‹ Italie centrale, RomeChapitre 36 sur 321 · Sienne · texte numérisé non relu

Sienne

Hôtels (v. p. xv): *Gv.-ÏL Continental (pl. b, C4), via Cavour, 15, en face de la poste (belle vue dep. les chambres de derrière), avec ascens. et chauff. central (60 ch. depuis 3 fr. 50, rep. 1.50, 3.50 et 5, v. n. c., p. 9 à 14, omn. 1); ^-Grand-Hôtel & Royal (pl. a, C 3), via Cavour, 39, donnant par derrière sur la Lizza (p. 39), avec ascens. et chauff. central dans les salles (42 ch. dep. 3 fr., rep. 1.50, 3.50 et 5, v. n. c., p. 9 à 12, omn. 1). — A l’italienne: Aquila Nera (pl. c, C 5), via Cavour, 3, avec restaurant et lum. électr. (40 ch. dep. 2 fr. 75, 1er déj. 1, p. 8 à 9 v. c. , omn. 75 c.), généralement recomm. — Bonnes maisons de 2® ordre avec restaur.: La Scala (pl. d, C5), piazza S. Giovanni, en face de l’église (p. 27; ch. 2 fr., p. 5 à 8); La Toscana, via dcl Re, 4 (40 ch. à 2 fr., 1er déj. 75 c., p. 5 à 6), recomm.; Le Tre Donzelle, via delle Donzelle, 3, mêmes prix; La Patria, via dei Termini, 4 (ch. 1 fr. 50); Tre Mori , piazza Cairoli, 1 (pl. C 3 ; 20 ch. à 1 et 2 fr.), convenable.

Pensions, généralement recommandées et fréquentées surtout par les Anglais, la plupart avec vue et lum. électr.: Chiusarelli, vialc Curtatone, 3 (pl. B 4; 80 ch., p. 5 à 7 fr.); S. Caterina (Lucchetti), via delle Belle Arti, 31 (17 ch., p. 5 à 6 fr.) ; Saccaro, via Sallustio Bandini, 19 (pl. D5; p. 5 à 6 fr.) ; Lucchini-Corsi , via Ricasoli , 54 (p. 5fr.); Mariani , via

t En raison de sa situation sur trois collines (v. p. 22), la ville de Sienne a toujours compris trois quartiers: le Terzo di Città au S. -O., le Terzo di S. Martino au S.-E. et le Terzo di Camollia au N. - Les rues latérales, étroites et escarpées, portent le nom de costarelle.

Aaciarto,/ Qraisi

100 y e tri

kwlfr?

ïrQs\

Wagner k Debes.Letpiig

Renseign. divers.

SIENNE

Cavour, 12 (p. 5 fr.) ; Villa Manzoni (Cesari), au delà de la Porta Pispiui (v. pl. F G), avec jardin (p. 6 fr.) ; Daus, via di Camollia, 26 (pl. C 2 ; p.

6 fr.) ; Livia Gati, via de’ Servi, 1 (pl. E 7; 8 ch., p. 4 à 5 fr.); Romualdi , via delle Belle Arti, 19 (p. 5 fr.) ; Quinti-Rigoni, piazza S. Francesco, 2biH (pl. DE 4; p. 5 à G fr.). Plus simples: Giuseppa Alessandri, via Sallustio Bandini, 19, au 2e (pl. D5; p. 4 à 6fr.); Aspasia Mirolli, via Cavour, 58, au 3® (8 ch., p. 3.50 à 4 fr.) ; Gabrielli, via Franciosa, 56 (p. 4 fr.).

Restaurants (tous recomm.). Dans les hôtels. De plus: Ristor. Bonifazi, via di Città, 2 (pl. C 5) ; Cannon d'Oro , via Cavour, 26 (pl. C4), avec jardin -restaurant près du Teatro délia Lizza (pl. B 2-3); il Sasso (chambres), via Cavour, près de la poste; Centrale , costarella dei Barbiéri; Eden, au N., aux portes de la ville (v. p. 40).

Cafés: C. Greco , via di Città, en face de la Loggia di Mercanzia (p. 25); Pasticceria Mosca, à l’hôt. Aquila Nera, bon; C. del Centra (ltauch), via Giuseppe Pianigiani. Le panforte, pain d’épices très apprécié, est une spécialité tfo Sienne. — Bière: chez Bader, sur la promenade de la Lizza (p. 39) et dans les cafés mentionnés ci-dessus.

Omnibus à trolley (Filovia elettrica), toutes les ‘/ïh., de la piazza dell’ Indipendenza (pl. C5): au N., à la Porta Camollia (pl. B 1) et Fontebecci ; au S., à la Porta S. Marco (pl. A 8; ne fonctionne plus) ou bien à la Porta Romana (pl. E 8) etValli. Prix: 10, 15, 25 et 30 c.

Voitures déplacé (à l chcv.). Dans V intérieur de la ville (Città): à la course, de jour 80 c., de nuit (c.-à-d. 1 h. apr. le coucher du soleil jusqu’à l’aube) 1 fr. ; à l’heure, lr® demi-heure 1 fr. 20, do nuit 1 fr. 30, chaque l/4 d’h. en sus 40 et 50 c. — Dans les faubourgs (Suburbio), y compris la gare, le Palazzo dei Diavoli (p. 40) et le cimetière de la Miséricorde (p. 32): pour la ville ou vice -versa 1 fr., de nuit 1 fr. 30; hors des murs d’enceinte 1 fr. 30 et 1 fr. 50; à l’heure, l1® demi-heure 1 fr. 30, chaque l/4 d’h. en sus 50 c. — Dans les environs (Campagna ; v. aussi ci-dessous): lr® heure 2 fr. 50, chaque ‘/a h. en sus 1 fr. — Malle 30 c., valise 20 c.

Pour les courses aux environs de la ville, les voituriers Lorenzo Franci (via Ricasoli, 19), Ant. Gracci (via delle Terme, 3) et Natale Turilazzi (via Cavour, 23) ont convenu du tarif suivant (aller et retour; pourboire compris): couvent de V Observance (p. 40) ou Monistero (p. 41), a 1 chev., 2 pers. 4 fr., 4 pers. 5 fr. ; à 2 chev., 4 pers. 6 fr., 6 pers.

7 fr. ; Belcaro (p. 41), à 1 chev. 5 et 6 fr., à 2 ch. 7 et 8 fr. ; chartreuse de Pontignano (p. 40), à 1 ch. 6 et 7 fr., à 2 ch. 9 et 10 fr. ; Monte Aperto (p. 42), à 1 ch. 7 et 8 fr., à 2 ch. 10 et 12 fr. ; Cetinale (p. 41), à 1 ch.

8 fr., à 2 ch. 12 et 14 fr. ; Torri (p. 41), à 1 ch. 9 fr., à 2 ch. 13 et 15 fr. ;

Marmoraia (p. 41), à 1 ch. 10 fr., à 2 ch. 14 et 16 fr. ; S. Galgano (p. 41; 30 kil. en 2 h. Va)> à 1 ch. 14 fr., à 2 ch. 20 et 23 fr. ; S. Gimignano (p. 17) ou Monte Oliveto Maggiore (p. 42; 35 kil. en 3 h.), à 1 ch. 17 fr., à 2 ch. 25 et 28 fr.; Montalcino (p.43; 40 kil. en 4 h.), à 1 ch. 20 fr., à 2 ch. 30 et 33 fr.; S. Antimo (p. 43; 45 kil. en 5 li.), à 1 ch. 25 fr, à 2 ch. 35 et 40 fr., y compris 1 h. d’arrêt pour les premières courses, 2 h. pour Marmoraia, 3 h. pour S. Galgano et 4 h. pour les quatre dernières. — Pour les courses suivantes, le prix s’entend pour l’aller seulement et s’élève de 2/l0, si le retour a lieu le jour suivant: Volterra (p. 10; 50 kil. en 6 h.) ou Pienza (p. 46; 50 kil. en 6 h.), à 1 ch. 30 fr., à 2 ch. 40 et 45 fr.;

Montepulciano (p. 44; 60 kil. en 7 h.), à 1 ch. 35 fr., à 2 ch. 45 et 50 fr. ;

Arezzo (p. 49) ou Florence (65 kil. en 8 h.), à 1 ch. 40 fr., à 2 ch. 50 et 60 fr.

Automobiles. A louer chez Vittorio Brizzi (via delle Belle Arti; 11, piazza Umberto I, 3 et Passeggio délia Lizza, 2). Tarif pour excursions, aller et retour, arrêt de 5 h. au plus, y compris le pourboire du chauffeur: N. Galgano (p. 41 ; 30 kil. en 1 h. Va), 1 pers. 30 fr., 2 pers. 45 fr., 3 pers. 55 fr., 4 pers. 60 fr. ; S. Gimignano (p. 171 ou Monte Oliveto Maggiore

(p. 42; 35 kil. en 1 h. >/a), 35, 50, 60 et 70 fr. ; Montalcino (p. 43; 40 kil.

en 1 h. »/*)> 49, 60, 70 et 80 fr. ; S. Antimo (p. 43; 45 kil. en 2 h.), 45, 65, 80 et 90 fr. ; Volterra ou Pienza (p. 10 et 46; 50 kil. eu 2 h. */*)> 59, 75, 90 et 100 fr.; Montepulciano (p. 44; 60 kil. en 3 h.), 60, 90, 110 et

SIENNE

Histoire.

120 fr. ; Arezzo (p. 49) ou Florence (65 kil. en 3 h.), 65, 95, 115 et 130 fr. ; Grosseto (p. 4; 85 kil. en 4 h.), 85, 125, 150 et 170 fr. ; Monte A?niata (p. 44 ; 200 kil., tour circulaire en 10 h. env.), 100, 150, 180 et 200 fr.

Poste & télégraphe: via Cavour, 16, au pal. Spannochi (p. 25).

Bains: froids (piscine), près de la fontaine Branda (p.38); organisation défectueuse, eau un peu froide; chauds, chez Mazzei , via Dupré, 45.

Librairie: Torrini, via Cavour, 8 (on y trouve aussi des antiquités). — Ouvrages en bois: Cambi, via di Città, 9; Corsini, via del Capitano, 5, près de la cathédrale (p. 28), etc.; ouvr. en fer forgé: Franci , via Garibaldi, 16, etc. — Changeur: Crocini , via Cavour, 12.

Théâtres: Teatro dei Rinnuovati (p. 26), au Palazzo Pubblico; Teatro clei Rozzi (pl. C 5), piazza dell’ Indipendenza. Théâtre d’été: Teatro délia Lizza (pl. B C 2).

Bureau de renseignements de l’Associazione Naziouale per il Movimento dei Forestieri, via di Città, 9 (pl. G 5), costarella dei Barbiéri.

Principales curiosités (1 j. Va à 2 j.): 1er j., dans la matinée, la rue Cavour (p. 24) et la piazza del Campo avec le palais public (p. 25), St-Jean (p. 27), l’Œuvre de la Cathédrale (p. 30); dans l’après-midi, la cathédrale (p. 28), le pal. Buonsigtiori (p. 32). — 2<* j.: le pal. Piccolo mini (p. 33), V oratoire de St -Bernardin (p. 35), V Académie des Beaux-Arts (p. 36), St- Dominique (p. 38), la Lizza (p. 39), Fontegiusta (p. 39).

