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XL11I

Empereurs d’All. et

Papes

rois de France

Grégoire XV

(Alexandre Ludo visi).

Urbain VIII

(Maffeo Barberini) .

Ferdinand III.

[Louis XIV, r.d.

Fr., 1643-1715]

Innocent X

(Jean-Baptiste

Pamphili).

Alexandre VII

(FabioChigi, de Sienne).

Léopold Ier.

Clément IX (JulesRospigliosi).

Clément X

(Emile Altieri).

Innocent XI

(Benoît Odescalchi).

Alexandre VIII

(Pierre Ottobuoni).

Innocent XII

(Antoine Pignatelli).

Clément XI

(Jean-François

Albani).

Joseph Iw.

Charles VI.

[Louis XV, r. d.

Fr., 1715-1774]

Innocent XIII

(Michel-Ange de Conti).

Benoît XIII

(Vinc. -Marie Orsini).

Clément XII

(Laurent Corsini).

Benoît XIV

(Prospère Lambertini).

Charles VII

de Bavière.

François Ier.

Clément XIII

(Charles Rezzonico, deVenise).

iS ! d’All

! d’All., rois j de Fr. et d’Ital.

1765 Joseph II.

[Louis XVI, r.

d. Fr., 1774-92]

Léopold II.

François II.

lre République française.

Napoléon Ier.

Louis XVIII.

Charles X.

Louis-Philippe.

2« République française.

Napoléon III.

8« République française.

Clément XIV (Jean-Ant.Ganganelli, de Rimini).

Pie VI (Jean- Ange Braschi).

Pie VII (Grégoire-Barnabé Chiaramonti, de Césène).

LéonXII(Annib.

délia Genga, de Spolète).

Pie VIII (Franç.- Xav. Castiglioni, de Cingoli).

Grégoire XVI (Mauro Capellari, de Bellune).

Pie IX (Jean- Marie Mastaï- Feretti, deSenigallia, m. le 7 févr. 1878).

Victor-Emmanuel II à Rome.

Humbert Ier.

Victor-Emmanuel III.

Léon XIII (Joachim Pecci, do Carpineto, m. le 20 juill. 1903).

Pie X (Giuseppe Sarto, de Riese, né le 2 juin 1835, pape le 4 août 1903).

Xn. L’ART ANTIQUE.

Le voyageur qui veut faire plus que parcourir les musées de Rome et en admirer vaguement les trésors, ne doit pas oublier qu’il se trouve dans la capitale du monde ancien. Les plus belles statues du musée du Vatican et des antres galeries de cette ville ne sont pas des œuvres propres à Rome, nées sur son sol, comme, par exemple, les fresques de Fra Angelico dans les cellules du couvent de St-Marc à Florence, ou les fresques de Raphaël dans les loges et les chambres du Vatican et à la Farnésine ou celles de Michel- Ange dans la chapelle Sixtine. Les premières sont toutes florentines, les autres toutes romaines; elles sont inséparables des lieux où elles se trouvent, auxquels elles ont été adaptées, après un travail long et consciencieux, par les artistes qui les ont conçues ou par des élèves. Les antiques qui excitent le plus l’admiration, au contraire, sont et ont toujours été à Rome comme les tableaux des maîtres italiens dans les galeries de Paris, de Londres, de St-Pétersbourg et de Dresde. Rome a exercé aussi peu d’influence sur l’art antique à l’époque où il florissait, que Londres sur l’art en Italie du temps de la Renaissance. De nos jours, on peut bien plus facilement et bien mieux qu’à Rome étudier en Grèce ou à Londres le caractère général des différentes époques dans lesquelles l’art grec a pris naissance, s’est développé, a fleuri et est arrivé à son terme. Seule, l’époque où l’art grec s’est fait le serviteur de Rome et est devenu romain en quelque sorte, donne une idée d’ensemble et de continu. Celui qui veut étudier l’antique à Rome, cherchera avant tout, du moins au commencement de ses études, ce qui est purement grec. Il n’y trouvera pas à la vérité, comme nous venons de le dire, une représentation d’ensemble des grandes époques de l’art grec, mais pourra cependant s’en faire une idée exacte par l’étude des nombreuses œuvres d’art que renferment les musées de Rome et qui, aujourd’hui encore, passent pour les meilleures qu’ait créées le génie grec. Sans Rome, la cité maîtresse du monde qui a recueilli et réuni dans son sein tous les éléments de l’antique civilisation, des époques entières de l’art grec, la célébrité de ses grands artistes, auraient été pour nous incompréhensibles et leurs noms nous seraient restés indifférents ou inconnus.

