Ancône et ses environs
Osimo. Lorette.
Ancône. — Hôtels (pas d’hôt. de l®*- ordre; v. p. xv): Roma e Face (pl. d, D4), via G-iacomo Leopardi, 3, ascenseur, lum. électr., restaurant (60 ch. dep. 2 fr., omn. 1); Vittoria (pl. b, C3), corso Vitt. Emanuele (ch. 3 à 5 fr., rep. 1.50, 3.50 et 5); — Milano (pl. c, C4), via 29 Settembre; Alb. délia Ferrovia, près de la gare, médiocre.
Cafés: AntoneUi, au coin de la via Marsala et de la via Stamura (pl.D4); Stoppant & Leva , cours Victor-Emmanuel, au coin de la place Je Rome (pl. D4); Dorico , place du Théâtre (pl. C3). - Restaurants: dans les hôtels ci-dessus ; Picchio, place de Rome ; Gambrinus-HaUe, corso Vitt. Emanuele, 29 (bière de Pilsen).
Bains de mer, non loin de la gare (pl. A 6). — Bains chauds, place Stamura (pl. E4).
Poste et télégraphe, pl. D4; bureaux télégr. ouverts aussi de nuit, au 1®* ét., à g. — Agent consulaire de France, M. Jacquot.
Fiacres: à 1 chev., entre la gare et la ville, l'fr. le jour, 1 fr. 50 la nuit, bagages compris; à 2 chev., 1 fr. 50 et 2 fr. ; la lr® heure, 1 fr. 50 et 2 fr. ; Va h. en sus, 60 et 80 c. Hors de ville: la première heure, 2 fr. 50 et 3 fr. 60, chaque ‘/a b. en sus, 1 fr. 15 et 1 fr. 70.
Tramway à traction animale: de la gare, par la strada Nationale à la place du Théâtre (pl. C3; 15 c.), et plus loin par la place Cavour au Pian San Lazzaro (15 c. et 10 c.).
Bateaux a vapeur de la Navigaeione Generale Italiana: tous les 15 jours dans le trajet entre Venise, Bari, Brindisi, Alexandrie et Port- Saïd, tous les 8 jours entre Venise, Brindisi, Corfou, Patras, le Pirée et Constantinople, et vice-versa ; bateaux de la Soc. di Navigazioiie « Puglia », tous les 8 jours dans la direction de Bari, Brindisi et l’Albanie
ANCÔNE
Cathédrale .
ou de Zara en Dalmatie, et vice-versa. Les bateaux de la Società Ungaro- Croata font 2 fois par sem. le service direct d’Ancône à Fiume.
Ancône , en italien Ancona , ville de 33337 hab. (dont 6000 juifs), est un chef-lieu de province, dans un site charmant, entre deux hauteurs, le mont Astagno (pl. C 6) et le mont Guasco (pl. C 1). L’Etat retire annuellement du port plus de 18 millions de droits et d’impôts. Importation de charbon et de sucre brut; exportation d’asphalte. Il y a dans la province des mines de soufre, des filatures de soie, des papeteries et des vignobles.
Ancône, fondée peu après l’année 400 av. J.-C. par des Grecs doriens venus de Syracuse, prit le nom de Dorica Ancon («coude», à cause de la forme de son promontoire). Plus tard, colonie romaine, elle reçut un môle plus grand sous Trajan (v. ci-dessous) et fit partie de la Pentapole maritime (p. 118). Elle a été plusieurs fois détruite durant l’ère chrétienne, en particulier par les Goths, mais elle s’est toujours relevée. Elle échut en 1532 au pape Clément VII, qui y construisit un fort et y plaça une garnison. Ancône est aussi souvent nommée dans l’histoire des guerres modernes comme un point stratégique très important. Elle se rendit aux Français en 1796, aux Autrichiens en 1799, encore une fois aux Français en 1805 et au pape en 1815, qui la garda jusqu’en 1860.
Le port, bassin ovale de 800 et 900 m. de diamètre, passe pour l’un de meilleurs de l’Italie; il a depuis 1880 un beau quai nommé Banchina. Le quai du N. est d’origine romaine.
L’*arc de triomphe (pl. B 1), au commencement du quai, fut érigé l’an 115 de notre ère par le sénat et le peuple de Rome à l’empereur Trajan, pour le remercier de la construction du môle, selon l’inscription. Il est en marbre et bien conservé, quoiqu’il ait été dépouillé des ornements de bronze qui le recouvraient.
