De Sienne à Chiusi
88 kil. Chemin de fer. Trajet en 2 h. 45 à 4 h., prix 10 fr. 25, 7 fr. 15 4 fr. 60; train rapide en 2 h. l/4, prix 11 fr. 25 et 7 fr. 90.
Sienne (p. 20) est tête de ligne. On prend d’abord la direction d’Empoli, puis on tourne au S.-E. pour traverser ensuite les collines qui séparent les bassins de l'Ombrone et de la Chiana. — 9 kil. Arbia.
A 3 kil. au N.-E. est S. Amano a Dofana, dont l’église possède une Vierge et des saints de Pietro Lorenzetti (1328) et une Vierge de Bald. Peruzzi, de qui est également le Martirio di S. Ansano, construction en briques dont la clef est au presbytère. A l’E., une pyramide entourée de cyprès, sur les hauteurs voisines, indique l’emplacement du château de Monte Aperto, d’où Farinata degli Uberti (p. 23) partit en guerre en 1260. (Voit, de Sienne, 10 kil., v. p. 21.)
16 kil. Castelnuovo Berardenga. Contrée déserte; rien que des collines d’argile chauves et crevassées.
31 kil. Asciano (200 m.; Alb. del Sole, ch. 1 fr. 50), jolie petite ville de 3620 hab. , à dr. à 3 kil. de la station. Elle a des fortifications élevéeâ en 1351 par les Siennois, une belle fontaine sur la place publique et de vieilles églises. A S. Francesco , de jolis fonts baptismaux, un autel en terre cuite peinte, avec un St Raphaël et un St Christophe de l’école des délia Robbia et une Vierge par Lippo Memmi. A la Collegiata, une Nativité de la Vierge par Sassetta, une Assomption par Giovanni di Paolo , avec volets par Matteo di Giovanni et des fresques de Taddeo di Bartolo. A S. Sebastiano , une fresque de Benvenuto di Giovanni. A S. Agostino, un maître-autel peint en 1437 par Domenico di Bartolo.
C’est d’Asciano que part le plus court chemin menant à l’anc. couvent de *Monte Oliveto Maggiore, situé à 10 kil. au S. Voit, à la gare; autrement, chez Bucciarelli on à l’alb. del Sole: 8 à 10 fr. aller et retour avec une voit, à 1 cheval. 2 h. de trajet par la route, 1 h. 1/2 par le chemin direct, praticable seulement aux voitures légères, mais d’où l’on a de belles vues. De Sienne, par la route directe, excursion plus commode, v. p. 21.
Monte Oliveto Maggiore est un célèbre couvent de bénédictins, maintenant sécularisé. On n’y peut loger qu’avec une permission spéciale de l’inspecteur de l’Académie des Beaux-Arts à Sienne (p. 36). Le prix de la pension est de 5 fr. par jour, chambre comprise. Si l’on n’a pas le temps d’annoncer son arrivée au moins deux jours d’avance, on fera bien d’apporter des vivres pour une journée. Les artistes et les savants seuls ont le droit d’y séjourner plus de deux jours. — Ce couvent, fondé en 1320 par Bernardo Tolomei de Sienne et devenu fort riche avec le temps, donne encore une très bonne idée d’une grande maison de ce genre. On admire l’énergie qu’il a fallu aux religieux pour créer cette oasis d’une verdure luxuriante sur un terrain crayeux. Enée-Sylvius Piccolomini, qui fut pape sous le nom de Pie II (p. 30), fait dans ses Annales une intéressante description du couvent.
Au-dessus des portes d’entrée: groupes en terre cuite vernie, St Benoît et la Vierge couronnée par des anges.
Les murs du grand cloître sont ornés de *fresques célèbres, par Luca
MONTALCINO.