Le 2 juillet (Visitation de la Vierge) et surtout le 16 août (lendemain de l’Assomption), sur la piazza del Campo (p. 26): fête du Palio, grand cortège des 17 quartiers de la ville (contrade) et course de chevaux, ainsi nommée à cause de la bannière (pallium) que reçoit le vainqueur. C’est une curiosité que l’étranger ne devra pas négliger à l’occasion. Fauteuil, 5 et 10 fr. ; place de balcon («posto di ringhicra») dep. 2 fr. Tribunes moins chères. Voir F. de Navenne, Entre le Tibre et l’Arno (Paris 1903). Le 29 avril, fête de Ste Catherine à St -Dominique (p. 38).

Sienne (319 m.), en ital. Siena, ville de 25567 hab., chef-lieu de province, siège d’un archevêché et d’une université célèbre dès le xive s., mais qui n’a plus que les facultés de droit et de médecine, est située sur trois collines à 50 kil. au S. de Florence , dans une contrée charmante. Le commerce et l’industrie y sont très actifs (tisseranderies, etc.). Sa situation élevée, son climat sain et tempéré, en font une des villes les plus agréables de la Toscane, convenable pour un séjour prolongé. Les Siennois sont complaisants et leur langage est plein de charme. Les rues, pour la plupart étroites et tortueuses, tantôt montantes, tantôt descendantes, fournissent avec leurs palais et leurs églises une foule de motifs d’architecture vraiment exquis. L’excellente glaise des environs a livré les briques dont on a construit nombre de ces bâtiments. Pour l’étude de l’art du xme au xvie s., Sienne est une des villes les plus importantes de l’Italie après Rome, Florence et Venise.

Sienne , la Sæna ou Colonia Jidia Sæna des anciens, doit, dit la tradition, son origine à Senus, fils de Rémus, frère de Romulus; d’après d’autres, elle aurait été fondée par les Gaulois Sénonais et colonisée par les Romains sous Auguste. Comme Rome, elle a dans ses armoiries la louve et les jumeaux. L’antiquité étrusque n’y a laissé que peu de traces. C’est au moyen âge qu’elle atteignit son plus haut degré de prospérité. Après la mort de la comtesse Mathilde (1115), dont les vastes domaines furent morcelés, les habitants de Sienne, comme ceux de Pise, de Lucques, de Florence, etc., assurèrent l’indépendance de leur ville. Le peuple et la noblesse se disputèrent longtemps le pouvoir, qui finit par tomber définitivement entre les mains de cette dernière; depuis lors,

Histoire.

SIENNE

Sienne prit la tête du parti gibelin dans l’Italie centrale et combattit pendant tout le xne s. contre Florence, sa voisine, qui défendait les intérêts des Guelfes. Farinata degli Uberti et les Gibelins de Florence furent reçus à Sienne, et avec l’aide de Mainfroi , roi de Neaples, ils infligèrent aux Guelfes, en 1260, près de Monte Aperto, sur l'Arbia, à 12 kil . à l’E. de la ville (p. 42) , une grande défaite , qui est la plus sanglante des annales de la Toscane. Dix ans plus tard, Charles d'Anjou réussit à gagner une influence prépondérante dans la ville qui venait d’accueillir avec enthousiasme le jeune descendant des Hohenstaufen, Conradin, et la fit entrer dans la ligue des villes guelfes de la Toscane. Cependant les citoyens veillèrent avec jalousie à la conservation de leur liberté, et, malgré diverses tentatives de la noblesse dans le but d’augmenter son influence, la constitution ne subit plus en somme de modifications dans la suite. Sienne compta près de 100000 hab. au xiv® et au xve s. et rivalisa avec Florence dans les arts et par sa richesse. Plus tard, des seigneurs s’emparèrent du pouvoir; tel est, par exemple, vers 1487, Pandolfo Pétrucci, surnomme le Magnifique, qui protégea les arts et que Machiavel représente comme le modèle du tyran. A son arrivée en Italie, en 1493, Charles VIII de France trouva dans Sienne une alliée, qui resta fidèle au parti français pendant les désordres du xvi® s. En 1555, la garnison que les Français y avaient établie, réduite aux abois, dut rendre la citadelle aux Espagnols, avec l’aide desquels Cosme Ier, grand-duc de Toscane, soumit definitivement la ville.

Dans la suite, les vicissitudes de la politique et la rivalité de Florence réduisirent Sienne à l’état de ville de province bien calme, ce dont se réjouit l’archéologue, qui y retrouve intacts les monuments du moyen âge. Cependant l’esprit conservateur qui a dominé ici n’est pas la conséquence d’un arrêt dans le développement matériel, comme, par exemple, à Bruges; il s’est déjà manifesté au temps de la prospérité. Contrairement à Florence, Sienne, sans se lancer dans les innovations, resta fidèle à ses anciennes prédilections et ne prit jamais l’initiative dans les arts, bien qu’il y régnât une vie artistique intense. L’époque où elle se distingua le plus est le moyen âge, lorsque les communes se firent une gloire de favoriser les arts et que les principes n’étaient pas encore subordonnés à la recherche exclusive de la beauté.

Nulle part on n’étudiera mieux qu’à Sienne I’architecturk gothique italienne des xiii0 et xive s. ; la fière construction en pierre de taille y rivalise avec la jolie construction en briques. Si la cathédrale avait été bâtie comme le voulait la bourgeoisie, ce serait un des monuments gigantesques de la terre, et bien que restreinte dans ses dimensions, c’est encore une des plus belles de l’Italie. Dans les constructions particulières, dont le palais Buonsignori est sans doute le plus beau spécimen, l’ogive domine, les fenêtres ont des meneaux et le tout est couronne de créneaux. Lorsque les formes de la Renaissance furent introduites, au xv« s., Sienne ne resta pas en arrière sur Florence; elle lui emprunta ses architectes pour la construction de ses plus beaux palais (Piccolomini, Spannocchi et Piccolomini delle Papesse). Parmi les églises de la Renaissance, la plus remarquable est la petite rotonde St-Sébastien (ç. 33).

Pour la sculpture, Sienne a eu également recours aux maîtres étrangers. Cependant, dès le xme s., l’art y prit son essor grâce à Niccolà et Giovanni Pisano dont l’activité nous est surtout rappelée par la façade ornementale de la cathédrale d’Orvieto (p. 96). L’un des compétiteurs au concours de la porte septentrionale du baptistère de Florence, Jacopo délia Quercia ou Gucrcia (1374-1438), originaire de Sienne et l’un des fondateurs du style de la Renaissance, a laissé dans les sculptures des fonts baptismaux de St -Jean et de cellos de la Fonte Gaia des preuves de son talent qui rappelle celui de Michel- Ange. Il eut pour successeurs Lorenzo di Pietro, surnommé il Vecchietta, Antonio Federighi, l’architecte et peintre Francesco di Giorgio, Giacomo Qozzarelli et Lorenzo di Mariano, surnommé il Marrina (1476-1534), le plus illustre artiste siennois de la Renaissance. — D’autre part, Sienne a cultivé avec succès la sculpture sur bois, surtout aux xve et xvie s. ; Domenico di Niccolà, Antonio

Histoire.

et Giovanni Barili, ainsi que Bartolomeo Neroni, surnommé il Riccio, s’y sont tout particulièrement distingués.

La peinture a toujours été l’art de prédilection des Siennois. Ils pouvaient déjà se vanter au xme s. de posséder dans Duccio di Buotiinsegna (vers 1260-1319) un artiste dont les œuvres surpassent de beaucoup celles de Cimabué pour la gracieuse élégance et la sentimentalité. Lorsqu’on 1311 il eut terminé la Majesté, ou la Vierge triomphante, destinée au maître-autel de la cathédrale (v. p. 31) , le tableau fut porté processionnellement à l’église. Simone Martini (1283-1344) artiste également important, que les sonnets de Pétrarque ont immortalisé, a, comme son contemporain Giotto, exercé son influence bien au delà de sa patrie; outre celles du palais Public de Sienne (p. 26), on trouve des œuvres de sa main à Naples, Orvieto, Assise et Avignon. Il est devenu si célèbre qu’on a été porté à lui attribuer les meilleures œuvres de son temps. Et, en effet, si peu développées que soient ses compositions, il n’avait pas moins un grand talent pour rendre des sentiments élevés et délicats. — Un talent tout à fait dans le même genre fut Lippo Memmi, qui exécuta de grandes fresques avec le même soin que les miniatures des livres de chant. Le grand genre historique et la riche allégorie sont représentés par les frères Pietro et Ambrogio Lorenzelti (morts probablement de la peste en 1348), qui rattachent l’école de Sienne à celle de Giotto. Bartolo di Fredi (1330-1409) n’est déjà plus au niveau de ses prédécesseurs et finalement Taddeo di Bartolo (1362-1422) est beaucoup au-dessous de ses contemporains de Florence ; il prouve que Sienne est restée pour les. arts à peu près complètement en dehors du mouvement général. Durant tout le xv® s., elle demeura stationnaire; Domenico di Bartolo , Sano di Pietro , le Vecchietta déjà mentionné, Benvenuto et Matteo di Giovanni , etc., ne surent pas sortir de la voie traditionnelle; Stefano di Giovanni, surnommé Sassetta (1392-vers 1450), par contre, récrée par l’élégance des formes et le réalisme de ses compositions. Ce ne fut qu’à la fin du siècle qu’il s’opéra une transformation par le contact des artistes des écoles voisines, qui furent souvent appelés à Sienne, et par l’étude des écoles de Florence, d’Ombrie et de Lombardie.

Parmi les peintres siennois de ce temps ( Bemardino Fungai, Girolamo dél Pacchia, Pacchiarotto , etc.), les seuls qui occupent un rang élevé sont Baldassare Peruzzi et Giovanni Antonio Bazzi, dit le Sodoma . Peruzzi (1481-1537), qui travailla à Rome à côté de Raphaël, était doué d’un sentiment parfait des proportions et fut en même temps grand architecte et grand décorateur, mais il n’a laissé que peu d’œuvres à Sienne. Le Sodoma (1477-1549), au contraire, y est très bien représenté. Originaire de Lombardie, il apporta à Sienne quelque chose du style de Léonard de Vinci. Il ne s’en fit pas néanmoins le simple imitateur, mais se laissa inspirer par son propre génie, qui le place sous un rapport tout à côté de Raphaël. Quand il s’agit de peindre la beauté juvénile, il ne le cède à personne et l’on est étonné de la connaissance qu’il a des procédés de la peinture à fresque, ainsi que de sa fertilité. Mais ses compositions ne sont pas assez étudiées et, bien qu’il ait un sens exquis de la beauté, il fatigue vite. Avec Domenico Beccafumi (1486- 1551), qui changea souvent de style, commença la décadence de la peinture à Sienne.

De la gare (pl. D2), la rue Garibaldi monte en lacets et débouche non loin de la Lizza (p. 39) dans la rue Cavour (pl. C 3-5), la plus belle et la plus animée de la ville.

A dr., la petite église S. Maria delle Nevi (pl. C4), remarquable par sa délicieuse façade des premiers temps de la Itenaissance, et par un tableau d’autel de Matteo di Giovanni représentant la Yierge, des saints et des anges tenant des boules de neige (1477; le sujet de la prédellc est tiré de la légende mentionnée p. 197). —

rnl. SpannoccJii.

