De Florence a Sienne, par Empoli
95 kil. Ch. de fer. Train omn. (wagons directs dans quelques trains). Trajet en 2 h. s/4 à 3 h. Va* Prix: 11 fr. 05, 7 fr. 75 et 5 fr. En été, les mardi, jeud. et sam., train éclair en 2 h. 1li) 12 fr. 15 et 8 fr. 50.
De Florence à (31 kil.) Empoli (buffet), Pise et Livourne, v. Y Italie septentrionale , par Bædeker.
La ligne de Sienne traverse la fertile vallée de Y Eisa, en suivant la rive droite de la rivière. Sur la hauteur à dr., S. Miniato , anc. château de Frédéric Barberousse. — 36 kil. Ponte a Eisa. — 42 kil. Granaiolo. — 48 kil. Castel fiorentino, à g. sur le flanc de la colline (108 m.), principale localité du Val d’Eisa.
A 11 kil. au S.-O. de Castclfiorentino (dilig. 3 fois par j. en 1 h.) se trouve la petite ville de Montaione (342 m.; Alb. Ciulli, ch. 1 fr.), encore entourée ae murailles, avec une population de 3673 hab.; à 6 kil. de là, au S.-O., est S. Vivcildo, couvent aes franciscains, qui possède quatorze groupes en terre cuite émaillée figurant la Passion au Christ, peut-être ae l’école des délia Robbia.
56 kil. Certaldo (130 m.; Mb. délia St azione, via Umberto I, près de la gare, ch. 1 fr. 50), localité de 4522 hab., sur le versant d’une colline à g. C’est la patrie de Boccace , qui y mourut en 1375 (né à Paris en 1313). Sa statue par Aug. Passaglia (1879) se trouve sur la place principale. Son tombeau se trouvait dans la ville haute, dans l’église des SS. Michèle e Jacopo, qui renferme une plaque commémorative de 1503 et un buste par Griov. Rustici. Non loin de là, la maison du poète, Casa di Boccaccio , restaurée en 1823 par la comtesse Carlotta Lenzoni-Medici et garnie de meubles anciens. Belle vue depuis la tour. Le Palazzo Pretorio , orné d’armoiries, contient des fresques détériorées.
Une route carrossable conduit au S. de Certaldo à (11 kil.) S. Gimigtiano (p. 17); prix d’une voit, à 1 chev.: 1 pers. 3 fr., 2 à 3 pers. 4 fr., aller et retour, 5 h. d’arrêt, 5 et 6 fr. ; à 2 en., 8 et 12 fr.
Avant (64 kil.) Barberino di Val d’Eisa, S. Gimignano se montre un instant à dr.
SAN GIMIGNANO
69 kil. Poggibonsi (Mb. delV Aquila, en face de la gare; ch. 1 fr. à 1 fr. 50, bon), ville de 7886 hab., située à dr. A 1 kil. 5 au S., sur la hauteur, l’ancienne forteresse et le couvent de S. Luc chese. L’église de la forteresse renferme un tableau d’autel (Apparition de Jésus à la Madeleine); dans l’anc. réfectoire, fresques de Gerino da Pistoia.
De Poggibonsi a Colle di Val d’Elsa: 8 kil., ch. de fer, trajet en 17 min. ; 75 et 45 c. Voit. (v. ci-dessous) ; à 1 chev. 1 fr. 50, à 2 cher. 3 fr. 50, aller et retour 2 fr. 50 et 5 fr. — Colle di Val d’Elsa (hôtels: Venezia, ch. 1 fr. 20; Buon Sog giorno , tous deux assez simples), vieille ville épiscopale* de 5862 hab. Dans la ville basse ( Colle basso, 137 m.), usines et verreries; dans la ville haute ( Colle alto, 223 m.), les palais de la vieille aristocratie, entre autres le pal. Ceccerelli, par Ant. da Sangallo le J. (xvie s.), la maison d’Arnolfo di Cambio (1232-1301), premier architecte de la cathédrale de Florence, et la cathédrale. Cet édifice, du xmes., avec une façade restaurée sans goût, renferme une chaire en marbre, dont la partie inférieure est du xme s. et la partie supérieure, ornée de basreliefs représentant des saints, du xvi* s. Stalles du xvn® s. — De Colle di Val d’Elsa à Volterra, v. p. 13.
