I. Collines du nord
par le Pinturicchio (env. 1504-1507) : au-dessus de l’autel, la Vierge et quatre saints; à g., l’Assomption; dans les lunettes, scènes de l’histoire de la Vierge; sur les prédelles, martyrs, en grisaille; à dr., tombeau de Giov. Basso de la Rovère (m. 1483); à g., statue couchée, en bronze, du cardinal Pietro Foscari (ni. 1483), par Ant. Rizzo. — 4e chap. (Capp. Costa): bel autel en marbre de 1489, avec statues de Ste Catherine, St Antoine de Padouc et St Vincent; à dr., le tombeau de Marcantonio Albertoni (m. 1485), à g., celui du fondateur de la chapelle, le cardinal Giorgio Costa de Lisbonne (m. 1503); dans les lunettes, les Pères de l’Eglise, par le Pinturicchio (1489).
Bras im. du transept: à dr., le tombeau du cardinal Podocatharus de Chypre (m. 1506).
A côté, à g., une porte conduit à un passage où l’on voit un autel fondé par G. de Pereriis, œuvre d’atelier d’A. Bregno (14‘J7), et plus loin k la sacristie, qui renferme le tabernacle du maître-autel d’Alexandre VI, par Andrea Bregno (1173), avec une Vierge très ancienne (école de Sienne). Il y a en outre deux beaux monuments funèbres: à g., celui de l’archevêque Rocca (m. 1482), à dr., celui de l’évêque Gomiel.
Bas côté de g., lre chap.: à dr. et à g. du maître-autel , deux ciboria par A. Bregno (xr s.); à g., le tombeau du cardinal Ant. Pallavicino (m. 1507); an pilier voisin, le monument baroque d’une princesse Chigi, par Posi (1771). — La magnifique *chap. Chigi, construite pour Agostino Chigi (p. 394), sous la direction de Raphaël, a la forme, alors très appréciée, d’une croix grecque, à coupole surélevée. C’est aussi d’après les cartons de Raphaël que Luigi délia Pace exécuta en 1516 les *mosaïques dont elle est décorée et dont la composition, si parfaitement adaptée à l’espace disponible, fait apprécier son auteur dans la complète maturité de son talent: dans une ouverture circulaire, au milieu de la coupole, le Créateur en demi-figure entouré d’anges; tout autour et séparés du milieu par des bandes ornementales, se groupent un Génie appuyé sur le globe céleste et sept planètes figurées par Vénus, Apollon, Mars, Jupiter, Saturne, Diane (la Lune), Mercure, accompagnés à leur tour par des segments du zodiaque; des anges répartis à l’entour appellent les regards sur le Créateur ou sont prosternés dans l’adoration. Cette réunion de dieux antiques et d’anges rappelle les Prophètes et les Sibylles de Michel-Ange, accompagnés de Génies; toutefois la composition de Raphaël porte l’empreinte d’une originalité toute personnelle et témoigne de la parfaite indépendance de l’artiste. A dr., le tombeau de Chigi, par Lorenzetto , restauré en 1652 par le Bernin ; à g., celui de son frère, Sigism. Chigi, aussi par Lorenzetto. Tableau de l’autel, la Nativité de la Vierge, avec Dieu le Père et des anges dans le haut, œuvre de vieillesse fortement rembrunie de Seb. del Piombo. Les autres tableaux sont de Salviati et de Franc. Vanni. Le bas-relief de bronze à l’autel, le Christ et la Samaritaine, est de Lorenzetto et se trouvait jusqu’en
172 7. Collines du nord.
ROME
rincio.
1652 au tombeau d’Aug. Chigi. Dans les niches, quatre statues de prophètes: à g. de l’autel, *Jonas, d’après Raphaël; à dr., Elie, par Lorenzetto; à g. de l’entrée, Daniel, à dr., Habacuc, par le Bernin et VAlgarde.
Bras g. du transept: à g., tombeau du card. Bernardino Lonati (travail florentin du xve s.). Chap. extérieure à g. du chœur, statue de Ste Bibiane par le Bernin , de l’église Ste-Bibiane (p. 200).