Même dans ses commencements, Rome n’a été à aucune époque complètement indépendante de la Grèce sous le rapport de la civilisation et des arts. Cependant cette influence a été tout d’abord peu sensible et ne s’est fait sentir qu’indirectement. Les auteurs romains disent eux-mêmes que, dans les premiers siècles de la ville, toutes les manifestations artistiques provenaient exclusivement des Etrusques ou avaient été influencées par eux, bien que les artistes grecs et leurs œuvres d’art y fussent déjà connus. C’est après la prise de Syracuse en 212 av. J.-C. qu’eut lieu la première grande

L'art antique.

INTRODUCTION

importation d’œuvres grecques. A ce moment, dit Plutarque, les yeux des Romains se dessillèrent et ils comprirent ce qu’était la beauté de l’art grec. Dès lors, chaque nouvelle victoire des légions amena à Rome de nouvelles dépouilles; Capoue et Tarente, la Macédoine et Erétrie, l’Asie, Corinthe et Athènes durent livrer leurs trésors ; des villes entières furent livrées au pillage ; en 167 av. J.-C., soixante-dix d’entre elles virent leurs richesses transportées à Rome et deux cent soixante-dix chars pleins de statues et de tableaux accompagnèrent le triomphe de Paul-Emile à travers les rues de la capitale. Tous ces trophées qui n’avaient été d’abord que des preuves de la victoire furent peu à peu appréciés pour eux-mêmes, et tous ceux qui affichaient des prétentions artistiques ou littéraires ne reculaient devant aucun moyen, même la ruse et la violence, pour se procurer, soit pour de l’argent, soit par des échanges des œuvres d’art propres à orner leurs palais, leurs bibliothèques ou leurs maisons de campagne. L’amour des arts, l’enthousiasme, le luxe, la mode se donnèrent la main pour faire hausser; comme de nos jours, à des prix exorbitants les œuvres de maîtres célèbres. Sous les empereurs, la Grèce resta le grenier artistique de Rome ; Auguste y fit transporter un grand nombre de chefs-d’œuvre, Caligula n’en fit pas moins, Néron les dépassa encore. C’est ainsi que toutes les écoles trouvent à Rome leurs représentants, chefs-d’œuvre et œuvres médiocres, originaux de la main des premiers artistes et copies de fabrique. Au commencement, le hasard seul avait guidé le choix ou plutôt l’accaparement; on donnait la préférence à ce qui flattait les yeux, au brillant, au précieux ; mais peu à peu le goût se forma et on apprit à estimer les œuvres d’art pour ellesmêmes. Toutefois, on négligea les objets antiques et de peu d’apparence auxquels ne se rattachait pas le charme d’une anecdote ou d’un événement historique. Par contre, ce que les autres possédaient était l’objet de toutes les convoitises, on en désirait, sinon l’original, du moins la copie, de la même grandeur, si possible. Par là s’explique le fait que nous avons encore aujourd’hui des douzaines de reproductions de statues particulièrement appréciées; les statues de bronze, très coûteuses par leur matière première, ont entre autres fourni de nombreuses copies exécutées en marbre, qui est d’un prix bien plus abordable. Toutes ces copies sont naturellement d’une valeur bien différente et d’une exécution souvent grossière.

Quelles vicissitudes l’art grec n’a-t-il pas traversées avant d’être connu des Romains et de leur être familier!

Déjà du temps des Tyrans, de Polycrate à Samos, de Pisistrate et de ses fils à Athènes, la production artistique grecque était riche et importante. A l’époque des guerres médiques, l 'art archaïque prit un élan magnifique; loin de l’entraver, l’activité guerrière, la soif des exploits militaires l’ont plutôt vivifié. Nous sommes par-

XLYI

INTRODUCTION

L'art grec.

ticulièrement bien renseignés, pour les œuvres qui se sont conservées, sur la période florissante des sculpteurs d 'Egine et des artistes qui ont été occupés à la décoration du temple de Jupiter à Olympie. Rome possède un certain nombre d’originaux et de copies de ces temps reculés, mais il faut les chercher dans la niasse dominante des productions des époques postérieures. Le spécimen le plus célèbre que nous connaissions est le Tireur d’épine (p. 266), jeune garçon qui s’arrache une épine du pied. Bien que cette belle figure en bronze, conservée au Capitole, ne réponde pas entièrement à l’idéal de l’art grec, tel qu’on se le représentait et qu’on se le représente encore parfois aujourd’hui, on ne se sent pas moins attiré et charmé, pour peu qu’on prenne la peine de la contempler avec loisir. Ce jeune garçon, au corps sain et élancé, est tellement absorbé dans son occupation, ses mouvements sont si simples et si naturels, le modelé du torse est si irréprochable, les lignes du corps sont si vraies et si pures, la physionomie dans son antique concentration est si expressive, tout l’ensemble dans son exécution dégage un si vif parfum de sens artistique et de naturalisme archaïque, qu’on ne peut qu’admirer sans réserve. En effet, les grands artistes de tous les temps ont vivement ressenti le charme de cette figure et ont été séduits par la belle facture de l’œuvre, aussi les reproductions en ont-elles été fréquentes tant dans l’antiquité qu’à l’époque de la Renaissance. Brunellesco n’a pas dédaigné d’en utiliser le sujet dans son bas-relief représentant le sacrifice d’Isaac au Bargello à Florence. Il est de toute évidence que ce bronze a une certaine parenté avec les sculptures du temple de Jupiter à Olympie, cependant on n’a pas encore réussi à lui assigner une date précise et la sagacité des archéologues ne sait à quelle école ni à quel maître l’attribuer. On a pourtant émis l’opinion que l’auteur en est le sculpteur Pythagoras dont l’activité artistique s’est manifestée dans la première moitié du ve s. av. J.-C.

