant l’inscription «ls. xxvi, 2», peint en 1512 par Raphaël, mais repeint en partie par le Volterran. Cette fresque est en très mauvais état ; son exécution a été fortement influencée par les figures des prophètes peintes par Michel- Ange à la chap. Sixtine.
Bas côté de dr. : 2» chap., une Vierge de Nucci, imitée de la Vierge à la rose de Raphaël, maintenant disparue; dans la 4°, un groupe de Giov. Batt. Cotignola, le Christ remettant les clefs à St Pierre. — Dans le bras dr. du transept, la chapelle St-Augustin, ornée d’un tableau d’autel du Guerchin : St Augustin entre St Jean-Baptiste et St Paul l’Ermite.
Le maître-autel, a été décoré par le Bernin. La Vierge passe pour être une oeuvre de St Luc, l’évangéliste, apportée de l’église Ste-Sophie de Constantinople. Dans la chap. à g., le tombeau de Ste Monique, mère de St Augustin, par Isaia da Pisa (vers 1450-1463), en grande partie détruit en 1760; le tableau de l’autel est de Gottardi.
Dans le petit portique à g. du bras g. du transept, une statue de la Vierge et une Pietà de Giov. Dalmata. — Bas côté de g.: 2<» chap., Ste Anne, la Vierge et le Christ, beau groupe en marbre par Andrea Sansovino (1512).
A dr., à côté de l’église, se trouve l’entrée de la Biblioteca Angélica (bibl. Angélique, p. 160), fondée en 1604. L’anc. couvent St-Augustin est maintenant occupé par le ministère de la marine. Dans la cour, plusieurs tombeaux de la Renaissance, entre autres celui de l’évêque Jac. Piccolomini (m. 1479) par un élève de Mino da Fiesole.
De la place St-Augustin, on passe tout droit sous une arcade et on arrive à St- Apollinaire (pl. II 15), vieille église reconstruite en 1552, puis en 1750 par Fuga. — Vis-à-vis de l’église, le palais Altemps, du XVIe s., achevé par Martin Lunghi le Vieux; il a une belle double cour à arcades, renfermant quelques antiques, et est occupé par un séminaire de prêtres espagnols (p. 159). Au S. -O., près de la piazza Tw Sanguigna , se trouve une tour de la famille Sanguigni ayant servi de forteresse. C’est là que commence la nouvelle voie de communication (p. 231) qui relie ce quartier à l’autre rive par le pont Humbert Ier, tandis que la via de’Coronàri (pl. II 15-12) mène au pont St-Ange. Elle passe dans sa première moitié, à dr., derrière le palais Lancellotti, qui a été commencé sous Sixte-Quint par Francesco da Volterra et continué par C. Maderna. La porte de la façade, au N., est d’après le Dominiquin. Il y a dans la cour des bas-reliefs et des statues antiques. Le cabinet du prince (inaccessible) renferme une réplique en marbre du Discobole de Myron (v. p. 186, 375), trouvée en 1761 sur l’Esquilin; c’est la seule dont la tête soit encore conservée.
Plus loin à dr., l’église S. Salvatore in Lauro (pl. II 12), qui existait déjà au xmes. et a été restaurée en 1450, 1591 et 1862.
Le joli cijOître, à deux étages d’arcades, est du commenc. de la Renaissance. Dans l’anc. réfectoire du couvent (pourb.), le tombeau du pape Eugène IV (m. 1447), provenant de l’anc. église St-Pierre, par Isaia da Pisa. C’est le plus ancien spécimen de tombeau mural qui soit complètement dans les formes de la Renaissance: statue couchée du pape sur un sarcophage; au-dessus, la Vierge et deux anges, et aux pilastres de la niche où il est placé, des statues de saints. Dans le même endroit
Panthéon. ROME. II ■ Près du Tibre, r. g. 233
se trouve le tombeau de Madeleine Orsini; il est dans le style de la Renaissance et date du xv« s.
Dans la via de’ Coronari, à g., n° 124, la prétendue maison de Raphaël , dont l’artiste avait destiné les revenus à l’entretien de sa chapelle funéraire au Panthéon (p. 235). La maison qu’il habita et où il mourut était au Borgo (v. p. 342).
De l’extrémité de la même rue, on va à dr. au pont St-Ange (p. 338) et à g. au cours Victoi'- Emmanuel (p. 246).
Pour les églises voisines S. Marna délia Race et S. Maria dÆ’ Anima, v. p. 240. Place Navone, v. p. 239.
4. De la place Colonna au Panthéon, à la place Navone (Circo Agonale) et au pont St-Ange.
Les rues à dr. et à g. de la colonnade qui est à l’O. de la place Colonna (p. 217) débouchent sur laPLACEDuMoNT-Crroiuo(pl. II 18). L’élévation au N. de cette place, où est la Chambre des Députés, est due toute entière à des décombres antiques; c’est l’emplacement de Vustrinum où l’on brûlait, dans les apothéoses, les corps des membres de la famille impériale.
La Chambre des Députés ( Came)'a de’ Deputati; pl. II 18), commencée en 1650 par le Ben'nin pour la famille Ludovisi, a été terminée sous Innocent XII par Carlo Fontana, comme palais de justice papal, et aménagée, en 1871, pour le parlement italien. Depuis 1905, le palais est en cours de transformation qui s’opère d’après les plans d ’Ernesto Basile ; on conservera la façade du Bernin, tandis qu’on renouvellera de fond en comble et qu’on agrandira les parties de derrière, tout en élevant une nouvelle façade au N. La salle provisoire des séances (qui ont lieu ordinairement l’après-midi) donne sur la via délia Missione.
Jj obélisque qui décore le milieu de la place depuis 1789 a été rapporté à Rome par Auguste, comme celui de la place du Peuple (p. 170); il se trouvait dans l’antiquité non loin de l’endroit où est St-Laurent in Lucina (p. 216), servant là d’aiguille à un cadran solaire. Il date du temps de Psammétique Ier (vne s. av. J.-C.) et a 26 m. de haut, y compris le piédestal et la boule.
En prenant au S. dans le bas de la place du Mont-Citorio, puis à dr. (O.), et en traversant de biais la petite place Capranica (à dr. on irait à St-Augustin et à la via de’ Coronari, p. 232), on arrive bientôt à la place du Panthéon ou place de la Rotonde (pl. II 18), ordinairement très animée. La grande fontaine, construite en 1575 sous Grégoire XIII et restaurée en 1907, est surmontée depuis Clément XI de la partie supérieure d’un obélisque antique brisé, provenant du temple d’Isis (p. 221).
Le **Panthéon, transformé en église sous le nom de S. Marja Rotonda, est le seul temple antique de Rome qui soit entièrement
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Panthéon.
conservé, c’est-à-dire le seul dont les murs et la voûte existent intacts. La fondation de l’édifice remonte au temps d’Auguste, à l’an 27 av. J.-C., et est due à son gendre M. Agrippa. Ce dernier conslisit au Champ de Mars, au N. de ses thermes (p. 235), un sanctuaire qui reçut le nom de «Pantheum» ou «très saint» (non pas «temple de tous les dieux») et fut probablement consacré aux sept divinités planétaires: Apollon, Diane, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Frappé de la foudre sous Trajan et rebâti par Adrien, il n’a conservé que son portique primitif ou du moins une partie de celui-ci, tandis que l’imposante rotonde, telle que nous l’admirons aujourd’hui, y compris la coupole, est du temps d’Adrien. Restauré sous Septime-Sévère et Caracalla, le temple demeura vide après la chute du paganisme jusqu’au jour où l’empereur d’Orient Phocas le donna au pape. Boniface IV le consacra le 13 mai 609, comme église de tous les saints, sous le nom de S. Maria ad Martyres, et y fit transporter, dit-on, vingt-huit voitures d’ossements de martyrs provenant des catacombes. Le caractère sacré de l’édifice n’empêcha pas l’empereur Constance II d’en emporter à Constantinople, en 662, les tuiles de bronze doré de la toiture. Grégoire III (731-741) fit couvrir de plomb la coupole et durant tout le moyen âge l’édifice fut considéré comme le signe caractéristique et le joyau de la ville ; chaque sénateur devait, au xme s., jurer au pape de défendre surtout «St-Pierre, la cité Léonine, le Transtevère, l’île du Tibre, le château St-Ange et S. Maria Rotonda». L’édifice a été souvent restauré.
Le portique, où l’on montait dans l’antiquité par cinq degrés, maintenant recouverts par suite de l’exhaussement du sol, a 33 m. 50 de largeur sur 13 de profondeur, 16 colonnes corinthiennes de granit, de 12 m. 50 d’élévation et dont le fût a 4 m. 50 de circonférence. A l’architrave, la dédicace du temple primitif «M. Agrippa consul tertium fecit», replacée en 1894 en vilains caractères modernes. La longue inscription au-dessous est relative à la restauration sous Septime-Sévère et Caracalla. Le fronton était jadis orné de bas-reliefs. Il y a huit colonnes à la façade; les autres forment trois nefs originairement voûtées; celle de chaque extrémité se termine par une niche, contenant autrefois l’une, la statue colossale d’Auguste, l’autre, celle de M. Agrippa. La charpente du portique était en pièces de bronze creuses, dont Urbain VIII (Barberini) fit fondre en 1632 les colonnes du maître-autel de St-Pierre et des canons pour le château St-Ange: «quod non fecerunt Barbari, fecerunt Barberini», dit Pasquin. Les deux clochers qu’il fit élever sur le fronton et qu’on appela les «oreilles d’âne du Bernin» ont été démolis en 1883. — De solides vantaux antiques, garnis de bronze, ferment l’entrée de l’édifice.
L’intérieur (ouvert toute la matinée jusqu’à midi et l’aprèsîùidi pendant deux heures à partir de la 3e h. avant l’avé) est
PantMon.
