Catacombes
Les Catacombes sont encore une des curiosités des environs de la ville. Les églises des premiers siècles ayant en partie disparu ou se trouvant cachées sous des restaurations postérieures , ces vieilles sépultures remplissent le vide considérable entre la Rome antique et la Rome chrétienne. La plupart des touristes se contenteront de visiter les catacombes de Üt-Oalixte et peut-être aussi celles de Domitille ou de Ste- Agnès. Elles sont visibles tous les jours: v. p. 432 et 433. Le guide fournit de la lumière, mais pour bien voir, il est bon de prendre aussi des bougies. Les catacombes sont éclairées et ouvertes gratuitement au public, celles de St-Calixte le 22 novembre, celles de Ste-Priscille le 31 déc. On sera le mieux renseigné sur ce qui concerne la visite des autres en s’adressant au gardien de celles de St-Calixte.
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nationale des Romains. Les morts étaient inhumés avec toutes sortes d’objets, des parures, des souvenirs et même des ustensiles de ménage. Enfin l’on mettait à côté des plaques servant de fermeture des lampes en terre cuite pour éclairer les galeries.
L’accroissement de la communauté chrétienne, la substitution des cimetières communs aux sépultures de famille, ne pouvaient manquer de se manifester dans la disposition extérieure des sépultures qui gagnèrent peu à peu en étendue ; les galeries devinrent plus étroites et plus hautes ; elles eurent souvent plusieurs étages (jusqu’à cinq), et divers cimetières séparés furent réunis au moyen de nouveaux souterrains. En bien des endroits, l’œil attentif y reconnaît la marche compliquée des changements et des agrandissements successifs. Il se forma une corporation de fossoyeurs (fossores), qui ne fut supprimée que lorsque les catacombes cessèrent de servir. Les catacombes ne se composent pas toutefois d’une série uniforme de galeries; il y a en certains endroits de grands espaces qui étaient destinés à des sépultures de famille (cubicula) et étaient par conséquent propriétés privées. En d’autres endroits, on trouve aussi des salles qui servaient au culte; elles ne datent toutefois que du ive s., époque à laquelle on commença à célébrer des fêtes religieuses en mémoire des martyrs. C’est une erreur de croire que le service religieux se faisait régulièrement dans les catacombes; il avait lieu dans des maisons de la ville et la communauté chrétienne ne se réunissait dans les catacombes qu’aux jours de fête en l’honneur des morts.
Actuellement la plupart des niches sont vides; ce n’est que de nos jours qu’on a pris l’habitude de laisser autant que possible en place les objets trouvés.
III. La décoration des catacombes mérite une attention spéciale. Il va sans dire que l’art chrétien primitif n’était qu’une application de l’art antique aux idées chrétiennes; aussi les peintures et les sculptures des catacombes ne se distinguent -elles en rien dans leur style des autres de cette époque; elles en partagent la décadence d’abord lente, ensuite rapide et complète. Les meilleures fresques sont de la fin du ier s. et du commencement du 11e s. Avec la décadence générale du vieux monde romain, au me et au iv* s., les formes perdent leur beauté. Il n’y a pas non plus de différence caractéristique dans l’ornementation, entre l’art païen et l’art chrétien, surtout dans les premiers temps.
Par contre, sous le rapport du choix des sujets et de leur conception , on reconnaît dès le commencement une direction toute particulière. Comparativement au grand nombre de ces peintures, on n’en trouve que fort peu qui soient des sujets historiques, destinés à représenter un simple fait, soit de l’histoire juive, soit de l’histoire chrétienne; une fois seulement, on rencontre la Vierge seule avec l’enfant Jésus, dans les catacombes de Ste-Priscille;
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ordinairement elle est avec les rois mages (leur nombre varie), qui apportent des présents, par exemple dans les catacombes de St- Calixte, de Domitille et de Ste-Priscille. Les scènes de martyre n’apparaissent qu’au ve s.
Les peintures sont en majeure partie symboliques et font allusion aux dogmes et aux espérances du christianisme. C’est la résurrection qu’on rencontre le plus souvent sous diverses formes, soit sous celle de la résurrection de Lazare, qui apparaît dans une porte tout entouré de bandelettes comme une momie, tandis que J.-C. (sans barbe) est debout devant lui avec une baguette à la main; soit sous celle de Jonas, englouti par la baleine et rejeté sur le rivage ou assis sous le lierre. Souvent aussi on rencontre le bon pasteur portant la brebis retrouvée sur ses épaules, quelquefois entouré d’agneaux; puis le sacrifice d’Abraham, Noé dans l’arche, les trois jeunes Hébreux dans la fournaise ardente, qui rentrent aussi dans ce genre de sujets. Il en est de même de Daniel dans la fosse aux lions, en prière, les mains élevées, position dans laquelle les morts sont souvent figurés sur leurs tombeaux ou à côté. On y remarque également les différentes guérisons miraculeuses de J.-C. Le baptême et l'eucharistie sont représentés dans les chapelles des Sacrements des catacombes de St-Calixte, l’eucharistie sous une forme symbolique. Le poisson est aussi devenu une espèce d’hiéroglyphe, un des symboles les plus importants du christianisme. En grec, le mot poisson, IX01T2, se compose des initiales des mots: ’lrjaouç Xpujxoç, 0eou Vîôç, Swxrjp, c’est-à-dire: «Jésus-Christ, fils de Dieu, Sauveur.» Tous ces sujets et beaucoup d’autres, surtout les traditions de l’Ancien Testament dans lesquelles on pouvait trouver une allusion symbolique, par ex. Moïse faisant jaillir l’eau du rocher, se retrouvent dans les peintures de toutes les catacombes et dans les sculptures des anciens sarcophages chrétiens. Les nombreuses inscriptions ont la même tendance; elles sont très simples jusqu’au milieu du me s. (p. 429), mais à partir de cette époque, elles sont plus explicites et plus riches en expressions de deuil et d’espérance.