SIENNE

Plus loin, sur la place Salimbeni, en face de la via delle Belle Arti (p. 36), le monument de Sattustio Bandini (1677-1766), le promoteur des travaux de dessèchement des Maremmes. Ce monument est dû à Tito Sarrocchi (1882). Toujours sur la place, à PE., le Palazzo Salimbeni , édifice gothique orné de créneaux, reconstruit en 1879 par Gius. Partini, occupé maintenant par une banque de prêts (Monte dei Paschi) fondée en 1624.

Au S., le beau palais Spaimocchi (pl.C4), maintenant hôtel des postes et télégraphes, commencé en 1473 par le Florentin Giuliano da Maiano et restauré à l’extérieur dans le goût de la Renaissance; dans la cour, galeries d’une construction hardie. — Plus loin, près de la via dei Rossi (p. 36), le palais Gori (1677) ; le palais Bichi (1520), avec une belle loggia moderne ornée de peintures, dans la cour; le palais Palmieri (1540); le palais Tolomei, sur la petite place de ce nom (pl. C 5), édifice du style ogival primaire dont les parties inférieures remontent à l’année 1205 et qu’on peut sans doute considérer comme la plus ancienne des constructions profanes de la ville; enfin l’église S. Cristoforo (pl. CD 5), construite vers 1100 et restaurée en 1800, qui a un beau tableau d'autel, la Vierge et les saints Luc et Raimond, par Girol. dei Pacchia.

Entre la via di Città, continuation de la rue Cavour, et la piazza dei Campo (v. ci-dessous) se trouve la Loggia di Mercanzia (pl. C 5 ; auj. Circolo degli Uniti ), construitTde 1417 à 1438 comme tribunal de commerce par Sano di Matteo; l’étage supérieur est moderne. Les statues pleines d’expression de St Ansanus, St Savin et St Victor (1456-1463) et le banc de pierre (1464) à dr. sont d'Ant. Federighi , le banc de g. à'Urbano da Cortona , St Paul et St Pierre du Vecchietta (1458 et 1460).

La pittoresque *piazza del Campo ou piazza Vitt. Emanuele (pl. C 5) occupe le centre de la ville, à l’endroit où se réunissent les trois collines sur lesquelles elle est bâtie. Dante déjà en fait mention dans son Purgatoire (xi, 134). Elle a la forme d’un demicercle ou d’une coquille et s’abaisse vers le milieu, de sorte qu’elle ressemble à un théâtre antique. C’est ici qu’avaient lieu les assemblées du peuple et les fêtes de l’ancienne République, et qu'on célèbre encore les courses de chevaux du Palio (p. 22).

Sur le côte N., le pal. Sa?isedoni, imposante construction gothique ornée de créneaux et d’une tour en ruine, date du XIIIexive s. En face de l’hémicycle s’élève

le *palais public (pl. CDG), énorme construction en travertin et en briques avec des fenêtres goth. à meneaux, bâtie de 1289 à 1305; elle est à quatre étages au centre, les ailes sont plus basses, et l’étage supérieur a été ajouté au xvne s. (v. p. 30). Sur le côté, la svelte *Torre del Mangia , haute de 102 ni., commencée en 1338 et achevée en 1345 par les frères Minuccio et Franc, di Rinaldo de Pérouse; elle doit son nom à un homme en pierre qui y

Palais public.

sonna les heures jusqu’en 1780 et qui était en même temps une figure populaire dans le genre de Pasquin (p. 244) à Rome. On a du sommet une vue magnifique (412 degrés; 50 c.). Dans le bas, contre la tour, la Cappella di Piazza, en forme de loggia, a été commencée en 1352 après la grande peste de 1348 qui enleva env. 30000 hommes, et achevée en 1376; la toiture primitive a été remplacée de 1463 à 1468 par une addition remarquable de la Renaissance, due à Ant. Federighi. La fresque endommagée de l’autel est du Sodoma ; la louve, blason de Sienne (p. 22), à la colonne devant l’aile droite du palais, est de Giov. di Turino (1429).

L’intérieur (entrée de 10 h. à. 4 h., en été de 10 h. à 5 h., 50 c. ; publ. le dernier dim. de chaque mois, de 10 h. à 2 h.), est décoré de nombreuses fresques de l’école de Sienne. — Au rez-de-chaussée: Couronnement de la Vierge, par Sano di Pietro (1445); la Vierge, St Ansanus et St Galganus; la Vierge et St Léonard, deux œuvres du Sodoma ; Vierge et saints par le Vecchietta. Dans le cabinet du syndic, Jésus ressuscité, également du Sodoma, del535(?), etc. — LcTeatro deiRinnuovati, restauré en dernier lieu en 1753 par Ant. Galli da Bibbiena , est l’ancienne salle du Grand Conseil.

l°r étage. — La salle de la Mappemonde (ancienne Sala delle Palestre) a de grandes fresques: la Vierge et l’Enfant sous un baldaquin porté par des saints, de Simone Martini (1315), composition à nombreux personnages, d’une exécution guindée, mais belle dans son coloris et dans ses détails. En face, le ^portrait équestre (fortement restauré) du capitaine siennois Guido Riccio, aussi par Simone Martini (1328) ; au-dessous, une Vierge par Guido da Siena (de 1221 ; repeinte ; autrefois à S. Domenico) ; à dr. et à g., St Ansanus, St Victor et, à l’autre mur, à dr., St Bernard Tolomei, par le Sodoma (1529 et 1534) ; puis St Bernardin par Sano di Pietro et Ste Catherine par le Vecchietta. — Le vestibule de cette salle est orné de fresques de Taddeo di Bartolo (héros antiques. Judas Macchabée, St Christophe et autres saints; 1441). A la voûte de l’arcade, une vue curieuse de la ville de Rome. — Une magnifique grille de fer en style gothique, de 1435 à 1445, devant laquelle se trouve, à dr. , un bénitier de Giov. di Turino, sépare ce vestibule de la chapelle du Conseil; les stalles richement sculptées, par Domenico di Niccolb (1415-1429), ont déjà en partie un caractère qui annonce la Renaissance. A g., des fresques de Taddeo di Bartolo, la Mort et l’Assomption de la Vierge. Le tableau d’autel, la Ste Famille, est du Sodoma; l’orgue, à dr. par Giov. Pifferio et Giov. di Pietro Qastelnuovo (1521).

La Sala Della Pace ou S. dei Nove, à dr. de la salle de la Mappemonde, a de célèbres *fresques par Ambrogio Lorenzetti (1337-1343), indispensables pour connaître, l’esprit qui régnait au moyen âge dans la fière bourgeoisie de Sienne. Tandis que l’une des fresques, celle vis-à-vis des fenêtres, représente l’idéal d’un Etat sous la protection de la sagesse, de la justice, de la paix, etc., celle de la paroi de dr. nous montre d’une façon réaliste les suites d’une bonne administration et celle de g., en deux tableaux, le mauvais gouvernement et ses conséquences. C’est un plaisir pour le spectateur de scruter le sens plus ou moins obscur de ces allégories et de ces allusions qui ont au moins l’avantage de la naïveté sur celles d’aujourd’hui. Ces peintures sont mal conservées, mais l’œil même le plus difficile contemplera volontiers les têtes de la Paix, de la Justice et de la Concorde ainsi que les figures des syndics sur la première de ces fresques. — La salle à côté renferme les portraits des huit papes et des trente-huit cardinaux originaires de Sienne. — Dans un corridor ont été placées quelques peintures en détrempe, entre autres une Vierge de Matteo di Giovanni da Siena (1484) et une Prédication de St Bernardin au Campo (p. 25), de Sano di Pietro, intéressante par la représentation de la place à cette époque.

La Sala di Balia, plus loin à dr., a des fresques dont les sujets

St -Jean.

SIENNE

sont tirés de l’histoire de l’empereur Frédéric Barberousse et de celle du pape Alexandre III: Victoire navale des Vénitiens, l’Empereur et le doge Set>. Ziani conduisant le cheval de bataille du pape, etc. par Spinello Aretino (1407-1408; v. p. 49). Des quatre bahuts, l’un avec une louve magnifiquement sculptée est d 'Ant. Barili; la belle porte à marqueteries est de Dom. di Nicculô. — La Sala Vittorio Emanuele, à côté, décorée en 1880-1887 par Aldi, Cassioli et Ces. Maccari de belles fresques dont les sujets sont tirés de la vie de Victor-Ein manuel II et de l’histoire de l’Italie contemporaine, a été inaugurée en 1890. — Enfin, à g. du couloir, la Sala del Concistoro , dont la porte a un revêtement de marbre par Bernardo Rossellino (1446); au-dessus de cette porte, le Jugement de Salomon, tableau de Luca Giordano. Les plafonds, où figurent des scènes de l’histoire romaine, ont été peints par Dom. Beccafumi. Aux murs, des tapisseries de Florence, dont cinq plus petites du xvi° s. , et des bustes modernes de notabilités de Sienne.

Sur le quatrième palier de l’escalier principal se trouve une statue de Moïse par Ant. Feaeriahi, provenant de la Fonte degli Ebrei (fontaine des Hébreux) dans l’anc. Ghetto. On est en train de transformer en musée les étage? supérieurs.

On remarquera la Loggia du 3« étage, dans laquelle on voit exposée dep. 1904 la *Fonte Gaia («fontaine de la joie») en marbre, chef d’oeuvre de Jac. delta Quercia (1409-1419), reconstruite par Corrado Ricci; les sculptures fort endommagées représentent la Vierge et les Vertus chrétiennes, la Création de l’homme et l’Expulsion du Paradis. A la paroi du fond, la Vierge, fresque par Ambrogio Lorenzetti (1339). Belle vue s’étendant jusqu’au mont Amiata (p. 44).

Le milieu de l’hémicycle de la piazza del Campo est occupé par la Fonte G nia (pl. C 5), reproduction en marbre du chef-d’œuvre de Jac. délia Quercia qui a été démoli en 1858 (v. ci-dessus). Exécutée en 1868 par Tito Sarrochi, cette fontaine est alimentée par un aqueduc souterrain d’env. 25 kil. de longueur, dont l’eau coule à cette même place dep. 1344.

En quittant la via di Città (p. 25) qui est très animée, surtout le soir, et en montant ensuite à dr., immédiatement au delà de la via di Fontebranda, la via dei Pellegrini, on arrive sur la petite place St- Jean. Là se trouve, au coin de g., le pal. del Magnifico (pl. C 5), construit en 1508 par Giac. Cozzarelli pour Pandolfo Pétrucci (p. 23) dans le style des premiers temps de la Renaissance; sa façade est décorée de bons ornements en bronze et de portedrapeaux. A la maison n° 5, buste en bronze de Franc, di Giorgio (p. 23) inauguré en 1902.

En face, on a une belle vue sur le chœur de la cathédrale, sous lequel est St- Jean (S. Giovanni ; pl. BC5), espèce de crypte du commencement du xiv« s., l’ancien baptistère, aujourd’hui l’église paroissiale. 11 a une belle *façadc goth. inachevée, de Giac. di Mino del Pellicciaio (1382), restaurée en 1900. Le sacristain demeure via dei Fusari, 1.

Les *font8 baptismaux sont le plus bel ornement de l’intérieur; ils ont été exécutés de 1425 à 1432 d’après les plans de Jac. délia Quercia et sont enrichis de sculptures en bronze. C’est au même artiste Quercia qu’on doit la statuette de St Jean qui les surmonte et les cinq prophètes, ainsi que le premier des six bas-reliefs de bronze, dont les sujets sont tirés ae l’histoire de St Jean - Baptiste: Zacharie dans le temple (1417, fondu en 1430). Parmi les autres, le Baptême de J.-C. et St Jean devant

SIENNE

Cathédrale.