ROME. H- Près du Tibre , r. g. 235
uniquement éclairé par l’ouverture au centre de la coupole; il produit un si bel effet qu’on croyait dès l’antiquité que le temple tirait son nom de sa ressemblance avec la voûte céleste. La hauteur et le diamètre de la coupole mesurent l’un et l’autre 43 m. 40. Le pavé, en granit, en porphyre et en marbre précieux, a été restauré sous Pie IX. Sept niches, ménagées dans le mur de la rotonde, étaient occupées par des statues de divinités (v. p. 234; l’existence de celles de Mars et de Vénus est prouvée). Dans chaque niche, deux colonnes cannelées en jaune antique ou en pavonazzetto, et dont les fûts ont 8 m. 90 de hauteur, supportent l’architrave. Il y avait au-dessus de cette dernière, correspondant aux niches, des arcades reposant sur deux cariatides; elles ont dû disparaître lors d’une première restauration. L’attique avait encore en 1747 une partie de sa décoration en marbre blanc, en porphyre et en serpentin, remplacée alors par l’affreuse peinture gris -jaunâtre qui s’y voit toujours. La voûte, en blocage, décorée de cinq rangées de caissons, était probablement parsemée d’étoiles d’or sur fond bleu comme représentation du ciel. Il n’y a que le bord de l’œil de la coupole, de 9 m. de diamètre, qui ait conservé son revêtement antique de bronze, en forme d’une élégante corniche.
A dr., à la 2® niche, le caveau où repose le roi Victor- Emmanuel II (m. le 9 janv. 1878); en face, celui du roi Humbert Ier (assassiné le 29 juill. 1900): tous deux sont toujours couverts de couronnes. Dans la niche à g., à côté du maître-autel, un monument fort simple du cardinal Consalvi, par Thorwaldsen.
Entre la 2® et la 3® niche à g., le tombeau de Raphaël (1483-1520), avec buste en bronze, de 1883, et l’élégante épigramiue suivante, composée par son ami, le cardinal Bembo (p. 237):
Ille hic est Raphaël, timuit quo sospite vinci Rerum magna parens, et moriente mori.
La statue de la Vierge sur l’autel, par M. Lorenzetto , a été faite en vertu d’une disposition testamentaire de Raphaël. Au-dessus de la niche vide à dr. de l’autel, l’épitaphe de Marie Bibbiena, sa tiancée, morte avant lui.
D’autres artistes célèbres sont encore inhumés au Panthéon: Baldassare Peruzzi, Perin del Vaga, Jean d’Udine, Annibal Üarrache, Thadée Zuccaro, etc. — Les sculptures et les tableaux aux autels et dans les niches sont sans importance.
Les thermes d’ Agrippa se trouvaient derrière le Panthéon, avec lequel ils étaient d’ailleurs sans connexité. On en a mis au jour des restes considérables en 1881-1882: dans la via délia Palombella se voit le mur qui formait le fond d’une salle, avec une grande niche ; une colonne de marbre cannelée et une frise d’une grande finesse, ornée de coquillages et de dauphins, ont été remises en place. Les ruines dites Arco délia Ciamhella , dans la rue de ce nom, sont aussi un reste d’une salle voûtée de ces thermes.
La via del Seminario conduit à l’E. de la place du Panthéon à St-Ignace (p. 221).
Derrière le Panthéon, au S.-E., s’étend la place de la Minerve (pl. II 18), où se trouve, à g., l’église S. Maria sopra Minerva. Au
236 H- près du Tibre, r. g. ROME.
Ste-Marie-d.-l.-Min.
milieu de la place, un éléphant de marbre, sur le dos duquel le Bernin plaça en 1667 un petit obélisque antique (p. 221). Les marques à dr. à l’extérieur de l’église indiquent le niveau de l’eau lors des inondations de 1530, 1557 et 1598, qui dépassent encore celui des plus élevées de nos jours (1870 et 1900).
*Ste- Marie -de -la -Minerve (S. Maria sopra Miner c a ; pl. II 18), construite sur les ruines du temple de Minerve érigé par Domitien, est la seule église gothique de l’ancienne Rome. Elle a été probablement commencée en 1280 par les architectes de S. Maria Novella de Florence, FraSisto et Fr a Ristoro (p. lxiii), restaurée et repeinte de 1848 à 1855. Elle est à trois nefs et renferme des œuvres d’art de premier ordre.
A l’entrée, à dr., le tombeau du proscrit Diotisalvi de Florence (m. 1482). — Bas côté de g. A g., le tombeau du Florentin Francesco Tornabuoni (m. 1480), par Mino da Fiesole ; au-dessus, celui du cardinal Giacomo Tebaldi (m. 1466), de l’atelier d 'Andrea Bregno et Giov. Dalmata. Dans la 3e chap., à dr. de l’autel, une belle statue de St Sébastien, par Mich. Marini. Dans la 5e chap., le monument de la princesse Lante (à dr.), par Tenerani. — Bas côté de dr. Entre la 3e et la 4e chap., une chambre mortuaire fermée où se trouve le tombeau de J. Alberini (m. vers 1490), aveo un beau sarcophage grec antique (Hercule domptant le lion). Dans la 4e chap., tableau sur fond d’or par Antoniazzo Romano, l’Annonciation: au premier plan, le cardinal Juan de Torquemada (Johannes a Turrecremata), recommandant trois filles pauvres à la Vierge, en mémoire de la confrérie de l’Annunziata, fondée en 1460 pour la dotation de jeunes filles pauvres. A g., tombeau d’Urbain VII (m. 1590), par Amhrogio Buonvicino. Dans la 5e chap. (Aldobrandini) , peintures de Cherub. Alberti; au-dessus de l’autel, une Cène du Baroche; les tombeaux des parents de Clément VIII, par Giacomo délia Porta. Dans la 6e chap., à g., le tombeau du patricien vénitien Benedictus Sopranzi, archevêque de Nicosia (m. 1495). En face, celui de l’évêque espagnol J. Didacus de Coca (1477); au-dessus du sarcophage, une fresque de Melozzo da Forlï. — Bras dr. du transept. D’abord une petite chapelle avec un crucifix en bois attribué à Giotto. Ensuite la *chap. Caraffa, avec une belle balustrade et des fresques de 1489 (maintenant restaurées), par Filippino Lippi: à dr., St Thomas d’Aquin entouré de personnages allégoriques (il défend les dogmes catholiques contre les hérétiques) ; dans la voussure, St Thomas et le miracle du Crucifix. A l’autel, l’Annonciation, avec le cardinal Caraffa, le donateur. A la paroi du fond, l’Assomption. Dans la voûte, des Sibylles par Raffaellino del Garbo. A g., le tombeau de Paul IV (m. 1559), sur les plans de Pirro Ligorio, par Giacomo et Tommaso Casignola. — Au mur à g. de la chap. Caraffa, le *tombeau de l’évêque Guilielmus Durandus (m. 1296), avec une Vierge en mosaïque par Jean
Ste-Marie-d.-l.-Min.
ROME. II. Près du Tibre, r. g. 237
Cosmas, une des meilleures œuvres de l’école des Cosmas. Dans la chap. suiv., un tableau d’autel par C. Mar ait a. Dans la chap. du rosaire, à dr. du chœur, à dr., le tombeau du cardinal Capranica (1465). — Dans le chœur, les grands monuments de deux Médicis: à g., Léon X (m. 1521); à dr. , Clément VII (m. 1534), d’après Antonio (la Sangallo, le premier par Raffaello da Montelupo, le second par Nanni di Baccio Bigio. Dans le pavé, la pierre tombale du savant cardinal Pictro Bembo (m. 1547). — Le maîtreautel contient les reliques de Ste Catherine de Sienne (p. 38).
Devant le maître-autel, à g., **le Christ ressuscité avec sa croix, par Michel- Ange , statue commandée à l’artiste en 1514 pour la somme de 200 ducats, et placée ici en 1521. Pietro Urbano, aide de Michel -Ange, fut chargé de la terminer, et n’ayant pas réussi, Roderigo Frizzi dut y mettre aussi la main. La draperie en brohzo a été ajoutée pour en permettre l’exposition dans l’église. Le pied droit a été d’autre part garni d’une chaussure en bronze, pour qu’il ne fût pas usé par les baisers des fidèles. (V. p. lxviii.)
La chapelle à g. du chœur (où il y a un passage menant à la via S. Ignazio) renferme la pierre tumulaire de l’Angelico ou Fra Giovanni Angelico da Fiesole mort au couvent en 1455. Elle reproduit les traits du peintre à sa mort; au-dessous se lit une inscription en vers latins. — Dans le bras g. du transept, la chap. St -Dominique, avec huit colonnes noires et le tombeau de Benoît XIII (m. 1730), par P. Bracci. A côté, à dr., l’entrée de la sacristie, derrière laquelle on montre la chambre mortuaire de Ste Catherine de Sienne (v. ci-dessus) ornée de fresques de 1482 et transportée à Rome en 1737.
Le couvent attenant était auparavant habité par le général de l’ordre de St-Dominiquc et fut le siège de l’inquisition. C’est là qu’eut lieu, en 1638, le procès de Galilée (p. 173). Il est maintenant occupé par la bibliothèque Oasanatense (p. 100 ; entrée, via di S. Ignazio, 52) et le ministère de l'instruction publique. Dans la cour, le tombeau du cardinal Pietro Ferricci (m. 1478), avec une Vierge en relief, de l’atelier de Mino da Fiesole; à côté, celui d’AstorgioAgncnse (m. 1451). Dans l’ancien corridor qui menait à la bibliothèque, à g., le tombeau d’Andrea Bregno, orné d’un buste du maître (1506).