Chœur : les *fresques de la voûte du Pinturicchio , peintes de 1508 à 1509, représentent le couronnement de la Vierge, les quatre Evangélistes, et les Pères de l’Eglise, St Grégoire, St Ambroise, St Jérôme et St Augustin; elles sont parfaitement conservées et la façon dont l’artiste a tiré parti de l’emplacement a toujours excité l’admiration. — En bas, les deux *tombeaux des cardinaux Girolamo Basso de la Rovère et Ascanio Sforza, par Andrea Sansovino , exécutés en 1505-1507 par ordre de Jules II, qui fit également peindre les deux beaux vitraux par Guillaume de Marcillat.
En montant au Pincio par une des rampes mentionnées p. 170, on voit au premier rond-point deux colonnes de granit du temple de Vénus et Rome (p. 287), transformées de nos jours en colonnes rostrales; trois statues de marbre dans les niches, et au-dessus, des Daces prisonniers, d’après l’antique. Derrière ces derniers, un grand bas-relief. A mi-hauteur, un bassin antique en granit, avec un jet d’eau, et, dans une loggia , une statue équestre de Victor-Emmanuel II, érigée en 1878.
Le *Pincio (pl. I 16-17-20; v.p. 167) tire son nom d’un palais qu’y possédait la famille des Pincii, une des plus considérables à la fin de l’Empire. On y admirait jadis les fameux jardins de Lucullus, où Messaline, femme de Claude, se livra plus tard à ses orgies. Toute la contrée environnante appartenait depuis le moyen âge au couvent de Ste-Marie-du-Peuple. Le parc et les jardins actuels furent créés à l’époque napoléonienne (1809-1814) par l’architecte Gius. Valadier de Rome. — C’est vers le soir que le Pincio est le plus animé (p. 164). La vue, jadis célèbre, qu’on a de la terrasse de la promenade (46 m.), a perdu de sa beauté depuis les nouvelles constructions de ces dernières années.
Au-dessus de la place du Peuple et du nouveau quartier, où se trouve aussi le palais de justice, s’élève, sur la rive dr. du Tibre, le dôme gigantesque de St-Pierre, à côté, sur la dr., la flèche élancée de l’église de Lourdes, le Vatican et une partie du mur d’enceinte léonin. Le sommet planté de cyprès, à dr. de la chaîne de collines qui borne l’horizon, est le mont Mario avec la Villa Mellini. A g. de St-Pierre, tout au bord du Tibre, que l’on ne voit néanmoins pas d’ici, le château St-Ange, avec l’ange en bronze qui le surmonte. Les pins sur la colline à g. du château font partie de la Villa Lante, sur le Janicule, où est la Passeggiata Margherita. Plus loin à g., aussi sur la hauteur, la façade à trois arcades de l’Acqua Paola. En deçà du Tibre, tout un chaos de maisons et d’églises. Les indications suivantes aideront l’étranger à s’orienter. Les deux églises les plus voisines sont, à dr., celle à deux tours, St-Jacques sur le Corso (derrière, la rotonde vitrée du mausolée d’Auguste); à g., St-Charles, avec un dôme, également sur le Corso. Entre les deux, le dôme surbaissé du
Villa Médicis. ROME. i* Collines du nord. 173
Panthéon et la haute coupole de S. Carlo ai Catinari; au delà, une partie de la Campagne de Rome. A g., sur la hauteur bornant l’horizon, le mur nu d’une église, derrière laquelle sc voit une tour: c’est Ste-Marie-d’Aracœli ; la tour appartient au palais du Sénateur, et la hauteur est le Capitole. A côté, l’immense colonnade du monument de Victor-Emmanuel II. A dr. de la colline, le palais Caffarelli; en avant, la colonne de Marc-Aurèle, sur la place Colonna. Le bâtiment blanc avec des cyprès, à g. du Capitole, est la villa Mills, sur le Palatin. Plus à g., au milieu des arbres, une tour en briques, appelée la tour des Milices, sur le Ouirinal. Tout à fait à g. et plus près, le grand palais royal du Quirinal.