SignoreUi (1497-1498) et le Sodoma (1505), la Légende de St Benoît, qu’expliquent des inscriptions. L’ordre des sujets n’est pas le môme que celui dans lequel ils ont été peints. La série commence par une fresque du Sodoma , sur le mur à dr. à côté de l’entrée de l’église, St Benoît quittant la maison paternelle; mais au point de vue historique, leB premières sont celles de L. SignoreUi , du côté g. de l’entrée, au nombre de huit: Totila courbant le genou, Ecuyer déguisé pour tromper le saint, Tentation d’un moine un jour de jeûne, Punition de la gourmandise de deux moines, Résurrection d’un mort que le diable a précipité du haut d’un mur, Exorcisme, Idole renversée et Dieu punissant Florentius. L’Envoi de missionnaires, la 1™ fresque du coin de g., est de Riccio , élève du Sodoma. Les autres sont du Soaoma lui-même, toutes charmantes par la beauté des figures, bien qu'inférieures à celles de Signorelli pour la conception et l’exécution. Dans les premières compositions du Sodoma, on reconnaît l’inüucnce des fresques du Pinturicchio à la bibliothèque de la cathédrale de Sienne; les entras rappellent un peu le genre de Léon, de Vinci.
L’éoi.isk, modernisée en 1772, a de belles stalles, un lutrin et des marqueteries de Fra Giovanni da Verona (1508), ainsi qu’une Vierge en marbre dans rentrée, par le môme artiste.
Dans la Biui.iOTiffcQUE, une porte et une armoire, également avec de belles marqueteries de Fra Giovanni (1502).
La salle du chapitre et d’autres salles ont des fresques par Antonio da liologna et NoveUo (de Naples).
Les écuries derrière le couvent, dont les différentes parties porteut les noms des principales villes de l’Italie, ont subi des transformations considérables.
A 7 kil. au 8.-0., se trouve Ruonconvento (Alb. Cavallo Inglese, ch. 1 fr. 50, modeste) sur l’Arbia; c'est là que mourut l’empereur Henri VII, en 1313. Les églises renferment quelques tableaux de vieux maîtres siennois: Sano di Pietro, Mat. di Giovanni, Fungaï, Pacchiarotto, etc.
D’Asciano a Grosseto, embranchement de 96 kil., trajet en 3 h. à 4 h. */4 ; prix 11 fr. 15, 7 fr. 80 et 5 fr. 05.
12 kil. S. Giovanni d'Asso (aub. passable). La t’anonica possède six petits tableaux de l’école île Sienne. On peut aller d’ici en 1 h. ‘/s à pied ou en voit, (préférable) à Monte Oliveto (p. 42). 21 kil. Torrenieri
(245 m.), sur la vieille route de Sienne-Buonconvento (v. ci-dessus) à Rome, qui passe par S. Quirico d’Orcia (v. ci-dessous), Rudicofani (p. 44), Acquapendente et Bolscna (p. 100).
A 9 kil. au S. -O. de Torrenieri (omnibus, deux fois par jour en 1 h. */«, 1 fr. 50) se trouve Montalcino (511 m. ; Alb. (tel Giglio , ch. 1 fr. 20, convenable; voit, de Sienne, v. p. 21), ville de 4872 hab., soumise au commencement du moyen fige aux abbés de S. Antimo (v. ci-dessous) et plus tard à Sienne. Le Palais Municipal a, dans la chap. des Prisous (C. delle Carceri), quelques tableaux provenant d’anciens couvents, entre autres une Descente ae croix (1382) et un Couronnement de la Vierge (1388)j par Bartolo di Frcdi. La cathédrale fut commencée en 1818. L’ancien couvent des franciscains est transformé en hôpital. Dans l’église, au-dessus de l’entrée principale, la Vierge, St Jean-Baptiste, St Pierre et St Sébastien de l’école des délia liobbia (1507). Dans une pièce à côté de la sacristie, des fresques de la fin du xv* s. Dans le cloître, d’autres fresnues, de 1438. De la place près de l'église de la Madonna, belle vue sur la partie E. de la ville. — Il y a cnv. 13 kil. de Montalcino à la stat. de Monte Ainiata (v. 44), au S.-É. A peu près aux deux tiers de la route, à >/i kil. au N. de Castelnuovo cUW Abbate , se trouve S. Antimo, qui a été jusqu’au xiu* s. une abbaye indépendante. Sa magnifique église à trois nefs, bâtie en albâtre et en travertin, est du xi« s., sauf son riche portail, qui est de 1292. Voit, de Sienne v. p. 21.
A 7 kil. au S.-E. de Torrenieri (forte montée; omn., deux fois par jour, 1 h. >/ 4, 1 fr. 50), S. Quirico d'Orcia (424 m. ; Alb. Tre Mori, simple), ville de 1377 hab., fortifiée par les Siennois en 1472. La belle église