Près de là, à l’E., l’église St-Ignace (p. 221) et le Collège Romain; vers le S., le Gesù (p. 242) et le commencement du corso Vitt. Emanuele (p. 243).
Au S.-O. du Panthéon, sur la place St-Eustaciie (pl. II 15), se trouve la Sapience.
La Sapience ou Università délia Sapienza (pl. Il 15 ; entrée, via Sapienza, 71), fondée en 1303 par Boniface VIII, bien vite déchue, mais reconstituée par Eugène IV, brilla de son plus vif éclat sous Léon X. Elle a quatre facultés: droit, médecine et chirurgie, mathématiques et histoire naturelle, philosophie, auxquelles se rattachent des écoles de pharmacie, d’archéologie, etc. La Sapience possède des collections d’histoire naturelle et la bibliothèque
Bædeker. Italie centrale. 14« édition. 16
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St-Louis-des-Français.
Alexandrine (p. 160). Le plan de l’édifice actuel a ôté donné par Giacomo délia Porta (1575); l’église (St-Ivon), construite par Borromini en forme d’abeille, en l’honneur d’Urbain VIII (Barberini), qui avait cet insecte dans scs armoiries, a une tour en hélice du style baroque. La cour, à deux étages de piliers, est une des plus belles en son genre à Rome. — Au N.-O., en bordure de la via degli Staderari, se trouve le palais Madame dont l’entrée principale est sur la piazza Madama.
Le palais Madame (pl. II 15), depuis 1871 palais du Sénat , était à l’origine une sorte de maison fortifiée construite par les Crescenzi sur les ruines des thermes de Néron. Cette maison, dont on voit encore une tour dans la via degli Staderari, passa plus tard aux mains des Médicis qui y établirent leur banque et durent la céder pour quelque temps, sous Paul III, à Marguerite de Parme, «Madama», fille naturelle de Charles-Quint, veuve d’Al. de’ Medici et mariée en secondes noces (1538) à Octave Farnèse de Parme. Le palais doit sa forme actuelle au grand-duc Ferdinand II de Toscane qui en confia la restauration à l’architecte florentin Giov. Stef. Marucelli (1642). Benoît XIV l’acheta en 1740. Il renferme dans le vestibule, dans la cour et dans l’escalier des statues antiques, des sarcophages, des bas-reliefs et des bustes. La salle de réception a été ornée en 1888 de fresques très remarquables par Ces. Maccari, représentant des personnages de l’histoire romaine, tels que Appius Claudius Cæcus, Regulus, Cicéron et Catilina.
St-.Louis-des-Français (S. Luigi de ’ Francesi; pl. II 15), au N. du palais Madame, consacré en 1589, est l’église nationale des Français. La façade à deux étages, de Giacomo délia Porta , donne le change sur les proportions de l’intérieur qui doit sa décoration à Antoine Derizet (vers 1750). Les chapelles latérales sont mal éclairées, le mieux vers midi.
lre cliap. de dr. : G. B. Naldini, tableau d’autel, St Jean-Baptiste. Au pilier en face, le monument des Français tombés au siège de Rome en 1849. 2e chap. : *le Dominiquin, fresques tirées de l’histoire de Ste Cécile, un des chefs-d’œuvre de ce maître (p. lxxv), représentant la sainte: à dr., distribuant des vêtements aux pauvres ; au-dessus, avec son fiancé et couronnée par des anges; à g., souffrant le martyre et recevant la bénédiction du pape; au-dessus, refusant de sacrifier aux faux dieux; au plafond, arrivant au ciel. A l’autel: la Ste Cécile de Raphaël, copie par le Guide (original à Bologne). 4« chap. , de St Denis: tableau d’autel par Giacomo del Conte, le Serment de Clovis; fresques: à dr., les troupes de Clovis en marche, de Girolamo Sicciolante da Sermoneta; à g., Baptême de Clovis à Reims, de PeUegrino Tibaldi. 5e chap., du Crucifix: tombeau du peintre Guérin (m. 1833) ; à dr., celui de l’archéologue Agincourt (m. 1814); — Au maître-autel: beau tableau par le Bassan, l’Assomption. — Bas côté de g. lrechap.: au dessus de l’autel, Massei, St Sébastien; à dr. et à g., des fresques modernes. Au pilier en face: monument de Claude Lorrain, érigé en 1836. 3« chap., de St Louis: tableau d’autel de Plautiüa Bricci, qui passe aussi pour avoir ordonné l’architecture de cette chapelle; le tableau à g. est de Cimignani. 5 ° chap., de St-Hatthieu: le Caravage , scènes de la vie de St Matthieu.
Au S.-E. de la place St-Louis, le palais Giustiniani (pl. C 15),
Ste-Agnès.
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construit par Carlo Fontana et Borroinini. Dans la cour et dans l’escalier, quelques antiques. Le 1er étage sert aujourd’hui de résidence au grand-maître des loges maçonniques d’Italie, le 2e est le siège de l’Institut historique de Prusse (p. 161). Au N., on se rend à la via délia Scrofa et à St- Augustin (v. p. 231); en prenant à l’O., entre l’église et le palais, parla petite place Madame, on arrive à la place Navone.
La *place Navone (jpiazza N avoua; pl. II 15), appelée officiellement Oirco Agonale , était autrefois, comme l’indique sa forme, le cirque ou stade de Domitien. Son nom de place «Navone», qui remonte au moyen âge, lui vient aussi des luttes (agones) qui s’y donnaient.
Des trois fontaines qui la décorent, celle du N., par Leon, délia Bitta et Greg. Zappalà (1878), représente Neptune luttant avec un monstre marin et entouré de Néréides et de chevaux marins. — Puis vient, au milieu d’un grand bassin en marbre pentélique, la * fontaine du Bernin y érigée sous Innocent X: le rocher, partagé en quatre, représenta les quatre continents; aux coins, les dieux des quatre plus grands fleuves, le Danube, le Gange, le Nil (qui, d’après un bon mot symbolisant la rivalité des artistes, se voile la face pour ne pas voir la façade de Ste-Agnès de Borromini) et le Rio de la Plata, exécutés par des élèves du Bernin; en haut, un obélisque originairement érigé en l’honneur de Domitien et qui se trouva plus tard au cirque de Maxence (p. 422). — La troisième fontaine, à l’extrémité S. de la place, est ornée de masques et de tritons, dont l’un appelé «Moro» (nègre), aussi par le Bernin.
Ste-Agnès (S. Agnese) donne au côté O. de la place une physionomie toute particulière, grâce à sa façade surmontée d’une coupole et à ses beaux clochers qui flanquent le corps de l’édifice arqué en dedans. Construite de 1625 à 1650 par Borromini et Carlo Rainaldi , elle est remarquable par les lignes harmonieuses de son intérieur en forme de croix grecque, exécuté par Rainaldi.
Au-dessus de la porte principale, le monument d’innocent X, par Marini. Dans la chapelle du bras g. du transept, la statue de St Sébastien, • faite par Marini d’une statue antique. Sous la coupole, huit colonnes de Cottanello. De l’anc. église, qui se trouvait dans les voûtes latérales du cirque où Ste Agnès souffrit le martyre, il existe encore deux chapelles souterraines à voûtes antiques, que l’on peut visiter. On y remarque un bon bas-relief par l'Algarae, le Martyre ae Ste Agnès.
A g., à côté de l’église, se trouve 1 c palais Pamphili, construit par Rainaldi et aujourd’hui propriété du prince Doria. Yis-â-vis, l’église S. Giacomo degli Spagnuoli, de 1450, restaurée depuis peu. Dans le fronton au-dessus du portail, deux anges, l’un (à dr.) par Mino da Fiesole, l’autre (à g.) par Paul Romain (1464); à l’intérieur, à dr., une chapelle d’Ant. da Sangallo, à g. une tribune d’orgues dans le style du commencement de la Renaissance. — Au S. de la place, le palais Braschi (p. 244).
240 H* Prè* du Tibre , r. g. ROME.
Ste-Marie-de-la-Paix.
*Ste-Marie deir Anima (pl. II 15; à l’O., via dell’ Anima, derrière la place Navone), l’église des catholiques allemands et hollandais, construite de 1500 à 1514, a une belle façade attribuée à tort à Griuliano da Sangallo. Un petit groupe de marbre: la Vierge invoquée par deux âmes du purgatoire (xvie s.), au-dessus du portail, a donné son nom à l’église qui est ouverte jusqu’à 8 h. 1/2 du matin, les jours de fête jusqu’à midi. Si elle est fermée, on en fait le tour et l’on sonne à la porte de l’hospice allemand, en face de Ste-Mariede-la-Paix.
L’intérieur, à trois nefs, est d’un architecte du Nord, mais fortement restauré depuis peu. La voûte est ornée d’images de saints à fresque, par L. Seitz (1875-1882), qui a aussi dessiné le vitrail au-dessus du- grand portail. A la paroi du côté de l’entrée: tombeau du cardinal W. Enckevort (m. 1534). — Bas côté de dr., lr° chap.: Carlo Saraceni (élève du Caravage), tableau d’autel représentant St Benno qui reçoit d’un pêcheur la clef de la cathédrale de Meissen retrouvée dans le ventre d’un poisson. 3° pilier, tombeau d’Adr. Vryberch, d’Alkmaar, orné de jolies figures d’enfants par Frans Duquesnoy (m. à Rome en 1644). 2« chap.: à l’autel, Gimignani, Ste Famille; à g., tombeau du cardinal Slusius, avec buste. 4e chap., reproduction modifiée de la Pietà de Michel-Ange (p. 349), par Nanni di Baccio Bigio. — Bas côté de g. lre chap.: C. Saraceni , Martyre de St Lambert, beau tableau d’autel en clair-obscur. 3« chap.: fresques de Michel Coxie, histoire de Ste Barbe. 4® chap.: Mise au tombeau (à l’autel) et fresques par Franc. Salviati. — Sacristie, à l’entrée: tombeau du savant Lukas Holste (Holstenius) de Hambourg (m. 1661 comme conservateur de la bibliothèque du Vatican). — Dans le chœur, au maîtreautel: tableau de Jules Romain, la Ste Famille et des saints, endommagé dans des inondations. A dr., le beau monument d’Adrien VI, d’Utrecht (gouverneur de Charles-Quint ; m. 1523), d’après Bald. Peruzzi, par Michel angiolo Sanese et Niccolo Tribolo, avec statues de la Justice, la Prudence, la Force et la Tempérance. En face, le tombeau du duc Ch.-Fréd. de Clèves (m. 1575), par Gilles de Rivière et Nicolas d'Arras. Dans l’antichambre de la sacristie (au bout du bas côté de g.) : bas-relief représentant l’Investiture du prince par Grégoire XIII.
