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II. Monts Albains

Les monts Albains (Monti Albani ou Laziali), dont les flancs sont couverts de riches forêts, forment un groupe montagneux isolé, composé de roches basaltiques (laves et tufs). Il s’élève doucement de la plaine comblée de cendres volcaniques pour se terminer en une pyramide dont le mont Ctavo (949 m.) et la Punta Faette (956 m.) forment les sommets. Le cône extérieur présente au milieu une vaste dépression en forme de chaudière, fermée à l’E. par un rempart continu et renfermant à l’O. deux grands bassins remplis d’eau (Lago di Albano, Lago di Nemi), ainsi que la Valle Aricciana et le Laghetto di Turn-o qui sont à sec. On a parlé autrefois d’un cratère central et de trois cratères latéraux; il est plus probable qu’il s’agit d’effondrements survenus pendant une pause dans la période d’activité principale du volcan. Cette activité se renouvela plus tard et causa au-dessus de l’ancienne cheminée la formation du mont Cavo, dont le Carapo di Annibale représente le cratère. De longues coulées de lave se déversèrent vers Rome et Velletri et dans la direction du N.; elles offrent actuellement l’aspect de croupes montagneuses que les lignes de chemins de fer ont tranchées. Les tufs de cette région sont de nature diverse ; le plus recherché est le péperin composé de minéraux et de débris calcaires et argileux qui, reliés entre eux par la fusion, lui donnent un aspect coloré. Ces mélanges sont une preuve de la violence des éruptions volcaniques qui soulevèrent en masse les débris de roches gisant sous le volcan. Celui-ci est éteint depuis les temps historiques; les tremblements de terre fréquents à Albano, à Nemi, à Rocca di Papa rappellent seuls la formation récente de ce groupe montagneux. Sa situation isolée et son élévation en font une région particulièrement favorisée

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MONTS ALBAINS. Ernvir. de Rome. 435

par son air pur, la richesse de ses sources et les cultures variées dont elle est recouverte. Le vin d’Albano était déjà renommé dans l’antiquité. Le versant N. porte Frascati et celui du S.-O. Albano, tous deux entourés depuis l’antiquité de villas appartenant à des Romains. La beauté des montagnes y a toujours attiré les promeneurs. Les habitants ont encore des mœurs originales, mais les beaux costumes populaires ont presque entièrement disparu.

Plan d’excuksiok. En utilisant le chemin de fer et le tramway, il est facile de combiner de diverses manières une excursion d’un jour: en ch. de fer ou en tram à Castel Gandotfo (p. 441), à pied à la Galerie du Haut, jusqu’au débouché de la route d’Albano, puis, comme il est dit p. 442 et 445, à Rocca di Papa (p. 446) et au mont Cavo (p. 445), dont on atteint le sommet en 3 à 4 h. de Castel Gandolfo; de là, ou bien descendre à Rocca di Papa (p. 446) et gagner Frascati (p. 436) par le tram qui passe à Grottaferrata (p. 439) ou rentrer directement à Rome, ou bien encore descendre (v. p. 447) du mont Cavo à JY ’emi (p. 445) en 1 h. Va et continuer sur Genzano (p. 444) qu’on atteint au bout de 3/4 d’h. et. > où l’on rejoint le tram de Rome qui touche Ariccia (p. 443), Albano (p. 442), Castel Gandolfo (p. 441) et Marino (p. 440). On fait alors à part, en un après-midi, l’excursion de Rome à Frascati et retour. — Le tour peut aussi se faire en sens inverse en une journée: de Castel Gandolfo à Albano, ‘/a b.; Genzano, 1 h. (tramw. 17 min.); Nemi, 3/4 d’h.; mont Ôavo (avec guide), 2 h.; Rocca diPapa, */2 h., et plus loin comme ci-dessus. — Grottaferrata se visite surtout à cause des fresques du Dominiquin (p. 439), cette partie des monts Albains étant la moins intéressante.

Au printemps et en automne, les étrangers préféreront aller à pied. Un guide, dont on peut généralement se passer, se paie 3 à 4 fr. par jour. Durant les chaleurs, il vaut mieux se conformer à l’usage du pays et

J rendre un âne, avec son conducteur («pedone»), env. 6 fr. ; faire' prix 'avance «tutto compreso» et donner un petit pourboire, si l’on est content. Bien fixer le chemin qu’on veut suivre, et s’opposer à ce que l’ânier fasse courir la monture, si cela ne convient pas, en menaçant de réduire le pourboire. — On trouve des voitures à Frascati , Castel Gandolfo et Albano.

De Rome à Frascati. — Chemin de fer : 24 kil., trajet en 3/4 d’h., 2 fr. 80, 1 fr. 95 et 1 fr. 30. Billets d’aller et retour, v. p. xn. — Jusqu’à Ciampino (14 kil.), v. p. 459. La ligne principale conduit plus loin à Naples et à Terracine: v. p. 473 et 474. — L’embranchement de Frascati monte lentement. La gare de Frascati est dans le bas de la ville.