De Poggibonsi a S. Gimignano: 12 kil. de route; voit, partie, à la gare (faire prix; les touristes avisés voyagent à meilleur marché), à 1 chev. 4 ou (3 à 4 pers.) 5 fr., à 2 chev. 8 fr., aller et retour 6 ou 7 fr. et 10 fr.; arrêt à S. Gimignano, 50 c. par heure pour les voit, à 1 chev., 75 c. pour celles à 2 chev. ; malle 50 c., petits colis 20 c. Omnibus, eu 2 h. (retour en 1 h. V*), 80 c. : à 8 h Va du mat. et 8 h. du s., repartant à 6 h. */a du mat. et 5 h. Va du soir. Le môme jour, on peut continuer sa route en voiture jusqu’à Sienne (3 h. ‘/aî v. p. 20, aussi par Colle di Val d’Elsa) ou jusqu’à Volterra (3 h. Val v- plus bas et p. 13). Voit, à 1 chev. do Poggibonsi à Sienne par la route directe (env. 26 kil.) 6 fr., à 2 chev. 8 fr., aller et retour 8 fr. et 10 fr. V. aussi p. 21.
San Gimignano. — Hôtels (v. p. xv): Alb. Leon Bianco (pl. a, B 4), via S. Giovanni (22 ch. dep. 1 fr. 50, p. 5 à 6) ; Alb. Centrale (pl. b, C 8), piazza Cavour, 4 (ch. 1 fr. 50, p. 4 à 6), tous deux recommandes.
Voitures: pour Poggibonsi ou Colle di Val d’Elsa, à 1 chev. 1 pers. 2 fr. 50, 2 ou 3 pers. 3 fr. ; à 2 chev. 4 fr. 50; aller et retour 3, 4 et 6 fr. ; pour Certaldo, à 1 chev. 2 fr. 50 et 3 fr., à 2 chev. 6 fr., aller et retour 3.50, 4.50 et 7 fr. ; pour Volterra, à 1 chev. 5.50 et 7 fr., à 2 chev. 12 fr., aller et retour 7.50, 10 et 18 fr. Pour les courses d’aller et retour, on paye eu plus 50 c. par heure d’arrêt pour les voit, à 1 chev., 75 c. pour celles à 2 chev.
San Gimignano (332 m.), ville de 4060 hab., sur une hauteur, était prospère et indépendante au xme et au xive s., mais elle déchut par suite des querelles entre les deux principales familles, les Salvucci (gibelins) et les Ardinghelli (guelfes), et tomba’sous la dépendance de Florence à partir de 1353. Ses murs, scs tours, qui l’ont fait surnommer «S. Gimignano delle belle torri», ses vieilles rues, reportent le visiteur aux temps du moyen âge. Il y a peu de villes de Toscane qui présentent une image aussi fidèle du siècle fe Dante.
La piazza Vittorio Kmanuele (pl. B C 3), ornée de beaux édifices, dorme le centre de la ville.
Le *Palazzo Comunale (pl. B 3), du style gothique, bâti de 1288 à 1323 pour servir de résidence au podestat ( Palazzo del Podestù),
Bædeker. Italie centrale. 14° édition. 2
SAN GIMIGNANO
De Florence
renferme dep. 1906 un Museo Civico. Conservateur, le prof. Ugo Nomi-Pesciolini. Entrée 1 fr., tous les jours de 9 h. à 5 h.
Au 2° étage, la salle du Conseil ou Sala di Dante (I) a une grande fresque (Maestà) de Lippo Memmi (p. 24), restaurée et complétée en 1467 par Benozzo Gozzoli (p. 19), la Vierge entourée de saints, d’anges et du donateur agenouillé, le podestat Nello deiTolomei (1317); les autres fresques datent de 1291. C’est dans cette salle que Dante, envoyé de Florence, fit valoir, le 7 mai 1300 (et non en 1299), les avantages et la nécessité d’une adhésion à la ligue guelfe. Au même étage se trouvent encore deux salles (II et III) renfermant des collections relatives à l’histoire de la ville (Raccolta cittadina), la Stanza dell’ Udienza Segreta (IV) et la Stanza dei Marmi (V). — A. l’entresol, la Stanza della Trinità (VI) contient des bahuts sculptés, des bustes, un tapis oriental et une fresque de Pier Francesco Fiorentino. — Au 3® étage, la Stanza della Torre (VII) comprend des armes, des bronzes, des verres et la Galerie de peintures {Galleria ; VIII) qui possède quelques tableaux de Seb. Mainardi , élève du Ghirlandaio, Filippino Lippi (2 tabl. ronds, l’Annonciation, de 1483), Fra Paolino, le Pinturicchio (Vierge et deux saints, de 1511), Taddeo di Bartolo (tabl. avec vue de S. Gimignano), etc., et des stalles en marqueterie, de 1490. De plus, dans la salle IX, des vases en terre cuite provenant de la pharmacie de l’hôpital S. Fina (xvie-xvm® s.) et enfin dans la salle X une collection d’antiquités étrusques et un médaillier. — A la sortie du côté de la cour, à g., l’anc. chapelle delle Carceri (XI) divisée en deux par un mur moderne et ornée de belles fresques par le Sodoma (?): St Yvon (m. 1303) rendant la justice et trois figures allégoriques, la Vérité, la Prudence et le Mensonge.