On a réuni au musée chrétien du Latran (p. 332) un grand nombre de peintures, d’inscriptions et de sarcophages des catacombes; la «galerie lapidaire» du Vatican (p.383) possède également des inscriptions de même origine.
Les catacombes forment un grand cercle autour de Rome, mais la plupart sont entre les anc. voies Salaria et Nomcntane d’une part, Latine, Appienne et d’Ostie d’autre part. On en a retrouvé plus de quarante, différant beaucoup de dimensions, mais en partie inaccessibles. D’après les calculs de Michel de Rossi, la superficie de celles qui étaient connues jusqu’en 1867 n’est pas inférieure à 246 hectares (2466778 m. car.), sans perdre de vue que nombre d’entre elles sont à plusieurs étages, dont le plus élevé
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est à 7 ou 8 m. de la surface du sol, et dont le plus bas descend jusqu’à 22 m. de profondeur. Toutes les galeries forment ensemble une longueur de 876 kilomètres.
Nous ne parlons ici que des catacombes les plus importantes.
Les *catacombes de St-Calixte, sur la voie Appienne, à 25 min. de la porte St-Sébastien (v. p. 421), offrent le plus grand intérêt. En entrant dans la vigne où elles se trouvent, on remarque à côté de la maisonnette du gardien (1 fr. d’entrée, un religieux sert de guide) une petite construction en briques, récemment restaurée en chapelle, avec trois absides, dans laquelle G. B. de Rossi reconnut en 1850 l’ancien Oratorium S. Callisti in Arenariis; elle renferme à l’intérieur des inscriptions et des fragments de sculptures provenant des catacombes, ainsi qu’un buste de G. B. de Rossi. — L’entrée des catacombes est à côté de cet oratoire. On passe dans une galerie où il y a des sépultures, et on arrive, à g., à la *crypte des Papes (caméra papale, cubiculum pontificium), espace plus grand qui renferme les tombeaux de plusieurs papes: St Antère, St Fabien, St Luce et St Eutychien. St Sixte II, martyrisé en 258 dans les catacombes, y était aussi inhumé; la grande inscription en vers placée en son honneur vers la fin du ive s. par le pape St Damase, est composée de caractères élégants $t richement ornés, que Furius Dionysius Philocalus, secrétaire de ce pape, avait inventés. Des deux côtés de l’entrée, en dehors, se voient quantité d’inscriptions dues à de pieux visiteurs du ive au vie s. On entre de ce caveau pontifical dans une crypte à ciel ouvert, qui renferme le tombeau de Ste Cécile; sa dépouille a été transférée à l’église Ste-Cécile-au-Transtevère (p. 402). Sur les murs, plusieurs peintures byzantines du vu® au vme s.: Ste Cécile, St Urbain et une tête de Christ; sur les parois du soupirail, traces d’autres fresques. A la fête de Ste Cécile, le 22 nov., on y célèbre la messe (v. p. 427). Sur les côtés des galeries voisines sont les chapelles des Sacrements, chambres sépulcrales ornées de peintures symboliques et autres (v. p. 431). On remarque aussi la sépulture du pape St Eusèbe (309-311), revêtue de la copie antique d’une inscription damasicnne, du vie s.; puis un tombeau renfermant deux sarcophages où l’on voit les restes des morts, l’un momifié, l’autre presque décomposé. — Le tombeau du pape St Corneille (251-253) faisait originairement partie des catacombes de Ste-Lucine.
A côté des catacombes de St-Calixte (entrée par la voie Appienne, .i« 28, cloître des Trappistes; n’est pas toujours ouvert au public), on a trouvé en 1903 les restes de la chapelle sépulcrale des saints Marc et Marcellin dont les peintures murales sont fort dégradées; on a également trouvé la crypte du pape Damase Ier (366-384) avec l’inscription funèbre de sa mère.
