Forum Romain
mant l’édit de fondation du haut des Rostres. Au fond: un are sur lequel on ne sait rien de précis ; la Curie, avec cinq colonnes corinthiennes (au lieu de six), la voie Sacrée, la basilique Æmilia, un figuier sacré et la statue de Marsyas (p. 277), décors qui caractérisent le côté N.-E. du Forum. — Le second bas-relief représente l’empereur faisant grâce au peuple du reste des droits de succession, en brûlant les registres qui les concernaient. Au fond, les côtés O. et S. du Forum: temple de la Concorde, avec six colonnes corinthiennes ; arcade du Tabularium, temple de Saturne, avec huit colonnes ioniques, basilique Julia, Marsyas et le figuier. Sur les revers (auparavant à l’extérieur), un sanglier, un bélier et un taureau, animaux qu’on immolait dans le sacrifice public appelé «suovetaurilia» et que l’on promenait d’abord autour des édifices qu’il s’agissait de purifier (lustratio).
Près des Anaglypha se trouve un escalier de bois qu’on descend pour parvenir à un groupe de monuments d’une haute antiquité, qui se trouvent à env. 1 m. 50 au-dessous du niveau de l’époque de l’Empire. A côté de deux piédestaux qui, au dire d’anciens écrivains, portaient deux lions couchés, on voit le tronçon d’une colonne ronde de tuf jaunâtre et derrière, une stèle carrée datant peut-être du vie s. av. J.-C., recouverte de tous côtés de fragments d’inscriptions dont le latin est le plus vieux que l’on connaisse. Déjà du temps de Cicéron, alors que l’inscription était incompréhensible à la plupart, les Romains croyaient que ces monuments représentaient le tombeau de Romulus ou de son père nourricier, le berger Faustulus. Sous les règnes de César et d’Auguste, quand on procéda à la grande régularisation du Forum, ils disparurent sous les décombres et furent en partie détruits. Le pavé de marbre noir (lapis niger) qui les recouvre semble avoir été sous les empereurs postérieurs placé là pour en rappeler le souvenir. Au delà du «tombeau de Romulus» s’élève
l’ *arc de triomphe de Septime-Sévère. Cet arc en marbre, de 23 m. de haut sur 25 m. de large, fut érigé l’an 203 apr. J.-C. à cet empereur et à ses fils Caracalla et Géta, en mémoire de leurs victoires remportées sur les Parthes, les Arabes et les Adiabènes; il était surmonté de la statue de Sévère, couronné par la Victoire, sur un char à six chevaux. Les lettres de l’inscription furent dans le principe recouvertes de métal. Caracalla fit enlever plus tard la partie relative à son frère, qu’il avait assassiné, et la remplaça par les mots «au père de la Patrie, aux meilleurs et aux plus braves des princes», désignant Caracalla lui-même et son père.
Au-dessus des arcades, des Victoires; sur les faces latérales,, des scènes des guerres de l’empereur; aux socles des colonnes, des Barbares captifs. Le tout fait preuve de la décadence de l’art. Au moyen âge, cet arc servit de forteresse aux grands de Rome et resta presque enseveli sous les décombres jusqu’en 1803, époque à laquelle Pic VII l’a fait dégager.
Comme d’autres arcs de triomphe, celui de Septime-Sévère n’était accessible dans l’antiquité que par quelques marches devant lesquelles, à l’occasion d’un cortège ou d’un triomphe, on pratiquait un passage sons l’arcade centrale, par le moyen d’un remblai ou d’un plancher. Le sol du Forum paraît avoir été d’autre part considé-
WÊÊm
et Colisée.
ROME