TER RACINE
Envir. de Rome. 479
122 kil. Terracine. hôtels: Alb. Nazionale ou Carlotta , sur la place, recommandé; Alb. Reale délia Posta , à l’extrémité E. de la ville (ch. 1 fr. 25, celles de derrière donnent sur la mer), tous deux avec trattoria. — Café Central, dans la grand’rue. — Agence consulaire de
France.
Terracine , VAnxur des Volsques, nommée Tarracina par les Romains, est une ville de 7597 hab., dans un site magnifique, sur un rocher calcaire qu’on voit briller de loin (Hor., Sat. 1, 5, 26), et siège d’un vieil évêché. Elle est sur la limite naturelle entre le Centre et le Sud de l’Italie. La vieille ville monte le long du promontoire; au-dessus, on remarque les ruines de la ville antique et en particulier le soubassement d’un temple de Vénus qui couronne le sommet.
La route traverse un quartier neuf, créé au XVIIIe s. par Pie VI. En face de l’église S. Salvatore, un petit musée municipal qu’on visite avec une permission du conservateur Pio Capponi. Au delà du canal (Linea Pia) se rattache, au S. -O., un village très primitif composé de vrais gourbis, habités d’oct. en juin par des paysans des Abruzzes («Aquilani») occupés aux travaux des champs.
Dans la vieille ville, sur l’anc. forum, dont le pavé est bien conservé, se trouve la cathédrale St-Césaire sur l’emplacement d’un temple de Rome et d’Auguste, consacré par A. Æmilius, selon une inscription en grands caractères dans les dalles de travertin du pavé. Le portique a dix colonnes antiques, qui reposent sur des lions couchés et d’autres animaux. A dr., une grande cuve en granit qui, d’après l’inscription, servait pour martyriser les chrétiens. A l’intérieur, restes d’un beau pavement en mosaïque (xne s.) ; baldaquin à colonnes antiques cannelées. La chaire repose sur des colonnes à pattes de lions et a de vieilles mosaïques ; la colonne du cierge pascal est de 1245. Dans la salle du chapitre, un bahut en bois (xe ou xie s.), à bas-reliefs. Vue étendue du haut du campanile où conduisent 91 marches, la plupart en bois.
Le sommet du promontoire (Monte S. Angelo ou Teodorico ; 228 m.) se gravit en 1/2 h. à 3/4 d’h., soit directement de la ville neuve, par un chemin escarpé à dr. de S. Salvatore, soit plus commodément de la vieille ville, en passant par une porte cochère à dr. près de la cathédrale et en partie sur du pavé antique, devant des restes de tombeaux et de vieux murs, puis à dr. par une brèche dans le mur de clôture d’un plant d’oliviers et par celui-ci le long d’un autre mur. Là se trouvait, sur une saillie de rocher et sur une terrasse encore conservée soutenue en partie par des arcades, un temple de Vénus obsequens , de 34 m. de long et 20 de large, de proportions vraiment grandioses. La cella, aux murs garnis de demi-colonnes, avait un pavé en mosaïque et renferme encore le piédestal de la statue de la déesse. On a cru jusqu’à l’époque des fouilles de 1894 que les arcades étaient les restes d’un palais de Théodoric, roi des Ostrogoths; l’appellation actuelle repose sur une
480 Bnvir. de Rome. MONT CIRCEO.
inscription et d’autres objets trouvés depuis. La dénomination de temple de Jupiter Anxur est également fausse. *Vue magnifique, embrassant à l’O. la plaine jusqu’aux monts Albains et le mont Circeo, au S. les îles Ponza, à l’E. la plaine de Fondi, le promontoire de Gaëte et le tombeau de Munatius Plancus, enfin l’île d’ischia et par un temps clair, le Vésuve.
A la sortie de Terracine à l’E. se voit un bout de voie romaine intéressant, le Taglio di Pisco Montano. Appius Claudius avait fait passer la route sur la hauteur; plus tard, on pratiqua un large passage au bord de la mer, en taillant le rocher, sur la paroi duquel on voit encore, à partir du haut et de 10 en 10 pieds, des marques dont la dernière, un peu au-dessus de la route actuelle, porte les chiffres CXX.
Un chemin carrossable (18 kil. ; diligence pour S. Felice, une fois par jour en 2 h. Va» 2 f r. ; voit, à 1 chev. 5 fr., à 2 chev. 8 à 10 fr.) conduit le long de la mer de Terracine au mont Circeo ou Circello, le promontorium Circæum des anciens, où la Fable place le palais de la magicienne Circé, fille du Soleil. Le promontoire est un reste d’une ramification des Apennins, engloutie en grande partie, qui bornait les marais Pontins du côté de l’O. ; c’était une île rattachée plus tard à la terre par les alluvions. Sur le versant E., la petite localité S. Felice Circeo (98 m.; Locanda Capponi, très simple) compte 1615 hab. et a un vieux château des Caetani. Belle vue du haut de la tour (xn« s.). De cet endroit, on suit par un bon sentier les poteaux du télégraphe passant un peu en dessus d’un beau mur polygonal cyclopéen, dit Civita ou Cittadella vecchia, qui entourait l’anc. ville de Ctrcci ou Circei, colonie romaine depuis 393, encore existante du temps de Cicéron, pour parvenir en 1 h. au sémaphore (374 m.). Vue superbe: au S.-E., Ischia, Caprée et le Vésuve, bien distincts; vers l’E. et le N.-E., les montagnes jusque près de Velletri; au S., la mer et les îles Ponza. — Du sommet de la montagne (541 m.), panorama complet comprenant le dôme de St-Pierre qu’on aperçoit par un temps clair; on y monte en 2 h. Vs env. de S. Felice avec un guide (1 fr. à 1.50), à la fin par un sentier escarpé et pierreux assez pénible. Dans le haut, restes d’un prétendu temple de Circé.
Çà et là, disséminés sur la montagne, sont des restes de constructions romaines, entre autres au N., à mi-hauteur, sous de grands arbres, à g. du chemin qui mène au lac de Paola, des murs romains et la Fontana di Mezzo Monte. De plus, sur la côte au N. de la montagne, près du lac de Paola, qui servait de port à la ville de Cercei, restes de villas et d’autres constructions, entre autres une prétendue piscine de Lucullus , et plus loin au N.-E. la Fonte délia Bagnaia. Cicéron et Atticus, Tibère et Domitien aimaient à y séjourner. — Le promontoire a du côté de la mer plusieurs grottes, en partie très étendues, quelques-unes accessibles seulement en barque. Les personnes pressées peuvent de Terracine monter au sémaphore et en revenir en une journée.
Promenade intéressante en barque (env. 6 fr.) au N.-E. de Terracine sur le lac de Fondi, golfe marécageux séparé de la mer par un terrain d’alluvion, et entouré d’épaisses forêts; il communique à la mer par deux canaux; on entre par celui de l’E., près de la Torre S. Anastasia, pour ressortir par celui de l’O., près de la Torre Canneto. Le lac portait jadis le nom de lacus Fundanus ou Amyclanus, rappelant le souvenir d’une ville disparue, Amyclæ, fondée à cet endroit par des Laconiens fugitifs.
De Terracine à Formies et à Gaëte, v. V Italie méridionale , par Bædeker.
TABLE ALPHABÉTIQUE