Tramway: 23 kil. en 1 h. 24 min.; 1 fr. 55 et 1 fr., aller et retour 2 fr. 35 et 1 fr. 50 ; rempli par les gens du pays les dim. et jours de fête et en oct. (p. 159). Départ de la via Principe Umberto, au S. de la gare principale (pl. II 27). Excellente vue du haut de l’impériale. Jusqu’à la porte St-Jean (p. 336), la ligne suit la via Principe Umberto, la via Manzoni et la via Emanuele Filiberto. De la porte à Porta Furba v. p. 419. Elle longe ensuite la via Tuscolana; à g. le Monte del Grano, à dr. les arcades de l’Acqua Felice et de l’Aqua Claudia (p. 203); plus loin, à l’E. , Frascati, Monte Porzio et Colonna. Un peu avant (10 kil. 5) la halte Osteria del Curato, on rencontre à dr. les Sette Bassi, amas de ruines datant de l’Empire. Bifurcation de la route: à g., route directe de Frascati (10 kil.) par Torre di Mezzavia (Osteria); à dr., continuation du tramway le long de la via Anagnina , qui rejoint l’anc.

436 Bnvir. de Rome. FRASCATI.

Monts

voie Latine 3 kil. plus loin. — Avant (17 kil. ; halte) Villa Senni, la ligne croise le chem. de f. de Segni-Naples (p. 473) et celui de Frascati (v. la carte p. 434) et commence à monter. — 20 kil., halte Grottaf errata Bivio, à 1 kil. au N. de la localité, où se détache au S. la ligne de Grottaferrata (Rocca di Papa)-Genzano (p. 439). Celle de Frascati monte en serpentant à la Villa Torlonia (v. cidessous) et à (23 kil.) Frascati (piazza Romana, v. ci-dessous).

Frascati. — Hôtels: Gr.-H. Frascati (70 ch. dep. 3 fr., rep. 1.25, 1 à 3.50 et 5, p. 9 à 12); Tusculum Hot., nouveau (ch. 3 à 5 fr., rep. 3.50, 3.50 et 4.50, p. 8 à 12), tous deux de premier ordre. — Alb. di Londra, piazza Romana, en-dessus de l’escalier de la gare, café (15 ch. à 2 fr. 50, p. 6 à 7). — Pensions: Bellevue , pal. Senni au 1er, belle vue (24 lits, p. 8 à 10 fr.); Convento S. Carlo (des sœurs françaises), via Principe Umberto, jardin et belle vue, recomm. (p. 6 à 7 fr.).

Restaurants ( trattorie , où l’on peut procurer de bonnes chambres): Villetta , avec, jardin et vue, à mi-hauteur de l’escalier du ch. de fer, à g. du viale Gius. Pery; Leone , piazza Romana, en haut de l’escalier; Cipolletta, près de l’église, en prenant à g. par la via Re Umberto, puis sous la double arcade par laquelle on va à la place du Marché.

Chambres et appartements d’été: chambres meublées de 30 à 40 fr. par mois; 3 ou 4 ch., env. 100 f r. ; villas entières.

Tramway pour Rocca di Papa, Grottaferrata, etc. v. p. 439, diligence pour Monte Compatri v. p. 439.

La visite de la hauteur de Tusculum demande 3 à 4 h. aller et retour. On ira de préférence par la Villa Aldobrandini ou la Villa Ruffinella, et on reviendra par les Camaldules et la Villa Mondragone. Guide, nécessaire seulement si l’on a peu de temps, 2 à 3 fr. Certaines Villas ne sont pas toujours ouvertes aux visiteurs; se renseigner à la papeterie Felice Ruggeri (en face de la cathédrale), dans les hôtels de Frascati et au syndicat d’initiative (p. 150).

Frascati (322 m.), dans un. site frais et salubre, sur le versant des montagnes, avec des Villas délicieuses, aux frais ombrages et aux belles pièces d’eau, et jouissant d’une vue magnifique de la Campagne, convient tout particulièrement pour un séjour prolongé. La ville, renommée pour son vin, compte 8453 hab. ; elle est d’origine moderne et n’a pris d’importance qu’après la destruction de Tusculum (p. 437). L’histoire mentionne au ixe s. deux églises, S. Maria et S. Sebastianus in Frascata, bâties probablement dans les ruines couvertes de broussailles (frasche) d’une ancienne villa (des Aniciens?), d’où le nom de Frascati.

De la gare, une route de voitures et un escalier montent à la piazza Romana ornée de parterres verdoyants, à dr. de laquelle est l’entrée de la Villa Torlonia , autrefois Conti (pourboire). Elle a des jets d’eau en ruine, des bosquets de chênes verts et offre de belles vues. Tout droit, on arriverait aux portes du bas des Villas Lancellotti et Aldobrandini; mais elles ne sont pas toujours ouvertes. A g., on va en 2 min. à la grand’place, la Piazza. Là se trouvent une jolie fontaine et la cathédrale St-Pierre (S. Pietro), construite en 1700 par Girol. Fontana. On y voit, à g. de l’entrée principale, une inscription en mémoire du prétendant Charles-Edouard Stuart (p. 351), mort à Frascati en 1788.

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