Le nouveau môle, prolongement de l’ancien, dû au pape Clément XII, a aussi son arc de triomphe (pl. Bl), d’après Vanvitelli; il n’a pas d’inscription et sa façade est tournée vers la mer. — A l’angle S. du port, l’anc. lazaret construit en 1773 dans un bastion pentagonal, auj. transformé en raffinerie de sucre (pl. B 5). Le port est défendu par plusieurs forts.
Le mont Gruasco (pl. Cl), qui protège le port au N.-E. et qui offre une vue étendue sur la ville et la mer, est couronné par
la -cathédrale, St-Oyriaque (pl. Cl; fermée de midi à 4 h. 1/2), dédiée au premier évêque d’Ancône. Elle a remplacé un temple de Vénus, dont elle a même conservé dix colonnes. L’édifice, mélange des styles roman et byzantin, a été inauguré en 1128 et achevé en 1189; sa forme est celle d’une croix grecque, avec trois nefs dans tous les sens et une coupole dodécagone au centre, une des plus anciennes de l’Italie. La façade, peut-être de Margheri tone d’Arezzo , date du xme s; elle a un beau porche, dont les colonnes antérieures reposent sur des lions rouges..
A l’entrée du bas côté de g., un tombeau de 1530; plus loin, celui de Girolamo Gianelli, par Giov. Dalmata (érigé en 1509). Le bras dr. du transept a conserve ses chapiteaux à moitié byzantins; les balustrades à bas-reliefs à la montée du chœur sont du xii« s. — Dans la crypte: è dr., sculptures du xme s., entre autres un bas-relief représen-
Musée.
ANCÔNE
tant J.-C. entre un bœuf et un lion, par Philippus; au-dessous, une tête du Christ et un St Georges; puis le tombeau du franciscain Gabr. Ferretti (1456); dans le coin, trois petites statues du xii® s., de mauvaises statues en terre cuite de StCyriaque, St Marcellin et St Libère, des bas-reliefs intéressants du xn® s., sans doute de l’anc. chœur du bras g. du transept, et le sarcophage de Fl(avius) Gorgonius. préfet des prétoriens. Ce sarcophage est décoré de bas-reliefs: sur le devant, Jésus et dix apôtres, ayant à ses pieds Gorgonius et sa femme; sur le couvercle, à g. de l’inscription, l’Adoration des Mages; à dr., Moïse, David et Goliath, le baptême de J.-C.; sur les côtés, à g., Moïse, le Sacrifice d’Abraham; à dr., les Mages chez Hérode (iv® s.). Ensuite, une tête romaine; la statue de St Primianus ; un Christ en bas-relief du xii® s. et le sarcophage de St-Cyriaque et St Libère. Dans la crypte de l’autre bras du transept, qui est restauré, les tombeaux de St Cyriaque, de St Marcellin et de St Libère, du style baroque. 30 à 40 c. pour se faire ouvrir.
Le palais épiscopal, près de la cathédrale, a vu mourir en 1464 le pape Pie II, Piccolomini, qui s’était vainement efforcé de provoquer une croisade contre les Turcs. Devant le palais, magnifique vue de la mer. — Dans une maison au pied de la montagne, restes insignifiants d’un amphithéâtre romain.
A l’extrémité S. de la via del Duomo, est le Mnseo archeologico dette Marche. Directeur, le prof. dall’Osso. Entrée, de 10 h. à 3 h.
Rez-de-chaussée. Epoque gréco-romaine: pierres tumulaires ; bonne tête-portrait du temps d’Aarien env. ; médiocres statues drapées; chapiteaux ; objets trouvés dans des tombeaux, entre autres deux lits de repos décorés d’ivoire. — Sculptures du moyen âge.
Premier étage. Collection bien classée d’objets préhistoriques et des temps antérieurs à la domination romaine.
Le palais communal (pl.C2), bâti au xme s. par Margheritone d’Arezzo, a été remanié depuis 1493 d’après les plans de Francesco di Giorgio et modernisé en partie en 1647. Les bas-reliefs de la façade, Adam et Eve, et les soubassements de la partie postérieure sont de la construction primitive. Dans l’escalier, une statue du jurisconsulte Marco de’ Rossi (xive s.).
