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PORTO

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Le chemin de fer contourne la ville de la façon indiquée p. 9. — 10 kil. Roma-S. Paolo (p. 9), où aboutit la ligne venant de la station de Trastevere (p. 113). — 15 kil. Magliana. Près de la station, sur la colline à dr., est la vigne Jacobini, l’emplacement du bois des Frères Arvals («fratres Arvales»), corporation des temps les plus reculés du Latium, dont la tradition attribue l’origine aux fils d’Acca Larentia, la nourrice de Romulus.

Les fondements antiques sur lesquels est bâti le casino de la vigne, sont ceux d’un temple de Dea Dia ou d’un temple impérial (Cæsareum). Des fouilles ont mis au jour une partie des actes des Arvals gravés sur pierre du temps de l’Empire (v. p. 187). Dans la plaine au-dessous du bois, de l’autre côté de la route, se trouvent les restes d’une construction carrée avec portique. — Du côté de la colline, un ancien cimetière chrétien avec les restes d’un oratoire du pape St Damase. — Près de là est l’entrée des petites catacombes de Ste-Générosa (fermées), intéressantes par leur disposition primitive et leur bon état de conservation.

Env. 1 kil. au delà, à g. de la voie ferrée, l’anc. château de chasse la Magliana , propriété du couvent de Ste- Cécile. Ce château, auj. en ruine, autrefois le séjour favori de plusieurs papes, en particulier d’innocent VIII, de Jules II et de Léon X, a de beaux ornements de la Renaissance (fresques, au palais des Conservateurs, p. 270).

23 kil. Ponte Galera (p. 9), où l’on change de voiture. L’embranch. de Fiumicino tourne au S.-O.

30 kil. Porto (pas d’hôtels), le Portus Trajani , fut fondé par Trajan l’an 103 de notre ère, parce que le port construit par l’empereur Claude pour remplacer celui d’Ostie (v. p. 468) n’avait suffi que peu de temps. Trajan fit alors creuser un nouveau canal, dit fossa Trajani , qui est maintenant le bras navigable du Tibre. La ville de Trajan, qui accapara bientôt le commerce romain, était située sur le bord de la mer, tandis que Porto en est aujourd’hui à 3 kil. (le delta du fleuve avance de 4 m. par an). Actuellement, Porto se compose de la cathédrale, Ste-Rufine, du xe s., mais complètement modernisée, d’un anc .palais épiscopal, qui renferme des inscriptions et autres antiquités , et d’une Villa du prince Torlonia. Le port de Trajan est auj. un lac peu profond (Logo Traiano). Au N. -O., au milieu des prairies, on distingue encore les contours du port de Claude.

34 kil. Piumicino (Loc. dei Cacciatori), localité dont la fondation remonte à 1825. Le château, Torre Clementina , utilisé aujourd’hui comme poste de douaniers, construit en 1773 par Clément XIY au bord de la mer, en est maintenant à 400 m. Du haut de la tour, vue étendue sur la plage déserte, depuis le cap Linaro au N. (p. 9) jusqu’au cap Circeo au S. Dans le sous-sol, les anciens cachots. Sur la plage, bains de mer (Stabilimento Bagni).

Entre le bras du Tibre qui passe à Fiumicino et celui qui débouche à Ostie se trouve V Isola Sacra , qui tire son nom d’un temple antique, ou de l’Église à laquelle elle fut donnée par Constantin. On passe un pont de bateaux au S. de la station et on arrive par la route de voit, en une heure au bras principal du fleuve, en

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face de la vieille tour du guet dite Torre Bovacciana , où l’on se fait passer en bac (scafa; 15 c.). C’est là que le Tibre avait autrefois son embouchure.

L’Ostie de l’antiquité, fondée par Ancus Martius, s’étendait le long du fleuve à l’E. de la Torre Bovacciana. C’était une grande ville de commerce; on voit encore près de la tour des restes considérables de ses entrepôts (emporium). Du temps d’Auguste, le port était déjà ensablé en partie, mais il conserva encore longtemps son importance. Le christianisme, de même que les autres cultes étrangers, se répandit de bonne heure parmi sa population cosmopolite étrangement bigarrée ; l’évêché d’Ostie, encore aujourd’hui un des plus considérés, fut, selon quelques-uns, fondé parles apôtres. Ste Monique, mère de St Augustin, mourut à Ostie.