La tour de laCommune (Torre del Comune; 53 m.) est la plus haute des treize tours de la ville qui subsistent encore. La plus grosse de ses trois cloches est de 1348.
A côté, la cathédrale, appelée ordinairement la *collégiale (Collegiata ; pl. B 3), du xne s., agrandie depuis 1466 par Giuliano da Maiano, a des fresques des xive et xve s.
A l’entrée, le Martyre de St Sébastien, fresque par Benozzo Gozzoli (1465) ; l’Annonciation, deux statues en bois du xiv® s. par Martinus Bartolomæi, de Sienne. Dans la grande nef, au-dessus du St Sébastien et des arcades contiguës, le Jugement dernier, le Paradis et l’Enfer, par Taddeo di Bartolo (1393). Dans le bas côté de dr., la Vie de Jésus par le Barna (1380). Dans le bas côté de g., des Scènes de l’Ancien Testament, par Bartolo di Fredi (1356). — La' chapelle dédiée à Ste Fina , la dernière à dr. , qui contient les reliques de la sainte, morte à l’âge de 15 ans, a des ornements d’une valeur considérable. L’architecture est de Giuliano da Maiano (1468), l’autel, de Benedetto da Maiano (1475). Les deux ♦fresques des murs latéraux, peintes avant 1475 par le Ghirlandaio et restaurées en 1832, sont la plus ancienne et l’une des meilleures créations de ce peintre; elles représentent la Vision de la sainte et ses Obsèques (dans le fond, les tours de la ville), sont remarquables par la vive animation des figures bien individualisées et respirent un air de profonde émotion et de noble austérité. — Dans le chœur, au milieu du mur de dr., le Couronnement de la Vierge, par Piero Pollaiuolo (1483). A dr., la Vierge et des saints, par Benozzo Gozzoli (1466). Au mur de g., une autre Vierge, par Vinc. Tamagni. — A g. du chœur, l’oratoire St-Jean, décoré d’une Annonciation du Ghirlandaio (1482) et de fonts (1379). — Dans la sacristie, un tabernacle par Benedetto da Maiano , répétition
Ïlus petite d’un autre à St -Dominique de Sienne (p. 38), et un buste ’Onofrio di Pietro, exécuté dans son atelier
En face de la cathédrale, l’anc. palais du Podestat , des xiii® et XIVe s., avec large porte voûtée, sert actuellement de théâtre
à Sienne.
SAN GIMIGNANO
(Teatro dei Leggieri). La tour, TorredelV Ordogio (pi. C 3), indique la hauteur (51 m.) que ne devaient point dépasser celles que construisaient les particuliers.
La via S. Matteo descend de la place Vitt. Emanuele, en passant aux deux tours des S alvucci vers une vieille porte (Arco délia Cancelleria) qui a marqué jusqu’au milieu du XIIIe s. la limite de la ville. Ensuite à dr., la Biblioteca comunale qui contient 30 000 vol.
— Plus loin, à dr., S. Bartolo (pl. B 2; primitivement S. Matteo), avec une façade du xmes.; puis le palais Pesdolini. — A dr. s’embranche la via Venti Settembre (pl. B C 2-1) où se trouve, à. g., l’église Ste-Claire ; plus loin à dr., Yhôpital S. Fina (pl. C 2) et S. Girolamo , qui a derrière le maître-autel une Vierge et des saints par Vincenzo Tamagni (1522; la gloire est moderne); enfin, près de la porte St -Jacques (pl. I) 1), maintenant démolie, à g., S. Jacopo, église des templiers, du xn® s., qui a des fresques du XIIIe ou du xive s., par un maître de Sienne. En sortant, on a une vue magnifique sur la ville et ses environs.
