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Pérouse

Arrivée. Il y a rarement des fiacres (v. p. 64). Un tramway électr. relie la gare (303 m.; buffet) à la ville, de la Porta Nuova, (pl. CD 6; 25 c.) par la piazza Vittorio Emauuele (pl. C 5; 20 min.) à la piazza Danti (pl. C 3): 30 c., aller et retour, 60 c. ; valise 10 c., malle 30 c. La route monte en lacets et aboutit au delà de l’hôpital militaire ef de la place d’Armes, à la porte Neuve. Un raccourci (20 min.), au premier lacet de la route, aboutit en ligne droite à la porte Eburnea (strada del Bucaccio, pl. A B 6). Agence locale des chom. de fer de l’Etat, piazza Umberto 1.

Hôtels (v. p. xv). De lw ordre, avec aseens., lum. électr., eliauff. central et bains: *Grand-Hôtel Urufani (pl. a, C’5; propr. George J. Collins, Anglais), aux portes de la ville, vue dégagée (100 ch. de 3 à 7 fr.,

PÉROUSE

Renseign. divers.

rep. 1.50, 3 et 5 v. n. c., p. 8 à 12, dep. 12 du 16 mars au 31 mai, omn. électr. ou autobus 1 fr. 50), souvent comble, s’annoncer d’avance, fréquenté par les Anglais; *Palace Hôtel (pl. p, C5), l’anc. palais Cesaroni, piazza Vittorio Emanuele (100 ch. de 4 à 6 fr., rep. 1.50, 3 et 5 v. n. c., p. 8 à 12, 12 à 14 du 1er mars au 30 juin, omn. électr. 1 fr. 50). — De 2e ordre: H. de la Grande-Bretagne & Poste (pl. b, C4), corso Yanucci, 21, au coin de la piazza Umberto I (ch. dep. 2 fr. 50, écl. et s. 1, p. 7), avec restaurant; Alb.-Pens. Belle Arti (pl. c, C5), via Luigi Bonazzi, 21, vue dégagée (ch. 2 fr. à 2.50, p.. 7 v. c.), généralement recomm. — Appartements particuliers, bon marché.

Restaurants: au Palace Hôtel (v. ci-dessus); Trasimeno , corso Vanucci, 5; H. de la Grande-Bretagne & Poste (v. ci-dessus); Trattoria degli Artisti, via dei Priori, 7-9 (pl. C4), simple, mais recomm. — Bière: via Baglioni, 39 a (pl. C5).

Cafés: Badtiel, Trasimeno , Pietro Vanucci, tous trois cours Vanucci.

Bains: via Augusta, 1 (75 c.).

Poste et Télégraphe (pl. C5): au Palace Hôtel (v. ci-dessus), piazza Vittorio Emanuele.

Fiacres :

en ville, jour,

à 1 chev.

à 2 ch.

course ord ~ ] — .75 1.25

à l’heure 1.50 3. —

» chaque Va h. en sus .... — .50 1. —

nuit (1 h. -5 h.), course ord 1.25 2. —

» » à l’heure 2. — 4. —

» » chaque Va b. en sus .... 1. — 1.50

de la gare en ville, et vice versa 2.50 4. —

(une place, «un posto», 1 fr.); petits bagages 10 c., malle 20 c. Voitures de remise (vetture di rimessa) pour excursions: à 1 chev. 3 fr. à peu près ; à 2 ch. 5 fr. l’heure.

Automobiles à louer par l’intermédiaire des hôtels.

Diligences (bureau: corso Vanucci, 38): de Pérouse à Umbertide (p. 61), chaque jour à 7 h. 30 du matin et à 3 h. 45 du soir, en 3 h. 3/4 (retour en 4 h. 1I%), 3 fr. ; à Todi (p. 75), chaque jour à 7 h. du matin en 5 h. Va (retour en 6 h. Va)> 5 fr. 50.

Photographies : à la librairie Terese, en face de l’hôtel de ville (Municipio, pl. C4).

Principales curiosités (1 jour Va): CoUegio del Cambio (p. 67), hôtel de ville et galerie de peinture (p. 67), Grande Fontaine (p. 69), cathédrale (p. 69), arc d'Auguste (p. 70), Université (p. 71), St-Bernardin (p. 72), St- Dominique (p. 73), S. Pietro de' Cassinensi (p. 73). — On recommande la promenade en voit, à Assise (p. 76).

Pérouse (493 m.), en ital. Perugia, ville de 20 132 hab., cheflieu de la province d’Ombrie, siège d’une préfecture, d’un commandement supérieur, d’un archevêché et d’une université (v. p. 71), est située sur une hauteur, à env. 300 m. au-dessus de la vallée du Tibre. Cette ville, qui a conservé son caractère ancien, est bâtie en partie sur la hauteur elle-même et ses quatre ramifications, en partie sur les flancs de la colline. Ses nombreuses constructions des xive et

XVe s., époque de sa prospérité, ses tableaux de l’école ombrienne, les vues magnifiques et étendues qu’elle offre sur les environs, ses paysages gracieux et originaux en font un endroit bien propre à attirer l’étranger. Excellent point de départ pour des excursions variées, elle convient pour un séjour d’été, grâce à la pureté de son air et est visitée tout particulièrement au printemps et en automne par les Anglais. Bonne eau potable des environs de Nocera Umbra (p. 136).

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Histoire.

