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CORI

Mont, du pays

même occupe en partie la cella du temple. Huit colonnes et leur frise en travertin, avec traces de revêtement en stuc, sont conservées; leurs formes et leurs proportions témoignent d’une dégénération du style dorique depuis son introduction en Italie. L’inscription à l’entrée de la cella, rappelant la construction du temple par les magistrats de la ville (duumviri, dans le genre des consuls de Rome), est du temps de Sylla. A l’intérieur (25 c.), on voit un autel antique en marbre qui sert de fonts baptismaux. Très belle vue sur la ville, la mer, la plaine et le mont Circeo.

Descendant ensuite à la via S. Salvatore, on y voit deux colonnes corinthiennes; d’après l’inscription de l’architrave, il y avait là, au temps de Sylla, un temple de Castor et Pollux. Ce temple paraît avoir eu six colonnes sur la façade, celles qui subsistent en auraient occupé le milieu. — Plus bas encore, au vicolo di Pozzo Dorico et à la place Pizzitonico, se trouvent dos restes de substructions de grandes citernes qui prouvent que, déjà dans l’antiquité, les habitants de Cori n’avaient que de l’eau de pluie.

A la porte Ninfina, où l’on voit également un pan considérable des murs antiques, est un ravin profond traversé par le Ponte délia Catena , vieux pont romain à triple rangée de blocs de tuf.

On va de Cori à Norba (v. p. 477) par de beaux chemins assez pénibles, sur le versant de la montagne; à cheval ou à pied, 2 h. >/ 2 à 3 h. ; guide nécessaire (3 à 4 fr.).

61 kil. Cisterna di Borna, stat. pour la petite ville de ce nom (77 m., diligence seulement depuis Velletri), à 6 kil. à l’O., avec un château des Caetani, sur la dernière colline au-dessus des marais Pontins. C’est la Cisterna Neronis du moyen âge, qu’on suppose bâtie sur l’emplacement des Très Tabernæ où St Paul rencontra, dans son voyage à Rome, les amis venus de là au-devant de lui (Act. des Ap., 28). De Cisterna, chemin carrossable au S. -O. menant à (10 kil.) Conca (27 m.), propriété rurale sur l’emplacement de l’antique Satricum.

70 kil. Norma-Ninfa, stat. pour Norma située sur la hauteur, à 6 kil. à l’E. (v. plus bas ; dilig. en 1 h. ,/2) et pour les *ruines couvertes de lierre de Ninfa, ville du moyen âge située tout près, à l’O. de la gare. La plupart des constructions datent des xii° et xme s.; on y reconnaît un château des Caetani, un couvent, des églises ornées de fresques ternies, et même des rues. Cette ville a été abandonnée à cause des exhalaisons des marécages; aujourd’hui encore, on évite d’y aller en été; en revanche, la visite est très agréable en avril et mai, au moment de la floraison.

De la gare, on monte à Norma en 1 h. Va à pied en suivant la route l’espace de 200 pas et en continuant à g. par des sentiers escarpés.

Norma (417 m. ; Locanda délia Fortuna, passable) est une petite ville de montagne de 2559 hab. A */4 d’h. au N. -O., sur le chemin de montagne menant à Cori, se trouvent les ruines de Norba („Civitau), colonie latine depuis l’an 492 av. J.-C., prise et détruite

des Volsques.

MARAIS PONTINS. Envir. de Rovie. 477

par les partisans de Sylla pendant les guerres civiles. Le mur d’enceinte, du style polygonal et bien conservé, avait env. 2 kil. 5 de circonférence; son origine n’est pas antérieure à l’époque de la République. On y reconnaît plusieurs tours, une porte et, à l’intérieur, les restes de quatre temples. Pour les trouvailles les plus importantes faites pendant les fouilles commencées en 1901, v p. 186. On a de plus installé sur place un petit musée.

Il y a de Norma des sentiers pénibles, à travers la montagne, par lesquels on peut aller à cheval (env. 5 fr. avec le guide) en 4 h. à Morptelanico (p. 474), et en 4 à 5 h. à Carpineto (13 kil. ; p. 474).

73 kil., stat. Serinoneta-Bassiano. A 1 kil. au N.-E. de la gare, au sortir du Val Carella , se trouve l’église abbatiale de Valvisciolo (104 m.; xme s.). De l’autre côté de la vallée, la route passe à (5 kil.) Norma (p. 476), tandis que la route de (7 kil.) Bassiano (562 m.) remonte le Val Carella d’abord au N.-E., plus loin au S.-E. De Bassiano au sommet de la Sernprevisa en 4 h. env. avec un guide, vers le N.-E.; la sommité, de 1536 m. de hauteur, offre une vue étendue; on peut descendre sur Carpineto Romano (p. 474). - — Sermoneta (257 m.) est une petite ville moyenâgeuse de 1151 hab., désolée par la malaria, à 3 kil. au S. de l’église abbatiale déjà citée. On y remarque, à l’église S. Giuseppe des peintures de Girolamo Sicciolante da Sermoneta (m. 1580), et à la cathédrale une Vierge attribuée à Benozzo Gozzoli. La ville est dominée par un château bien conservé des Caetaui qui la possèdent depuis 1297 et portent le titre de ducs de Sermoneta. De 1500 à 1503, ce château fut occupé par le pape Alexandre VI (Borgia), habité par Lucrèce et fortifié par César, ses fils; c’est de cette époque que datent les nombreux cachots. Dans le donjon et dans quelques salles, fresques du xive et du xve siècle.