*Ste-Marie-de-la-Paix (S. M. delta Pace; pl. 1115) a été construite par Sixte IV (1484), restaurée par Alexandre VII et décorée de son portique en hémicycle par Pietro da Cortona. Si elle est fermée, s’adresser au sacristain, vicolo dell’ Arco délia Pace, 5 (v. p. 241).
L’intérieur a la forme d’un octogone surmonté d’un dôme et précédé d’une courte nef. — Au-dessus de la lre chapelle de dr., les **Sibylles, par Raphaël: à g., celle de Cumes; sur l’arcade, celle de Perse; ensuite celles de Phrygie et de Tibur, recevant des anges des révélations qu’elles écrivent. Peintes en 1514 par ordre du banquier Augustin Chigi (p. 394), fondateur de la chapelle, et habilement débarrassées en 1816, par Palmaroli , des couches de couleur dont elles avaient été plus tard surchargées, elles sont ordinairement voilées. V. aussi p. lxxiii. Meilleure lumière de 10 h. à 11 h. du matin.
Comme dans les chambres du Vatican, Raphaël a su tirer ici un parti admirable de la surface qu’il avait à décorer, en adaptant si bien sa composition à la ligne semi-circulaire de l’arcade, que la façon dont il a groupé ses figures paraît des plus naturelles. Il a mis le môme
Ste-Marie-de-la-Paix.
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talent dans la disposition des différentes parties que dans l’ensemble, en sachant amener des contrastes et graduer habilement les sensations. Mais là où l’on reconnaît surtout Raphaël , c’est dans scs gracieuses figures de femmes et dans ses anges d’une vivacité charmante. On vantera toujours les Sibylles de Michel-Ange comme des créations de génie et pour leur majesté, mais celles de Raphaël sont plus aimables et ont quelque chose de plus humain.
Dans la voussure au-dessus des Sibylles, les Prophètes: à dr., Jonas et Hosée; à g., Daniel et David, par un contemporain de Raphaël, Timoteo Viti (p. 138). Des deux côtés de la lre chap. de g., deux beaux monuments de la famille Ponzetti, de 1505 et 1509. La *fresque au-dessus de l’autel, la Vierge entre Ste Brigitte, Ste Catherine et le cardinal Ponzetti, le donateur à genoux devant elle, est de Bald. Peruzzi (1516), qui rivalise ici avec Raphaël et Michel- Ange. Dans le haut, trois rangées de sujets tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament, également par Peruzzi. — La seconde chapelle à dr. (Cesi) a une ornementation de Simone Mosca (vers 1560), parfaite dans son exécution, quoique un peu lourde; à dr., statue couchée et pleine de vie de Francesca Carduli-Cesi (m. 1518), mère du cardinal Federico Cesi. — Sous la coupole, à g., l’entrée de la sacristie et celle du cloître (v. ci-dessous). 1er autel à g., l’Adoration des Bergers, par Sermoneta; au-dessus, la Mort de la Vierge, par Morandi. 2e autel, belles sculptures en marbre et en partie dorées, attribuées à Pasquale da Caravaggio (1490). Sur le maîtreautel, vieille image très célèbre de la Vierge. A la voûte, jolis enfants par VAlbane. Sur l’autel à dr., le Baptême de J.-C., de Sermoneta. Au-dessus de la niche, la Présentation (retouchée), de Bald. Peruzzi.
C’est dans cette église que les nouveaux mariés viennent entendre leur première messe.
Le *cloître, construit en 1504 par Bramante (p. lxvi), aux frais du cardinal Caraffa, mérite aussi une visite. On y entre par l’église ou par le vicolo dell’Arco délia Pace, 5. Il a au rez-de-' chaussée des arcades et au premier des colonnes placées sur les ceintrcs de ces arcades. Au mur de dr., le monument de Bocciacio, évêque de Modène (m. 1497).
La via de’ Coronari (p. 232), à peu de distance au N. des deux églises, est le plus court chemin entre la place Navone et le pont St- Ange (p. 338; 8 min.).
En allant tout droit, au sortir de Ste-Marie-de-la-Paix, par la via délia Pace et la via di Parione, on arrive à la via del Governo Vecchio (p. 245).
5. De la place de Venise au pont St- Ange. Cours Victor-Emmanuel.
Le cours Victor-Emmanuel (pl. 1117-14-12), large rue percée depuis 1876 à l’O. de la place de Venise (p. 219), à travers les quartiers resserrés de la Rome du moyen âge, est le prolongement
242 II- ^rès du Tibre , r. g. ROME.
Le Gesù.
de la via Nazionale, décrite p. 190-193; toujours très anime, bien qu’il ait encore quelque chose d’inachevé vers son extrémité, il sert de voie de communication entre le centre de la ville et le quartier du Vatican. — Tramway , v. l’app. n0fl 1, 6 et 7.
La partie E. de cette rue porte le nom de via del Plebiscito (pl. II 17). En partant de la place de Venise, on a d’abord à g. la façade principale du palais de Venise (p. 219) et à dr. le côté S. du palais Doria (p. 225), puis le palais Grazioli et le grand palais Altieri, de 1670, qui a une cour remarquable et un bel escalier décoré d’antiques. — La via del Gesù, immédiatement à dr. au delà du palais, mène à Ste-Marie-de-la- Minerve (p. 236).
*Le Gesù (pl. II 17), l’église principale des jésuites, à g. du cours, dont la façade donne sur la place du même nom, a été construit de 1568 à 1575 par Vignole et Giac. délia Porta , aux frais du cardinal Al. Farnèse. C’est une des plus riches et des plus magnifiques églises de Rome, qui marque une nouvelle phase de l’architecture monumentale des églises catholiques, grâce à Vignole qui le premier donna l’idée d’une nef principale, large et élevée, flanquée de chapelles remplaçant les bas côtés. (Voir p. lxxiv).
Les peintures de la voûte de la grande nef, représentant le triomphe du nom de Jésus, sont par Baciccio, qui a aussi exécuté celles de la coupole et de l’abside; c’est un des ouvrages les plus importants et les plus vivants de l’époque baroque. Le prince Al. Torlonia a fait revêtir les murs de marbres précieux, en 1860. Le maître-autel a quatre colonnes en jaune antique. A g., le tombeau du cardinal Bellarmin (p. 45), orné des figures de la Religion et de la Foi, en bas-relief; à dr., le tombeau du père Pignatelli, avec la Charité, et l’Espérance. — Bras g. du transept: l’autel de St Ignace de Loyola, fondateur de l’ordre, par Andrea Pozzi et Seb. Cipriani (1696-1700) est une œuvre décorative de premier ordre; la statue argentée de St Ignace, entourée d’anges, est ordinairement cachée derrière un tableau de Pozzi; ou prétend que la statue originale en argent, par Legros , a disparu au xvmc s., lors de la suppression de l’ordre. Les colonnes sont en lapis-lazuli et en bronze doré. Sur l’architrave, deux statues: Dieu le Père, par B. Ludovisi, et le Christ, par L. Ottoni; derrière eux, le St-Esprit sous la forme d’une colombe entourée d’une auréole rayonnante. Au centre, le globe terrestre, d’un seul morceau de lapis-lazuli, peut-être le plus gros qui existe. Au-dessous de l’autel, un cercueil de bronze doré qui renferme les ossements de St Ignace. Des deux côtés, des groupes de marbre: à dr. , la Religion chrétienne terrifiant les hérétiques, par Legros; à g., la Foi, avec le calice et l’hostie adorée par un roi païen, de Tendon. Vis-à-vis, dans le bras dr. du transept, l’autel de St François-Xavier par $im. Constantin d’après une esquisse de Pietro da Cortona.
L’église offre l’aspect le plus imposant le 31 déc., le 31 juillet, jour de la fête de St Ignace, et pendant les Quarante-Heures (les deux derniers
Cours Victor - Evim.
ROME. II- Près du Tibre, r. g. 243
jours du carnaval; v. p. 156); alors elle est splendidement illuminée le soir. Pendant Savent et le carême (excepté le vendredi) et aussi en d’autres occasions, on peut y entendre chaque jour, vers 11 h., des prédicateurs distingués.
A côté de l’église, au S., est l’anc. maison professe des jésuites, aujourd’hui occupée par la troupe. Au n° la de la rue voisine, la via d’Aracœli (p. 220), qui mène au Capitole, est l’entrée des chambres de St Ignace (clef, chez le sacristain du Gesù). En face, le palais Bolognetti, qui borne au S. la place du Gesù.
Le dôme qu’on aperçoit plus loin sur le cours Victor-Emmanuel est celui de St-André-de-la-Vallée (v. ci-dessous). La rue croise, à quelques min. à l’O. du Gesù, la via di Torre Argentina (p. 250).