PÉROUSE

Perusia , une des douze villes de la confédération étrusque à la môme époque que Cortone, fut, en même temps qu’elle et Arretium, soumise aux Romains en 310 av. J.-C. Plus tard, elle fut convertie en municipe. Dans la guerre entre Octave et Antoine, celui-ci occupa Perusia pendant l’automne de l’an 41, mais fut forcé de la rendre au mois de février suivant, après une lutte acharnée (bellum Perusinum). La ville souffrit alors terriblement et fut enfin réduite en cendres. Reconstruite plus tard, elle devint colonie romaine sous le nom d 'Auyusta Perusia (p. 70). Totila, roi des Ostrogoths, la détruisit à son tour au vi® s., après un siège de 7 ans. Elle souffrit également beaucoup des guerres des Lombards, des Guelfes et des Gibelins; mais, au xiv® s., elle soumit presque toute l’Ombrie à sa domination. Obligée de se rendre au pape en 1370, elle se releva néanmoins encore une fois et soutint de nouvelles guerres, dans les dissensions des grandes familles des Oddi et des Baglioni. Le sage et courageux Braccio Fortebraccio de Montonc (p. 71) s’y érigea en maître en 1410, ce qui fit naître de nouvelles luttes jusqu’au jour où Giovanni Paolo Baglioni rendit enfin la ville au pape Jules II (1506). Léon X le fit décapiter à Rome, en 1520. Vingt ans plus tard, le pape Paul III chargea Ant. da Sangallo le J. de construire la citadelle (Rocca Paolina, p. 66), pour maintenir la population dans l’obéissance. La ville fut prise en 1708 par le duc de Savoie, en 1849 par les Autrichiens et en 1860 par les Piémontais.

Ecole de peinture d’Ombrie. Déjà du temps de Dante, uu artiste ombrien Oderïsio, de Gubbio (p. 61), était célèbre par ses miniatures, déjà alors Gubbio , Fabriano, Pérouse , etc. étaient tout autant do centres artistiques. Le voisinage de Sienne exerça certainement une influence marquée, mais la tendance en fut encore plus déterminée par la situation des villes, par l’esprit des habitants et par la proximité des sanctuaires d’Assise et de Lorette. On ne trouve pas chez les artistes de cette contrée, comme chez les autres de la Renaissance , surtout de l’école florentine, des compositions pleines d’action et de caractère ; on y cherche en vain la tendance à l’expression d’idées profondes et variées; mais leurs figures et leurs groupes charment par une aménité, par une grâce presque unique. Les hommes y paraissent souvent faibles et ont des figures peu expressives, tandis que les femmes plaisent par leur air de piété plein de douceur. Les innovations techniques s’introduisirent lentement dans l’école d’Ombrie, qui cultiva plutôt avec soin le vieux style et en augmenta le charme par l’emploi d’un plus grand nombre d’ornements.

En faisant abstraction des peintres du xiv® s., qui vécurent dispersés dans différentes petites villes, le premier artiste marquant de l’école ombrienne fut Ottaviano NeUi (p. 61); sa ville natale et Foligno possèdent quelques-unes de ses œuvres. Il fut éclipsé par Gentile da Fabriano (né vers 1370 et mort en 1428), qui étudia peut-être dans sa jeunesse les maîtres siennois, fit plus tard de longs voyages à Venise, à Rome, fut célèbre dans toute l’Italie, et dont les œuvres semblent avoir quelque chose de la peinture flamande. Non seulement Gubbio et Fabriano, mais encore les autres villes d’Ombrie, telles que Camekino et Foligno, ont eu leurs écoles locales. La dernière a produit, au milieu du xv® s., Xiccolô di Liberatore, surnommé l'Alunno, peintre doué de moyens restreints, qu’il sut pourtant faire valoir avec usure. Il peignit surtout des madones, dans lesquelles l’expression rêveuse est heureusement alliée à une beauté pure, et on peut dire qu’il prépara par là efficacement la voie au Pérugin et à Raphaël.

Pérouse, la ville principale de l’Ombrie, ne resta pas en arrière. Les traditions de l’école n’y suffirent plus, et de même qu’il y régna une vie plus active, on y sentit aussi la nécessité de se rapprocher de l’école florentine. Benedetto BonfUjli (env. 1420-1496) fut le premier qui tenta de s’élever au-dessus du style local. C’est aussi ce que fit Fiorcnzo di Lorenzo , peintre plus jeune, qui fut peut-être l’élève de Benedetto.

Le but fut atteint par lo maître qui fait surtout la gloric de l’ccole d’Ombrie, par Pietro Vanucci , de Città délia Pieve (1446-1524), nommé

Bædeker. Italie centrale. 14® édition. 5

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Ecole de 'peinture .

le Pérugin , parce qu’il travailla surtout à Pérouse. Il séjourna toutefois à plusieurs reprises et durant des années à Florence et longtemps aussi à Rome. Il s’efforça avec succès de remédier à l’insuffisance de l’école locale. Il fut initié dans l’atelier de Verrocchio, à Florence, aux secrets de la perspective et de la technique du coloris dans lesquelles il fut bientôt passé maître. Il se maintint au même niveau jusqu’au commencement du xvi® s. , comme le prouvent à Pérouse les fresques du Collegio del Cambio et plusieurs tableaux delà galerie de peinture. Les vingt dernières années de sa vie, il déclina, non sans qu’il y eût de sa faute, car il fit de la peinture une sorte ae métier et accepta plus de commandes qu’il n’en pouvait exécuter consciencieusement. 11 semble même qu’il ait eu en même temps plusieurs ateliers, par ex., de 1502 à 1505, à Florence et à Pérouse. C’est dans le second qu’étudia Raphaël (v. p. 70).

Un des grands maîtres de l’école, à côté au Pérugin, est Bernardino Betti dit le Pinturicchio (1454-1513). Sans avoir une influence décisive sur l’art italien, sans accepter, par ex., les grandes innovations de Léon, de Vinci, il sut très bien suivre les règles traditionelles et employer les formes ordinaires. Comme peintre de fresques, il fut d’une fécondité étonnante; il travailla surtout au Vatican, dans les églises de Rome, dans la bibliothèque de la cathédrale de Sienne et dans l’église collégiale deSpello. — Il faut nommer ensuite parmi les contemporains du Pérugin Giovanni di Pietro, surnommé lo Spagna, d’après sa patrie. Ses tableaux égalent les oeuvres de Raphaël dans sa jeunesse, et il se distingue comme tous les peintres de l’école d’Ombrie par la facilité de la production.