Les *catacombes de Domitille ou des saints Nérée et
Achillée, près des précédentes, via delle Sette Chiese, 22 a (p. 422), sont les plus riches en inscriptions (plus de 900) et, avec celles de
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Ste-Lucine et de Ste-Priscille, les plus anciennes. Entrée tous les jours de 9 h. jusqu’au soir, moyennant 1 fr. Domitille était de la famille impériale des Flaviens. Dans deux des cinq entrées primitives se trouvent des fresques de la fin du ier s., des Génies dans le style pompéien, et les plus anciennes représentations du Bon pasteur, de Daniel, etc. Au milieu a été découverte en 1875 la basilique de Ste- Pétronille , fille de St Pierre, selon la légende. Placée au second étage des galeries, cette église à trois nefs et parvis sortait autrefois de terre et formait en plan à peu près un carré. Le bas-relief qui orne la colonne du tabernacle, le Martyre de St Achillée, est peut-être la plus ancienne représentation de ce genre, du ve s. Le reste a été détruit, mais on en a restauré une partie. La basilique n’a servi que du ve au vme s.
Les catacombes de Commodille, dans la vigne Serafini, via delle Sette Chiese, à peu de distance de St-Paul-hors-les-Murs (p. 424), ont été mises au jour de 1903 à 1905; elles renferment plusieurs «cubicula» remarquables par leurs peintures, entre autres celui de Turtura, femme de distinction qui vivait au vie s. Les peintures dont il est décoré sont les plus belles et les mieux conservées qu’on ait trouvées jusqu’ici dans les catacombes.
Les catacombes de St-Prétextat, non loin de la voie Appienne, dans la direction de St-Urbain (p. 421), contiennent des décorations semblables à celles du poste des vigiles au Transtevère (p. 400). Dans la chapelle funéraire de Vibia, qui en fait partie, se trouvent des peintures gnostiques: Mercure conduisant des morts, etc.
Les catacombes de Ste-Priscille (v. p. 427) sont sur la voie Salaria, près de la Villa Savoia, à 3 kil. de la ville (v. p. 415). La partie la plus ancienne est un espace carré nommé chapelle grecque, à cause de ses inscriptions. Elle a des peintures intéressantes du 111e s.: au plafond, la Vierge et l’Enfant, et Isaïe montrant la nouvelle lumière (étoile) en Israël, la plus ancienne représentation de la Vierge, de la seconde moitié du 11e s. Çà et là, les plus anciennes et les plus simples inscriptions en couleur sur briques. Les restes de la basilique qui en dépendait ont été restaurés en 1907.
Les catacombes de Ste- Agnès (entrée, v. p. 416), sous l’église Ste-Agnès-hors-les-Murs (p. 415), n’ont pas de peintures, mais sont encore en grande partie dans leur état primitif, ce qui leur donne un intérêt particulier. — A 5 min. de là, le Cœmeterium Ostrianum (catac.), remarquable parle grand nombre de sépultures de famille.
Les catacombes de St-Sébastien, sous l’église du même nom, à la voie Appienne (p. 422), les seules qui fussent encore fréquentées au moyen âge, sont peu remarquables. — La Platonia di S. Damaso , avec restes de décoration en stuc, est le tombeau du martyr St Quirin, évêque de Siscia; c’est par erreur qu’011 l’a prise
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pour le caveau construit par St Damase dans le but d’y déposer les restes des apôtres St Pierre et St Paul.
Les catacombes juives (Catacombe ebraiche, p. 422 ; entrée, 50 c., t. les j. de 9 h. à 5 h.), non loin des précédentes, datent à peu près du me s. et ressemblent à celles de Naples. Les inscriptions ne sont qu’en grec et en latin. Le symbole du chandelier à sept branches est le plus fréquent. Deux chambres sont ornées de peintures dans lesquelles figurent des animaux, malgré la loi mosaïque ; un sarcophage est revêtu de dorures.
Les catacombes de St-Pierre-et-St-Marcellin, près de la Torre Pignattara (p. 418), sont des plus étendues ; on y voit une haute chapelle à plafond orné de peintures représentant J.-C. sur un trône, avec St Paul et St Pierre à dr. et à g., et quatre autres saints, dans le style des plus anciennes mosaïques. D’autres fresques, en particulier deux Festins, sont du ni® s.; les sujets sont souvent traités d’une manière toute réaliste.
Les catacombes de St-Pontien sont à 1 kil. de la porte Portese (p. 403) dans le mont Verde (brèche), à dr. de la route, un peu en deçà de la bifurcation de la strada di Monteverde, dans la vigne di S. Michèle. Au bas d’un escalier qui descend au fond est un bassin rempli d’eau, qui a servi de baptistère. Sur le mur de l’autre côté est représenté, dans un style d’époque postérieure, le baptême de J.-C. et un cerf près du Jourdain, au-dessus d’une grande croix. Au-dessus de l’escalier sont deux grands médaillons avec des têtes de Christ, du vi® s. et du ix® (?).
L’oratoire de St- Alexandre, à 10 kil. de la porte Pia (p. 417), est un long bâtiment à moitié enseveli dans la terre, très grossièrement maçonné. Il contenait, d’après une inscription à l’autel, le tombeau d’un certain Alexandre, mais on ne sait si c’était le pape de ce nom. Il y a à côté quelques galeries des catacombes.
Pour les catacombes de Ste-Générosa, v. p. 467.