Hérode sont de Lor. Ghiberti (1417), la Tête de St Jean apportée à Hérode, d’une représentation pleine de vie, de Donateilo (1425), la Naissance de St Jean-Baptiste et son Sermon de Turino di Sano et de son fils Giov. di Turino (1417-1427). Ce dernier a fait aussi les figures de la Charité, de la Justice et de la Prudence; la Foi et l’Espérance sont par Donateilo, la Force par Goro di Neroccio. Sur l’entablement, quatre figures d’enfants (deux autres manquent) de Donateilo et des deux Turini. Les fresques nouvellement restaurées sont du Vecchietta (1450), de Benvenwto di Giovanni (1453) et autres.

De la place St-Jean, on peut suivre plus loin la rue à dr., qui passe à l’ archevêché (pl. B 5), ou bien monter un escalier à g.; on arrive d’un côté comme de l’autre à la place de la Cathédrale.

La * ^cathédrale (la Metropolitana ; pl. B 6-5), à l’endroit le plus élevé de la'¥îlTe, est bâtie, dit-on, sur l’emplacement d’un temple de Minerve, auquel succéda d’abord l’église S. Maria Assunta. L’édifice actuel a été commencé en 1229 et continué jusqu’au chœiir en 1259, la coupole achevée en 1264 et le chœur, se terminant en ligne droite, prolongé en 1317 à l’E. au-dessus de l’église St-Jean (p. 27). Des fautes commises dans la construction de l’édifice et auxquelles il faut peut-être attribuer une partie des irrégularités qui existent encore, firent concevoir en 1322 le projet d’un monument grandiose. Lando di Pietro commença en 1340 une nef colossale, à laquelle la cathédrale actuelle devait seulement servir de transept (plan, à l’Œuvre de la Cathédr., p. 30); il ne reste plus aujourd’hui que quelques parties de cette construction d’un style magnifique, au S. de l’édifice.

Après la peste de 1348, on abandonna ce plan et l’on se mit à achever seulement l’édifice primitif, dont la longueur est de 89 m. 29, la largeur de 24 m. 51 à la nef et de 51 m. 36 au transept. La *façade, dont les piliers du milieu s’écartent de chaque côté audessus de la corniche principale et entre lesquels se trouve encastrée une grande rose, a été achevée seulement en 1380 sur les données de Giov. Pisano (?); elle est en marbre rouge, noir et blanc, à trois frontons, comme la cathédrale d’Orvieto (p. 96), et richement ornée de sculptures, Prophètes et Anges, renouvelés en majeure partie lors de la restauration de 1869 (les originaux sont à l’Œuvre de la Cathédrale, p. 30). On l’a décorée en 1878 de mosaïques vénitiennes d’après Mussini et Franchi. A dr. et à g. de l’entrée, deux colonnes portant les armes de Sienne, la louve. Le campanile, de la fin du xive s., est à six étages qui, au lieu d’aller en se rétrécissant, sont allégés par le moyen de fenêtres arquées, augmentant en nombre de bas en haut.

L’intérieur, revêtu (le marbre, dont les couches tantôt noires, tantôt blanches, alternent régulièrement, est divisé en trois nefs jusqu’au chœur, avec un transept à deux nefs. La coupole irrégulière, hexagone par le bas, dodécagone par le haut, est déplacée dans le sens de la nef et laisse à découvert la travée du transept tournée vers le chœur. Au-dessus des piliers de la nef centrale, reliés l’un à l’autre par des arcades et ornés de demi-colonnes, se développe une corniche fortement en saillie; au-dessous de celle-ci, des médaillons en terre cuite à l’efligie de papes (vers 1400).

Cathédrale.

SIENNE

Malgré les inconséquences de style, qui s’expliquent par la longue durée de la construction et le travail en commun de nombreux artistes, l’impression de l’ensemble est celle d’une parfaite et sereine harmonie.

Les vitraux de la rose du portail sont d’après Perin del Vaga, par Pastorino Micheli (1549). Au-dessus de la porte, une jolie tribune de 1483, supportée par deux colonnes. Les deux bénitiers, de 1402-1463, sont par Ant. Federighi.

Le *pavement en marbre est orné de graffiti uniques en leur genre, d’après ue grands artistes. Il est ordinairement recouvert d’une boiserie, excepté durant quelques semaines à dater du 15 août. Ces graffiti représentent des sujets de l’Ancien Testament: Moïse, Samson, Judas Macchabée, Salomon, Josué, par Domenico di Niccolb (1423); Absalon, par Pietro del MineUa; le Massacre des Innocents, par Matteo di Giovanni (1481); le Sacrifice d’Abraham, Adam et Eve, Moïse sur le Sinaï, etc., par Beccafumi ; la Fortune, par le Pi nturicchio ; les Symboles de Sienne et de ses alliés, Hermès Trismégiste, Socrate et Cratès, les Sibylles (1482-1483), etc., par d’autres artistes des xiv*-xvi8 s. L’exécution n’est point partout la même. Les plus anciennes compositions sont de simples esquisses, aux traits gravés dans le marbre blanc et remplis de stuc noir. Plus tard, on employa pour les nuances du marbre gris, puis des marbres de diverses couleurs? et l’on en vint ainsi à faire des mosaïques très variées. La plupart sont maintenant remplacées par des copies (pour les originaux, v. p. 31).

Bas côté de g., près de l’entrée, une statue du pape Marcel II, par Dom. Cafaggi. — Autel des Piccolomini (le 4e, fondé par le cardinal Franc. Piccolomini nommé p. 30), avec ornements par Andrea Bregno (1481- 1485) de Lugano, les statues des SS. Pierre, Pie, Grégoire et Jacques, par Michel- Ange (vers 1501-1505), et une statue de St François commencée par Torrigiani et achevée par Michel-Ange. — A g. de la porte de la bibliothèque (p. 30), les armoiries de la famille Bandini, avec le Christ ressuscité et des anges.

La *chaire en marbre blanc, de forme octogone et supportée par neuf colonnes de granit reposant en partie sur des lions, a d’excellents basreliefs à sujets tirés du Nouveau Testament, par Niccolà Pisano, son fils Giovanni et scs élèves Arnolfo di Cambio, Lapo et Donato (1266-1268), et un bel escalier par Part. Neroni , dit le Riccio (1543).

Bras g. du transept. Chapelle St-Jean, délicieux spécimen des premiers temps de la Renaissance, par Giov. di Stefano (1182-1485), avec un beau portail par Lor. di Marxano. A l’intérieur (entrée, v. l’Œuvre, p. 31), une *statuc en bronze de St Jean-Baptiste, par Donatello (1457); une statue de marbre de Ste Catherine d’Alexandrie, par Neroccio di Bartolomeo (1487); une statue de St Ansanus, par Giov. di Stefano (av. 1487); des fonts, par Ant. Federighi; le revêtement dos murs en stuc, par Alb. Caponeri et Cos. Lucchi (1596); cinq petites fresques du Pinturicchio (1504), trois dont les sujets sont tirés de la vie du donateur, Alb. Arringhieri. Une châsse en argent par Francesco di Antonio (1466) renferme un bras de St Jean. — Plus loin, dans le bras g. du transept, en haut, le tombeau mural du cardinal Riccardo Petroni (m. 1313), d’un style gothique très riche; les statues des papes Pie III, par Pietro Balestra , et Pic II, par Gins. Mazzuoli. — Dans la chapelle à g. du chœur, un basrelief de la fin du xm« s., l’Annonciation, la Nativité de J.-C. et l’Adoration des Mages. Devant, dans le pavé, un bas-relief en bronze de DonateUo, au-dessus du tombeau de l’évêque Giov. Pecci (m. 1426).

Chœur: maître-autel d’après Baldassare Peruzzi { 1532); derrière, belles sculptures (stalles et pupitre) par Bart. Neroni (le Riccio), de 1567; marqueteries de Fra Giov. da Verona (1503); beau tabernacle en bronze, du Vecchietta (1465-1472); anges porte-candélabres do Giov. di Stefano { 1489) et de Francesco di Giorgio (1497); premières stalles et jubé, de Rapliaello da Brescia (1520); fresques de Beccafumi (1544), complètement repeintes et modifiées depuis 1812. — Aux piliers de la coupole, deux pièces de bois provenant du chariot do guerre (carroccio) qui servit aux Siennois vainqueurs à la bataille de Monte Aperto, en 1260. — A g. du maître-autel,

SIENNE

Cathédrale.

au-dessus de l’entrée de la sacristie, une tribune d’orgue par les Barili (1511). Dans cette entrée, un bénitier de Giov. di Turino ; dans la sacristie, une fresque découverte en 1908, Scènes de la vie de la Vierge, par Niccolà di Naldo (1407); dans la salle du Chapitre attenante à la sacristie, un tableau du xv«s., avec vue de l’anc. palais public (p. 25), peut-être par Sano di Pietro.

Dans la chapelle à dr. du choeur, les Evangélistes et St Paul, basreliefs de Francesco da Imola et Giov. di Turino (1425) et la pierre tombale de l’évêque Carlo Bartoli (m. 1444) par Ant. Federighi.

Bras dr. du transept: les statues des papes Alexandre VII par Ercole Ferrata et Alexandre III par Ant. Raggï. — Cappella del Voto ou chap. Chigi, érigée en 1661 par Ben. Giovanelli à la mémoire d’Alexandre VII (Fabio Chigi de Sienne, pape de 1655 à 1667), richement décorée de lapislazuli, de marbre et d’or, avec une vieille Madone (Madonna delle Grazie) et les statues de St Jérôme et de Ste Madeleine (celle-ci, dit-on, primitivement une Andromède), par le Bernin.

Bas côté de dr.: au transept, le tombeau de l’évêque Tommaso Piccolomini (m. 1483), par Neroccio di Bartolomeo ; à l’autre extrémité, la statue du pape Paul V, par Fulvio Signorini.

Au-dessus de l’entrée de l’église, du même côté, un magnifique basrelief (Vierge) faussement attribué à Michelozzo.

