Capitole
place du Capitole, qui servait alors de marché. Le palais des Conservateurs, c.-à-d., du conseil municipal (p. 259), est du XVe s. et la place a pris sa forme actuelle durant les xvie et XVIIe s.
De la place d’Aracœli (pl. II 17), où l’on arrive de la place de Venise en longeant à l’O. les soubassements du monument de Victor- Emmanuel (p. 219), ou du cours Victor-Emmanuel par la via d’Aracœli (p. 220 et 243), il y a trois montées pour arriver sur le mont Capitolin : au milieu, la montée prin dp ale pour les piétons (p. 257) ; — à g., l 'escalier de 1348, à 124 marches, la seule construction publique de Rome du temps de l’exil des papes à Avignon, qui conduit au grand portail, ordinairement fermé, de l’église Ste-Maried’Aracœli; — à dr., la via delle Tre Pile, rendue praticable aux voitures en 1873, où l’on a découvert, à g. en montant (grille), des restes de l’enceinte de Servius (p. xxix) qui entourait la colline du côté du Champ-de-Mars. Cette rue passe devant la grille du palais Caffarelli, construit vers 1580 et occupé actuellement par l’ambassade d’Allemagne; dans la salle du trône, au 2e (entrée, les lundi, mercr. et vendr. de 11 h. à midi), peintures murales représentant des scènes empruntées à la mythologie du Nord par Hermann Prell (1898). — La montée principale, aussi bien que la via delle Tre Pile, débouchent sur la piazza del Campidoglio (p. 258).
*Ste-Marie-d’Aracœli (S. M. in Aracœli ; pl. II 20) remonte à une époque très ancienne. Mentionnée au vme s. sous le nom de S. Maria de Capitolio , elle a été bâtie sur les ruines du temple de Junon Moneta et doit sa dénomination actuelle, qu’elle porte depuis le XIIe s., à l’inscription qu’on lit sur une des colonnes de la grande nef. C’est ici en effet que la légende place l’endroit, la «caméra Octaviani », où l’empereur Auguste, dont le sénat voulait faire l’apothéose, reçut de la sibylle de Tibur la révélation de l’avèneinent du christianisme. Cette église était sous le patronat du sénat romain; Léon X en fit un titre de cardinal. Sa façade est inachevée.
On entre ordinairement par la place du Capitole, en montant l’escalier à l’E. du musée du Capitole et en tournant à g., au premier palier. Au-dessus de la porte, la Vierge entre deux anges, mosaïque de la fin du xme s.
L’intérieur, à trois nefs, a été modifié par des constructions postérieures. La grande nef a vingt-deux colonnes antiques, pour la plupart en granit et’variant de style, de grosseur et de hauteur; sur la 3e à g., empruntée à un édifice impérial, se lit l’inscription antique: A cubiculo Augustorum. Le riche plafond de la nef a été fait en souvenir de la victoire de Lépante (p. 230).
A l’entrée principale : à dr., le tombeau de l’astronome Ludovic (xrato, de 1531, la figure du Christ par A. Sansovino (f); à g., le beau monument du cardinal d’Albret (Librettus),par Andrea Br egno (1465), couvert de couleurs en partie conservées, et la pierre tumulaire fort usée, à bas-relief par Donatello, de l’archidiacre Griov.
Stc-Marie-d'Aracœli.
ROME
Crivelli (m. 1432). — Bas côté de di\, lre chap., des Bufalini: *le Pinturicchio, fresques représentant l’histoire de St Bernardin de Sienne, peintes vers 1484 et restaurées par Camuccini. Remarquer aussi les ornements de la voûte. — Bas côté de g. On place à Noël dans la 2e chap. une ci'èche (presepe), c.-à-d. une représentation de grandeur naturelle de l’enfant Jésus dans la crèche, éclairé de verres de couleur et couvert de riches vêtements, «il Santo Bambino», objet d’une grande dévotion. Du 25 déc. au 6 janv., des enfants de 5 à 10 ans lui adressent, de 3 à 4 h. du soir, des discours appris par cœur, mais débités néanmoins d’une façon très naïve. Près du pilier entre la 2e et la 3e chap. de g. se trouve une statue colossale de Paul III; en face, dans le bas côté de dr., celle de Grégoire XIII. — 3e chap. à g.: Tombeau style renaissance d’Ant. Albertoni (m. 1509) et fresque (St Antoine) par Benozzo Gozzoli (voilée). — 5e chap. à g.: Beau tombeau style renaissance du médecin Fil. délia Yalle (m. 1494), par Michèle Marini (?).
Dans le transept, à g. et à dr., aux piliers de la grande nef, se trouvent deux *ambons provenant de l’ancien chœur, exécutés par Laurentius et Jacobus Cosmas (vers 1200). La chapelle de dr. contient des tombeaux remarquables des Savelli, des xme et xive s. : à dr., celüi du pape Honorius IV ; à g., celui de son père et de plusieurs de ses parents (sarcophage antique). — Dans le bras g. (N) du transept, la Chapelle Sainte ou ch. Ste-Hélène, baldaquin supporté par huit colonnes en «broccatellone», brèche de marbre. Les restes de la sainte reposent, dit-on, dans une cuve antique de porphyre sous l’autel, restauré en 1833. Cet autel en renferme un autre plus ancien, qui aurait été érigé par Auguste (v. p. 256) avec l’inscription «Ara primogeniti dei». A l’extrémité du transept, le tombeau de Mathieu d’Acquasparta, général des franciscains mort en 1302, mentionné par Dante (Parad. xii, 124); à g., une statue colossale de Léon X par Aimo da Vairano; à côté, dans le pavé, la pierre tombale de Felice de’ Fredi qui, en 1506, découvrit dans sa vigne le groupe de Lao'coon (v. p. 380).
Dans le chœur, à g., le beau monument de Giov. Batt. Savelli (m. 1498), de l’atelier d 'Andrea Bregno. Sur le maître-autel, où se voit auj. une vieille image de la Vierge, attribuée à St Luc, s’est trouvée, de 1512 à 1565, la Madone de Foligno par Raphaël (p. 370); le donateur, Sigismond Conti, de Foligno, est enterré dans le chœur.
Le couvent de franciscains qui touchait à l’église a été démoli en grande partie en 1888, pour faire place au monument de Victor -Emmanuel II (p. 219).
La montée du milieu, de la place d’Aracœli à celle du Capitole, est un escalier à cordons (Cordonata), au bas duquel on a placé des reproductions des lions égyptiens mentionnés p. 259; en haut, les Dioscures, avec leurs chevaux, trouvés près du théâtre de Balbus,
258 III- Rome antique.
ROME