I. R. li
Maitani , de Sienne, niais achevée seulement, dans le haut, au xvie s., est, dans scs lignes principales, d’nnc structure plus rigoureuse que celle de la cathédrale de Sienne (p. 28); elle est éblouissante de sculptures et de mosaïques (fortement restaurées) et passe pour le plus grand et le plus riche monument polychrome du monde.
Les excellents bas-reliefs de la partie inférieure des piliers caractérisent sous bien des rapports la transition de l’ancien style à celui de la Renaissance. Les sujets, tires de l’Iiistoire sainte, sont ainsi répartis: lw pilier à g., depuis la Création jusqu’à Tubalcaïn; 2e, Abraham, David et sa postérité; 3e, histoire de Jésus et de Marie; 4e, Jugement dernier, Paradis et Enfer. Au-dessus, les symboles des quatre évangélistes, en bronze, par Lor. Maitani. Au-dessus du portail principal, une Vierge, sous un baldaquin, attribuée faussement à Andrea Pisano. Sur le rebord du vaste champ carré dont la rose occupe le milieu, se voient des statues en marbre de Prophètes et au-dessus, celles des Apôtres, toutes exécutées depuis 1560 par RaffueUo da Montélupo.
Au-dessus des portes et dans les trois frontons, des mosaïques sur fond d’or, de différentes époques (xiv«-xix* s.): l’Annonciation, le Mariage de la Vierge, le Baptême de J.-C. et le Couronnement de la Vierge, cette dernière mosaïque, la principale, tout à fait dans le haut.
Tj’ *intérieur a été parfaitement restauré. Quatre colonnes et deux piliers de chaque côté séparent les collatéraux de la grande nef, haute de 34 m., et au-dessus des arcades à plein cintre règne une galerie richement décorée. Les fenêtres sont en ogive, garnies dans le Das d’albàtrc transparent et dans le haut de vitraux peints. La charpente du toit est apparente et était richement décorée.
Dans le bas côté de o., la Vierge et l’Enfant, fresque par Gentile da Fabriano, de 1 1^**. fort endommagée. A côté ae l'entrée principale, les fonts baptismaux, bel ouvrage en marbre, dont le bas est de i'iero di Giovanni et Jacopo di Piero (1402-1403) et le haut de Sano di Matteo (1407). — Dans la grande nf.f, à dr., un bénitier en marbre par Ant. Federighi (1451-1456; p. 29). — Dans le transept on voit, à dr. et à g. du chœur, des autels par Sanmichdi de Vérone (1521 et 1528), tous deux ornés de bas-reliefs en marbre, représentant, à g. la Visitation do la Vierge, à dr. l’Adoration des Mages, par Mosca. — Les fresques ifu chœur, empruntées à l’histoire de la Vierge, sont par Ugolino ai Prete Ilario et Pietro di Puccio; à dr., dans le coin, l’Annonciation et la Visitation par Ant. da Viterbo , élève du Pinturicchio.