On descend du palais communal par la via del Comune. A g., St- François (pl. D2), ancienne église servant d’hôpital, construite sur un puissant soubassement, a un riche portail goth., par Giorgio da Sebenico (1455-1459). — La rue continue, à dr., jusqu’à la préfecture (pl. D3; xve-xviu s.), dont la belle cour est entourée de portiques goth. à chapiteaux de la Renaissance et ornée d’une magnifique arcade de la Renaissance. On traverse cette cour pour se rendre à la place du Plébiscite (pl. D3), précédée de montées abruptes, entre lesquelles se trouve une statue de Clément XII, par Cornacchini. — Sur la hauteur, l’église St-Dominique (pl. D3) a dans la 4e chap. de dr. un Titien, la Vierge sur des nues, entre St François et St Nicolas, belle œuvre, d’une composition imposante, bien qu’elle soit endommagée (1520).
Dans la cour à dr. de l’église, aussi à dr., l’entrée de la galerie de peinture, dite Civica Pinacoteca Podesti.
La galerie est ouverte les dim. et jeudi de 10 h. k 1 h. et visible aussi les autres jours sur demande, de 10 h. à midi (50 c. de pourb.). —
ANCÔNE
lre salle: tableaux et cartons par Francesco Podesti. — Ile salle 1, Carlo CriveUi , petite Vierge; 8, le Titien , Jésus en croix (endommagé); 9, PeUegrino Tibaldi, Baptême de J.-C. ; 11, le Guerchin, Cléopâtre; 13, Lor. Lotto , Assomption (1550, gâtée par uue restauration) ; 27, CiccareUi , bas-relief représentant la Vierge; 30, le Guerchin, Ste Pélagie; *37, Lor. Lotto, la Vierge et quatre saints.
La via Bonda descend de la Préfecture à la bourse, la Loggia dei Mercanti (pl. C3), édifice gothique, à façade de G. da Sebenico (1454-1459). A l’intérieur, peintures de Pellegrino Tibaldi et stucs de Varié. — A côté, à g., le joli palais Benincasa (xve s.). — Plus loin à dr., l’église S. Maria délia Piazza (pl. C3), à façade de 1210 surchargée d’ornements, consistant en sculptures de maître Philippus. Ensuite, aussi à dr., S. Maria délia Misericordia (pl. C2), qui a un portail du commenc. de la Renaissance et un ambon du vne s. — On revient par la strada délia Loggia à la piazza Umberto I (pl. C3), le centre du mouvement, et de là on va tout droit à S. Agostino , qui a un portail goth., à motifs de la Renaissance, œuvre de G. da Sebenico (commencé en 1460).
Le cours Victor- Emmanuel (pl. C-E4) monte à l’E. de la piazza Umberto I à travers les quartiers neufs qui datent de 1860. A l’extrémité est la vaste place Cavour (pl. E4), décorée d’une statue en marbre de Cavour (1868). — Au cours Gius. Mazzini, place de Rome, jolie fontaine du xvie s.
Excursions d’Ancône.
Les Marches au S. d’Ancône, l’antique Picenum , présentent partout de beaux paysages et surtout de magnifiques points de vue. Les Apennins s’abaissent vers la mer en une série de ramifications parallèles, avec des vallées peu étendues, à cause du voisinage immédiat de l’Adriatique. Les villes et les villages sont tous sur les hauteurs et par conséquent visibles de loin. A l’O., le regard s’arrête sur V Apennin Central ordinairement recouvert de neige, dont les monts Sibyllins (p. 88) et le Gran Sasso d'Italia (2914 m.) sont les points culminants.
A 3 h. au S.-E. d’Ancône, au bord de la mer, s’élève le mont Conero appelé par le peuple Monte di Ancona (572 m.) , le promontorium Ounerum de l’antiquité, dominé par un ancien couvent de camaldules d’où l’on jouit d’un beau panorama. C’est une masse calcaire étalée devant la chaîne des Apennins dont elle est indépendante; elle est peut-être, géologiquement parlant, comme le mont Gargano, un reste du plateau calcaire dalmate, englouti dans l’Adriatique. Les piétons suivent une route passable qui conduit sur la hauteur le long de la côte (v. pl. 14) et, au bout de 5 kil., continuent tout droit sur la vieille route jusqu’à (2 h. l/i) Sirolo, localité de 2676 hab., d’où l'on monte encore à g. pendant 3/4 d’h. On peut aussi aller en ch. de fer jusqu’à Osimo (p. 131) et de là en dilig. à Sirolo (10 kil.; 1 h. 3/4, 50 c.), ou encore aller en voit, jusqu’au pied de la montagne (voit., v. p. 127)
Chemin de fer d’Ancône a Foggia. — Jusqu’à Lorette, 24 kil., 31 min. par l’express, 50 par les trains omn., 3 fr. 10 et 2 fr. 15
Excursions d'Ancône.