‹ Italie centrale, RomeChapitre 27 sur 321 · CORNETO · texte numérisé non relu

CORNETO

De Pise

On atteint ensuite les anc. Etats de l’Eglise; puis on traverse les Maremnies romaines. — 195 kil. Capalbio; la localité est à 5 kil. au N. — 202 kil. Chiarone. On franchit la Fiora (l’ancienne Arminia). — 217 kil. Montalto di Castro (simple auberge tenue par Irene Ramadori).

De Montalto, on peut remonter la Fiora pour visiter (12 kil. envir.) l’antique Ponte deU' Abbadia et l’emplacement de l’ancien Vulci ou Voici, à 1 kil. 5 au S. du pont, sur la rive droite. Des fouilles, commencées en 1828, y ont fait découvrir des milliers de vases grecs et étrusques. La ville, dont l’enceinte mesurait 6 kil., était une des douze villes de la confédération étrusque; elle a complètement disparu, à l’exception des tombeaux. Toscanella (p. 109) se trouve à environ 25 kil. à l’E.

Après Montalto, la contrée devient plus accidentée. La voie traverse VArrone (p. 9) et la Marta (p. 105), petites rivières du littoral.

232 kil. Corneto ; la ville (voit., «un posto» 50 c.) est à 3 kil. de la voie ferrée, sur un plateau calcaire au-dessus de la Marta.

Corneto (149 m.; hôt. : Alb. & Rist. Tarquinia , via dell’Indipendenza, 18 ch. dep. 1 fr. 50, bon), est une ville de 5273 hab., avec de nombreuses tours, fondée au commencement du moyen âge, non loin des ruines de la ville étrusque de Tarquinies (p. 7), détruite par les Sarrasins; de là son nom officiel, Corneto Tarquinia. Tarquinies, une des douze villes principales des Etrusques, importante surtout au point de vue du culte religieux de ce peuple, prit part aux guerres de la confédération contre Rome, mais fut obligée de recevoir, après les guerres contre les Samnites, une colonie romaine qui prospéra jusque sous l’Empire. La nécropole, découverte en 1823, est la principale curiosité de Corneto.

Dans la rue principale, immédiatement à la porte, est le palais Vitelleschi, de style gothique, agrandi en 1439 par le cardinal de ce nom et récemment restauré. La partie la plus ancienne a de magnifiques fenêtres gothiques; la plus moderne, une cour à double rangée de colonnes superposées, ainsi qu’une loggia ouverte à l’étage supérieur; dans la chapelle, restes de peintures murales. Le gardien sert de guide et fait voir les tombeaux (p. 7). A l’extrémité N. du plateau qui porte la ville, l’imposant château de la comtesse Mathilde, où se trouve aussi l’église S. Maria in Castello, commencée en 1121 et renouvelée depuis peu. La façade date de 1200. Elle a un tabernacle de 1166 et une chaire de 1209. Les clefs sont au musée (v. p. 7).

Dans la cathédrale, restes de fresques peintes par Ant. da Viterbo, élève du Pinturicchio (1509). — Les églises S. Anastasia , S. Salvatore, S. Martino , S. Pancrazio , du style roman, sont en grande partie modernisées. A côté de S. Pancrazio se trouve le vieux palais municipal , qui de ses huit tours n’en a conservé que trois. Dans le haut de la ville se dresse la belle église gothique de St-François.

à Rome.

TARQUINIES.

Le * musée municipal (ouvert tous les jours, entrée 1 fr.) contient au rez-de-chaussée un certain nombre de sarcophages, entre autres le «sarcophage du Magnat», orné de belles sculptures polychromes (Combat des Amazones). Au premier étage sont de petites antiquités, telles que vases, objets en or, armes, un râtelier de fausses dents (3e salle), une magnifique coupe à figures rouges, signée Oltos et Euxitheos et représentant l’arrivée de Bacchus dans l’Olympe: les types des dieux sont ceux de l’époque antérieure à Phidias. Les dernières salles contiennent les objets provenant des fouilles entreprises de 1881 à 1897 dans les parties les plus anciennes de la nécropole: produits de la céramique d’un caractère tout à fait barbare, faits sans tour, entre autres quatre vases cinéraires en forme de cabanes, représentant la maison italique de l’époque; casques en forme de dôme, évidemment d’origine étrangère, et terminés par des baguettes, type qui semble avoir servi de modèle à l’apex des Flammes romains; scarabées carthaginois et idoles en émail.

Le palais Bruschi- F alf far i renferme une collection d’antiquités étrusques; le jardin Bruschi , hors de ville, a aussi quelques antiquités étrusques et romaines. — Fartout, belle vue sur la mer, le mont Argentario (p. 5), les lies et les environs déserts de la ville.

Tarquinies, qui avait une enceinte de 8 kil., était sur la colline pierreuse au N.-E. ( Turchina ), séparée par une gorge de la colline de Monterozzi , où sont les sépultures. Ce qui restait de l’anc. ville fut détruit par les Cornétans en 1307; on ne voit plus aujourd’hui que quelques vestiges de murs et de soubassements.