De la via Venti Settembre, la via delle Romite, à l’O. de l’église Ste-Claire, conduit au N. à St -Augustin (S. Agostino ; pl. B 1), église de 1280-1298, qui a des * fresques célèbres de Benozzo Gozzoli (1403-1467), le charmant élève de l’Angelico. Ces fresques suffisent à elles seules pour motiver la visite de S. Gimignano. Le sacristain demeure dans le voisinage, «Palazzo délia Vergine», en descendant un peu au delà de la via Venti Settembre.
Les fresques do Benozzo Gozzoli , dans le chœur de l’église, au nombre de dix -sept compositions, représentent la vie de St Augustin, depuis son entrée dans l’école des grammairiens jusqu’à sa mort. Elles ne sont pas toutes également bien conservées ni également bonnes. Les plus remarquables sont: (6) St Augustin, professeur de rhétorique à Rome, (13) la Mort de Ste Monique et surtout (17) St Augustin sur la civière.
— En outre, dans la chapelle St-Guili,aumk, à dr. du chœur: la Nativité et la Mort de la Vierge, par Bartolo di Fredi, remarquables par les types populaires; dans la chapelle du St-Sacrement, à g. du chœur, la Nativité de la Vierge de Vinc. Tamagni. — Viennent ensuite, du côté g. de l’église: St Géminicn et trois personnages en adoration, par Seb. Mainardi: St Sébastien, le saint qu’on invoque contre la peste, symbolisée par des foudres, fresque de Ben. Gozzoli (14(>4), moins importante que celles du chœur. — A dr. de l’entrée principale, dans la chap. S. Bartolo: un bel autel du saint, œuvre capitale de Befiedetto du Maiano , dont les peintures sont bien conservées (1494); des fresques de Seb. Mainardi , trois saints (1500), et un pavé en majolique du xvBs.
De retour à la place Vict.-Emm., on parvient à la place Cavour (pl. C3), anc. piazza délia Cistcrna, où se trouvent le j)alais Friani et les deux tours des Ardinghelli (v. p. 17), maintenant assez peu élevées. La via delCastello, à l’E., conduit à l’ancienne église S.Lorenzo in Ponte (pl. C 3), qui a un porche du xme s., actuellement muré. — On remarquera aux maisons les ornements en terre cuite dcl fenêtres, dont les voussures sont en partie en forme de fer à cheval.
La via S. Giovanni descend de la place Cavour, à dr., au palais Pratellesi (pl. B 4) qui a, dans la grande salle du premier étage, une
SIENNE
fresque de Vinc. Tamagni, les Fiançailles de Ste Catherine et des saints (1528). Plus loin, dans la rue, une Vierge de Seb. Mainardi.
Belle vue de la Rocca (pl. A B 3), point culminant des anc. fortifications, de 1353, à dr. au-dessus de la cathédrale, dans un jardin particulier.
A quelques minutes hors de la Porta delle Fonti, se voient Le Fonti (pl. D 2), buanderie pittoresque qui date des xin® et xiv®s. — Al kil. au S., devant la porte S. Giovanni, l’ancien couvent Monte Oliveto ; dans le cloître, une Crucifixion de Benozzo Gozzoli. Un peu plus loin, S. Lucia, avec un tableau de Paolino da Pistoia. — A3 kil. 5 au N.-O., devant la
Sorte S. Matteo, l’église Pieve di Cellole ou Cellori ( 395 m.) qui date e 1237; elle est remarquable par ses curieux chapiteaux et l’étrange ornementation de son abside. Belle vue.
Au delà de Poggibonsi, la ligne de Sienne commence à monter considérablement; elle quitte les terrains de l’époque tertiaire pour entrer dans la région déchirée de la Toscane centrale. Cette région est dominée par la Montagnola Senese (671 m.), groupe calcaire boisé qui a de nombreuses cavernes et est soumis à l’action des eaux souterraines. A dr., Staggia et son château du moyen âge. — 80 kil. Castellina in Chianti (stat. à 11 kil. au S. -O. de la localité). Non loin de là, aussi à dr., le château pittoresque de Monteriggioni (231 m.; xme s.) dont on aperçoit, au-dessus de la haute ruraille d’enceinte, les quatre tours, seuls restes de celles mentionnées par Dante (Inf. xxxi. 40). La voie ferrée franchit ensuite la ligne de faîte et atteint la région supérieure de l’Arbia après avoir traversé un tunnel de 1500 m.