L 'Ostie moderne, petit village (Ristor. délia Posta, près du château) où l’on se rend en prenant à dr. du débarcadère et en suivant l’étroit chemin qui passe au pied de la tour, dit via di Torre Bovacciana (1/2 h.), doit sa fondation (830) à Grégoire IY, c.-à-d. qu’elle date de plusieurs siècles après la destruction de la ville antique. Sous Léon IY (847-856), les Sarrasins y subirent une grande

défaite (v. p. 361). Jules II (1503-1513), encore cardinal, fit construire le château de 1483 à 1486 par Baccio Pontelli et Giuliano da Sangallo; plusieurs artistes, entre autres Peruzzi, le décorèrent de fresques maintenant disparues. Dans la cour, inscriptions et sculptures provenant des fouilles. De la tour, vue étendue. L’importance qu’Ostie avait conservée jusqu’alors cessa en 1612, lorsque Paul V rouvrit le bras droit du Tibre à Porto. La jolie église S. Aurea passe pour avoir été construite sous Jules II, sur les plans

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Latium.

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de Baccio Pontelli (?; Meo del Caprina?). — D’Ostie au rivage, 4 kil. ; la route part de l’augle S. de la via di Torre Bovacciana (p. 468).

La visite des *ruines de la ville antique demande au moins 2 h. ; on trouve ordinairement le gardien (2 à 3 fr.) au Casino del Sale (p. 470). En venant du village d’ Ostie, on passe d’abord devant des tombeaux (produits des fouilles, v. p. 332), et on arrive en 8 min. à la porte Romaine de l’ancienne ville. Ensuite on tourne à dr. à une bifurcation et on est bientôt aux nouveaux thermes , petite construction découverte en 1891 , qui a un bassin bien conservé et beaucoup de restes de décoration en marbre. — A l’O. est la caserne des vigiles ou des pompiers, qu’ouvre le gardien. On y voit une cour entourée de colonnes et, à côté, une chapelle renfermant une mosaïque noire et blanche (sacrifice), bien conservée; les piédestaux dans la cour étaient destinés à des statues d’empereurs (ne et me s.). Les autres pièces semblent avoir servi de corps de garde et de logements ; aux murs, graffiti et inscriptions.

Plus loin est le forum, déblayé en 1880-1881. Il forme un carré d’env. 80 m. de côté, et était entouré de portiques, dont celui du S. avait des colonnes de marbre et les autres des colonnes de briques revêtues de stuc. Avec le temps, une partie de ces portiques fut divisée par des cloisons, reconnaissables surtout à l’angle S.-E., en petits espaces qui servirent aux réunions de diverses corporations, telles que celle des bateliers qui transportaient le bois à Rome, celle des bateliers de Terracine, etc. Au milieu du forum se voit le soubassement d’un temple à antes , de 25 m. de long et 11 m. de large; les murs sont dans un état de ruine très avancé et dépouillés, sauf de maigres restes, de leur revêtement en marbre, de même que l’autel au mur du fond de la cella. Au portique du S. est adossé le théâtre, qui date du commencement de l’Empire, peut-être d’Agrippa, et a été restauré deux fois, d’abord en 196-197, puis au ive ou au ve s. avec précipitation et négligence. Il reste des parties considérables de la scène et des gradins.

En prenant à l’angle S.-O. du forum, on arrive dans une rue antique où se voient, à dr., les fondements de trois petits temples tout à fait semblables, dont l’un a encore un autel portant l’inscription «Veneri sacrum». Derrière, un sanctuaire de Mithra (Mithræum ; le gardien en a la clef) , bien conservé , avec des bancs de pierre ; puis une mosaïque représentant les sept divinités planétaires, etc.

