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De Pise à Volterra

Chemin de fer pour Volterra par Cecina, 81 kil., trajet en 2 h. Va à 3 h. Prix: jusqu’à Cecina, par l’express (pas de correspond.), 6 fr. 55, 4 fr. 60; en train omnibus, 5fr. 95, 4 fr. 15, 2 fr. 70; de Cecina à Volterra, 3 fr. 50, 2 fr. 45, 1 fr. 60. — Diligence de la stat. à Volterra, 11 kil. en 1 h. Va! 1 fr. 50; voit, à 1 chev., 4 fr., à 2 ch. 6 fr. Déposer ses bagages à la gare de Cecina.

On peut aussi aller en voiture à Volterra de la stat. de Pontedera, sur la ligne de Florence à Pise (v. l 'Italie septentr ., par Bædeker) en 5 à 6 h., par la vallée de l’Era (3 fois par sem., omnibus; prix 3 fr.).

Pise, v. Y Italie septentrionale, par Bædeker; de là à Cecina, v. p. 2/3. L’embranch. remonte la rive dr. de la Cecina, en traversant une contrée riche en minéraux (cuivre, albâtre, serpentine). — 9 kil. Riparbella ; la localité se trouve à 4 kil. au N. — 17 kil. Casino di Terra. — 23 kil. Ponte Ginori.

30 kil. Volterra, au pied de la haute montagne que couronne la ville. Les grandes sauneries du voisinage, le Saline, pourvoient de sel toute la Toscane; les masses cristallines, de forme lenticulaire, sont situées entre des couches argileuses de l’époque tertiaire, comme celles de Wieliczka en Galicie.

On recommande aux géologues une excursion à Larderello (dilig. et voitures à la gare, à 1 chev. 10 fr., à 2 ch. 18 fr. aller et retour). On passe par Pomarance (367 m.; dilig. en 2 h. 1 fr. 50; Alb. Burraia), jolie petite ville qui possède un grand château du comte Larderel. LardereUo est à 3 h. du chemin de fer , au pied du mont Cerboli. C’est le centre des fabriques d’acide borique des Larderel; leurs produits, provenant de gaz volcaniques (soffioni) qu’on fait barboter dans de vastes bassins (lagoni) dont l’eau est ensuite évaporée, s’expédient exclusivement en Angleterre et s’utilisent pour la fabrication des poteries. L’excursion peut se continuer au S., par Bagno al Morbo, dont les Romains employaient déjà les eaux (Aquæ Volaterranæ), Castelnuovo di Val di Cecina (567 m. ; dilig. de Pomarance, en 2 h. l/a, 1 fr. 50), Sasso et Monterotondo, jusqu’à Massa Marittima (p. 4), où l’on arrive aussi en 3 h. Aux environs de Sasso et de Monterotondo, l’air est rempli de vapeurs et la terre chaude est couverte de sublimé de soufre, de sulfate de fer, etc. Dans le voisinage de Monterotondo se trouve le Lago zolforeo ou lac Sulfureux, dont un entrepreneur français fait évaporer les eaux chaudes.

La route de la gare à la ville de Volterra (11 kil.; omnibus et voitures v. ci-dessus) monte continuellement. La nature argileuse du sol, ridé de nombreuses rigoles, donne à la contrée un aspect désert et tout particulier.

Volterra. Gare, v. ci -dessus. — Hôtels: Albergo Nazionale (pl. a, C 4), piazza dei Ponti, 1 (ch. 2 à 4 fr.), assez bon; La Stella , avec vue, (ch. 1 fr.). — Cafté Bar dota, piazza Maggiore. — Poste et télégraphe, au pal. Pretorio (pl. C 3).

L’industrie des objets d’art en albâtre, depuis longtemps célèbre, occupe près d’un tiers de la population. On trouve les pierres ordinaires dans le voisinage, les pierres fines dans les carrières ae Castellina Marittima (p. 3). La visite ues ateliers est intéressante, et on y achète à meilleur compte qu’à Florence.