A peu près au milieu de la promenade, près du café, s’élève depuis 1822 un obélisque , érigé par Adrien devant le tombeau d’Antinoüs sur la voie Labicane et resté jusqu’eu 1633 dans une vigne hors de la porte Majeure (p. 203). On a ouvert récemment, dans le prolongement E. dn viale dell’ Obelisco, une allée (p. 208) reliant le Pincio à-la villa Borghèse. Partout se trouvent des bustes d’illustrations romaines et italiennes, de César à Daniel Manin. A dr. du chemin qui conduit à la sortie du côté S., un monument en bronze, par Ercole Rosa, érigé en 1883 à la mémoire des Cairoli, de Pavie, frères de l’anc. président du conseil, morts dans les combats sons les murs de Rome, en 1867 et 1870. A g., une pierre commémorative en l’honneur de Galilée, qui fut interné de 1630 à 1633, par ordre de l’Inquisition, dans la villa Médicis «pour s’être rendu coupable d’avoir contemplé la rotation de la terre autour dn soleil» (p. 237). La promenade est fermée par une grille.
En dehors, à g., s’élève la villa Médicis. Sur le devant, une allée de chênes verts ornée d’une fontaine, d’où l’on aune vue célèbre sur St-Pierre, belle surtout vers le soir et au clair de la lune.
La Villa Médicis (pl. 1 17-20; entrée, v. p. 163), créée avant 1574 par Annibale Lippi pour le card. Ricci da Montepulciano, passa en 1605 aux mains du card. Alex, de Médicis, plus tard Léon XI, et après lui aux grands-ducs de Toscane. Devenue en 1803 le siège de V Académie française des Beaux-Arts, fondée à Rome par Colbert en 1666 (v. aussi p. 153 et 219), elle reçoit pendant trois ans les peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et musiciens français qui ont obtenu le «grand prix de Rome». On entre au jardin par la grille à g.; dans la villa, par l’escalier à dr. La belle façade du côté du jardin est ornée de bas-reliefs antiques dont six proviennent de l’Ara Pacis (v. p. 188). L’aile du bâtiment renferme une collection de moulages précieuse pour l’étude. La bibliothèque dont les murs sont tapissés de gobelins, est ornée d’une statue de Louis XIV. Dans le réfectoire, les portraits des élèves qui ont étudié à la villa, entre autres ceux de Henner, de Massenet, d’Hébert, de Guillaume, de Barrias, de Falguière, de Mercié, de Bouguereau, de J.-L. Pascal, de Chaplain, d’O. Roty, etc. Dans le jardin, à dr., entre deux colonnes avec entablement, une statue antique avec une excellente tête rapportée (de Méléagre, v. p. xlviii). Sur la terrasse, qu’on se fait ouvrir (20 ou 25 c.), on
Bædekei . Italie centrale. 14* édition. 12
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ROME
Place d'Espagne.
a inauguré en 1903 un monument du peintre J. -B. Suvée, directeur de l’académie de 1803 à 1807 : buste en bronze par C. Alaphilippe. Là aussi est l’entrée du Boschetto , dont le point le plus élevé, dit le «Belvédère», offre une vue très étendue.
La rue qui passe devant l’Académie, aboutit à la place de la Trinité (pl. I 20-21). A g., l’église de la Trinité-des-Monts devant laquelle est un obélisque , visible de loin, ancienne imitation- romaine de celui de la place du Peuple; il se trouvait autrefois dans les jardins de Salluste (p. 178). — Pour l’ascenseur qui communique avec la place d’Espagne, v. p. 175.
La Trinité-des-Monts (SS. Trinità dei Monti; pl. I 20), construite en 1495 par Charles YIII de France et dévastée à l’époque de la révolution française, a été restaurée en 1816 aux frais de Louis XVIII, sous la direction de Mazois. Cette église, dépendance du couvent des Dames du Sacré-Cœur, est rarement ouverte, excepté le soir, 1 h. avant l’Ave Maria, pendant les vêpres. Si elle est fermée, monter l’escalier latéral à g. et sonner à la porte à auvent de zinc.
A gauche. 2® chapelle, *le Volterran , Descente de croix, fresque fortement restaurée et presque toujours mal éclairée. C’est le chef-d’œuvre de ce maître, dont le mérite, comme dessin et comme composition, peut être encore mieux apprécié par une étude au lavis qui se trouve dans la galerie de peinture du musée de Latran (p. 336). 3® chap., Ph. Veit, la Vierge, tableau d’autel. 4® chap. Langlois , St Joseph. 6* chap., le Christ, tableau d’autel; à g., les Vierges sages et les Vierges folles; à dr., le Retour de l’enfant prodigue, par Seitz. — A droite. 3® chap., le Volterran , Assomption, œuvre d’atelier, attribuée en partie à Michel- Ange, dont on reconnaît aussitôt la figure. 5® chap., Présentation au temple, Adoration des Bergers, Adoration des Mages, de l’école de Raphaël. 6® chap., Résurrection, Ascension, Descente du St-Esprit, de l’école du Pérugin. — Transept à ogives, peintures de Perin del Vaga et de Fed. Zuccaro.