Le ch. de fer passe ensuite en amont des marais Pontins (Paludi Poutine ), qui s’étendent des montagnes à la mer sur une largeur de 10 à 18 kil. et une longueur maximale de 50 kil. de Cisterna à Terracine, recouvrant ainsi une superficie de 750 kil. car. Une grande partie est maintenant en culture et en pâturage; les endroits marécageux sont le séjour favori des buffles. Du côté de la mer, il y a un maquis riche en chênes-liège. En été*, la malaria infeste tout le pays.

Cette contrée était jadis une plaine bien cultivée, qui commença à se transformer en marais dans les derniers siècles de la République, époque de la décadence de l’agriculture libre. La cause de cette calamité est le manque total de pente dans le terrain qui forme une dépression parallèle à la chaîne des Apennins sans issue du côté de la mer à cause des dunes qui obstruent le passage. Beaucoup de sources souterraines se font jour à la surface et les ruisseaux et canaux ne suffisent pas pour absorber rapidement la masse d’eau venant des montagnes lors des grandes pluies. Toutes les tentatives de dessèchement faites, peut-être dès 312 av. J.-C., par Appius Claudius (p. 420), puis 160 ans av. J.-C., par le consul Cornélius Céthégus, ensuite par Jules César, Auguste, Nerva et Trajan, et par Théodoric, roi des Ostrogoths, sont restées sans résultat définitif. Au nombre des papes qui s’intéressèrent à ces travaux,

478 Envir. de Rome.

SEZZE.

Mont, du pays

il faut citer Boniface VIII, Martin V, Sixte-Quint et surtout Pie VI, qui remit l’anc. voie Appienne en parfait état. En 1899 le gouvernement italien a promulgué un nouveau plan de dessèchement qui consiste à capter par des canaux périphériques tous les cours d’eau qu’on conduirait alors à la mer. La plus grande partie de la zone d’inondation sc dessécherait ainsi d’ellemême, tandis qu’on mettrait à sec les parties les plus basses par un système de digues et de canaux, aussi bien que par des moyens mécaniques.

84 kil. Sezze (38 m.). La ville (319 m.; Loc. Salvatore Valenti, ch. 1 fr., simple), à 5 kil. au-dessus de la station (dilig. 75 c., retour 50 c.), porte le surnom de Romano et compte 10827 hab. C’est la Setia des anciens Volsques, colonie romaine dès 382 av. J.-C., souvent mentionnée dans les guerres jusqu’au temps de Sylla. Devenue insignifiante sous l’Empire, elle était cependant bien connue par son vin, qu’Auguste préférait même au Falerne. Il subsiste des restes importants de l’anc. enceinte de la ville, en blocs de pierre de taille à bossages rustiques. Un imposant soubassement à dr. au-dessus de l’entrée de la ville, appelé sans motif le temple de Saturne , appartient au même genre de construction.

Plus loin sur la dr., on aperçoit la route qui traverse la plaine Poutine en ligne droite, suivant la direction de l’anc. voie Appienne, et P Ufente , l’ Ufens de l’antiquité ; à g., le mont Trevi (505 m.), avec les ruines d’une ville détruite au xvic s. par les habitants de Sezze.

98 kil. Piperno (42 m.). La ville elle-même (150 m.; Loc. Vedova Giordani, ch. 1 fr.), située sur la hauteur à 500 m. de la station, a 6736 hab. Elle a été fondée au commencement du moyen âge par des réfugiés de Privernum, anc. ville des Volsques. (Les restes qu’on a découverts en 1899, à 2 kil. au N., sur la route, ne peuvent pourtant provenir que du Privernum romain.) Sur la place pittoresque s’élève la cathédrale , de 1283, dont l’intérieur a été refait en 1782.

Charmant coup d’œil à g. dans la vallée de VAmaseno , dont les hauteurs sont couronnées de vieux châteaux et de localités : Roccagorga , Maenza, Prossedi et Roccasecca. Plus loin, la voie ferrée franchit la rivière.

103 kil. Sonnino (17 m.). La localité (430 m.), qui compte 4518 hab., est à 6 kil. au S.-E. Elle était autrefois célèbre par les costumes pittoresques de ses femmes et par ses brigands, parmi lesquels le peintre Léopold Robert (m. 1835) fit ses études.

A 1 kil. 5 au N. de la station de Sonnino se trouve Fossanova, couvent de cisterciens où St Thomas d’Aquin mourut en 1274, en se rendant au concile de Lyon. L’église conventuelle, construite de 1187 à 1208 et maintenant restaurée, à trois nefs avec une abside rectangulaire et un campanile octogone sur la croisée, est le plus ancien spécimen du style goth. en Italie. Le cloître, la salle du chapitre et le réfectoire méritent une visite. Dans une des chambres se voit un bas-relief attribué à tort au Bernin et représentant la mort de St Thomas d’Aquin. De Fossanova à Piperno (v. ci-dessus), 6 kil.

111 kil. Frasso. Sur le versant du mont Leano (676 m.) se trouvait le très ancien sanctuaire de la Feronia (Hor., Sat. i, 5, 23). Le ch. de fer rejoint ici la voie Appienne antique.

des Volsques.

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