‹ Italie centrale, RomeChapitre 209 sur 321 · IV. Rive dr · texte numérisé non relu

IV. Rive dr

(à dr., l’architecte Giov. de’Dolci tenant une équerre ; p. 356). 6, Cos. Rosselli, la Cène. — Fresques du mur E. : la Résurrection, originairement peinte par D. Ghirlandaio , et l’archange Michel protégeant le corps de Moïse, par Salviati, repeintes par Arrigo Fiammingo et Matteo da Lecce sous Grégoire XIII. Aux piliers, entre les fenêtres, vingt-quatre portraits de papes, par Fra Diamante, Ghirlandaio, Botticelli et Rosselli.

Le **plàfond (p. Lxvm), qu’on peut examiner plus commodément avec les miroirs offerts par le gardien (pourb.), a été commencé par Michel-Ange le 10 mai 1508 et achevé le 31 oct. 1512. Ce plafond est-il la plus grande et la plus hardie des créations de l’art moderne, ou bien sont-ce les chambres de Raphaël? C’est là un point sur lequel on soutient depuis longtemps le pour et le contre. Le plafond a l’avantage d’être une œuvre dans laquelle il y a de l’unité, de former un tout, ce qui est d’autant plus étonnant que le sujet fut définitivement fixé après coup. Dans le. principe, la décoration ne devait comprendre que les douze apôtres. Michel-Ange, sentant que c’était trop peu, décida le pape à la compléter. Alors, pour réunir ses différentes compositions, l’artiste imagina un ensemble architectonique de colonnes, de piliers, de corniches, imitant le bronze et le marbre, qui sort des murs, s’élève vers la voûte (voûte à miroir) et y forme neuf champs, petits et grands. Des figures aux couleurs naturelles ou couleur de bronze, placées partout en saillie sur ces diverses parties architectoniques, donnent au fond une grande légèreté et forment un cadre idéal, qui fait admirablement ressortir les compositions du milieu. C’est ici qu’on comprend vraiment l’imagination grandiose de l’artiste; elle forme le noyau de l’art, de Michel-Ange qui, avant d’illustrer ces parois inertes, les a comme animées de la vie architectonique.

Voici l’explication des peintures du milieu, en partie d’après Ascanio Condivi, élève de Michel-Ange, qui écrivit la vie de son maître en 1553, sous les yeux de ce dernier: — «Dans le 1er champ du plafond, l’un des petits à partir de l’autel, se voit, planant dans les airs, Dieu le Tout-Puissant, qui d’un mouvement des bras sépare la lumière des ténèbres. — Dans le 2e champ , il crée les deux grands astres destinés à éclairer le monde ; sa main droite est étendue vers le soleil, et sa gauche vers la lune. Autour de lui sont quelques anges, dont l’un, à gauche, se voile la face, en se pressant contre le Créateur, comme pour se garantir de l’influence pernicieuse (de l’éclat) de la lune. Dans le même champ, Dieu s’occupe de créer sur la terre les plantes et les arbres; il est peint avec tant d’art que, de quelque côté que vous vous tourniez, il semble vous suivre, en montrant tout le dos jusqu’à la plante des pieds: chose fort belle, qui nous montre ce que peut la science du raccourci. — Dans le 3e champ , le Seigneur apparaît dans les airs, entouré d’anges: il considère les eaux, leur commandant de prodnire toutes les espèces

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