De là, par une rue bordée de constructions particulières, on arrive à g. à la maison moderne dite Casino del Sale, d’où part une grande rue antique, de 6 à 7 m. de large, bordée de galeries et bien conservée. Elle aboutit derrière un temple qu’on aperçoit de loin. La cella, parfaitement construite, est bien conservée; le seuil en est formé d’un bloc de marbre noir (afiricano) d’env. 5 m. de long. Il y a un sous-sol voûté, où l’on conservait les objets sacrés («favissæ»). — Plus loin, à env. 10 min. au S.-E., le sanctuaire de

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la Magna Mater , édifice formant un quadrilatère irrégulier, avec une colonnade de chaque côté, où fut trouvée la statue d’Attis mentionnée p. 332. Encore un peu plus au S.-E., sur la route antique de Laurentum, ont été découverts, en 1865, des tombeaux parmi lesquels il y a plusieurs colombaires (p. 316).

De retour au Casino del Sale, on longe le Tibre, à travers les ruines de magasins antiques , où l’on reconnaît que le fleuve a changé de direction, une partie des murs étant dans son lit actuel. L’un de ces magasins a encore dans le sol trente grands vases en terre, destinés à contënir du vin, de l’huile et du grain. — Plus loin, à g., l’entrée d’une magnifique maison à colonnes en cipolin, nommée sans motif palais impérial ; elle renfermait des thermes, un petit sanctuaire de Mithra et de belles mosaïques.

D’Osïie a Rome par la route (21 kil. ; dilig. en 2 h. Va» prix 1 fr. 50). La route, l’anc. via Ostiensis, traverse sur une digue l’anc. Stagno di Ostia, marais qu’on dessèche pour le mettre en culture (« Boniflca di Ostia»). Ce fut un marais salant dès le temps des rois. A 2 kil. d’Ostie, la Colonia Ravennate, colonie agricole coopérative. Plus loin, un petit bois, la Macchia di Ostia , et les collines de Décima. A 9 kil., VOsteria di Malafede, où aboutit, a dr., le chemin de Tor Paterno (v. ci-dessous). On longe ensuite le Tibre, en passant à VOsteria di Mezzocammino , puis à VOsteria Tor di Valle, et on rejoint à VOsteria del Ponticello la via Laurentina. Suite du trajet jusqu’ à Rome v. p. 426, 424.

Une route dénuée d’ombre, à dr. à la sortie du village, du côté N.-E., conduit d’Ostie à Castel Fusano (env. 3 kil.), situé au milieu d’une belle forêt de pins. Ce château, propriété des Chigi et loué en 1888 à la famille royale, fut construit au xvie s. par le marquis Sacchetti et fortifié contre les pirates. Visite, les dim. et jeud., avec permission, comme au Quirinal (v. p. 163). — Un chemin agréable, à pavé de basalte antique, conduit de là au rivage (% h.).

De Castel Fusano à Tor Paterno , métairie aux environs de l’ancien Laurentum , 10 kil. On peut gagner de Tor Paterno la route de Rome à VOsteria di Malafede (15 kil.; v. ci-dessus), par Castel Porziano (8 kil.), rendez-vous de chasse royal sur l’emplacement de l’ancien vicus Augustanus, ou aller avec un guide à Prattica di Mare (7 kil.), village sans importance sur l’emplacement de l’ancien Lavinium à 89 m. d’altit., avec un château féodal des Borghèse.

A 10 kil. de Prattica et 12 de Carroceto (v. ci-dessous) se trouve Ardée (37 m.), la vieille capitale des Rutules, un des quelques endroits qui étaient déjà décriés du temps des empereurs comme infestés par la malaria. Abandonnée pour cela de bonne heure, elle a plus qu’aucune autre vilie latine conservé un caractère antique, surtout dans ses fortifications. Le village moderne et son château des Sforza-Cesarini occupent l’emplacement de la citadelle antique, sur une colline dont les rochers ont été taillés à

Sic. Nombreux restes de murailles énormes de diverses époques; à l’E., eux remparts bien conservés sur plusieurs centaines de mètres avec des fossés, dans le genre de l’enceinte de Servius à Rome.

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