D’autres artistes d’un ordre inférieur se formèrent dans l’atelier du Pérugin; tels sont: Giannicola di Paolo Manni (m. 1544) et Eusebio di San Giorgio (vers 1500), qui imita heureusement le genre de Raphaël au point que ses tableaux ont été quelquefois attribués à ce dernier, par ex. l’Adoration des Mages de la galerie de Pérouse (salle XVII, n<> 12 ; p. 69). On n’a pas de détails sur Sinibaldo Ibi ni sur Tiberio d1 Assise, qui peignirent dans les vingt premières années du xvie s. ; leurs œuvres sont rares. Gerino de Pistoie est un bon peintre de second ordre et Domcnico di Paris Alfani (1483- après 1536), ami de Raphaël, possède encore un certain charme. Mais les derniers artistes ne sont plus guère indépendants; l’école d’Ombrie s’est laissé entraîner, avant le commencement de la seconde moitié du xvi® s., au courant général parti de Florence et de Rome.

A l’entrée de la ville haute, là où était la citadelle, démolie depuis 1860 (p. 65), s’étend la place Victor-Emmanuel (pl. C5), où se trouve la préfecture , belle construction à arcades au rez-dechaussée. Au milieu de la place, une statue équestre de Victor- Emmanuel II, bronze d’après Tadolini (1890). Devant la préfecture, la terrasse disposée en jardin offre une *vue splendide sur la vallée, où l’on distingue Assise, Spello, Foligno, Trevi et beaucoup d’autres localités encadrées à partir de Gubbio par la chaîne principale des Apennins, puis sur le Tibre et une partie de la ville basse. Il y a musique sur la place deux fois par semaine dans la soirée.

De là partent vers le N., à g., le cours Vanucci qui mène à la cathédrale, à dr., la via Baglioni qui conduit à la place Garibaldi (p. 72). Au coin de la place, le Palace Hôtel avec le bureau des postes et télégraphes.

Le cours Vanucci (pl. C 5-4) , à g. , est la rue la plus animée et la plus belle de la ville. Au delà de la piazza Umberto I, à g., au n° 5, la Banque de Pérouse (pl. C4) a au premier une salle décorée de peintures murales (histoire de la ville) par A. Brugnoli (1895), visibles seulement avec une autorisation du directeur.

Hôtel de ville.

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Le *Collegio del Cambio (pl. C4), Pane, bourse des changeurs, aussi à g., renferme dans l’«Udienza del Cambio» une série de fresques du Pérugin (1499-1500), son œuvre la plus remarquable de ce genre pour laquelle la corporation des marchands lui compta la somme de 350 ducats. La salle est ouverte en hiver de 10 h. à 2 h., en été de 7 h. à midi et de 3 à 5 (50 c.; cartes d’entrée à la pharmacie Severini, à côté). Elles sont le mieux éclairées de 11 h. à midi.

Ces représentations, bien propres à caractériser l’esprit de la Renaissance, figurent d’un côté les quatre vertus cardinales et leurs champions les plus distingués dans l’antiquité, de l’autre les trois vertus théologales. Paroi h g. de rentrée. lr® arcade: à g., dans le haut, la Prudence, dans le bas, Fabius Maximus, Socrate, Num'a Pompilius; à dr. eu haut, la Justice, en bas, Furius Camillus, Pittacus, Traian. — 2® arcade: à g. en haut, la Valeur, en bas Lucius Sicinius, Léonidas, Horace Codés; a dr. en haut, la Tempérance, en bas Scipion, Périclès, Cincinnatus. Au pilier entre les deux arcades, le portrait du Pérugin. En face de l’entrée: à g., la Transfiguration de J.-C., comme réalisation de la Foi; à dr., l’*Adoration de l’enfant Jésus, représentant la Charité. Mur à dr. de l’entrée, lr® arcade: à g., les Prophètes; à dr., les Sybilles, messagers de l’Espérance, et, au-dessus, Jéhovah. — Au plafond, des médaillons représentant les sept planètes, au milieu de riches ornements (peints par un des élèves du maître). Parmi ceux qui aidèrent l’artiste, se trouvait, dit-on, Raphaël; cette assertion est contestée. On remarquera aussi les sculptures et les marqueteries du siège du juge et du banc des changeurs qui occupent la 2® arcade de la paroi do dr., et celles des portes, etc., par Dont, del Tasso, de Florence (1490-1493) et Ant. di MercateUo (1501); elles sont au nombre des meilleurs ouvrages de ce genre. — Dans la chapelle voisine, un tableau d’autel et des fresques de Giannicolti Manni (1517).

L’*hôtel de ville ( Palazzo del Municipio ; pl. C3-4), à côté, est un grand édifice datant de 1281 et de 1333, à façade principale tournée du côté du Corso et une seconde ornée d’un escalier moderne, donnant sur la place de la Cathédrale. Il a de belles fenêtres et est décoré des armoiries des villes alliées de Pérouse. Au-dessus du portail qui donne sur la place de la Cathédrale, un grilfon, blason de la ville, et un lion en bronze, du xivc s. ; au-dessous, des chaînes et des verrous, qui rappellent la victoire des habitants de Pérouse sur ceux de Sienne en 1358. Le portail principal, revêtu de sculptures et richement orné, ouvre sur le Corso. Au l* r ét., la salle du Conseil (Sala del Consiglio) a une belle porte de la Renaissance et, au-dessus, une Vierge de Fiorenzo di Lorenzo; la salle du Capitaine du Peuple ou des Notaires est décorée des armes d’anciens capitaines et podestats, peintes sur les parois (xivp s.).

Le 3P étage renferme la *gàlerie de peinture (Pinacoteca Vanucci), formée depuis 1863 avec les tableaux des églises et des couvents supprimés, et très importante pour l'étude de l’école ombrienne. Elle est ouverte de 9 h. à 3 h. (de 10 h. à 4 h. de juin à août, de 9 h. à 1 h. les dim. et jours de fête). Carte d’entrée, 1 fr., au 1er à g. (Economato). Petit catalogue, 50 c.