En sortant du bas côté de g. (v. p. 29), on arrive à la célèbre **bibliothèque de la Cathédrale ( Libreria ; c’est l’après-midi qu’on a le meilleur jour; entrée, v. l’Œuvre, p. 31) qu’on peut compter au nombre des créations les plus belles et les mieux conservées des premiers temps de la Renaissance. On l’appelait jadis salle Piccolomini, parce qu’elle fut bâtie, en 1495, sur les ordres du cardinal Franc. Piccolomini, plus tard le pape Pie III. La paroi d’entrée est ornée à l’extérieur de magnifiques sculptures en marbre de Lor. di Mariano (vers 1497); au-dessus de la porte, fresque du Pinturicchio représentant le couronnement de Pie III, qui ne régna que 27 jours, en 1503. A l’intérieur, beau pavé émaillé et une série de fresques peintes par le Pinturicchio et ses élèves, de 1505 à 1507 (la légende de l’aide prêtée par Raphaël est sans fondement). Elles recouvrent les parois et les voûtes de l’édifice et donnent à son ornementation un caractère d’ensemble vraiment remarquable. Celles qui revêtent les parois sont au nombre de dix; elles représentent des scènes de la vie d ' Enée-Sylvius Piccolomini de Pienza (p. 46), archevêque de Sienne (1450-1458), pape sous le nom de Pie II (1458-1464): 1, son départ pour le concile de Bâle; 2, sa présentation au roi Jacques d’Ecosse, près duquel il avait été député par le concile; 3, son couronnement comme poète par l’empereur Frédéric III, à Francfort-sur-le-Main, en 1445; 4, hommages rendus pat lui au pape Eugène IV au nom de l’empereur; 5, fiançailles de Frédéric III et d’Eléonore de Portugal en sa présence; 6, son élévation à la dignité de cardinal par le pape CalixtellI; 7, son élévation sur le trône pontifical, sous le nom de Pie II; 8, sa présence à la diète de Mantoue; 9, la canonisation de Ste Catherine de Sienne; 10, le pape à Ancône, où il cherche à organiser une croisade et où il meurt. Les délicieux grotesques qui ornent les encoignures des voûtes près de la porte sont particulièrement bien conservés. Les antiphonaires qui datent tous de 1467-1475 sont ornés de miniatures; celles clés nos 5 et 9 sont d e Liberale da Verona, celles du n° 12 de Girol. da Cremona, celles du n° 11 de Sano di Pietro. Sur une magnifique base de la Renaissance, les *Trois Grâces , groupe antique célèbre (très mutilé), trouvé à Rome au palais Colonna vers 1460, par Pic II, qui en fit présent à la bibliothèque de la Cathédrale. (Raphaël a, dit-on, fait sur ce groupe ses premières études d’après l’antique.) A la paroi du fond, une statue en bronze du Christ ressuscité, par Fulvio Signorini (1595); à Pâques, on la place sur. le maître-autel.

L’Œuvre de la Cathédrale (pl. C 6 ; maintenant musée de la Cathédrale), en face du côté S.-E. de la cathédrale, là où l’escalier

Quartiers S.- O.

de la place St- Jean débouche sous les arcades de la nef inachevée (p. 28), renferme quelques œuvres d’art remarquables.

Visite de 10 h. à 4 h. Sonnette dans le vestibule. Billet d’entrée, 1 fr., valable aussi pour la Libreria (p. 30) et pour la chapelle St-Jean (p. 29).

Rez-de-chaussée: statue d’argile coloriée de St Jean l’Ev., par Giac CozzareUi (?); sculptures de la Cappella di Piazza (p. 26) et de la façade de la cathédrale; sarcophage antique avec divinités marines; *graffiti du pavé de la cathédrale (v. p. 29). — Ie»- étage: copie réduite du pavé do la cathédrale. — II« étage: plans de la cathédrale; le Baptême du Christ, tableau par Andrea Puccinelli, surnommé le Brescianino; magnifiques broderies, crosses, anneau de Pie II; vieux tableaux siennois, surtout le grand *tableau de Duccio di Buoninsegna , à dr., la Vierge trônant, anges et saints, ou la Majesté, autrefois très célèbre (v. p. 24), portant la jolie inscription: «Mater Sancta Dèi, sis causa Scnis requiei, sis Ducio vita, te quia pinxit ita»; à g., la Vie de J.-C., tableau à vingt-six compartiments, primitivement le revers de la Majesté; puis quatre saints A'Âmbr. Lorenzetti et une Vierge byzantine du xii® s. ; une Nativité de la Vierge (1342) et l’Histoire de la Ste- Croix, par Pietro Lorenzetti.

A côté de l’Œuvre de la Cathédrale est l’anc. palais royal (pl. BC6), auj. Palazzo Provinciale (préfecture), du xvie s., par Bern. Buontalenti; derrière, dans la via del Poggio, les écoles professionnelles (Scuole Régie) dont l’église a une *statue en bois peinte de St Nicolas de Bari, par Neroccio di Bartolomeo.

En face de la cathédrale se trouvent aussi l’cglise et l’hôpital S. Maria délia Scala (pl. B 6), du xme s. Au maître-autel de l’église, une statue en bronze par le Vecchietta , le Christ ressuscité (1466). Les stalles du chœur sont de Ventura di Giidiano et l’orgue est de B. Peruzzi (f). Le beau vestibule de l’hôpital, orné d’un magnifique plafond caissonné de la Kenaissance par Guidoccio d'Andrea , donne entrée dans une grande salle nommée «il Pellegrinaio», ornée de fresques relatives à l'histoire de l’hôpital par Dom. di Bartolo (1440-1443) et quelques autres artistes. Jolie vue des fenêtres. 50 c. de pourboire. — Dans le sous-sol (entrée à g. de l’église) les pièces occupées par la société de bienfaisance Esecutori di Pie Disposizioni contiennent une petite collection de tableaux On visitera de préférence dans la matinée.

La via del Capitano (pl. B 6) conduit du coin S. de la place de la Cathédrale aux parties de la ville situées sur les collines du S. -O. Immédiatement à dr. se trouve le Palazzo del Capitano ou GrottaneUi , auj. Piccolomini Clementini , construction goth. du xive s., primitivement résidence du premier magistrat de la ville («capitano di Giustizia») et du capitaine de la place («capitano di Gucrra»), achetée en 1457 par le jurisconsulte Tomm. Pecci et restaurée depuis 1854 dans le style du temps, sur les plans de G. Kossi. Plus loin, également à dr., au coin de la petite place Postierla, l’anc. palais Chigi , auj. Piccolomhd-Tolomei, qui a deux salles ornées de fresques par Barend van Orley, peintre flamand qui passa à Rome dans l’école de Raphaël. La place Postierla est ornée d’une colonne surmontée de la louve (1487). — A peu de distance, au n° 20 de la rue à g., la via di Città (p. 25), se voit 1 c palais Picco -

SIENNE

Quartiers S.

lomini delle Papesse construit en 1463, d’après les plans de Bern. Rossellino, pour Catherine Piccolomini, sœur de Pie II; c’est actuellement le siège de la banque d’Italie (pl. C 6). A g. de ce palais, le vieux pal. Marsili, reconstruit en 1459, restauré en 1876. — Puis, à dr., le palais Saradni, anc. pal. Marescotti (style goth. du xive s.), qui a dans la cour des voûtes ornées de jolies peintures et à l’intérieur des tableaux par Andrea Yanni, Neroccio di Bartolomeo, le Yecchietta, Sassetta, Girol. del Pacchia, Beccafumi et autres. — La rue à dr. de la place Postierla, la via di Stalloreggi, passe à g. à la via di Castelvecchio, dont la maison n° 2, au coin, a conservé une fresque du Sodoma («Madonna del Corvo»).

Dans la via S. Pietro (pl. BC6-7), prolongement de la via del Capitano, à g. (n° 11), le *palais Bnonsignori, bel édifice goth. en briques du xive s., avec une riche façade, restaurée en 1848. Le vestibule et la cour sont dans le style du commencement de la Renaissance. — L’église S. Pietro aile Scale (pl. C7) a des tableaux de Sano di Pietro, Salimbeni, Rutilio Manetti (Fuite en Egypte, au maître-autel) et autres. — La rue passe plus loin sous une arcade et conduit à la place Giordano Bruno (pl. C 7), où s’élèvent le collège Tolomei, ancien couvent, et

St- Augustin (S. Agostino; pl. C7), église réédifiée en 1755 par Vanvitelli. Il y a quelques tableaux remarquables.

On entre par le lycée, à g. — 2® autel de dr., le Crucifîment, par le Pérugin (a v. 1506). Chap. de dr. : le Massacre des Innocents, par Matteo di Giovanni (1482) ; statue de Pie II, par Dupré; l’Adoration des Mages, tableau d’autel par le Sodoma. Dans le chœur, statue coloriée de la Vierge, de l’école de Jac. délia Quercia; derrière, à g., un tableau d’autel en trois parties, la Légende de S. Agostino Novello, par Simone Martini (? plutôt école des Lorenzettï). Dans le bras g. du transept, une statue en terre cuite peinte de St Nicolas de Tolentino, par Giac. Cozzarelli. Dans la 2® chap. à g. du chœur, une Tentation de St Antoine par Rutilio Manetti. En outre, des tableaux de Ventura Salimbeni , etc.

La via dei Tufi, où l’on trouve à dr. 1 e jardin botanique (ouvert de 10 h. à midi et de 2 à 6, pourb. 50 c. ; sonner!), conduit à la porte Tufi (pl. C 8) ; le cimetière de la Miséricorde , à 5 min. de là, près de la bifurcation à g., a une bonne Pietà de Dupré, plusieurs statues de Sarrocchi, Pegni, Bianconi, etc. Belle vue le matin et le soir. 30 à 50 c. de pourb. — Au retour, à l’O. de St-Augustin, on prendra la via delle Cerchia (pl. B 7), où est (n° 3) le joli petit palais Finetti, et plus loin, par la via Baldassare Peruzzi, on rencontrera à g. un ancien couvent, transformé en caserne, et l’église

S. Maria del Carminé (pl. A 7), bel édifice en briques avec campanile et cloître par Baldassare Peruzzi (f). Dans la chap. du St -Sacrement, à dr., la Nativité de la Vierge, par le Sodoma. Au 1er autel de dr. , l’Assomption, fresque récemment découverte, de Pietro Lorenzetti; au 2e aut. de dr., un St Michel par Beccafumi; au 2e de g., une Ascension par Girol. del Pacchia. Dans la belle sacristie, une statue de St Sigismond par Cozzarelli.

Quartier s S.-E.

En face, le palais Pollwi (pi. B 7), anc. palais Celsi , attribué à Bald. Peruzzi. — Tout droit, plus loin, par la via del Fosso di S. Ansano, on arrive à l’église St- Sébastien (pl. B 6) ou Chiesa degli Innocenti (sonner via Franciosa, n° 15), édifice de la première Renaissance; l’extérieur est tout à fait inachevé, l’intérieur, construction centrale sur une croix grecque, par Girolamo Ponsi (1490?; v. p. 23) contient quelques tableaux. De là, on retourne à dr. par le chemin en escalier sur la place de la Cathédrale ou bien on descend à g. par la via Yallepiatta à la fontaine Branda (p. 38 et 41).

En dehors de la porte St-Marc (pl. A 8), on a une belle vue.

En partant du coin E. de la piazza del Campo (p. 25) et en passant par la petite via Rinaldini, on arrive au ^palais Piccolomini (pl. 1)5; maintenant siège de l’administration des finances}, bâti depuis 1469 pour Nanni Piccolomini , père du pape Pie III (p. 30), probablement sur les plans de Btrn. Rossellino. C’est une des principales constructions particulières de Sienne datant de la première Renaissance. Sa façade principale décorée des armories de Pie II et de Pie III, ainsi que de beaux ornements en fer forgé (têtes d’animaux, etc.), est du côté de la via Ricasoli. On voit dans la cour affreusement massacrée quelques gracieux chapiteaux de Lor. di Mariano (1509). Ce palais renferme depuis 1859 les archives de l’Etat, qui comptent parmi les plus importantes de l’Italie (directeur, M. Alessandro Lisini). Ouvertes dans la sein, de 10 h. à 3 h. (entrée dans la cour à g., au 3e).