La ** Cappella Nuova, au bras dr. du transept (meilleure lumière dans la matinée), qui contient une image miraculeuse de la Vierge, la Madonna di S. Brizio, a h>ué un rôle considérable dans l’histoire de l’art italien. Don Francesco di Barone, de Pérouse, peintre sur verre qui travaillait à Orvieto, apprenant que Fra Angelico da Fieeole, «moine célèbre comme peintre», n'était pas occupé à Rome en été (au Vatican), le fit mander immédiatement pour lui en confier la décoration. Mais l'artiste n’y travailla que trois mois (1447); avec l’aide de son assistant Renozzo Gozzoli , il peignit deux compartiments de la voûte au-dessus de l’autel, où sont représentés Jésus, comme juge du monde et, à dr., des prophètes; l’œuvre ne fut achevée qu’un demi-siècle plus tard, de 1499 à 1502, par Luca SignoreUi. Ce sont surtout les peintures murales de ce dernier qui attirent l’attention. La première composition, au mur do g., représente la chute do l’Antéchrist, qu’on voit prêchant au premier plan; les deu x personnes recueillies dans l’angle de g. sont, dit-on, L. Signorelli et l’ Angelico. Au mur de l’entrée, les places ont été habilement utilisées pour représenter le soleil, la lune et la mort de deux témoins (à dr.) et la destruction du monde par le feu (à g.). — Viennent ensuite la résurrection générale et le châtiment des méchants; puis, au mur de l’autel, à g., les élus montant au ciel; à dr., les damnés descendant aux enfers et, à côté, la réunion des bienheureux. — Dans le bas se voient des
Bædekcr. Italie centrale. 14* édition. 7
ORVIETO
De Florence
médaillons représentant les poètes qui ont parlé de l’autre monde et des représentations tirées de leurs œuvres. Au plafond, des Apôtres, des Anges avec des instruments de martyre, des Patriarches, des Docteurs, des Vierges et des Martyrs. La décoration ornementale des parois est également pleine d’intérêt. — Ces peintures sont la principale œuvre du xve s. L’habileté avec laquelle sont traitées les formes, la hardiesse des mouvements et des raccourcis, la connaissance approfondie du nu, annoncent l’arrivée immédiate de Michel-Ange, qui, en effet, a trouvé ici, selon Vasari, plusieurs motifs pour son Jugement dernier. — Signorelli peignit aussi la belle Mise au tombeau qu’on voit dans une niche du mur de dr. — Devant, une Pietà, groupe en marbre par Scalza (1572).
Vis-à-vis, dans le bras g. du transept, la chapelle du Corporal, où se trouve, dans un tabernacle en mosaïque de marbre derrière le grand autel, la châsse d’argent qui renferme le corporal teint de sang du miracle de Bolsena (p. 100). Cette châsse en argent doré d'TJgolino di Maestro Vieri de Sienne, de 1337, rappelle par sa forme la façade de la cathédrale; elle a 1 m. 39 de haut et 63 centim. de large, et pèse 135 kilos. Des émaux translucides qui la recouvrent représentent en douze scènes le miracle de Bolsena. On l’expose les jours de Pâques et de la Fête-Dieu, et il n’est visible le reste de l’année qu’avec une autorisation spéciale. D’autres fresques modernisées à'Ugolino di Prete Tlario (1357-1364) représentent le même miracle. Sur l’autel à g., une Vierge de Lippo Memmi.
En face de la cathédrale, VŒuvre de la Cathédrale (Opéra del Duomo, pl. C 4). A dr. de l’église, au fond, l'évêché (pl. D 3), de 1264, et en avant,
le musée (pl. C D 3-4) dans l’anc. Palazzo dei Papi ou Pal. Soliano, commencé en 1296 par Boniface VIII et maintenant restauré. Les œuvres d’art, qui datent du moyen âge, sont la propriété de l’Opera (v. ci-dessus). Directeur, M. C. Franci. Cartes d’entrée, à 1 fr., chez Armoni, marchand de photographies (p. 96).
Au rez-de-chaussée: quelques reconstructions et modèles de tombeaux étrusques; antiquités préhistoriques. Plan de la nécropole étrusque. Objets divers en terre cuite ayant servi à la décoration architectonique d’un temple étrusque qui se trouvait dans le voisinage du jardin public. — Les parois de la grande salle de réunion du premier étage sont revêtues dans le haut de douze grands tableaux de peintres des xvie et xvn° s. {Muziano, Pomarancio, les frères Zucchero, etc.) naguère dans la cathédrale, alternant avec des cartons de l’école de Bologne du palais Gualterio. Au-dessous: un portrait double, projet de fresque de Signorelli (av. 1500), dans lequel il s’est représenté lui-même avec le camerlingue Nie. Franceschi ; la Madeleine, du même artiste (1504); une Vierge, St Sébastien (fresque), d'Ant. da Viterbo ; une Vierge et des saints de Simone Martini (1320); la Vierge et l’évêque de Savone, par le même; etc. Les statues dès Apôtres, par Mosca, Scalza, Toti , Jean Bologne, etc. proviennent de la cathédrale. — Au milieu: l’Annonciation, deux statues par Mocchi et deux statues en bois par Frédéric de Fribourg (xive s.); belle statue de la Vierge de Nino Pisano, dont les couleurs sont en partie conservées; reliquaire précieux < VUgolino di Maestro Vieri et Vira di Siena ; parements d’autel — Ensuite une collection d’OBjETs étrusques: armes, bronzes, produits céramiques, etc., provenant de la nécropole étrusque (v. p. 99). — Au fond de la salle: Délivrance d’Orvieto assiégée par Totila, œuvre de Ces. Fracassini (1866). Au-dessous: deux beaux projets
fiour la construction de la façade de la cathédrale, l’un d’eux, probablement e plus ancien, avec un seul fronton, et le dessin d’une chaire qui n’a pas été exécutée, tous sur parchemin.