On passe plus loin à g. derrière le palais Vidoni (pl. II 14), autrefois aux Caffarelli , maintenant propriété du prince Giustiniani-Bandini. Ses deux principales façades sont tournées vers la place de la Vallée, à l’O. et la via del Sudario, au S. Ce palais a été construit sur les plans de Raphaël , par Lorenzetto. Dans l’escalier, une statue romaine portant la toge, connue sous le nom d 'Abbé Luigi ; elle était autrefois à l’angle N. du palais et servait à l’affichage des pasquinades (p. 244-245).
En face du palais Vidoni, vers le S., dans la via del Sudario, se trouve la chapelle du Suaire, de 1604, qui est ornée de fresques modernes par Cesare Maccari, et sert d’église de la cour depuis 1870. — La rue Monte délia Farina mène à S. Carlo ai Catinari (p. 250).
Sur la petite piazza délia Valle, la statue de l’abbé Nicola Spedalieri , écrivain sicilien (1740-1795), par M. Rutelli (1903).
*St-Aiidré-de-la- Vallée (S. Andrea délia Valle ; pl. 1114), 'église à coupole qu’ont précédée plusieurs autres églises, a été commencé en 1594 par P. Olivieri et achevé par C. Maderna, sauf la riche façade, qui est d’après Carlo Rainaldi, de 1665. L’intérieur, malheureusement restauré avec beaucoup trop de luxe de 1905 à 1907, est remarquable par l’imposante sévérité de ses lignes et par les grandes fresques du Dominiquin et offre un excellent spécimen du style de la Renaissance.
2e chap. à dr., dite des Strozzi : reproductions en bronze de la Pietà (p. 349) et de Rachel et Léa (p. 207) de Michel-Ange , qui a donné l’idée du plan de cette chapelle. — lre chap. à g., des Barberini: plusieurs statues en marbre de l’école du Bernin. — A l’extrémité de la grande nef : tombeaux des deux papes de la famille de Piccolomini, autrefois à l’ancienne église St-Pierre, à g., celui de Pie II (m. 1464; p. 47) par Pasquino da Montepulciano (?), à dr., celui de Pie III (m. 1503), par Franc, di Giovanni et Bastiano di Franc. Ferrucci. Dans la coupole : la Gloire du paradis, par Lanfranco. Dans les pendentifs au-dessous : les *Evangélistes, par le Dominiquin , un de ses principaux ouvrages (1623). Les *fresques de la voûte de l’abside sont également de lui : en avant, s r l’arcade, St Jean-Baptiste adressant St André et St Jean à Jésus
244 Près du Tibre, r. g. ROME.
Cours Victor-Emm.
(Ev. selon St Jean, 1, 35 et suiv.); à la voûte même, au milieu, la Vocation de St Pierre et de St André; à g., la Flagellation de St André; à dr., St André voyant et vénérant la croix de son supplice; au-dessous, six figures allégoriques de femmes (Vertus; v. p.Lxxv). Les grandes fresques du bas, le Martyre du saint, sont du Calabrèse.
La via del Teatro Vallc en face de l’église, vers le N., mène an palais Oapranica (pi. II 15), puis à dr. à la Sapience (Université) et au palais Madame (p. 238).
Plus loin sur le cours Victor-Emmanuel, à dr., n° 141, le palais Massimi aile Colonne (pl. 1114-15), bel édifice d’après les plans de Baldassare Peruzzi, qui toutefois ne le vit pas achevé (m. 1536). La façade, de forme semi-circulaire, très ingénieusement adaptée à la rue autrefois étroite et arquée, ne produit plus le même effet depuis que celle-ci a été élargie, mais la vue sur la double cour est toujours des plus pittoresques. Ce palais a, au second étage, une chapelle dédiée à St Philippe de Néri (p. 246), qui y ressuscita un enfant de la famille Massimi ; on peut la visiter le 16 mars. La famille Massimi fait remonter son origine aux anciens Fabii Maximi, et a dans ses armoiries la devise: «cunctando restituit».
A g. du cours, à la via de’ Baullari, qui mène au palais Farnèse (p. 248), le petit palais Linotte (pal. Regis; pl. 1114), construit vers 1523 pour le prélat français Thomas le Roy, de Rennes, et appelé à tort Palazzo délia Farnesina ou Farnesina dei Baullari à cause de sa décoration, les Farnèse ayant aussi des lis dans leurs armoiries. Cette construction , due probablement à Ant. da Sangallo le J., ornée d’une jolie cour et d’un joli escalier, a été restaurée depuis 1898 sous la direction éCFnrico Gui.
A dr., sur la place de son nom, l 'église St-Pantaléon (pl. II 15), dont la façade a été construite en 1806, par Valadier, et le monument de l’homme d’Etat Marco Minghetti (1818-1886), par Gangeri.
De la place se détache au N. -O. la via S. Pantaleo, où se trouve à dr., n°9, le grand palais Braschi (pl. 1115), construit par Morelli en 1780 et aujourd’hui siège du ministère de V intérieur. Il a un bel escalier de marbre où l’on voit quelques statues antiques. Il donne par derrière sur la place Navone (p. 239). — A l’angle obtus que ce palais forme au N. -O. est le Pasquin , reste très mutilé d’un beau groupe antique en marbre, placé là en 1501 ; il représentait Ménélas portant le corps de Patrocle et cherchant du secours au milieu de la bataille; on en voit des répliques à Florence, et des débris au Vatican (p. 379 et xLvm).
Les professeurs et les étudiants de l’Archiginnasio de Rome avaient l’habitude d’y afficher, à la St-Marc (25 avril), des épigrammes latines et italiennes, d’abord peu satiriques. Le nom de Pasquin était alors celui d’un maître d’école qui demeurait en face; c’est seulement vers le milieu du xvie s., quand les «pasquinades» furent devenues très satiriques, surtout par suite de la Réforme , qu’on identifia Pasquin avec un tailleur de cc nom, qui avait mauvaise langue. Les répliques s’affichaient sur la
Cours Victor-Emm.
ROME. //• Près du Tibre, r. g. 245
statue de Marforio (p. 259). Les pasquinades sont toujours à la mode à Rome; elles rappellent jusqu’à un certain point la satire des anciens.
La via del, Goveiino Vecchio (pl. 1115-12), qui part de la petite place Pasquin, était avant l’ouverture du cours Victor-Emmanuel la principale voie de communication avec le pont St-Ange. C’est à dr. que se trouve le palais del Governo Vecchio (1475) , autrefois la somptueuse résidence du cardinal Stefano Nardini, plus tard siège des tribunaux de justice et police et maintenant maison d’éducation. En face, n° 124, une belle petite maison dans le style de Bramante, bâtie en 1500 pour J. -P. Turcius, secrétaire du pape. On passe ensuite derrière l’anc. couvent des Filippini (p. 246) pour traverser la place de l’Hohloge (pl. II 12) et suivre, à dr., la via di Monte Giordano jusqu’au palais Gabriclli, d’où la via Panico conduit au pont St-Ange (p. 238). — Le palais Gabrielli (pl. 1112), auj. Taverna, dont la cour est décorée d’une jolie fontaine, date du xvme s. ; il occupe le sommet d’une éminence, le Monte Giordano , formée de décombres antiques, mentionnée par Dante (Enf. xvm, 28) et sur laquelle Giordano Orsini s’était fait bâtir une maison fortifiée au xmes. Dans l’antiquité, l’emplacement a été occupé par l’Odéon de Domitien, construction luxueuse en forme de théâtre, ayant servi aux productions musicales.
En continuant par le cours Yictor-.Emmanuel, on entrevoit le dôme de St-Pierre. A g. s’ouvre l’étroite et longue place de la Chancellerie, où se trouvent l’anc. palais de la Chancellerie et l’église St-Laurent in Damaso.
Le *palais de la Chancellerie ( Palazzo délia Cancelleria; pl. 1115-14), construit de 1486 à 1495 pour le cardinal R. Riario, sur les plans d’un architecte toscan, mais non de Bramante, qui n’est venu à Rome qu’en 1499, est un des plus beaux édifices de la Renaissance à Rome, conforme aux règles antiques et d’une noble simplicité dans son ensemble. L’élégante façade se compose de blocs de travertin pris au Colisée. Le beau portail de Vignole , tout près du cours, mène à l’église St-Laurent in Damaso construite avec le palais sur l’ordre du cardinal pour remplacer l’anc. église de ce nom, fondée par St Damase vers 370, près du théâtre de Pompée (p. 248). C’est une construction à pilastres et à trois nefs dont la décoration intérieure a été exécutée sous Pie YII (1820), et sous Pie IX (1873). Au bout du bas côté de dr., le tombeau et le buste (par Tenerani) du comte Rossi, ministre de Pie IX, assassiné en 1848; dans le bas côté de g., celui du cardinal Scarampi par Paul Romain (1467).
Le portail principal de la Chancellerie , dont les formes choquantes sont du style baroque, a été ajouté par Domenico Fontana. A g. en entrant, un buste de l’astronome P. Secchi (p. 225). La belle *cour du palais est entourée de deux étages d’arcades, à colonnes antiques qui se trouvaient à St-Laurent in Damaso avant la démolition de cette église (v. ci-dessus). Les jolis chapiteaux sont ornés de roses, armoiries du cardinal Riario, qui fît construire le palais. A dr., un passage mène à St-Laurent. La Chancellerie et la Dataria (p. 193) sont, dans l’intérieur de la ville, les seuls palais que le gouvernement italien ait laissés au pape.
L’intérieur n’est accessible qu’avec une autorisation spéciale. La chapelle est richement décorée de fresques de l’école de Perin del Vaga.
246 !!• Près du Tibre , r. g. ROME.
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La grande salle des séances renferme des fresques de Vasari à sujets tirés de la vie de Paul III.