Les archives renferment 55000 chartes, dont la plus ancienne date de 736; la série des chartes impériales commence avec le règne d'Othon III. En outro, on y voit exposés sous verre des autographes d'hommes célèbres (Pie II, Léon X) et des miniatures (entre autres une belle Assomption du xiv« s. par Nice, di Ser Sozzo Tegliacci), et une collection de tablettes peintes provenant do la Biccherna (bureau des finances municipales) et de la Gabella (bureau des contributions municipales); les plus anciennes, de 1257 a 1456, servaient de couvertures aux registres publics. Elles sont ornées de portraits des fonctionnaires et d’autres sujets représentant des histoires saintes et profanes et fournissent de précieuses indications sur la peinture à Sienne. Cette collection a été malheureusement très amoindrie par des ventes faites à l’étranger; elle possède pourtant encore bon nombre d’oeuvres iVAmbr. Lo remet ti , de Giov. di raolo, Sano di Pietro , Fr. di Giorgio, Mat. di Giovanni etc.

En face, I’Université (pl. D5; v. p. 22), nouvellement transformée; elle compte env. 70 professeurs et 235 étudiants. Dans la cour, monument en mémoire des étudiants tombés en 1848. Dans le corridor, à dr., le monument du célèbre jurisconsulte Nie. Arringhieri (1374); sur le sarcophage, un bas-relief qui le représente entouré de ses auditeurs.

La jolie loggia du Pape (pl. D5), sur la place Ficcolomini, avec l’inscription «gentilibus suis» (pour sa famille), a été construite en 1462, sur les ordres de Pic fl par le Siennois Ant. Federighi.

Bœdcker. Italie centrale. 14« édition. 3

SIENNE

Quartiers S.-E.

A côté, l’église St-Martin (S. Martino; pl. D6), de 1537, avec une façade de Giov. Fontana (1613).

Intérieur: 2 ® autel de dr., le Guide , la Circoncision; 3e autel de g., ornements de marbre par Lor. di Mariano (1522), et Nativité de J.-C. par Dom. Beccafumi; dans le chœur, derrière le maître-autel, la Vierge et quatre saints, statues de bois dorées, par un élève de Jac. délia Quercia.

La via Kicasoli (pl. DE 5-6), qui passe devant 1a. loggia, suit la crête de la colline du S.-E. et conduit à deux portes de la ville, la porte Pispini et la porte Romaine (xive s.). — Au commencement de cette rue, à div, la fontaine de Pantaneto , de 1352, mais refaite en 1867. Un peu plus loin à g., la via di Follonica passe devant la petite église S. Giovanni delta Staffa (pl. D 5), qui renferme une statue en terre cuite de St Jean-Baptiste par Giacomo Cozzarelli, et descend à la Fonte di Follonica (pl. E5), renouvelée en 1247 et délicieusement située en bas dans un jardin.

Au bout de 5 min., au delà de l’église S. Giorgio (pl. E6), se détache à g. la via dei Pispini, à l’entrée de laquelle on a à g.

S. Spirito (pl. E6), vieille église à dôme, de 1508, qui a fait partie d’un couvent. Le portail, de 1519, est d’après B. Peruzzi.

A l’intérieur, au-dessus de la porte, un Crucifix par Sano di Pietro. I1® chap. à dr. (chap. des Espagnols): au-dessus d’une Ste Rose de Viterbe, de bonnes peintures du Sodoma, de 1530: la Vierge donnant à St Alphonse l’habit de l’ordre de St Dominique, en présence de Ste Rosalie et de Ste Lucie; à g. et à dr. du tableau principal, St Antoine l’Abbé et St Sébastien; en haut, une fresque, St Jacques de Compostella. A côté, à dr., une terre cuite, l’Adoration des Bergers, par le Florentin Fra Ambrogio délia JRobbia (1504). — Dans la 2e chap., à dr. et à g., statues de bois de Ste Catherine et de St Vincent Ferrer, toutes deux par Giacomo Cozzarélli. — Dans la 3° chap. à dr., paroi de g., Couronnement de la Vierge par Dom. Beccafumi. — Au ler autel de g., une Vierge ressuscitée entre St François et Ste Catherine, par Matteo Balducci; au 3e, un Couronnement de la Vierge, par Girol. del Pacchia (œuvre de jeunesse). — Dans le cloître, qui est beau, mais gâté, un Crucifîment, par Fra Paolmo de Pistoie (1516); 20 à 30 c. au sacristain.

La fontaine dei Pispini, dans sa forme actuelle, date de 1534. La porte Pispini ou Porta S. Viene , dans le voisinage, a une fresque fort endommagée du Sodoma, la Nativité de J.-O. (1531).

En prenant en face de S. Spirito le vicolo del Sasso, on suit à dr. la via dell’ Oliviera, pour passer devant une colonne surmontée de la louve, et arriver à S. Girol amo (pl. E 7), église dépendant d’un ancien couvent de femmes. Au 3e autel à g., la Vierge et des saints, par Matteo di Giovanni, avec un encadrement de marbre par Lor. di Mariano. — Plus loin à g., l’église

Servi di Maria ou SS. Concezione (pl. E 7), transformée de 1471 à 1523.

1er autel à dr., une Vierge, par le Florentin Coppo di Marcovaldo (1261). 4® autel à dr., le Massacre des Innocents, par Matteo di Giovanni (1491); au-dessus, l’Adoration des Bergers, par Taddeo di Bartolo (f). — Dans le bras dr. du transept, «la Vierge du peuple», de Lippo Memmi. Le Couronnement de la Vierge, au-dessus du maître-autel, est le chefd’œuvre de Bern. Fungaï (1500). — Los deux chap. sur les côtés du maître-autel ont des fresques par Atnbr. Lorenzetti (?), le Massacre des

Quartiers E.

SIENNE

Innocents, la Danse de Salomé et la Mort de St. Jean-Baptiste (restaurée). — Dans le bras g. du transept, la Vierge au manteau, ue Giov. di Paolo (1436; fortement restaurée). Au 2° autel de g., une Vierge du Belvédère, par Giacomo di Mino del PeUicciaio (1363; v. p. 27).

Belle vue de la place devant l’église. — A la porte Romaine (pl. E8), une fresque fort endommagée, le Couronnement de la Vierge, ébauchée par Taddeo di Bartolo et achevée par Sano di Pictro. — A 8 min. en dehors de la porte, l’église de la Madonedes-Amjes, dont le chœur a une Vierge et des saints par Raffaello Carli (1502).

La via S. Vigilio, au N., en face du palais Piccolomini (p. 33), près de l’Université (p. 33), conduit à l’église S. Vigilio (pl D5), qui a des sculptures du xvme s.

Plus loin, en passant devant l’église S. Maria di Provenzano (pl. D4), de 1594, on arrive par des rues étroites à la placé St-François (pl. DE 4), où sont l’église conventuelle de ce noin et l’oratoire de St-Bernardin au N.; belle vue sur le couvent de l’Observance (p. 40) et les monts du Chianti.

St-François (S. Francesco ; pl. E4) est une église goth. à une seule nef, des années 1250 ù 1326, modifiée après l’incendie de 1655 et restaurée de 1885 à 1892 dans le style primitif. Une nouvelle façade en briques, à portail de marbre, est en construction.

Intérieur (entrée provisoire par le cloître à dr.). Les vitraux modernes, entre autres celui du chœur, d’une hauteur de 14 in., sont dus en grande partie à Zettler de Munich. A côté du bénitier, une statue de St François, par Ramo di Payanello (1280). Le nouveau maître-autel est de Gins. Partini (1892). A g., sur la paroq les médaillons de marbre de Silvio Piccolomini et de Vittoria Forteguerri, parents de Pie II (p. 30). Dans la 3® et la lr® chapelle à e. du chœur se trouvent des fresques d 'Ambroyio Lorenzetti provenant de la salle du chapitre du couvent; elles représentent la confirmation des règles do l’ordre par Innocent III, le martyre des moines franciscains à Ceuta du Maroc, le Christ en croix, dont les deux derniers semblent de simples travaux d’atelier. — Dans la 2® chap. à dr. du chœur, le tombeau de Cristoforo Felici, par Urbano da Cortona (1486). — Le nouvel autel à volets de la 3® chap. à dr. est d 'Arturo Viliyiardi , celui de la 2® chap. à g., de Mcacci. Le tableau moderne de l’autel de la chap. del Santissimo Sacra mento est de Ces. Maccari et les anciens graffiti du pavé sont de Lor. di Mariano (1504).

A côté, deux beaux cloîtres ac la première Renaissance renferment des restes de tombeaux de la noblesse du xiv® s., détruits par l’incendie mentionné ci-dessus. A l’entrée de l’anc. couvent, qui est maintenant un séminaire, à g., une Vierge en bas-relief par un successeur d 'Ant. Federiyhi. Dans la chapelle: au maître-autel, une Viergo allaitant l’enfant Jésus par Ambr. Lorcnzetti ; au mur de g., une Vierge et des saints par le Barna.

L’oratoire de St-Bernardin (pl. E 4) a d’excellentes ^'peintures, notamment du Sodoma (1518-1532); elles sont le mieux éclairées dans l’après-midi (30 à 50 c. de pourb.; s’adresser à dr., au n° 6).

Dans l’oratoire du bas, l’Histoire de St Bernardin de Sienne (1380- 1444), de la tin du xvi® s. — Dans l’oratoire du haut, les fresques représentant des épisodes de la vie de la Vierge, sont bien plus importantes: à g., vis-à-vis de l’entrée, la Nativité par Girol. del Pacchia , la Présentation

SIENNE

Quartiers N.- O.

au temple par le Sodoma, les Fiançailles par Dom. Beccafumi. Sur la paroi de l’autel , outre le tableau d’autel de Beccafumi (1537), l’Annonciation par Girol. dél Pacchia. Sur la paroi de dr., la Visitation par le Sodoma, la Mort de la Vierge par Beccafumi, l’Assomption par le Sodoma. Le Couronnement, du côté des fenêtres et les *Sts Antoine, Bernardin, Louis et François, dans les coins, sont également par le Sodoma. On remarquera aussi l’excellente décoration du plafond, de la frise, etc., par Ventura di Ser Giuliano TurapiUi (après 1496), considérée comme une des meilleures productions de la première Renaissance. Dans l’entréè, une Vierge en bas-relief par Giov. di Agostino (1341).

De la piazza S. Francesco, on retourne à la via Cavour (p. 24) en passant par la via dei Rossi (v. p. 25).

De la via Cavour à g. , on enfile la via delle Belle Arti (pl. CB 4) et on arrive à St-Dominique (p. 38) en passant devant l’Académie des Beaux-Arts et la Bibliothèque.

L’Académie des Beaux-Arts ( Accademia di Belle Arti; pl. C4) renferme la *Pinacothèque , galerie de peinture particulièrement riche en œuvres de l’ancienne école de Sienne. Fondée en 1816 avec des tableaux provenant pour la plupart de couvents supprimés et du Palais Public, elle comprend près de 700 numéros étiquetés et classés par ordre chronologique. Entrée (1 fr.) de 9 h. à 3 h. à l’exception des dim. et jours de fête; gratuite le 1er dim. de chaque mois, le 8 janv., les 15 et 16 août (v. p. 22), le 20 sept., les 2 et 11 nov., de 10 h. à 2 h. Sonner en bas, à dr. Catalogue, de 1903, 1 fr. Inspecteur, M. Arnoldo Prunai.

