IV. Rivedr
I. La Chambre de l’Incendie occupe la troisième place dans l’ordre chronologique des fresques de Raphaël. Celles qu’elle renferme ont été exécutées en 1517 par des élèves d’après les données du maître. — Les peintures du plafond (Glorification de la Trinité) sont encore du Pérugin (1508); celles des murs représentent des scènes des règnes de Léon III et de Léon IV.
1. Au-dessus de la fenêtre, la Justification de Léon III devant Charlemagne (le personnage à chaîne d’or, que Ton voit par derrière), peinte par Perin del Vaga.
2. A dr., à la sortie, la Victoire de Léon IV sur les Sarrasins à Ostie, peinte par Jules Romain. Le pape est représenté sous les traits de Léon X, entouré des cardinaux Jules de Médicis (Clément VII), Bibbiena, etc. Sur le socle: Ferdinand le Catholique et l’empereur Lothaire.
*3. L’Incendie du Bourg, qui a donné son nom à cette chambre a très probablement été entièrement exécuté par Franc. Penni. Raphaël s’est si bien acquitté de la tâche en apparence ingrate de représenter un miracle, qu’il en a fait, pour nous servir d’une expression moderne, un tableau de genre dans le grand style. L’événement est un incendie qui a éclaté au Borgo (p. 337) et que le pape Léon IV (ixe s.) éteint par un signe de croix fait de la loge de St-Pierre. L’artiste en a placé la scène à l’arrière-plan. Le premier plan nous montre les effets de la frayeur que cause un incendie, des gens qui s’efforcent de sauver ce qu’ils possèdent, d’autres, surtout des femmes, que l’effroi paralyse à moitié ou rend comme fous. Mais le groupe du coin à g. sort du cadre de la vie ordinaire et nous reporte aux temps héroïques en nous montrant Enée portant sur son dos son vieux père Anchise et suivi de sa femme Créuse et de son fils Ascagne. De fait, ce groupe ne devait être qu’un exemple de dévouement filial au moment du danger, rehaussé aux yeux des contemporains par les figures de l’Enéide qu’ils connaissaient bien. L’Incendie du Bourg, bien propre à faire ressortir la supériorité de Raphaël sur les peintres qui l’ont suivi, est la page la plus populaire de toute la série. Les archéologues y reconnaîtront avec plaisir la façade de l’ancienne église St-Pierre (p. 344), qui existait encore du temps de l’artiste. — Au-dessous: Godefroi de Bouillon et Astolphe.
4. Le Couronnement de Charlemagne à l’ancienne église St- Pierre. Léon III a les traits de Léon X; l’empereur, ceux de François Ier de France. Au-dessous, Charlemagne.
II. *Chambre de la Signature, salle où se signaient les brefs de grâce (Segnatura di Grazia) dans une séance tenue tous les jeudis sous la présidence du pape. Les fresques furent commencées en 1508 et achevées en 1511. La voûte avait déjà été divisée par le Sodoma.
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ROME