Dans la rue derrière le musée, le palais Marsciano (Uffici finanziari), bâti par Ant. da Sangallo le Jeune.
à Rome.
ORVIETO
Le cours Cavour débouche à l’O. sur la place Victor-Emmanuel où est le palais communal (pl. B 3), du xn® s., transformé au xive s. et dont la façade a été restaurée en 1585 par Scalza , mais n’a pas été achevée. — A côté, à g., St-André (pl. B 3), à tour dodécagone du xie s. La façade a été restaurée. A l’intérieur, quelques tableaux du xive et du xv« s. et une chaire du style goth. tertiaire, dont la balustrade a sur le revers des ornements du ix° s. — Plus loin, au N. -O., par la via Malabranca, S. Giovenale (pl. A3), du xie s., a un chœur du style gothique primitif, un autel de 1170 et des restes de fresques de Guilelmus de Grua (xive s.); entrée à g., par la via Volsinii. — Une promenade sur le mur d'enceinte , de S. Giovenale à la porte Romaine (pl. B 4) par la porte Majeure, n’est pas sans intérêt.
Au N. du cours Cavour est la place du Peuple, bordée d’un côté par le palais du Peuple ou del Capitano (pl. C3), du xnc s., dont la partie postérieure est remarquable. — En passant sous une arcade et en prenant â dr. la via degli Orti, puis à g. le vicolo dcgli Orti, on arrive à St-Dominique (pl. C2) qui renferme à dr., dans le transept, le monument du cardinal de Braye (m. 1282), par Arnolfo di Cambio; la crypte a été construite par Sanmicheli, de 1518 ù 1523.
La forteresse (Fortczza, pl. E2), bâtie en 1364 par le cardinal Albornoz, à l’entrée de la ville au N.-E. (p. 96), a été transformée en jardin public, décoré d’un amphithéâtre pour représentations publiques. Belle vue. — Le gardien a la clef d’un puits voisin, le Pozzo di S. Patrizio , commencé en 1527 par Ant. da Sangallo le J. et achevé en 1540 par Mosca, en partie taillé dans le tuf et en partie maçonné. Il a 61 m. 32 de profondeur, 13 m. de largeur et perçant le tuf il descend jusqu’aux couches aquifères de la marne tertiaire. Il est entouré de deux rampes en spirale, indépendantes l’une de l autre et faites pour les ânes porteurs d’eau, qui descendaient d’un côté et remontaient de l’autre. Entrée, 60 c. Il y a 248 degrés.
La route en lacets qui relie la gare à la ville (près de 4 kil.) liasse non loin d’une *nécropole étrusque remarquable (à cnv. 200 pas «à g., v. le plan, B 2). La plupart des tombeaux, du vc s. av. J.-C., étaient restés en partie intacts. Les façades sont, comme ailleurs, formées de trois grosses pierres; au-dessus de l’entrée est inscrit le nom du défunt, en caractères étrusques; l’intérieur est carré et le plafond est composé de pierres de tuf faisant saillie les unes sur les autres. On y a trouvé beaucoup de vases grecs ornés de peintures, surtout des fabriques de Corinthe et de l’Attique, et des poteries étrusques, généralement noires, avec des ornements empreints dans la pâte, maintenant au musée (p. 98).
L’ingénieur Mancini, cours Cavour, 78, et le comte Eug. Faina, en face do la cathédrale, font voir volontiers quelques antiquités étrusques qui sc trouvent en leur possession. Le premier possède aussi, près de la nécropole, les Tombe Mancini , dans l’une desquelles on a laissé le contenu
100 I.R.ll. BOLSENA. De Florence
intact. Entrée par la grille qui porte une inscription, non loin de la Fontana delle Conce (pl. A 2).