Il semble que l’Athénien Phidias, particulièrement célèbre par ses statues colossales des dieux, Jupiter à Olympie, Minerve au Parthénon, ait clos la série des maîtres de l’école archaïque. Myron, un des plus grands artistes qui aient jamais vécu, brisa la barrière qui entravait la liberté de l’art. Une de ses œuvres les plus populaires, est sa Génisse que tous les savants de l’antiquité ont vantée, sans nous dire en quoi consistait sa beauté. Nous sommes mieux renseignés sur son Discobole représenté au moment où, le corps ramassé sur lui-même, il est sur le point de jeter le disque, comme une flèche se détachant de l’arc (p. 375). Nous connaissons également son groupe de Marsyas et Minerve, pour lequel il a choisi l’instant où Marsyas, ayant saisi la flûte rejetée par la déesse et jouant de l’instrument en dansant, recule plein d’effroi et de surprise, lorsque Minerve, apparaissant subitement, le lui fait tomber de la main (p. 330). D’autres statues, à l’attitude calme,

L'art grec.

INTRODUCTION

comme l’original du Bacchus de Tivoli, actuellement au musée des Thermes (p. 184), peuvent être rangées au nombre des créations de la période myronienne, de même que plusieurs bas-reliefs qui, comme celle-ci, ont précédé immédiatement les sculptures du Parthénon ou en sont contemporains. Citons entre autres, parmi les œuvres d’art de la villa Albani, la copie antique du magnifique basrelief qui a Orphée pour sujet (p. 413) et le superbe groupe de combattants (p. 413), du meilleur style attique, qui a de nombreux points de ressemblance avec les métopes du Parthénon, mais leur est de beaucoup supérieure en exécution. Le Discobole de la salle du Bige au Vatican, qui entre en lice pour lancer le disque, est particulièrement caractéristique comme représentant de l’école athénienne. Les nombreuses statues d’ Amazones qu’on rencontre dans les musées de Rome, souvent, il est vrai, comme mauvaises répliques, nous montrent la période myronienne intimément liée à la suivante. Le type primitif est celui d’une Amazone qui, blessée, se retire du combat en se traînant péniblement et en s’appuyant de la main droite sur sa lance (p. 261). Le type suivant, créé par Polyclète, représente l’Amazone en marche, mais épuisée et vaincue, dans une attitude calme, le bras reposant sur la tête (p. 384). L’artiste a sans doute connu l’Amazone attique, tandis que le type appelé Amazone de Mattéi (p. 378), dont la pose n’est pas encore suffisamment expliquée, est une transformation du second type. Polyclète semble avoir joui d’une grande popularité auprès des Romains; il était l’illustre chef des sculpteurs de V école d’Argos qui florissait dans la seconde moitié du ve s. ; son enseignement était hautement apprécié et les règles sur l’attitude des figures et la proportion des lignes qu’il pratiquait dans son art et qu’il prescrivait à ses élèves ont été généralement adoptées. Son Doryphore (p. 385), surnommé le «Canon» (règle), passait pour une statue modèle. Le Diadumène, qui en était en quelque sorte le pendant, représentait un jeune homme se ceignant le front d’un bandeau (p. 381). Le premier, dans la pose d’un marcheur, tient le pied gauche un peu en arrière, la tête légèrement tournée de côté et exprimant l’attention, le bras droit abaissé, la main gauche soutenant la lance qui repose sur l’épaule. Le Diadumène a aussi les pieds dans la même position, la tête aussi est tournée de côté, mais penchée et plus animée dans son expression; les deux bras sont levés plus haut, les avant-bras ramenés vers la tête que le jeune homme ceint d’un bandeau. Ces deux statues sont belles et bien proportionnées, mais les formes sont moins sveltes, moins élancées que celles qu’on retrouve dans l’époque postérieure. On comprend donc que les critiques du temps leur aient reproché une certaine lourdeur et qu’ils aient blâmé la monotonie que Polyclète donnait à ses statues qui toutes ont la même attitude de marche dont il passait pour l’inventeur. Cette attitude identique dans le Doryphore, le

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