A l’entrée, bas-reliefs sans importance. La lre porte à dr. donne entrée dans la grande salle X (v. p. 37), et la 2 ® dans le

Ier corridor (xiii® et xiv® s.). 1-15, tableaux du xiii® s., encore tout à fait dans le style byzantin. 2, Margheritone d'Arezzo, St François. 16. Guido da Siena, Vierge. 20, 22, 28, 35, 47, Duccio di Buoninsegna , tableaux d’autel. 46, Niccolo di Segna , le Christ (1345). 51, Lippo Memmi , la Vierge et quatre saints (tableau d’école). 583, Duccio di Buoninsegna, Vierge; 587, Guido da Siena, Vierge. — II® corridor (xiv® et xv® s.). 65, Ambrogio Lorenzetti, Vierge. 61, 80, Pietro Lorenzetti, Vierges. 67, lAppo Memmi, St Michel, St Jérôme et St Jean-Baptiste. 88, Ambrogio Lorenzetti, Annonciation (1344). Bartolo di Frcdi, 100, quatre scènes

Quartiers N.- O.

SIENNE

de la vie de la Vierge, 104, les Mages. 107, Taddeo Gaddi , Vierge (1355;. 119, 125, Sjnnello Aretino, Couronnement et Mort de la Vierge. 127, 128, 130-133, 134, 135, Taddeo di Bartolo , en particulier l’Annonciation (131).

IIIe corridor (xive et xve s.). Tableaux de Giovanni di Paolo pour la plupart, le n° 173 daté de 1453, le 200 de 1440. Ensuite: 149-152, inconnu, Triomphe de la Mort, de la Chasteté, de l’Amour et de la Gloire, d’apr. Pétrarque; 164, Domenico di Bartolo, Vierge et anges musiciens; 203, Pietro di Giovanni, St Bernardin; 204, 210, le Vecchietta, représentations de saints et scènes de la Passion, Vierge et saints. On passe de là à droite.

Salles IV et V, tableaux de Sano di Pietro (1406-1481), dit «l’Angelico de Sienne», surtout de grands tableaux d’autels et en particulier, dans la salle IV: 246, grand retable de 1444; 241, au-dessus de la porte de la salle V, la Vierge et St Calixte; dans la salle V, 269, le Couronnement de la Vierge. — Salle VI (xve et xvi*s.): 272, 273, tableaux de Sano di Pietro; 279, Pietro di Domenico, Adoration des Bergers, avec St Galganim et St Martin; 286, Matteo di Giovanni (1470); 282, Neroccio di Bartolomeo, la Vierge, St Michel et St Bernardin (1476); 288, Fr. di Giorgio, la Vierge; 296, Guidoccio Cozzareüi, St Sébastien (1495). Salle VII, où conduit l’étroit corridor contigu à dr., tableaux endommagés des xine-xvi° s. — Salle VIII, en face de la VIe (xiv®-xvie s.) : 326, 327, le Sodoma, Vierge, Deux membres d’une confrérie en prière; 333, 334, Girol. Genga, Rachat do prisonniers, Fuite d’Enéc; *352, 354, 357 , 360, 361, le Sodoma, le Christ à la colonne (reste d’une fresque de St-François); Judith, Ste Catherine, la Vierge, le Corps de Jésus tenu par deux anges. En outre, dans cette salle et la suiv., de beaux pilastres en bois par Ant. Barili, autrefois au pal. del Magnitico (p. 27). — Salle IX (xve et xvie s.): 368, Andrea di Niccolà, Jésus en croix et des saints (1502); 386, le Pinturicchio, Ste Famille.

Salle X ou grande salle, près de l’entrée à g. (xve et xvi* s.). Dans le haut des murs: six cartons des graffiti du pavé de la cathédrale, par Beccafumi , fort endommagés. A dr. et à g. de l’entrée: 401, 443, le Sodoma, Jésus au jardin de Gethsémani, le Christ dans les limbes (fresques de S. Croce). Plus loin, à dr.: 410, Girol. del Pacchia, l'Annonciation et la Visitation, d’après le tableau d’Albertinelli aux Offices ; *413, le Sodoma, Descente de croix; 414, Girol. di Benvenuto, Vierge et saints (1508), avec une Nativité de J.-C. par Matteo di Giovanni, dans le haut; 420, Beccafumi, Ste Catherine; 422, Pacchiarotto, Ascension. A dr. et à g. de la sortie: 434, Benvenuto di Giovanni, Ascension; 424, Pacchiarotto, Vierge avec St Onuphre et St Barthélemy ; isolé, 426, Pacchiarotto , Visitation de la Vierge avec St Michel et St François; 427, Beccafumi, Jésus aux limbes. Côté g.: 423, Beccafumi, Chute des anges; 428, Franc, di Giorgio, Crucifîment; 431, Bern. Funga'i , Vierge et saints (1512); 432, Matteo di Giovanni, la Vierge trônant, quatre anges et quatre saints; 436, Benv. di Giovanni, Vierge trônant, anges et saints (1475); 437, 440, Franc, di Giorgio, Nativité de J.-C., Couronnement de la Vierge; 441, Funga'i, Assomption; 444, 447, Bart. Neroni, dit le Riccio, Couronnement de la Vierge et sa prédelle. — Salle XI (xvi« et xvii«s.); de dr. à g., 451, Fra Bartolomeo, Marie - Madeleine j 512, le Sodoma, Nativité de J.-C.; 462, Altdorfer, Martyre de St Quirin de Tegernsee; 463, Bart. de Bruyn, portrait; 488, Altdorfer, scène de la légende do St Quirin ; 504, 489, Àmberger, Charles -Quint, copies. Sur un chevalet: 495, le Pinturicchio , Ste Famille; 500, Palma le V., la Vierge; 501, manière de Durer, portr. de vieillard ; 528, le Dominiquin, paysage ; 537, Lucas Craïuich, Lucrèce ; 544, Pâris Bordone, Annonciation; 564, Fra Bartolomeo, Ste Catherine.

La bibliothèque communale (pl. C 4 ; Biblioteca Coinunale ), via delle Belle Arti, 9, fondée en 1663 (Sienne en possédait seize au xvne s., et même une pour les femmes depuis 1654), compte 80000 vol. et 5000 manuscrits. Ouverte tous les jours de 10 h. à 5 h. Bibliothécaire, M. le Dr F. Donati.

SIENNE

Quartiers N.-O.

On y remarque: un livre des Evangiles en grec, duxi«s., provenant de la chapelle impériale de Constantinople (la reliure primitive était en soie, les vieux émaux y ont été insérés plus tard dans des plaques d’argent doré) ; l’ouvrage de Francesco di Giorgio sur l’architecture, avec ses plans et ses dessins originaux; des cartons de Baldassare Peruzzi et de Giuliano da Sangallo; des lettres de Ste Catherine.

En descendant à g., par la rue Costa S. Antonio, puis par la première ruelle latérale de dr., on arrive à l’entrée supérieure de la

Maison de Ste Catherine (pl. B 4): «sponsæ Christi Katherine domus». Sonner à la porte de g. (billet d’entrée, 50 c.). — Ste Catherine de Sienne (1347-1380), fille d’un teinturier du nom de Benincasa, fit vœu de chasteté à l’âge de 8 ans et devint célèbre par ses révélations. C’est elle qui décida le pape Grégoire XI à retransférer le siège pontifical d’Avignon à Rome (1377); elle fut canonisée en 1461. La plus connue de ses visions est celle de ses fiançailles avec l’enfant Jésus, qui a fourni le sujet de tant de tableaux. Sa fête se célèbre le 29 avril.

Les différentes pièces de la maison ont été transformées en oratoires. Dans l’un des oratoires du haut, qui appartiennent à la confrérie de Ste - Catherine , un tableau représente la sainte, par Bern. Fungaï (audessus de l’autel) ; les autres sont de Ventura Salimbeni et de Franc. Vanni. On remarquera le plafond, les pilastres et le charmant carrelage (caché par une boiserie) , le tout dans le style de la première Renaissance. — L’oratoire du Crucifix renferme le crucifix (voilé) miraculeux dont, selon la légende, Ste Catherine reçut les stigmates à Pise en 1375; il est attribué à Giunta Pisano. — La jolie petite cour passe pour avoir „ été décorée par Bald. Peruzzi. — Dans l’église du bas, faisant partie des locaux de la Contrada delV Oca (v. p. 22), *fresques d eGirol. del Pacchia: Ste Catherine guérissant de la peste Matteo di Cenni; la Sainte délivrant des dominicains attaqués par des assassins ; le Cadavre de Ste Agnès de Montepulciano lui donnant le pied à baiser. Un 4« tableau , la Sainte attaquée par des soldats florentins, est de Ventura Salimbeni (1604). Sur l’autel, une belle statue en bois de Ste Catherine par Neroccio di Bartolomeo , de 1465; au-dessus, des Anges par le Sodoma.

En sortant de l’église, on se trouve dans la via Benincasa (pl.

B C 5), l’anc. via dei Tintori, habitée encore auj. par des teinturiers et des foulons. On remarquera les deux loges et au dessus de la porte de la maison à g., un buste de Ste Catherine par Giac. Cozzarelli. A peu de distance, près de la porte de la ville, au pied de la colline de St -Dominique, accessible par un chemin escarpé qui passe derrière la fontaine, se trouve la fontaine Branda (Fontebranda ; pl. B 5), mentionnée dès l’an 1081 et recouverte en 1242 d’un portique goth. à trois arcades.

L’église St-Dominique (S. Domenico; pl. B 4-5), en bordure sur la place Mazzini, où débouche la via delle Belle Arti, est un édifice gothique en forme de château fort, construit en briquetage de 1293 à 1391. Les puissants soubassements qui s’adossent au versant de la colline servent maintenant de caserne de cavalerie. Le campanile crénelé est de 1340.

Cette église n’a qu’une nef, avec transept et charpente apparente. En entrant, à dr. , la chapelle delle Volte (fermée): sur l’autel, Ste Catherine, par Andrea Vanni, seul portrait authentique de la sainte. —

Quartiers N.

SIENNE

Plus loin à dr., le tombeau du mathématicien Gius. Pianigiani (m. 1850), par Becheroni. — Au 3® autel, St Pierre Martyr, par Arcangelo Salimbeni , 1579. — La chapelle Ste-Catherine, qui est attenante et où la tête do la sainte est conservée dans un tabernacle, œuvre de Giov. di Stefano (1466) , a été décorée en 1525 d’excellentes *fresques par le Sodoma (meilleure lumière vers midi; pourboire, 20 à 30 c.); au mur de l’autel, à g., Ste Catherine tombant évanouie dans les bras de deux sœurs (le «sveuimento»); à dr., la sainte en extase recevant la communion d’un ange; au mur de g., l’Ame d’un criminel qui vient de subir la peine de mort, montant au ciel par l’intercession de la sainte. Au mur de dr., Guérison d’une possédée, par Franc. Vanni , 1593. C’est également de cet artiste que sont les deux saints de chaque côté de l’entrée, tandis que les grotesques de l’arcade d’entrée et des pilastres, avec leurs jolis enfants, sont du Sodoma. Le pavé en marbre de la même chapelle est orné de graffiti. — Dernier autel à dr. : la Nativité de J.-C., par Franc, di Giorgio, exécutée sous l’influence de Luca Signorelli ; le haut est peut-être de Matteo di Giovanni ; la prédelle, de Bern. Fungaï.