A Va h. de la porte Romaine (pl. B 4) sont les ruines de l’église abbatiale de San Severo, VAbbadia, du xi® s.
De la gare d’Orvieto, service automobile 1 fois par j. par (27 kil. ; 2 fr. 80) S. Lorenzo Nuovo (v. ci-dessous) et (62 kil.; 6 fr.) Pitigliano (p. 5) à (118 kil.; 12 fr.) Orbetéllo (p. 5).
D’Orvieto a Bolsena par la grand’route, 19 kil. (de la gare, 22 kil.), 3 h. de voiture; 10 à 12 fr. à un cheval, en faisant prix. Dilig. pour Acquapendente, v. ci-dessous.
A la sortie de la Porta Romana (pl. B 4), la route descend d’abord dans la vallée et remonte en lacets, en offrant bientôt un beau coup d’œil sur Orvieto et en traversant un pays bien cultivé, sur la croupe aplatie de l’ancien volcan de Bolsena (v. p. 101).
A 7 kil. en deçà de Bolsena, au pied du Poggio di Biaccio (590 m.) se détache au N. -O. une route carrossable sur Castel Giorgio (559 m.) et S. Lorenzo Nuovo (505 m.) où la route de Pitigliano (v. ci-dessus) continue. Cette route latérale conduit à Acquapendente (419; Alb. Roma, ch. 1 fr.), ville de 4779 hab., située à une grande hauteur au-dessus de la Paglia (p. 95), à la frontière des anciens Etats de l’Eglise, sur la route de Rome à Florence. Dilig. d’Orvicto (35 kil.) 1 fois par j. en 5 h. ; 4 fr. 50; voit. 10 à 15 fr. — A 5 kil. au K. -O., se trouve Proceno (392 m.), localité pittoresque où l’on voit encore les ruines d’un palais renaissance, propriété des Sforza (vers 1535).
Enfin la route descend rapidement le long du soi-disant cratère jusqu’à
Bolsena (348 m.; Alb. Stella d’Oro, dans la grand’rue), petite ville de 3288 hab., dans un site pittoresque, sur la rive N.-E. du lac du même nom et un peu au-dessous de l’emplacement de Volsinii Novif qui remplaça la ville antique de Volsinii (p. 96). Il y a encore des restes du municipe romain, des inscriptions, des colonnes, etc. Dans le musée communal , sur la grand’place, on voit un sarcophage décoré d’un Triomphe de Bacchus. On monte en quelques minutes, par une route antique pavée en basalte, de l’extrémité N. de la ville à l’endroit où se trouvent les ruines. Belle vue sur le lac.
L’église Ste-Ciiristine, fondée au xie s., a une belle façade, style renaissance, construite vers 1500 par le cardinal Jean de Médicis, plus tard Léon X. Au-dessus des portes, deux bas-reliefs en terrb cuite par Andrea délia Robbia.
A I’intérieur, à dr. du choeur: buste de Ste Lucie, de l’école des délia Robbia ; au-dessus, crucifix en bois du xiv® s. Dans la nef collatérale de g., un portail du xie s., avec bas-relief: les cinq Vierges sages et l’Adoration des Mages. A l’entrée des Catacombes : autel en terre cuite de l’école des délia Robbia. A dr., au-dessus de la pierre, qui servit à noyer Ste Christine, de Bolsena, en 278: l 'autel du Miracle (v. ci-dessous), avec un tabernacle du vin® s. Enfin le tombeau de Ste Christine , à encadrement moderne, surmonté d’une figure couchée, en terre cuite, par Andrea délia Robbia. — Le curé de l’église a la clef d’un petit musée qui comprend des inscriptions, des verres des catacombes et des antiquités lombardes.
Le miracle de Bolsena , célèbre par le tableau de Raphaël au Vatican (p. 365), eut lieu ici en 1263. Un prêtre bohémien, qui avait des doutes au sujet de la transsubstantiation, se vit convaincu par les gouttes de
à Rome.
ATTIGLIANO.