Sur la place, devant la Chancellerie, et sur les places avoisinantes se tient tous les mercr. matin un marché d’antiquailles très intéressant (vieilles étoffes, antiquités, livres, etc.). — De la Chancellerie à la piazza Campo di Fiore, v. p. 248.
En poursuivant le long du cours Victor-Emmanuel, on rencontre, au deuxième coin de rue à dr., le palais Sora, récemment remanié pour servir de lycée (Liceo-Ginnasio Terenzio Mamiani). Il a été construit de 1503 à 1509 pour le cardinal Fieschi, en utilisant un projet de façade dressé par Bramante pour l’église St-Pierre, mais avec des changements maladroits. — Ensuite à dr.,
la Chiesa Nuova ou S. Maria in Vallicella (pl. II 12), église fondée vers 1580 par St Philippe de Néri, pour l’ordre des oratoriens dont il fut le fondateur, et achevée en 1605. Les architectes furent Giov. Matteo da Oittà di Castello, puis Mart. Lunghi le Vieux, auquel sont dues les lignes essentielles non seulement de l’intérieur mais probablement aussi de la façade exécutée par Rughesi.
L’intérieur, richement décoré, a d’excellents ouvrages en stuc de Cos. Faniello et d 'Ercole Ferrata. La voûte de la grande nef, la coupole et l’abside ont été peintes par Pietro da Cortona. — Dans le transept se trouve, à côté de l’abside, la riche chapelle St-Philippe de Néri, avec ses ossements sous l’autel. Au-dessus, le portrait du saint en mosaïque, d’après le Guide; l’original est dans l’ancien couvent. — Sur le maîtreautel, supporté par quatre colonnes de marbre rouge dit porta-santa, la Vierge, par Rubens; à g., *St Grégoire, St Maur et St Papie; à dr., *Ste Domitille, St Nérée et St Achillée, également de Rubens , qui a peint ces tableaux en 1608, pendant son second séjour à Rome, alors que cette église était en vogue.
A la fête de St Philippe, le 26 mai, et chaque dimanche, après l’Ave Maria, du ler nov. au dimanche des Rameaux, on exécute des morceaux de musique religieuse dans l 'oratoire voisin , où les hommes sont seuls admis. C’est de là que vient le nom d’oratorio donné à ce genre de musique qui s’exécute dans les concerts spirituels, arrangés pour la première fois par le saint pour attirer les fidèles.
Le couvent des Filippini, à côté de l’église, construit par Borromini, est maintenant occupé par des tribunaux, la cour d’appel, le tribunal civil et correctionnel et le tribunal de commerce ( Corte d’ Appello, Tribunale civile e correzionale , Tr. di Gommer do). C’est un édifice de forme peu classique, mais célèbre par la solidité de sa construction. On y montre encore une chambre habitée jadis par St Philippe de Néri et renfermant auj. différentes reliques. Là aussi est la bibliothèque Vallicellane (p. 161).
Plus loin à g., la petite place Sforza, avec le palais Sforza- Cesarini, Vhospice de Bohême, restauré en 1875, et le monument du comte Terenzio Mamiani (1799-1885), philosophe et homme d’Etat italien, par Benini (1892). A dr. est la via del Banco di S. Spirito qui mène au pont St-Ange et où se trouvait, nos 44-46, l’anc. maison du banquier Chigi (p. 394), le «gran mercante délia cristianità», dont on a converti le comptoir en écurie (Arco dei Banchi, 9).
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A g., le *musée Barracco (pl. 1112), ou Museo di ScuUura Antioa , construction en forme de temple ionique, renfermant la collection d’antiques donnée en 1905 à la ville par le sénateur Barracco. Visite v. p. 162; si le mardi ou le vendr. sont des jours de fête, le musée est ouvert le jour suivant. Pas de catalogue, mais partout des étiquettes explicatifs.
Ir® salle. A dr., sculptures babyloniennes, assyriennes et égyptiennes. A g. en entrant: deux bas-reliefs assyriens portant un génie ailé, des guerriers et un cheval; sous verre, stèle égyptienne revêtue de peinture ; au milieu, tête de lion égyptienne, en bois de sycomore; bas-reliefs égyptiens finement ouvragés; statuette en bois; urnes funéraires en albatre. — A dr. de la sortie: au milieu de l’étagère, trois têtes égyptiennes d’un fini parfait; masques de momies dorés et en stuc de couleur naturelle; tête-portrait romaine en basalte noir (pas César qui n’a jamais porté de barbe). — A g. de la sortie: tête de lion (protome) phénicienne en albâtre; buste de femme de Palmyre, antique d’une époque postérieure; sculptures archaïques de Chypre ; mosaïque et bas-relief byzantins; *tctc d’un démon féminin, travail étrusque d’une époque postérieure; pierres tombales étrusques archaïques, revêtues de bas-reliefs exquis; statuette de Bès, divinité égyptienne présidant à la toilette. — A dr. en entrant et au milieu, sculptures grecques: partie inférieure d’une stèle attique archaïque (les pieds de la figure du défunt sont seuls conservés; en bas, son écuyer à cheval); buste-portrait de Périclès (d’après Crésilas) ; statue d’un jeune athlète; tête archaïque de Minerve (les yeux sont incrustés); au-dessus, fine tête de jeune fille (les yeux étaient rapportés); à dr., tête archaïque d’éphèbe, style d’Egine; statue archaïque de Minerve (la tête manque); tête de général; statue de femme, sans tête, provenant d’un tombeau. — Au milieu, sur la table: hermès à double tête d’éphèbe; répliques du Doryphore (p. 385, n° 126) et du Diadumène de Polyclete. — Isolé: torse de l’Amazone de Polyclète (p. 384, n° 71).
IIe salle. Sculptures grecques pour la plupart. De chaque côté de l’entrée: vase funéraire en marbre, orné de bas-reliefs. A g. de l’entrée: statuette de femme, de style sévère; *fragment de statuette d’homme (excellente petite réplique d'une statue d’athlète de Polyclète) ; au-dessus, tête de Marsyas, bonne réplique d’une statue en bronze de Myron (p. 330); tête d’athlète; *têtc de Mars, excellent travail romain du temps de Trajan; *tête d’Apollon de style sévère (Apollon Barracco) ; au-dessus, *portrait d’Epicure, effacé par l’eau ; tête de Hélios (pas Alex, le Gr.). — Au petit mur: partie supérieure d’une statuette archaïque de Mercure portant le bélier (comme dieu des troupeaux); à g., en haut, tête d’une statue d’éphèbe de Polyclète. Au milieu: bonnes répliques de têtes du Doryphore et du Diadumène de Polyclète. — Au mur du fond: tête de Vénus (rv® s. av. J.-C.); bas-reliefs attiques, votifs et funéraires, d’un excellent travail; tête d’Apollon; statuette de femme de style sévère. Dans l’armoire vitrée: vases, terres cuites, smalts. Fragments d’un bas-relief archaïque et d’une statuette de Neptune; tête de centaure (v. p. 264); tête hellénistique de femme, de grandeur colossale; deux statuettes de porteuses de vase en rouge antique; satyre dansant; *buste d’athlète; fin fragment de bas-relief avec têtes de chevaux. — Au petit mur: *fragment d’un bas-relief votif attique. A dr. de l’entrée: buste d’éphèbe romain; tête de jeune fille grecque; partie supérieure d’un bas-relief funéraire attique; *tête de femme et * vieille tête d'homme, provenant de bas-reliefs attiques du iv® s. ; main du Discobole de Myron (v. p. 375). Au milieu: ♦chienne blessée, du temps de Lysippe.
Plus loin, au bord du Tibre, St-Jean-des- Florentins (S. Giovanni de' Fiorentini ; pl. II 12), la belle église nationale des Florentins. C’est Léon X qui l’a fait commencer avant 1521 , suides plans donnés par Jac. Sansovino , avec qui concoururent
248 H* P™8 du Tibre , r. g.
ROME
Palais Farnèse.
Raphaël, Sangallo le J. et Pcruzzi. Les travaux difficiles de soubassement du côté du fleuve furent achevés par Ant. da Sangallo. Michel- Ange et après lui Giacomo délia Porta et Carlo Maderna continuèrent la construction; la façade fut ajoutée en 1734 par Al. GaJilei. Dans le bras dr. du transept, tableau de Salvator Posa, St Côme et St Damien sur le bûcher.
Il y a depuis 1863 à côté de cette église une passerelle en fil de fer (p. 394) jetée sur le fleuve. — Pour la via Giulia , en aval ou au S.-E. de l’église, v. p. 250.
6. Quartier au sud du cours Victor-Emmanuel, jusqu’à la place Montana r a. Ile du Tibre.
En prenant au S. du palais de la Chancellerie (p. 245), on arrive à la place Campo di Fiore (pl. II 14), un des centres les plus animés; marché aux légumes tous les matins. C’était autrefois le lieu d’exécution des criminels et c’est là que fut livré aux flammes, le 17 février 1600, le philosophe Giordano Bruno , précurseur de la doctrine panthéiste, né en 1548, auquel on a élevé en 1889, à la place même du bûcher, un monument par Ettore Ferrari.
A l’E. de la place était le théâtre de Pompée (pl. II 14). On a trouvé dans la cour du palais Pio ou Righetti, via Biscione, 95, la statue d’Hercule mentionnée p. 376 et les soubassements de ce théâtre. On reconnaît encore la forme de l’amphithéâtre dans la rue semi-circulaire près de S. Maria di Grottapinta. La scène était à peu près sous la via de’ Chiavari. Derrière, jusque vers le théâtre Argentina (p. 250), s’étendait le grand portique de Pompée; c’est dans l’une des salles annexées aux colonnades que Jules César fut assassiné le 15 mars 44 av. J.-C. — La via de’ Giubbonari mène à S. Carlo ai Catinari (p. 250).