Chocur. Le beau baldaquin de marbre et les deux anges ravissants portant des flambeaux, au maître-autel, sont l’œuvre du Florentin Benedetto da Maiano. De la fenêtre derrière le maître-autel, coup d’œil magnifique sur la cathédrale qui domine toute la ville. — 2® chapelle à g. du maîtreautel: à dr., Matteo di Giovanni , Ste Barbe, Marie-Madeleine, Ste Catherine (1479), et dans la lunette, une Adoration des Mages par le même; à g., Vierge et saints par Benvenuto di Giovanni (1483); 3® chap., la Vierge, St. Jean-Baptiste et St Jérôme, par Matteo di Giovanni. — La 2® chap. dr. du maître-autel contient nombre de vieilles pierres tombales, ornées d’armoiries des xvi® et xvii® s.

De la piazza Mazzini, le joli viale Curtatone (pl. B 4-3) conduit an N. sur la Lizza (pl. B 3), promenade établie en 1779 non loin d’un manège, très fréquentée le dim. et le jeudi et offrant une jolie vue sur St -Dominique et la cathédrale. Elle est décorée d’un monument de Garibaldi, par Raff. Romanelli (1896). Les jardins s’étendent jusqu’à l'ancien foi't Ste-Barbe (pl. A3), construit en 1560 par le duc Cosme Ier, et se continuent sur les remparts. Jolie vue.

Du coin N.-E. de la Lizza, la petite via dei Gazzani conduit à la via di Camollia (pl. C B 2-1) qui continue au N. la via Cavour (p. 24). En traversant la rue, on entre dans la via di Campansi qui mène à l’anc. couvent de Campansi (n°8; pl. C 2). Ce couvent, auj. un hospice (Ricovero di Mendicità), a des fresques par Sano di Pietro, l’Annonciation; Benv. di Giovanni, l’Apparition de Jésu9 à la Madeleine; Matt. Balducci , l’Assomption (dans le cloître), et Dom. Beccafumi, la Vierge et des saints. La chapelle est une jolie construction de 1681, du style baroque.

En allant quelques minutes plus loin dans la via di Camollia et en passant à g. sous une porte en face d’une place, pour descendre la via Fontegiusta, on arrive à la petite église

Fontegiusta (pl. B 2; entrée, 50 c. ; sonner à dr. dans le coin). Cette église, propriété d'une confrérie, a été bâtie par Francesco Fedeli de Corne, dans le style du commenc. de la Renaissance; la voûte, supportée par quatre colonnes de marbre, est de 1482 et le portail N. de 1489. Au-dessus de l’entrée, à l’extérieur, un petit basrelief représentant la Vierge, par Neroccio di Bartolomeo (1489).

SIENNE

Quartiers N.

— A l’intérieur, magnifique *maître- autel par Lor. di Mariano (1509-1519), une des plus belles œuvres de sculpture du temps; bénitier en bronze de Giov. délie Bombarde (1430) ; au 1er autel à dr., Couronnement de la Vierge, par Bern. Fungaï ; au lel autel à g., belle *fresque (très restaurée) de Bald. Peruzzi (vers 1528), la Sibylle annonçant à Auguste la naissance de J.-C. Au-dessus de l’entrée: une épée, un casque, un bouclier et des os de baleine, donnés, dit-on, par Christophe Colomb.

En retournant dans la via di Camollia et en poursuivant au N., on trouve la petite église S. Pietro alla Magione (pl. B 1) , élevée par les templiers ; elle a une belle façade de la première Renaissance. A dr. , n° 48, la modeste maison de Baldassare Peruzzi (p. 24), désignée par une inscription.

En sortant par la porte Camollia (pl. B 1), construite en 1604 et portant l’inscription «Cor magis tibi Sena pandit», on peut faire à dr., le long des murs de la ville, une promenade intéressante qui gifre de jolis points de vue: en face, sur la hauteur au delà de la oare, le couvent de l’Observance (v. ci-dessous). Devant la porte Ovile (pl. D 3), à dr., au bas de la vallée, dans un site pittoresque, la fontaine Ovile (pl. E 3) en style goth. De là en s/4 d’h. à peine, on atteint la porte Pispini (v. pl. F 6-7; p. 34) et 1/4 d’h. plus loin, la Porta Romana (pl. E 8). — A 5 min. au N. de la porte Camollia (omn., v.p. 21), on atteint la porte extérieure (Antiporto) de 1675; un peu avant, à g., sur la place d’armes (pl. A 1), une colonne rappelle la rencontre de Frédéric III et d’Eléonore de Portugal (p. 30).

— 10 min. plus loin est le palais Turchi, plus communément Palazzo dei Diavoli, belle construction en briques; la chapelle, un joyau de la première Renaissance, est d’Ant. Federighi (1460). Dans le voisinage, le restaurant Eden (fréquenté surtout en été).

Environs de Sienne (Tarif des voit. v. p. 21). A Va h- au N.-E. de la ville hors de la porte Ovile (route carrossable, 3 kil. ; sentier à g. à la bifurcation en deçà de la ligne de Chiusi, passer sous la voie et monter tout droit), se trouve l’anc. couvent de 'franciscains de l’Observance (V Os8ervanza ; 321m.). Son église, fondée par St Bernardin en 1423 et agrandie en 1485 par Giac. Cozzarelli, est une construction remarquable des premiers temps de la Renaissance, à arcades et voûtes décorées de reliefs en terre cuite par Franc, di Giorgio. Au 2e autel de g., beau Couronnement de la Vierge par Andrea délia Robbia. Au 1er et au 3e, bons ouvrages de Sano di Pietro , qui a fait aussi la prédelle du 4«, dont le principal tableau est de Taddeo di Bartolo. Sous le maître-autel, la châsse en argent de St Bernardin, par Franc, d' Antonio (1460). Dans le chœur, St Bernardin et Stc Elisabeth de Portugal, par Pietro di Giovanni (1439). Dans la sacristie, excellent groupe en terre cuite représentant une Pietà, de Giac. Cozzarelli et la pierre tombale de Pandolfo Pétrucci (m. 1512; p. 23). Sous l’église, un caveau avec la cellule de St Bernardin.

La chartreuse de Pontignano, à 7 kil. de la porte Ovile, a été fondée en 1343, fortifiée en 1383 et sécularisée en 1810. Son église a été modernisée au xvne s. Belle vue près de l’église.

S. Colomba, à 11 kil. à l’O. de la porte Camollia, est accessible par la route qui passe devant le pal. dei Diavoli (v. ci-dessus); de là, on

Wagner & Debcs, Leipzig

— "“Mantiüciiio

Environs.

SIENNE

suit la grande route pendant 4 kil., iusqu’à un chemin qui descend à g. entre deux cyprès et mène au lac desséché Piano dél Lago , qui n’est probablement qu’un enfoncement de terrain. La villa S. Colomba, anc. propriété du collège Tolomei (p. 32), a un escalier à vis remarquable par Bald. Peruzzi (?)-, belle vue du balcon. — On reprend ensuite le même chemin pour aller, 6 kil. plus loin, à travers une magnifique forêt, à Celsa, autre villa en forme de château fort, également bâtie sur les plans de Bald. Peruzzi. Belle vue depuis l’étage supérieur. Rafraîchissements chez l’administrateur (fattore). — 3 ou 4 kil. plus loin (18 kil. de Sienne, trajet en 2 h.) est Marmoraia, où fut conclue, en 1187, la paix entre la république do Sienne et l’évêque Hugues de Yolterra. De la place, devant l’église paroissiale, belle vue sur la vallée de l’Eisa et Colle di Val d’Eisa; derrière, S. Giinignano; au N. -O., Volterra, dans le lointain. De Marmoraia, on peut faire en '/a h., vers le S., l’ascension du Poggio degli Albereüi (633 m.), d’où l’on jouit d’une vue étendue jusqu’à la mer et les Alpes Apuanes.

A 3 kil. au S. -O. du côté de la porte St-Marc, l’abbaye St-Eugône, nommée ordinairement il Monistero, ancien couvent de bénédictins, fondé en 730 (?), fortifié en 1553 par Pietro Strozzi et sécularisé au xvm* s. Les bâtiments ont été tous modernisés. L’église a des tableaux (plus ou moins détériorés) do Duccio , Ambrogio Lorenzetti , Taddeo di Bartolo, Francesco di Giorgio, Mattco di Giovanni, etc. Belle vue du jardin. — On recommande de revenir par la porte Fontebranda, en suivant pendant 7 min. env. la route qui se détache au N. (à g.) près de la trattoria La Colonna, et en continuant ensuite au N.-E. (à dr.).

On peut suivre plus loin la route jusqu’à VOsteria delle Volte , à 8 kil. env. de la porte St-Marc; la route à dr. mène d’ici à (2 kil.) la vieille église S. Giovanni di Ponte allô Spino, de la lre moitié du xi« s., et à (6 kil.; 14 kil. de Sienne; trajet en 1 h. */a) Cetinale, ancienne villa de Flavio Chigi, neveu du pape Alexandre VII, bâtie vers 1680 sur les plans de Carlo Fontana. Son beau parc, la «Thébaïde», renferme des sculptures et des chapelles baroques. Pour la visiter, demander l’autorisation au palais Chigi, à Sienne (p. 31). Belle vue du haut du Romitorio, la colline qui domine la villa.

7 kil. au delà de l’Osteria delle Volte se trouve Rosia (205 m.), dont l’église a dos fonts de 1332. A 3 kil. encore au delà (de Sienne, en ligne directe 16 kil., trajet en 1 h ‘/a)» Torri ou £. Mustiola a Torri in Val di Merse, vieux couvent des moines de Vallombreuse, avec une chapelle de 1180 et un beau cloître roman, servant aujourd’hui de ferme.

A 14 kil. au S. -O. de Rosia, par la route de Massa Marittima, qu’on laisse à la fin sur la droite (de Sienne, 80 kil. en 3 h.), on rencontre les ruines remarquables du couvent cistercien de S. Galgano, fondé en 1201 par Ildebranao Pannocchieschi, évêque de Volterra; l’*églisc goth. construite de 1240 à 1268, en travertin et en briques et à trois nefs, a encore malgré son état délabré un caractère très imposant. Le couvent, au contraire, dans lequel est établie une ferme, n’a plus d’intéressant que quelques fenêtres; il a été supprimé dès 1652, et l’église, endommagée par la foudre, fermée en 1781.

A 5 kil. au S.- O. de la porte Fontebranda (3/4 d’h. en voiture), se trouve Belcaro; ‘/4 h. avant la porte, on atteint la route qui conduit au S. à l’abbaye de St-Eugène (v. ci-dessus) et qu’on suit pendant 5 min. pour traverser ensuite à dr. le pont qu’on rencontre un peu avant la trattoria La Colonna. Le château de Belcaro fut construit pour la famille Turamini par liald. Peruzzi sur l’emplacement d’un vieux manoir féodal et modernisé au xix° s. Au rez-de-chaussée, un plafond peint par Peruzzi représentant le Jugement de Paris. Les fresques du même artiste, dans la chapelle, ont été gâtées dans une restauration. Vue magnifique sur Sienne et ses environs. Visite, seulement l’après-midi.

Les promenades en voiture à San Qimignago (p. 17) et à Monte Oliveto Maggiorc (v. p. 42; par Buonconvento, v. p. 43) sont aussi très intéressantes; la distance est de 35 kil. en S h. pour chacune. — Pour d’autres excursions en voiture ou en automobilo v. p. 21.

Page 1