Du vestibule on entre dans la première salle ou

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Galerie de peinture .

Saille des vieux tableaux («Cimeli»; I): 6, Margheritone d'Arezzo , grand Crucifix (1272); 14, Meo da Siena, la Vierge et des saints; les deux Saints n° 15 et les douze Apôtres n° 16 font partie du même tableau. 22, Ambroyio Lorenzetti, la Vierge et quatre saints.

Salle II, anc. chap. des Décemvirs ou del Bonfigli: fresques de Benedetto Bonfigli (1454-1496): à dr. des fenêtres et du côté de l’entrée, Scènes de la vie de St Louis de Toulouse; en face des fenêtres, l'Inhumation de ce saint et le Martyre de St Herculane, à la prise de Pérouse par Totila (p. 65) ; au mur suivant, l’Inhumation de St Herculane. Les stalles sculptées de cette salle ont été rétablies en 1907 ; elles ont été commencées en 1452 par Gaspare di Jacopo da Foligno et achevées par Paolino d'Ascoli. Dans les vitrines, manuscrits et antiphonaires enrichis de miniatures.

Salle III: fresques des xm® et xiv® s., provenant de S. Elisabetta (p. 71). — Corridor (IV): estampes.

Salle du xive s. (Trecentisti ; V): pour la plupart, bons tableaux de l’école de Sienne. 12, la Vierge, Ste Catherine, Ste Agnès, Ste Elisabeth, St Herculane, St Constance et autres ; en haut et sur la prédelle, petites scènes. Taddeo di Bartolo ou Burtoli: 18, Descente du St -Esprit; 21, St François avec les saints Antoine de Padoue, Herculane, Louis de Toulouse et Constance; 23, la Vierge, des anges et des saints (1403).

Salle du xve s. (Quattrocentisti ; VI) : *16, Gentile da Fabriano , la Vierjge et l’Enfant; 18, 19, Giovanni Boccati da Gamerino, Vierge et anges musiciens, Vierge trônant et anges chantant, quatre docteurs de l’Eglise, St Dominique et St François (1447). Frise, Tommaso d'Arcangelo de Cortone, Faits de guerre du condottier Braccio Fortebraccio (p. 71).

Salle des Toscans (VII): *1-18, V Angelico, parties d’un grand tableau d’autel, Vierge et anges, Annonciation, Saints et Miracle de St Nicolas de Bari (1437) ; 19, Piero délia Francesca , la Vierge et quatre saints, et audessus l’Annonciation ; 20, Benozzo Gozzoli, la Vierge trônant et des saints (1461); 22, Luca Signorelli, V ierge, anges et saints (1510), tableau d’atelier.

Salle de Benedetto Bonfigli (VIII): 1, 5, 8, Bonfigli, Adoration des Mages, Vierge et anges musiciens, Annonciation, avec St Luc.

Salle de Bartolomeo Caporale (IX): 1. Bonfigli, gonfalon de St Bernardin de Sienne: le Christ bénissant le saint; en dessous, Procession devant l’oratoire de St-Bernardin (1465; p. 72); 8, 10, Bart. Caporale, Jésus et la Vierge en gloire, fresque (1469), gonfalon de la confrérie de l’Annunziata (1466) ; 16, Bonfigli, Vierge.

Salle de Bernardino di Mariotto (X): 1, 4, Bernardino , Vierge et saints, Vierge et religieuse en prière. De plus, quelques fresques (n<>s 9-16) de Fiorenzo di Lorenzo. — A dr., une petite salle (XI) décorée de fresques du palais dei Pontani, dont quelques-unes représentent des légistes de Pérouse.

Salle de Fiorenzo di Lorenzo (XII) : Fiorenzo , 1, Vierge, anges et saints (polyptyque), 4, Adoration des Bergers; Fiorenzo (le Pinturicchiof), Adoration des Mages; 7, Fiorenzo (école de Mantegna?), portr. en buste de la Vierge dans une guirlande et avec des têtes d’anges dans le bas; 19, le Pérugin, Couronnement de la Vierge (le revers est dans la Salle du Pérugin, n° 22); 20, 21, Fiorenzo (f), St Sébastien, la Vierge, des anges et quatre saints; 25, Fiorenzo , Pietà. — Cabinet de Fiorenzo di Lorenzo (XIII): 1, Fiorenzo , niche contenant St Pierre et St Paul, et la Vierge avec des anges (1487); 2-9, Fiorenzo (?), Miracles de St Bernardin (les nos 2 à 6 sont des chefs-d’œuvre, les 7 à 9 sont inférieurs).

Salle du Pérugin (XIV), avec son buste en marbre, par Carattoli: le Pérugin, 1, St Jacques; au-dessous, une lettre autographe de l’artiste au prieur de St-Augustin, du 30 mars 1512; 5-21, du même, Baptême, Nativité de J.-C., prédelles, saints, le tout provenant d’un grand retable de St- Augustin (1502); 22, du même, Marie et Madeleine. St François et St Jean à dr. et à g. d’un crucifix en bois i de Fiorenzo di Lorenzo, n° 19).

Grande Fontaine.

PEROUSE

Cabinet dû Pérugin (XV): le Pérugin , 1, St Jérôme et Ste Marie- Madeleine; 2, la Vierge bénissant des religieux (1497); 3, St Jean-Baptiste entre quatre saints; 5, St Jérôme comme pénitent.

Salle de Giannicola Manni et de Berto di Giovanni (XVI), l’un, élève du Pérugin (v. p. 66), l’autre, imitateur de Raphaël.