Du Campo di Fiore, trois rues parallèles mènent au S.- O. à la place Farnèse, où sont deux fontaines et le palais de ce nom.
Le *palais Farnèse (pl. II 14), un des plus beaux de Rome, a été commencé av. 1514 par le cardinal Alexandre Farnèse, plus tard pape sous le nom de Paul III, sur les plans d 'Ant. da Sangallo le J. (p. lxxiii), et continué après la mort de ce dernier (1546) sous la direction de Michel-Ange. Une partie des pierres ont été prises au Colisée et au théâtre de Marcellus. Michel-Ange voulait construire du côté du Tibre une seconde cour, qu’il aurait décorée avec les célèbres antiques Farnèse (maintenant à Naples), et relier le tout par un pont à la Villa Farnésine (p. 394), sur la rive droite. La mort l’en ayant empêché, les travaux furent achevés par Giac. délia Porta, qui construisit la loggia sur le derrière, du côté du Tibre. Ce palais passa par voie de succession entre les mains des rois de Naples qui le détiennent encore aujourd’hui en la personne du comte de Caserte (p. 111). Le gouvernement français l’a loué
Palais Spada.
ROME. II- Près du Tibre , r. g. 249
en 1874, pour y installer son ambassade près le roi d’Italie au 1er et l’Ecole de Rome au 2e (p. 161); les négociations entamées en vue de l’achat du palais n’ont pas abouti. Le portique à trois nefs du vestibule, et les deux étages d’arcades de la cour sont de Sangallo, qui, pour ces derniers, s’est inspiré du théâtre de Marcellus, tandis que l’étage supérieur, auparavant ouvert, et la belle corniche sont de Michel-Ange. La cour contient deux sarcophages antiques, dont celui de dr. provient, dit -on, du tombeau de Cæcilia Metella (p. 423). La galerie oblongue du 1er étage est décorée de belles fresques mythologiques par Agostino et Annibale Caracci et leurs élèves (fermée au public).
L’église S. Brigida (pl. II 14), sur l’emplacement de la maison qu’ habita cette fille d’un roi de Suède, Brigitte (1302-1373), qui y écrivit ses «Révélations» et fut canonisée en 1391, borde le côté N. -O. de la place Farnèse. — Derrière le palais, se trouve l’église Ste-Marie-de-la-Mort (pl. II 11 ; fermée), rotonde fondée en 1575 par la confrérie de la Bonne-Mort. Il y a dans la crypte des groupes de figures de cire relatifs à la mort, qu’on montre le 2 novembre. — Via Giulia, v. p. 250.
La via di Monserrato et son prolongement, la via de’ Bancbi Vecchi, mènent au N.-O., de la place Farnèse au pont St-Ange (p. 338). Dans la lr® à dr., le séminaire (p. 159) et la nouvelle église nationale des Anglais (1888), S. Tommaso di Canterbury (pl. II 11) ou degli Inglesi ; à l’intérieur, le tombeau du cardinal Bainbridge, archevêque d’York (m. 1514), d’un style imposant dans sa simplicité. — A g., S. Maria di Monserrato (pl. II 11; ouverte seulement dans la matinée), église nationale des Espagnols, avec un hospice, construite en 1495 par Ant. da Sangallo le V., mais modifiée plus tard. Elle a dans la lrc chap. de dr. un tableau d’Ann. Carrache et les cendres des papes Calixte III et Alexandre VI (Borgia); au pilier de dr. de la lro chap., à g., un ciboire de Luigi Capponi ; dans la 36 chap., une statue de St Jacques par J. Sansovino. Dans le cloître (entrée, via Giulia, 151), beaux monuments funéraires de la Renaissance, entre autres, dans une pièce attenante, celui du jurisconsulte espagnol Pedro Montoya et son buste, par le Bernin. — Dans la via de’ Bancni Vecchi, nos 22-24, l’anc. maison de l’orfèvre Giampietro Crivelli, bâtie en 1540 et richement décorée de stucs.
Le vicolo de’ Venti, au S.-E. de la place Farnèse, conduit à la place di Capo di Ferro, où se trouve, à dr., le
Palais Spada alla Regola (pl. II 14) à façade ornée de statues. Construit en 1540, sous Paul III, par le cardinal Capodiferro, sur le modèle d’une maison que Raphaël avait bâtie au Borgo Nuovo (p. 342) pour Giambattista Branconi dell’ Aquila, et qui n’existe plus, ce palais appartient aux Spada depuis 1640. Le 1er étage est occupé par les bureaux du Conseil d’Etat (Consiglio di Stato) ; la salle des séances renferme une statue colossale antique (dite de Pompée), et la galerie voisine, huit bas-reliefs dont les sujets sont empruntés à la mythologie grecque. On peut également visiter la bibliothèque (50 c. au portier). La colonnade qui relie les deux cours est de Borromini (1632); elle offre une curieuse perspective et fait paraître l’espace libre beaucoup plus grand qu’il ne l’est en réalité. La galerie de tableaux, qui possède plus de 200 n08, la plupart œuvres d’artistes bolonais des xvie et xvne s., n’est pas visible.
250 II. Près du Tibre, r. g. ROME.
Via Giulia.
En suivant la même direction, au delà de la place Capo di Eerro, on arrive à la petite place de’ Pellegrini (pl. II 14). A g., le Mont-de-Piété (pl. II 14), fondé en 1539 et installé ici depuis 1604 (entrée de l’autre côté). A dr., l’église de la Trinitè-des- Pèlerins (1641), dont le maître-autel est décoré d’une Trinité du Guide. L’hospice voisin est destiné aux convalescents et aux pèlerins.
La via de’ Pettinari (pl. II 14) conduit de la place de’ Pellegrini au pont Sisto ; v. p. 399.
Du pont Sisto, le Lungo Tevere Tebaldi remonte le fleuve ei^ 12 min. jusqu’au pont St-Ange en offrant de jolis coups d’œil sur la villa Farnésine et le Janicule. Un nouveau pont de pierre à trois arches, le Ponte Gianicolense (P. all’Armata, alla Lungara; pl. II 11) mène sur l’autre rive à la prison Regina Cœli et à la Lungara (p. 393). Plus loin au N., la passerelle en iil de fer mentionnée p. 248. Entre le pont Sisto et celui du Janicule (Gianicolense), derrière le palais Farnèse, commence la via Giulia (pl. II 14-11- 12) construite en majeure partie par le pape Jules II. On y remarque, à g., 1 e palais Falconieri , élevé par Borromini, à façade ornée de grands hermès baroques en forme de faucons. Dans la première rue de g., le vicolo di S. Eligio, se trouve S. Eligio degli Orefici (pl. II 11), petite église toute délabrée, jolie rotonde élevée en 1509 sur les plans de Raphaël et reconstruite dans les mêmes formes en 1601 (fermée; s’adresser via dell’ Armata, 118). Plus loin dans la via Giulia, du même côté, les Carceri Nuove , prison édifiée par Innocent X ; puis la petite église $. Biagio délia Pagnotta (p. 157) et, au n° 66, le palais Sacchetti (pl. II 12), bâti par Ant. da Sangallo le Jeune pour son propre usage, en 1543. Au rezde-chaussée des maisons de g., murs de construction rustique qui devaient servir de fondements à un palais de justice que Jules II se proposait d’édifier d’après les plans de Bramante, mais qu’il abandonna peu après sa mise en œuvre. — Au bout de la via Giulia, à g., St- Jean-des- Florentins (p. 247).
Une des principales rues traversant le cours Victor-Emmanuel est la via di Torre Argentina, mentionnée p. 243 (pl. 1115-18-14), qui commence au N. au Panthéon (p. 233) et se prolonge au S. par la via Arenula jusqu’au pont Garibaldi (p. 399). En la suivant au S. à partir du cours Victor-Emmanuel, on passe devant le théâtre Argentina (p. 158) et le monument de l’auteur dramatique Pietro Cossa (1834-1881) pour arriver à la place Benedetto Cairoli (pl. II 14), square d’où la via de ’ Giubbonari mène à dr. au Campo di Fiore (p. 248) et la via del Pianto (p. 252), à g., au portique d’Octavie et au théâtre de Marcellus (p. 253).
L’église S. Carlo ai Catinari (pl. II 14) qui borde le côté N. de la place Benedetto Cairoli, a été construite en 1612 par Rosati en l’honneur de St Charles Borromée. Elle est en forme de croix
Palais Mattéi.
ROME. II- Près du Tibre , r. g. 251
grecque et à dôme ; la façade est de G. B. Soria. Aux pendentifs de la coupole, les quatre Vertus cardinales, peintes par le Dorniniquin. Au maître-autel, St Charles Borromée à la procession pour les pestiférés, à Milan, par Pietro da Cortona.
L’étroite via de’ Falegnami, dans l’angle N.-E. de la place, conduit à la petite place Mattéi (pl. II 17), où est la plus élégante des fontaines de Rome, la ^fontaine des Tortues (Fontana delle Tartarughe) par Taddeo Landini (1585), ornée d’un joli groupe en bronze, représentant quatre adolescents qui, le pied appuyé sur des dauphins, poussent des tortues (tartarughe) sur la margelle de marbre du bassin. Le modèle, qui en a été jadis attribué à Raphaël, et plus tard à Giac. délia Porta, est dû probablement à un artiste florentin de l’école de Jean Bologne.
A g. est le palais Mattéi (pl. II 17) formant à l’origine un vaste pâté de bâtiments compris entre S. Caterina de’ Funari et la via Paganica. La plus belle partie, qui a son entrée principale dans la via de’ Funari, 31, et une entrée latérale au 32, est une des meilleures œuvres de Carlo Maderna (1616).
