‹ Italie centrale, RomeChapitre 211 sur 321 · IV. Rivedr · texte numérisé non relu

IV. Rivedr

vraiment admirables, tant par l’attitude que par les ornements et la variété des draperies. Mais le plus admirable de tous est le prophète Jonas, placé au commencement de la voûte; car, contrairement à la forme de cette voûte, par suite des effets de lumière et d’ombre, le torse, qui est raccourci en dedans, se trouve à l’endroit le plus rapproché de l’œil, et les jambes, qui s’avancent, sont «à l’endroit le plus éloigné: chose étonnante et qui montre l’habileté de Michel-Ange dans l’art de pratiquer le raccourci et la perspective».

Dans les ogives et les lunettes, les ancêtres du Sauveur, tous représentés dans l’attente. Dans les quatre arcades des angles: sur le mur de l’autel, à dr., les Juifs au désert avec le serpent d’airain ; à g., Assuérus, Esther et Aman. A l’entrée, à dr., David et Goliath ; à g., Judith.

Ce fut seulement près de trente ans après, de 1534 à 1541, sous Paul III, que Michel-Ange peignit sur le mur de l’autel son fameux ** J ugement dernier, d’environ 20 m. de haut et 10 m. de large (p. lxix) . Avant de se mettre à l’œuvre, il dut faire murer les deux fenêtres de la paroi de l’autel et nuisit ainsi aux belles proportions de la chapelle. Il faut une étude approfondie pour comprendre dans tous ses détails cette composition colossale, noircie par l’encens, mal éclairée et même en partie cachée, et il faut encore plus d’efforts pour approfondir la conception de l’ensemble au point de vue religieux, et pour apprécier les formes particulières au génie grandiose du maître qui s’était complètement abandonné à l’influence de Dante. A g. du Sauveur, qui s’avance comme juge du monde, les bienheureux montant au ciel, retenus par des démons et soutenus par des anges; à dr., les pécheurs s’efforçant en vain d’atteindre le même but; en haut, deux groupes d’anges avec la croix, la colonne de la flagellation et les autres instruments de la Passion ; au milieu, le Christ et la Vierge entourés d’apôtres et de saints; au-dessous des morts ressuscités, l’enfer d’après Dante, avec Caron dans sa barque et le juge Minos, représenté sous les traits de Biagio de Cesena, maître des cérémonies de Paul III, qui avait critiqué cette composition à cause de ses nudités. Paul IV, qui voulait la faire abattre pour le même motif, se décida enfin à faire habiller plusieurs figures par le VoUerran , qui fut pour cela surnommé le Culottier. Clément XII fit achever ces vêtements au xvme s., par Stefano Pozzi, ce qui n’a pas précisément rehaussé la valeur du chef-d’œuvre.

C’est dans la chapelle Sixtine que se célèbrent la messe pour le couronnement d’un nouveau pape, celle pour le pape défunt, ainsi que d’autres messes à l’occasion de la visite des pèlerins ou pour le repos de l’âme de princes catholiques (v. p. 156).

La salle Royale (Sala Regia), à laquelle on accède par l’entrée principale de la chapelle Sixtine, à l’E., destinée dans le principe à la réception des ambassadeurs, a été commencée sous Paul III par Ant. da Sang allô le Jeune, et achevée en 1573. Les magnifiques stucs du plafond sont de Perin del Vaga, ceux des

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