♦Salle dü Pinturicchio (XVII), qui contient les tableaux les plus importants: 1, le IHnturiechio , grand tableau d’autel dans son cadre primitif, la Vierge, l’Enfant, et le jeune St Jean, St Augustin, St Jérôme, au-dessus l’Annonciation, dans le fronton une Pietà et sur les prédelles des scènes de la vie de St Augustin et de la vie de St Jérôme (1498); 3, du même, un gonfalon avec St Augustin, peint sur soie; 5, le Pérugin ou Giannicola Manni, Transfiguration du Christ (1522); 6, trois prédelles du précédent; 7, le Pérugin, la Vierge et quatre saints; 8, 11, école de Raphaël, bandes d’ornements, Dieu le Père et des anges, parties de la Mise au tombeau qui est maintenant h Rome (p. 72 et 212) ; 9, le Pérugin , la Vierge, des fidèles en prière, St François et St Bernardin ; dans le fond, la ville de Pérouse; 12, Eusebio di S. Giorgio, Adoration des Mages (1505; p. 66); 14, école de Raphaël (f), Vierge dont le motif a de l’analogie avec celui de la Vierge du palais Connétable, autrefois à Pérouse; 15, Eusebio di S. Giorgio, Vierge, St Jean-Baptiste et St Benoît; 17, 19, lo Spagna, la Vierge et l’Enfant (fresque), la Vierge et les saints Jean- Baptiste, François, Jérôme et Antoine.

Salle de l’Ecole du Pérugin (XVIII): Dom. di Paris Alfa ni , 28, la Vierge, les saints Pierre, Paul et Nicolas, et Ste Lucie (1524); 38, Ste Famille, d’après un dessin attribué à Raphaël, à Lille. — Enfin les salles Dom. Alfani, deli.a Torre et Orazio Alfani (XIX-XXI).

La bibliothèque communale, aussi au Palazzo del Municipio, fondée en 1615, compte 70000 vol. et de beaux manuscrits des xi*-xv« s., enrichis de miniatures. Les archives de la ville, qui sont reliées à la bibliothèque, comprennent de nombreux documents et actes, dont les plus anciens remontent au xn« s.

La 5e porte à droite de l’entrée principale du Pal. Public conduit dans la Sala del Collegio délia Mercanzia (chambre de commerce); elle contient de belles marqueteries (vers 1400); on la visite en tout temps, mais particulièrement de 10 h. à midi.

Sur la place du Municipk (pl. C3), la * Grande Fontaine (Fonte Maggiore), une des plus belles d’Italie, érigée de 1277 à 1280 pour déverser les eaux d’un aqueduc commencé en 1254. Elle a trois vasqnes et est ornée de nombreux bas-reliefs bibliques et allégoriques, partie, et Giov. Pisano (1280) et par Arnolfodi Cambio. Deux des statuettes ont été refaites de nos jours. — Le côté O. de la place est occupé par le palais épiscopal (Episcopio). Derrière cet édifice était jadis le palais du podestat détruit deux fois par le feu, en 1329 et en 1534, et dont la porte voûtée dite *Maestà delle Voile » est un reste.

L’église S. Martino di Verzaro (pl. C3) non loin de là au N., dans la via acl Verzaro, possède une fresque de Giannicola Manni: la Vierge entre St Jean-Baptiste et St Laurent.

La cathédrale (pl. C3), St- Laurent, du style goth. du xve s., est inachevée à l’extérieur. A dr. de la place, près de l’entrée, se trouve une belle chaire goth. (1439); à g., une statue en bronze de Jules III, par Vinc. Danti (1555).

L’intérieur, de proportions assez lourdes, a trois nefs d’égale hauteur, avec un petit transept. — A dr. de l’entrée, le tombeau de l’évêquo

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St-Sévère.

Baglioni (xn. 1451), par Urbano da Cortona; puis la chapelle St-Bernardin, qui a une Descente de croix du Baroche, une de ses principales œuvres (1569). Le vitrail, qui représente la prédication de St Bernardin de Sienne, est de Costantino di Rosato et Arrigo Fiammingo, de Malines (1565); il a été restauré en 1863. — Dans le collatéral de g., la chapelle del S. Anello, c.-à-d. de l’anneau des fiançailles de la Vierge, où s’est trouvé jusqu’en 1797 le célèbre Sposalizio du Pérugin, maintenant à Caen. Elle a des stalles par Giov. Batt. Bastone (1529); le joli tabernacle par l’orfèvre Federigo di Francesco Roscetto (1511) renferme l’anneau nuptial de la Vierge qu’on n’expose que cinq fois par an. Au 3* pilier, une image de la Vierge, très vivante d’expression et très révérée par le peuple; elle est l’œuvre de Giannicola Manni. — Au-dessous de la 2e fenêtre à g., le Christ bénissant et des saints, de Lodovico di Angélo ; au-dessous de la 3«, une Pietà, bas-relief à'Agost. d'Ayitonio di Duccio (1474). Dans le bras g. du transept, un sarcophage en marbre de 1615 renfermant la dépouille mortelle des papes Urbain IV et Martin IV, tous deux morts à Perouse, le 1er en 1264, le 2e en 1285; les ossements d’innocent III furent transportés à Rome en 1892 (v. p. 328). Le chœur a de belles stalles , commencées par Giuliano da Maiano (1486) et achevées en 1491 par Dom. del Tasso. — Dans le bras dr. du transept, une statue de Léon XIII (1892) qui fut archevêque de Pérouse de 1846 à 1877. — Dans le chœur d’hiver, à côté, un *tableau d’autel de Luca Signorelli, la Vierge, un ange musicien, St Jean-Baptiste, St Onuphre l’Ermite, St Etienne (?) et un évêque, le donateur (1484).

Le séminaire , ajouté à l’O. au chœur de la cathédrale, a un cloître pittoresque où l’on admire quelques pièces de sculpture remarquables, encastrées dans les parois. — La bibliothèque possède un Evangile de St Luc du vie s. et d’autres objets intéressants.