Un grand nombre de bas-reliefs antiques sont enchâssés dans les murs des corridors et de la cour: dans celle-ci, à dr., Mars et Rhéa Silvia, Apollon et les Muses; à g., le Sanglier de Calydon et l’Enlèvement de Proserpine; dans le vestibule, le Sacrifice de Mithra, Apollon et les Muses, un Cortège bachique. Tous ces bas-reliefs proviennent de sarcophages. Les statues, en partie fortement restaurées, dans, la cour et les niches des escaliers, sont d’une valeur secondaire; par contre, on remarquera les ornements en stuc des plafonds des escaliers.
En face, à dr. (n° 10), le palais Costaguti , édifié en 1570 par Carlo Lombardo ; au 1er étage, remarquable plafond peint à fresque par l’école des Carrache, l’Albane, le Dominiquin, le Guerchin, Lanfranco et autres (visite sur demande, pourb.).
Plus loin, à g., l’église S. Caterina de' Funari (pl. II 17), construite de 1549 à 1563 par Giacomo délia Porta à l’intérieur de l’ancien cirque Flaminien, avec une façade imitée de l’antique dans le style de Vignole et une tour baroque. Elle doit son nom aux cordiers qui, au moyen âge, avaient leurs ateliers dans l’enceinte du cirque.
Tout droit, le palais Ascarelli (pl. II 17), d’où l’on va à g., par la via Delfini, à la via d’Aracœli (p. 220) et à dr. à la place Campitelli. Là se trouve, à dr., Ste- Marie in Campitelli (pl. II 17), construite de 1655 à 1667 par C. Rainaldi , sous Alexandre VII, à la place d’une église plus ancienne, pour y placer une Vierge miraculeuse à laquelle on attribuait la cessation de la peste de 1656. La pittoresque façade est décorée de nombreuses colonnes et ressauts.
L’architecte a tiré un très bon parti de l’irrégularité de l’emplacement, plus étroit dans le fond et a réussi à créer un admirable effet de perspective en construisant une sorte de transept intermédiaire qui en fait supposer un second, plus grand, derrière les belles colonnes fortement en saillie. — Le tabernacle du maître-autel renferme la Vierge déjà
252 H* Près du Tibre, r. g. ROME. Portique d'Octavie.
mentionnée. Dans la 2« cbap. à dr., la Descente du St-Esprit, par Luca Oiordano ; dans la lr« à g., deux tombeaux baroques de la famille priucière des Altieri, du xvn<> s., celui de dr. portant pour inscription «Timbra» et celui de g. «Nihil». Dans le bras ar. du transept, tombeau du cardinal Pacca, par Pettrich.
La via di T or de ’ Specchi conduit de l’extrémité S.-E. de la place Campitelli, à g., en passant gu pied du Capitole, à la place d’Aracœli (p. 256), tandis que la via Montanara mène à dr. à la place du même nom (p. 253).
La via del Pianto (p. 250) et la via dei Calderari partent toutes deux de la place Benedetto Cairoli (p. 250) vers le S.-E. Près de la dernière à g., restes d’arcades et de piliers romains, appelés à tort Crypta Balbi, mais provenant probablement du portique Minucia, érigé l’an 110 av. J.-C. par le consul M. Minucius. A dr., le palais Cenci-Bolognetti (pl. II 14), connu par l’histoire tragique de la malheureuse Béatrice Cenci exécutée en 1599 (p. 179) pour avoir, de connivence avec ses frères, assassiné son propre père, à qui sa beauté avait inspiré une passion infâme. Le palais s’élève sur le Monte dei Cenci , éminence composée des débris du théâtre de Balbus, construit l’an 13 av. J.-C. A l’E. se trouvait l’anc. Ghetto (pl. II 17-16), rasé en 1887 et rebâti seulement en partie. Dans l’antiquité et au moyen âge, les juifs habitaient le Transtevère; en 1556, Paul IV leur assigna ce quartier, hors duquel il leur fut défendu de s’établir jusqu’à la fin du pouvoir temporel des papes. La nouvelle synagogue construite en 1904 par Costa et Armanni dans l’angle S.-E., près du pont Eabricius (p. 253), a une coupole visible de très loin.
Le prolongement de la via del Pianto (v. ci-dessus), qui s’étend le long du côté N. de l’anc. ghetto, porte le nom de via del Portico d’Ottavia (pl. II 17-14). A g., la Casa di Lorenzo Manlio, curieuse maison particulière bâtie de fragments antiques, vers l’année 1510, pour le compte de Laurentius Manlius, secrétaire du sénat romain; la façade porte une longue inscription.
Au bout de la même rue à g., le *portique d’Octavie (pl. II 17), érigé par Auguste à la place d’un édifice du même genre construit par Metellus (149 av. J.-C.) et consacré à la mémoire de sa sœur. Il fut rebâti en 203 apr. J.-C. après un incendie par Septime-Sévère et Caracalla, comme le dit l’inscription. L’entrée principale était formée par une double rangée de huit colonnes corinthiennes, dont il subsiste deux de l’extérieur et trois de l’intérieur. A dr. et à g. étaient deux rangs de 14 colonnes, tandis que les côtés plus longs en avaient au moins 40. Le portique avait en tout env. 300 colonnes et formait une enceinte oblongue où étaient les temples de Jupiter et de Junon. Il était orné d’une quantité d’œuvres d’art remarquables provenant du butin rapporté (le Macédoine. Le pape Etienne III bâtit dans les ruines, en 770, l’église S. Anÿelo in Pescheria, où, de 1584 à Pie IX, les juifs
Théâtre de Marcellus.
ROME. II. Près- du Tibre, r. g. 253
devaient entendre un sermon le jour du sabbat. C’est de ce portique que Cola di Rienzo partit pour monter au Capitole en 1347 (v. p. XXXVIl).
Plus loin au S.-E., via del Teatro di Marcello, à dr., les restes du * théâtre de Marcellus (pl. II 16), commencé par César et achevé par Auguste l’an 13 av. J.-C. ; il porte le nom de son neveu, fils d’Octavie. La scène était du côté du Tibre et le théâtre pouvait contenir 13000 à 14000 spectateurs. Il existe encore douze arcades de l’enceinte extérieure, où des artisans ont établi leurs ateliers. Le bas, dont une partie est ensevelie sous les décombres, est du style dorique, le second étage du style ionique, et il était probablement surmonté, comme au Colisée, d’un étage du style corinthien.
A l’intérieur (inaccessible) s’élève sur un amas de décombres 1 e palais Orsini qui, depuis 1903, est la propriété de la caisse d’épargne (p. 218). On voit encore les restes considérables des deux étages a’arcades superposées et des soubassements des gradins.
La via del Teatro di Marcello débouche sur la place Montanara (pl. II 16), petite place animée, où l’on voit surtout le dimanche beaucoup de Campagnoles. Omnibus pour la place de Venise, etc., v. l’appendice, p. 5, n° 5.
Dans la via Bocca della Verità, qui part de cet endroit, au S., sur une petite place à dr., l’église St-Nicolas in Carcere (pl. II 16). Elle a à l’extérieur et à l’intérieur des colonnes antiques provenant de trois temples qui se trouvaient l’un à côté de l’autre sur cet emplacement même appelé Forum Holitorium ; l’un d’eux était celui de Junon Libératrice (Sospita), un autre celui de l’Espérance, le troisième celui de Janus. On peut descendre dans les fondations: 50 c. au sacristain, qui fait la conduite avec de la lumière.
Plus loin, la place Bocca della Verità et Ste-Marie in Cos medin (v. p. 306).
Le pont Fabricius (pl. II 16), au S. -O. du théâtre de Marcellus, nommé à partir du moyen âge Ponte de ’ Quattro Capi, à cause des herniés à quatre têtes qui décorent les parapets est maintenant le plus vieux de Rome. Selon une inscription, il a été construit l’an 62 av. J.-C. par L. Fabricius.
Il conduit à l’île du Tibre ( Isola Tiberina; pl. II 16) consacrée à Esculape dans l’antiquité. La bordure de travertin qui l’entourait, et dont on voit encore une partie à l’extrémité S., portant en relief le buste du demi-dieu et un serpent, donnait à l’île la forme d’un vaisseau , le mât étant figuré par un obélisque. On raconte qu’en 291 av. J.-C., lors d’une peste qui ravageait le pays, les Romains envoyèrent chercher à Epidaure l’un des serpents consacrés à la divinité, et qu’à l’arrivée du vaisseau il s’échappa à la nage dans l’île.
Bædeker. Italie centrale. 14e édition.
254 H- Près du Tibre , r. g. ROME.
Ile dti Tibre.
L’église St-Barthélemy (S. Bartolomeo)y bâtie vers l’an 1000 par l’empereur Othon III en l’honneur de St Adalbert de Gnesen, occupe puct-être l’emplacement de l’anc. temple d’Esculape sur une petite plaee de l’île. C’est à tort qu’elle porte son nom, car l’empereur reçut de Bénévent, au lieu des ossements de cet apôtre qu’il avait demandés, ceux de St Paulin de Noie. La façade, de 1625, est de Martino Lunghi le Jeune. On voit à l’intérieur 14 colonnes antiques, et des restes d’une ancienne mosaïque dans le chœur. Au milieu de l’escalier qui monte au sanctuaire est l’ouverture d’un ancien puits, orné de sculptures du xne s.
L’île St-Barthélemy était jadis reliée à la rive dr. par le pont Cestius ou Gratien, construit probablement peu de temps après le pont Fabricius et restauré sous le règne des empereurs Valentinien et Gratien. Ce pont, dit maintenant Ponte Cestio ou pont St- Barthélemy (pl. II 16), a été complètement refait de 1887 à 1890 en utilisant les anciens matériaux et on l’a rallongé d’une arche de chaque côté.
Sur la rive dr., on arrive au bout de quelques pas à la via délia LungaHna (p. 402).