De la place partent deux rues au S.-E. : à g., la large via Sistina (p. 177); à dr., la petite via Gregoriana , qui débouche dans la via Capo le Case (p. 175).
L’escalier d’Espagne (pl. 1 20-21; gradinata délia Trinità de’ Monti), en face de l’église, qui relie la place de la Trinité à la place d’Espagne, a 137 marches alternant agréablement avec des rampes; il a été construit del721àl725 par Al. Specchi et Franc, de Sanctis grâce à un legs de l’ambassadeur français Gouffier et appartient encore à la France. On rencontre souvent sur l’escalier ou dans le voisinage de nombreux modèles d’artistes (p. 159).
La place d’Espagne (piazza di Spagna; pl. I 17-18; 25 m. d’alt.) doit son nom au palais d’Espagne , qui s’y trouve au S., habité depuis le xvne s. par l’ambassadeur d’Espagne près le St- Siège. Entourée de brillants magasins et de beaux hôtels, elle a passé de tout temps et. passe encore auj. pour le centre du quartier des étrangers, bien que la construction des nouveaux quartiers sur les collines environnantes lui ait fait beaucoup de tort. Devant le palais, la colonne de V Immacolata, en cipolin, érigée en 1854 par
Via di Propaganda. ROME. J. CoUines du nord. 175
Pie IX en mémoire de la proclamation du dogme de l’immaculée conception de la Vierge, et surmontée d’une statue de la Vierge en bronze; en bas, Moïse, David, Isaïe et Ezéchiel. Au bas de l’escalier, une fontaine par le Bernin, la Barcaccia (la barque), en forme de vaisseau de guerre, l’eau sortant par les canons; l’artiste a choisi cette forme parce qu’il 11’avait à sa disposition qu’un embranchement de l’Acqua Vergine à faible pression. Pour la viadel Babuino, conduisant au N., v. p. 170; pour la via Corulotti, à l’O., en face de l’escalier, p. 230. Dans le coin N.-E. de la place, à côté de l’hôtel de Londres et à l’extrémité du vicolo del Bottino, un ascenseur communique avec le sommet du Pincio où il aboutit à l’O. de la Trinité-des-Monts. 10 c. à la montée, 5 à la descente; fermé de la tombée de la nuit jusqu’au matin. — La petite place voisine de celle d’Espagne au S.-E. porte le nom d epiazza Mignanelli (pl. 1 21). Omnibus pour St-Pierre v. l’app , p. 5, n° 6.
Vient ensuite, au S., la Propagande. (Collegio di Propaganda Eide; pl. I 21), collège destiné à former des missionnaires catholiques, et dont les élèves appartiennent à diverses nationalités. Fondée en 1627 par Grégoire XV et agrandie par son successeur Urbain VIII qui lui a donné son nom de Collegium Urbanum, elle a une imprimerie (Tipograiia poliglotta) qui fut jadis sans égale par sa richesse en caractères des différentes langues. Le 6 janvier, elle célèbre parfois une fête où sont tenus des discours en diverses langues. Au 2e étage du bâtiment se trouve une collection ethnographique, du moins pour la plupart des objets (Museo Borgiano ; entrée libre le lund., jeud. et sam. de 10 h. à midi).
Au S.-E. partent de la place d’Espagne, à g. de la Propagande, la via dei Due MaceJli , qui se prolonge en ligne droite jusqu’au tunnel. sous le Quirinal mentionné p. 192 (tramways n08 11, 14, 16 et 18, v. l’app., p. 3-4); à dr., la via di Pkopaganda. En suivant cette dernière, on voit au coin de la via Capo le Case , la première rue transversale,
St-André delle Pratte (pl. I 21), église dont la partie principale a été construite de 1605 à 1617 par Giov. Guerra. La coupole, le hardi campanile, la tribune et les caissons de la voûte en berceau sont de Borromini ; la façade, ajoutée en 1826, est de Gius. Valadier. Son nom rappelle les haies (fratte) qui entouraient, aux xvie et xvne s., les jardins du voisinage (p. 169).