La place Danti (pl. C 3) s’étend à l’E. et au N. de la cathédrale ; en prenant à l’E. de cette place, par la place Piccinino et la via Bontempi, puis par la première rue à g. (via Ralfaello), on arrive à *St-Sévère (S. Severo; pl. D3), ancien couvent de camaldules transformé en collège. Dans la chapelle se trouve une *fresque de Raphaël , la première qu’il ait peinte seul, après son départ de l’école du Pérugin, en 1504, et après son séjour à Florence. L’entrée est maintenant à côté de la chapelle même; 50 c. au gardien.

Cette fresque, fortement endommagée, mais restaurée par Consoni, a de la ressemblance avec la partie supérieure de la Dispute au Vatican (p. 362): Dieu le Père (effacé) avec deux anges et le St-Esprit; au-dessous, le Sauveur entre deux anges et St Maur, St Placide, St Benoît, St Romuald, St Benoît le Martyr et St Jean le Martyr. Quelques-unes des figures sont supérieures à tout ce que l’école ombrienne a produit de plus beau. Plus bas, à dr. et à g., Ste Scolastique, St Jérôme, St Jean l’Evangéliste, St Grégoire le Grand, St Boniface et Ste Marthe, par le Pérugin: elles sont parmi les plus faibles productions de sa vieillesse (1521).

En passant par des rues latérales au N. -O. (belle vue de la piazza di Prome; pl. D3) ou par la via Vecchia au N. de la place Danti, on arrive au soi-disant *arc d’Auguste (pl. C2), porte antique revêtue de l’inscription: «Colonia Vibia Augusta Perusia». Les fondements sont étrusques , la partie supérieure date des premiers siècles de notre ère; la loggia, de la Renaissance. Les murs de l’enceinte étrusque qui entourait la colline de la vieille ville actuelle sur une longueur d’env. 2800 m. sont accessibles sur plusieurs points à l’O. et au S. -O.

La petite place devant l’arc d’Auguste s’appelle place Fokte-

Université. PÉROUSE. /• R- 9. 71

bbaccio (pl. C2). A g. est le pal. Gaüenga , anc. Antinori (xvme s.). En face, le cours Garibaldi (v. ci-dessous).

A peu de distance à l’O., près des ruines de l’église S. Elisabetta (p. 68), se trouve un jmvement en mosaïque (pl. 0 2) de l’époque romaine, représentant Orphée parmi les animaux. L’Ufficio Régionale, place du Municipe, délivre l’autorisation nécessaire pour la visite.

La via Ariodante Fabretti, à côté du palais Gallenga, mène à l’Université (pl.Bl-2), anc. couvent d’olivétains. Fondée en 1320, elle a maintenant deux facultés, celle de médecine et celle de droit, et compte env. 35 professeurs et 350 étudiants. Outre un petit j ardin botanique , des collections d'histoire naturelle et d'arty elle a au 1er étage un musée d’antiquités étrusques, romaines et du moyen âge, visible tous les jours, excepté le lundi, de 10 h. à midi et de 3 à 5 en été, et de 10 h. à 2 h. en hiver. Entrée 1 fr. ; les étrangers peuvent visiter à toute heure. Directeur adjoint, M. Favorino Finmi.

Escai.if.h : inscriptions étrusques et latines, sculptures romaines sans importance. Dans le haut, la plus longue inscription étrusque connue (Tabulæ Perusinæ) trouvée en 1822 aux environs de la ville. — Corridor: urnes funéraires étrusques, sarcophages et une urne en terre cuite, qui a la forme d’un homme couché saisi par la Mort sous des traits diaboliques; les cendres étaient cachées dans la cavité de l’intérieur. De l’aile* S. on entre dans la salle* suivante*. !*• sui t : Usinai armes de l’âge de pierre et de l’Age do bronze. — II* salle: vases «bucchcro», et vases peints; parmi ces derniers, quelques attiques. — III* salle: terres cuites, coffres cinéraires , etc. IV* sai.i.f.: bronzes. Dans une vitrine, parures en or, entre autres une grande boucle d’oreille à tête de femme. — V* salle: bronzes, entre autres un beau casque; en outre, des miroirs en bronze, l’un d’eux avec des scènes du mythe d’Hélène.

— VI* KAiii.K : ferrures à figures et ornements d’un char en style archaïque do la Grèce orientale. — VII*, VIII* et IX* salles, collection Guardahassi, objets intéressants trouvés dans des tombeaux étrusques, surtout: dans la 7* salle, magnifique coffret à miroir, où est représenté Bacchus sur la panthère; en face, articles de toilette, parures en ambre, coraux bruts, etc.; dans la 8* salle, collection de pierres gravées. - X* salle: antiquités cypriotes. — Plus loin, quatre pièces contenant des objf.ts du moyen Aoe et de la Renaissanck. XI* salle: caisse renfermant les ossements du condottier Braccio Fortebraccio , tué au siège d’Aquila, le 5 juin 1424, peu de mois après que son rival Sforza se fut noyé dans la Pcscara (elle était auparavant à St-François-des-Conventuels) ; cercueil de l’évôque Baglioni, recouvert d’une magnifique housse en velours (xv* s.).

— XII* salle: ustensiles d’église, tels que calices et crucifix; ouvrages eu ivoire, entre autres un rond avec jeu d’échecs et un Départ pour la chasse (vie des chevaliers français au xiv* s.). Trois *chcïs-d’œuvre de l’art n’émaillcr (champlevés): un calice ayant appartenu au pape Benoît XI (m. 1304), un calice et une patène par Catalucio di Piefro, do Todi (xiv* s.). Urne d’argent pour les élections aux magistratures de la ville, avec les armoiries des corporations (xvi* s.). — XIII* salle: sceaux; gaufriers de grandes familles de Pérouse; majoliques; beau relief en terre cuite représentant St François, par Luca délia Robbia; la Vierge, relief en terre cuite par Agostino <t Antonio 'di Dvccio. — XIV* sallc: médailles. — Corridor: autres urnes funéraires étrusques et inscriptions romaines.

L’éolise de l’Université renferme des œuvres d’art du moyen âge et des plâtres, entre autres un tabernacle du ix* s. et un sarcophage chrétien primitif (iv* s.)