Volterra (544 m.), ville de 5522 hab. et siège d’un évêché, est une des plus anciennes villes étrusques. Elle est intéressante sous plus d’un rapport et offre des vues délicieuses jusqu’aux montagnes

VOLTERRA. I.R.2. u

de Pise, aux Apennins et à la mer avec les îles de Gorgona, d’Elbe, de Capraia et de Corse.

Volterra, le Velathri des Etrusques, la Volaterræ des Romains, une des douze villes de l’ancienne confédération étrusque, était tellement forte, qu’elle soutint pendant la guerre civile un siège de deux ans contre les troupes de Sylla. Plus tard, municipe romain, elle tomba peu à peu en décadence, jusqu’à sa destruction complète au x® s. Relevée dans la suite, elle n’a plus que le tiers de son ancienne étendue. Ses meilleures constructions datent du moyen igc} époque de son indépendance, après laquelle elle tomba sous la domination de Florence en 1361. Une dernière résistance aux Florentins se termina par la prise et le sac de la ville, le 17 juin 1472. C’est la patrie du poète satirique Persius (34-62 apr. J.-C.) et du peintre Daniel de Volterra (v. p. 12).

Les *murs d’enceinte de Volterra datent de la plus haute antiquité. Ils ont env. 9 kil. de circuit, c.-à-d. presque trois fois autant que ceux de Eiesole et de Cortone. Les parties le mieux conservées sont au S. -O. de la ville actuelle, non loin de S. Chiara (pl. A 1-2) et an N. de la Porta Fiorentina (pl. C D 1); elles ont 12 ni. de haut, 4 m. d’épaisseur et se composent de blocs de grès jaune («panchina») en assises. Une des vieilles portes subsiste encore, la *Porta all’ Arco (pl.C4), arcade de 6m. de hauteur, décorée de trois têtes méconnaissables en péperin. Le Partone (pl. D 1), autre vieille porte devant celle de Florence, a été considérablement modifié. En dehors de cette porte, plus bas que le cimetière, se trouve l’antique nécropole (pl. D 1), à mi-hauteur de la montagne, à l’endroit appelé Marmini; les tombeaux ont tous été refermés.

Sur la piazza Maggiore est le palais dei Priori, maintenant l'hôtel, de ville (Municipio; pl. 2, C3), bel édifice commencé en 1208 et achevé en 1257, à façade décorée d’écussons de la Renaissance.

Le II® étage renferme une petite oalerik de tableaux: un tableau d’autel (1411) ae Taddeo di Bartolo; une Vierge et six auges de Priamo di Piero ; une Adoration des Bergers (1470) de Bcnvenuto di Giovanni; une Vierge, six saints et deux anges (1491, très endommagée) de Luca Signorelli; une Annonciation (1491, repeinte) du même; un Christ en gloire, entouré de St Benoît, St Romuala, Ste Actinée et Ste Gréciniane, par Dom. Ghirlandaio ; une Descente de Croix (1521) de Roaso Fiorentino ; un St Sébastien de Neri di Bicci; une Vierge et des saints de Franceschini; etc. Cartes d’entrée 50 c., délivrées à la chancellerie (segreteria).

La*cATHÉDRALE (pl. C 3; entrée à dr.), a été consacrée en 1120 par le pape Calixte II et agrandie, dit-on, par Nie. Pisano en 1254.

A l’intérieur, à dr. et à g. de l’entrée, bas-reliefs de la vie des SS. Régulus et Octavien (xiv® s.). La chaire est ornée de sculptures du commencement du xme s.; le maître-autel a de Mino da Fiesolc deux anges qui portent des candélabres. Sarcophage de St Octavien par Raffaele Cioli (1522). Riche plafond d’après Franc. Capriani (1570). — Dans le bras S. du transept, une Descente de croix, groupe de figures en bois du xni® s. — Dans la sacristie, quelques reliquaires des xv® et xvie s.

En face, le baptistère de St -Jean (S. Giovanni; pl. C 3), construction centrale octogone de 1283. La belle arcade du maîtreautel est l’œuvre de Balsinelli da Settignano (xvi® s.) ; les anciens fonts, octogones, d’Andrea Sansovino (1502) et le ciboire de Mino da Fiesole (1471).

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