La *nécroi»olk s’étend au loin dans diverses directions (guide, v. p. 6: 5 fr. tout au plus; distances: l/2 â 3 kil.; les personnes pressées prennent une voiture: à 1 cheval, 4 à 6 fr. ; à 2 ch., 7 à 10 fr.). Les tertres («tumuli») sont tous détruits, les caveaux seuls, creusés dans la roche très friable, sont encore intacts. Déjà dans l’antiquité, on les avait dépouillés de tous les objets précieux qu’ils contenaient; les fouilles modernes ont achevé la dévastation et tout ce qui était encore transportable, surtout les vases, a été enlevé. Mais tels qu’ils sont et grâce aux fresques très bien conservées qui revêtent les murs, ils donnent une idée exacte de la civilisation, de la religion et de l’art des Etrusques. Cette décoration murale est une particularité des villes de l’Etrurie méridionale et témoigne de ses relations avec l’art grec.

Le» tombeaux remarquables sont les suivants et dans ce nombre surtout les n»' 7, 11, 14 et 19:

N° 4, la Grotta délia Caccia del Cignale (chasse au sanglier) ou Grotta Querciola. Les peintures, dont on voit des copies au musée Grégorien (p. 389), ont fortement pâli; elles représentent un festin accompagné de (lanses et de musique, et une chasse au sanglier. — Vis-à-vis de celle-cij

N° 7, la Grotta del Convito funèbre ou del Triclinio , où est aussi représenté un festin funéraire. La perfection du dessin trahit l’influence de l’art grec vers la fin des temps archaïques. Les hommes sont, comme

CIVITAVECCHIA.

De Pige

d’habitude, peints en rouge foncé, les femmes, blanches et seulement dessinées sur le fond du mur.

N® 10, la Grotta del Morto: Lamentations et Danses funèbres.

N° 11, la Grotta del Tifone , très étendue, soutenue au milieu par un pilier, sur lequel sont représentés des Typhons ou génies de la mort, se terminant en serpents. Les sarcophages portent des inscriptions étrusques et latines, ce qui prouve que cette sépulture appartient à une époque moins ancienne. Sur le mur à droite, on voit des âmes emmenées par des génies et au-dessous Caron avec son marteau.

N° 12, la Grotta degli Scudi ou délie Quattro Stanze, avec représentation de scènes de festin.

N° 13, la Grotta del Cardinale , la plus grande sépulture de Tarquinies, à quatre piliers. Les peintures sont presque entièrement effacées.

N° 14, la Grotta délV Orco ou del Polifemo, où sont représentés, dans la première chambre, un festin ; dans celle du fond, les enfers, avec Pluton, Proserpine, Géryon, Tirésias, Agamemnon, Memnon et Thésée; dans une niche, Ulysse crevant l’œil de Polyphème. Les peintures trahissent évidemment l’influence grecque.

N° 15, la Grotta dei Vasi dipinti et n° 16, la Grotta del Vecchio, qui renferme des Festins et des Danses, ne sont pas postérieures à la première moitié du v6 s. av. J.-C.

N° 18, la Grotta dette Iscrizioni, décorée de Luttes, ainsi nommée d’après ses nombreuses inscriptions étrusques.

N° 19, la Grotta del Barone, renferme des Combats, des Cavaliers, etc., en partie d’un style très ancien, les couleurs bien conservées.

N° 20, la Grotta dette Bighe, découverte en 1827. Des copies de ses peintures, Jeux funèbres et Danses, sont au Vatican. — Près <fe là, n° 21, la petite Grotta del Mare, où il y a des Chevaux marins.

N° 23, la Grotta degli Auguri, dont les peintures figurent des Jeux funèbres: un condamné, la tête voilée, combat contre un chien qu’un homme masqué excite contre lui; de la même époque que les n°* 15 et 16.

Toscanella (v. p. 109; diligence en 3 h. les lundi, inercr. et vendr., prix 2 fr.; voiture, 10 fr.) est située à 27 kil. au N.-E. de Corneto.

Le ch. de fer longe ensuite le pied de la colline de Corneto, qui reste longtemps visible. Plus loin, à dr., l’insignifiant Porto Clementino, abandonné en été à cause de la malaria; c’est peut-être l’ancienne Graviscæ , port de Tarquinies. L’horizon est borné du côté des terres par les montagnes de la Tolfa (p. 9). La voie traverse le Mignone , le Minio des anciens.

252 kil. Civitavecchia. — Bon buffet. — Hôtels, au bord de la mer: Alb. Ter male Traiano, viale Garibaldi, bon (120 ch., bains chauds; ch. dep. 2 fr. 50, pens. dep. 5 fr.); Alb. Italia. — Consul de France, M. Albert. — Bat. à vap. pour l 'île d'Elbe, v. p. 14; pour le golfe degli Aranci en Sardaigne, une fois par iour, v. l 'Italie méridionale , par Bædeker. La gare est à env. 10 mm. du port, vers le S.-E.

Civitavecchia , le port de Rome, est une ville de 11941 hab., avec bains de mer. C’est l’ancienne Centumcellæ des Romains, dont le port a été fondé par Trajan. Elle fut détruite en 828 par les Sarrasins, mais ses habitants revinrent en 854 à la vieille cité. Les fortifications, élevées au xvie et XVIIe s., ont été restaurées au siècle dernier par les Français, qui occupèrent la ville de 1849 à 1870. Le port a été agrandi récemment; le môle extérieur est surmonté d’un phare.

Une bonne chaussée (diligence 2 fois par j. en 3 h. 1I2, retour en 2 h. 1/2? prix 2 fr.) conduit au N.-E. de Civitavecchia aux (5 kil.) ruines des bains antiques Aquæ Tauri et plus loin, en passant par (14 kil.)

à Rome.

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