Le cours garibaldi (pl. B Cl; v. ci - dessus) , qui commence

PÉROUSE

Quartiers N. et O.

à la place Fortebraccio , passe près de là à l’église St- Augustin (S. Agostino) ; le chœur renferme de belles sculptures en bois, par Baccio d’Agnolo (1502 et 1532), exécutées, dit-on, d’après les dessins du Pérugin. A dr., un oratoire renferme des tableaux d’Alfani, de Scaramucci, etc. De là, en 8 min. à la porte St- Ange (Porta S. Angelo ; v. le cartouche du plan), à quelques pas à dr. de laquelle se trouve l’église St- Ange, qui est peut-être du vie s., mais avec des additions postérieures. C’est une rotonde à seize colonnes antiques ; l’intérieur est dans le genre de St-Etienne-le-Rond à Rome (p. 320).

Un passage voûté sous l’horloge de l’hôtel de ville (p. 67) conduit du cours Vanucci à la via de’ Priori (pl. C 4) et au quartier O. de la ville. Près de la Chiesa Nuova (pl. 0 3-4), se détache à g. la via délia Cupa, qui a pour rue latérale à dr. la via Deliziosa, où se trouve la maison du Pérugin (pl. B 4), désignée par une inscription.

En descendant plus loin dans la via de’ Priori, on passe devant une tour du moyen âge dite Torre degli Scirri (pl. B 3), puis près de la Madonna delta Luce, jolie petite église de la Renaissance (1519). Arrivé sur une place à dr., on a en face

l’^oratoire de St-Bernardin ( Oratorio di S . Bernardino ; pl. A3). La façade est un chef-d’œuvre de décoration polychrome du commencement de la Renaissance, par le sculpteur florentin Agostino d’ Antonio di Duccio (1457-1461), qui a employé diverses sortes de marbre et de la terre cuite, en rehaussant par des couleurs ses nombreuses sculptures excessivement fines (Gloire du saint, six Vertus franciscaines, anges musiciens).

A côté, l’anc. couvent St-François-des-Prés (S. Francesco al Prato , pl. A 3), récemment transformé et siège de V Académie des Beaux-Arts. C’est pour l’église, actuellement en ruine, que Raphaël peignit sa Mise au tombeau (à Rome; p. 212); dans la crypte, fresques du xme s., les Fiançailles et la Mort de la Vierge.

A quelques min. au delà de la Porta S. Susanna (pl. A4), on voit à dr. les restes de l’église gothique S. Maria Colomata (xiv® s.) à façade de marbre rouge et blanc.

Parallèlement au cours Vanucci s’étend à l’E. la piazza Giuseppe Garibaldi (pl. CD 4), anc. piazza del S opramuro , établie sur d’énormes soubassements formés en partie par un pan de mur de l’anc. enceinte étrusque. Au milieu, une statue de Garibaldi , bronze, par Ces. Zocchi. A l’E. , le joli palais du Capitaine du Peuple , plus tard palais du Podestat, de 1472. A côté, l’ancienne université, de 1483, l’un et l’autre bâtiment aujourd’hui occupés par les tribunaux (pl. D4).

De la via Baglioni qu’on trouve au S., on arrive à la place Victor-Emmanuel (p. 66). Là, on descend à g. la via Marzia (pl. C 5),

Quartiers S.-E. PÉROUSE. /- 3. 73

en passant devant les soubassements de l’ancienne citadelle (p. 66) où il y a nne porte antique (Porta Marzia), revêtue de sculptures intéressantes et des inscriptions: Augusta Perusia et Colonia Vibia. Cette porte a été changée de place lors de la construction de la citadelle. — I)e cet endroit, à g., on suit le viale Carlo Alberto au bout duquel se trouve, également à g., la petite église goth. St-IIerculane (S. Ercolano; pl. I) 5; 1297-1310). Il y a sous l'autel un sarcophage chrétien primitif.

En continuant par le cours Cavour (pl. DE 5-6), on trouve plus loin à g. l’église gothiqne

*St-Dominique (S. Domcnico; pl. D E 6), construite à partir de 1304 par Giov. Pisano (?), mais presque complètement rebâtie en 1614 par C. Maderna ; le campanile est en partie démoli.

Bras o. du transept: monument de Benoît XI. mort, dit-on, en 1304, victime des intrigues de Philippe IV de France, <i 11 i lui aurait fait servir des figues empoisonnées. Ce monument, attribué à tort à Giovanni Pisano , est formé d’une statue couchée du pape sous un haut baldaquin à colonnes torses, orné lui-même do mosaïques et dans le haut d’une Vierge, avec St Dominique et le pape à genoux, d’un côté, et St Herculane, de l’autre. Au mur voisin, le tombeau de l’évêque Benedetto Guidalotto (1429). — Le chœur appartenant au bâtiment primitif se termine par un mur droit percé d’une énorme fenêtre goth. (182 m. car.), avec un magnitiquo vitrail, de 1441, par Fra liartolomeo de Pérouse, mais restauré de nos jours, le plus grand de ce genre en Italie. Les stalles, k marqueteries, sont de 1476 141m;. La chapelle du Rosaire, la 4« du collatéral do dr. , a un grand autel d 'Agostino (f Antonio di Duccio (1469).

Quelques minutes plus loin, on traverse la porte St-Pierre (pl. E7), magnifiquement décorée en 1473 par Agostino di Duccio et Polidoro di Stefano, et l’on est bientôt à l’ancien couvent de bénédictins (maintenant station agricole) et à l’église

*8. Pietro de* Cassinensi (pl. F 8; entrée, par la première cour, dans le coin opposé à g.; immense portail de la Renaissance). Cet édifice, construit vers l’an 1000 par St Pierre Vincioli de Pérouse, est une basilique à trois nefs et à transept, avec un plafond fortement doré, reposant sur dix-huit colonnes antiques de granit et de marbre, dont seize ioniques et deux corinthiennes, et deux piliers. Elle possède de nombreuses peintures.