Les peintures de l’intérieur sont des productions médiocres du xvn* s. ; les deux anges de chaque côté du chœur, par le Bernin , étaient originairement destinés à décorer le pont St-Angc. Il y a beaucoup de tombeaux: dans la 2« chap. h dr., le monument de Miss Falconnet, par Jliss Harriet Hosmer ; au dernier pilier h dr., près du bas côté, le tombeau du sculpteur Rodolphe Schadow (in. 1822), par Em. Woltf; à la sortie, du côté de
la via Capo le Case, à g. et à dr., les tombeaux des peintres Angélique Kauffmann (m. 1807) et Muller (m. 1825).
Dans la via Capo le Case, l’église S. Giuseppe a Capo le Cas< (pl. I 21), et à côté, le petit musée artistique-industriel , collectior
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ROME
Fontaine de Trevi.
de terres cuites, inajoliques, verreries, bois sculptés, ivoires. Il est ouvert (entr. libre) t. les j. de 10 h. à 2 h. excepté le 21 avr. et les jours de fêtes officielles et reste fermé du 15 août au 15 sept.
En continuant par la via di S. Andrea delle Fratte, puis en tournant à g. dans la via del Nazareno (pl. I 21), on trouve, à dr., une arcade antique de VAqua Virgo, revêtue d’une longue inscription d’après laquelle l’empereur Claude a restauré l’aqueduc «dérangé» par son prédécesseur Caligula (v. ci-dessous). La rue aboutit à la via del Tritone (pl. 1 21), rue animée qui fait communiquer le Corso avec les collines du N. et aboutit à l’E. à la place Barberini (v. p. 177) et à l’O. à la place Colonna (p. 217).
En face de la via del Nazareno, au S., est la via délia Stamperia (pl. I, II 21), rue tortueuse où se trouvent le ministère de V agriculture et la chalcographie royale (p. 155) et qui aboutit à la fontaine de Trevi.
La *fontaine de Trevi (pl. II 21) , la plus magnifique de Rome, alimentée d’une eau excellente, est adossée à l’extrémité S. du palais Poli. Elle est sur les plans de Nice. Salvi (1735), qui a utilisé un dessin du Bernin, et a été terminée en 1762. La niche du milieu renferme la statue de Neptune, par Pietro Bracci , celle de dr. la Santé, celle de g. la Fécondité ; sur le devant est un grand bassin peu élevé au dessus du sol.
VAqua Virgo, aqueduc antique qui débouche à cet endroit, alimente les fontaines de Trevi, de la place d’Espagne, de la place Navona et de la place Farnôse. Il doit son nom à une tradition qui sans doute n’est pas étrangère à la qualité de son eau et qui prétend qu’une jeune fille («Virgo») en montra la source aux ingénieurs militaires d’ Agrippa. Ce dernier la capta pour ses thermes, l’an 19 av. J.-C. (p. 235), en construisant à travers la Campagne un canal, en grande partie souterrain, d’une longueur de plus de 20 kil. Il entre en ville près de la villa Médicis (p. 173) et a été plusieurs fois restauré, notamment par Claude, l’an 46 apr. J.-C., ce que rappelle l’inscription mentionnée ci-dessus, et par les papes Adrien I®1 et Nicolas V. C’est ce dernier qui, en 1453, détourna une des branches princi, pales dont les trois bouches firent changer le nom ancien en «Tri vio» par corruption, Trevi, et fournissent journellement 80000 m. cubes d’excellente eau. — Un usage romain consiste à boire à la fontaine de Trevi en quittant la ville et à jeter derrière soi et par dessus sa tête une pièce de monnaie dans le bassin pour s’assurer le retour.
La via delle Muratte (au n° 78, plaque commémorative en l’honneur de Donizetti), au S. -O. de la fontaine, aboutit au Corso (p. 218). En face de la fontaine est l’église des Sts -Vincent -et- Anastase (pl. II 21), à façade pittoresque, construite en 1650 par le cardinal Mazarin, sur les plans de Mart. Lunghi le Jeune; c’est dans la chapelle souterraine que sont conservés les cœurs des pontifes depuis Sixte-Quint. — La via di S. Vincenzo, puis la via de’ Lucchesi (à g. la via Dataria, qui va au Quirinal, p. 193), appelée via Pilotta à partir de la place de ce nom (p. 193), mènent au palais Colonna (p. 228).
Place Barberini.
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