Nef majeure, dans le haut: dix grandes compositions tirées de l’histoire du Christ, et, à la paroi d’entrée, l’arbre généalogique de l’ordre des bénédictins, exécutées de 1692 à 1694 par Ant. Vassilarchi de Pérouse, surnommé VAliense , élève du Tintoret et de Paul Véronèse. — Bas côte de dr.: quelques tableaux de l’école d’Oinbrie. Dans la chap. St-Joseph, ornée de fresques modernes, à g., beau bas-relief funèbre d’une comtesse B&ldeschi, en terre cuite, d’apres un dessin de Fr. Overbeck; â dr., Ste Famille d’après Andrea del Sarto, par le Pontormo. — Plus loin, au-dessus de la porte qui donne sur le couvent, deux Saints de Enssoferrato , d’après le Pérugin, et une copie d’une Ste Famille du Vénitien Ilonifazio. Audessus de la porte ao la sacristie, trois autres Saints de Sassoferrato d’après le Pérugin. — Sacristie (20 à 30 c. au gardien qui ouvre): cinq petits tableaux représentant des saints en demi-figure, par le Pérugin (ils entouraient autrefois son Ascension qui est maintenant à Lyon); Jésus enfant et St Jean, d’apr. le grand tableau du Pérugin , qui est ii

74 I- R- PÉROUSE. Quartiers S.-E.

Marseille; Ste Françoise-Romaine du Caravage ; antiphonaircs enrichis de bonnes miniatures au xvi« s.

Chœur: stalles en noyer richement sculptées et ornées de pièces de marqueterie par Stefano da Bergamo (1535), les portes de derrière par son frère Damiano (1536). On se fera ouvrir les portes pour jouir de la superbe vue sur la vallée du Tibre et du Chiaggio jusqu’à Assise. — Sous l’arcade, de chaque côté, des ambons en pierre à bas-reliefs sur fond doré, par Franc, di Guido, de 1487.

Bas côté de g., en commençant près du choeur: Angëlo di Baldassare , la Vierge pleurant sur le corps de Jésus et deux saints, de 1459. Dans la chapelle voisine, un autel de marbre orné de bas-reliefs en partie dorés, par Mino da Fiesole, de 1473. Dans les deux chap. suivantes, des tableaux du Guide, de Vasari, etc. Dans l’intervalle, au mur du bas côté, Judith, par Sassoferrato . Plus loin: Eusebio di S. Giorgio, l’Adoration des Mages; Sassoferrato, l’Annonciation, d’après Raphaël; le Pérugin, Pietà (copie), ayant fait partie d’un grand tableau d’autel de l’église St-Augustin dont les restes sont disséminés.

De l’autre côté de la rue, la promenade dite Giardino del Frontone , qui s’étend jusqu’à la porte S. Costanzo, offre une *vue magnifique sur la vallée de Foligno et les Apennins qui l’entourent.

— Hors de la ville, l’église restaurée S. Costanzo , de 1100 (?), avec un vieux portail.

A 7 min. de la porte Pesa (pl. E 2), la Madone de Monte Luce a un beau tabernacle par le Florentin Francesco di Simone (1483).

Hors de la porte del Carminé (pl. E 3) se trouve le cimetière (v. le cartouche du plan) , où l’on remarque un monument en l’honneur des habitants de Pérouse morts pour la liberté en 1859.

A 5 kil. de la porte S. Costanzo (pl. F 8) on a découvert en 1840 une nécropole étrusque. Le tombeau des Volumnii ( Sepolcro de ’ Volunni; entrée, 1 fr., dans la sera, de 9 h. à 5 h., le dim. de 9 h. à midi), qu’on voit au bord de la route, à l’endroit où elle est traversée par le chemin de fer, est un des plus beaux, mais non des plus anciens de l’Etrurie septentrionale (vers l’an 300 av. J.-C.). On y descend par l’escalier d’entrée qui précède la porte creusée dans le roc. A la paroi de l’entrée, le- Soleil entre deux dauphins. En bas, creusé dans le tuf de la colline, une salle de forme allongée autour de laquelle sont groupées neuf pièces dans une disposition analogue à celle d’une demeure antique. Au milieu, le coffre cinéraire du chef de la famille. Au-dessus, une tête de Méduse et deux génies de la mort suspendus au plafond. Tout autour et dans les chambres voisines se trouvent d’autres coffres cinéraires recouverts de sculptures très expressives, l’un d’eux avec traces de peinture; un autre, à g., a la forme d’un temple et porte une inscription étrusque et latine. Les objets de moindres dimensions sont maintenant réunis dans une pièce à dr. de l’entrée principale. — 1/4 d’h. plus loin est la stat. de chemin de fer de Ponte S. Giovanni (p. 75-76). L’excursion demande, en voiture (12 fr.),

1 h. Va à 2 h. aller et retour; elle peut se relier à celle d’Assise (p. 75).

La colline de S. Manno et le groupe de maisons qui la couronne, à

2 kil. à l’Ô. de la gare de Pérouse, au delà de la voie ferrée, offrent une belle vue sur la ville; en dessous, un caveau étrusque portant une inscription de trois lignes et voûté dans toutes les règles de l’art.

De Pérouse a Gubbio (41 kil.; voit, en 4 h. à peu près). La route quitte la ville par la porte S. Antonio (pl. E 1) et franchit le Tibre près de (8 kil.) Ponte Félcino (200 m.) sur un pont à une arche du xiv® s. La contrée est riante, offrant partout de jolies vues, particulièrement étendues

3 kil. plus loin à la Villa Columbella, autrefois Florenzi. — A Bosco (10 kil.), la route se bifurque au N. sur Umbertide (p. 61; dilig., p. 64).

— Plus au N.-E., elle franchit la montagne dénudée, passe non loin du mont Urbino (836 m.) et arrive à Gubbio (p. 61).

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