Place des Thermes. Via Nazionale. Le Quirinal
La gare ( Stazione Centrale; pl. I, II 27), au S.-E. des places des Thermes et des Cinq-Cents, date de 1872. En face de la salle des arrivées s’ouvre la large via Cavour, qui conduit à la place de l’Esquilin et au Forum (v. p. 206). — Devant la façade principale, tournée du côté des thermes de Dioclétien, un monument y fait d’un petit obélisque provenant du temple d’Isis (p. 221) et trouvé en 1882, rappelle le souvenir des 500 soldats italiens tués en 1886, lors de la surprise de Dogali par les Abyssins. — A l’E. de la gare, le principal reste de V enceinte deServius (p. xxix), qui était formée à cet endroit d’un rempart de 30 m. de large et de 15 m. de haut; le mur de soutènement atteint encore 12 m. En août 1907, on a démoli une partie de ces restes vénérables pour gagner la place nécessaire à l’extension de la voie ferrée.
Tramicays et omnibus , v. l’appendice.
Les thermes de Dioclétien (pl. I 27) qui ont donné leur nom à la place étaient les plus grands de la Rome antiqne. Inaugurés en 305-306 par Dioclétien et son associé Maximien, ils avaient la façade tournée à l’E. , du côté du Camp Prétorien, et étaient entourés d’une construction qui formait derrière, à l’O., un grand hémicycle (exedra) encore marqué par les nouvelles maisons de la via Nazionale (p. 190). Aux angles se trouvaient des rotondes à
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Thermes de Dioclétien.
dômes, dont une subsiste dans l’église actuelle de St-Bernard (p. 179) et une autre en partie dans le lycée de filles de la via Yiminale. D’après la tradition, les bâtiments auraient été construits par des chrétiens condamnés à mort, et l’on y aurait pour cela érigé dès le ve s., au N., une église St-Cyriaque, qui a disparu.
Pie IY chargea Michel-Ange de transformer une partie des thermes en couvent de chartreux: c’est ainsi qu’on établit, de 1563 à 1566, dans la grande salle voûtée du milieu, l’église *Ste-Mariedes-Anges (S. Maria degli Angeli; pl. I 27); le transept actuel était alors la grande nef, le grand portail se trouvait à l’extrémité de dr., le maître-autel à celle de g.; L. Vanvitelli gâta l’église en 1749 par une transformation maladroite, il changea la partie principale en transept et mit le portail à l’O., en face du jet d’eau (p. 190), à l’endroit où l’on va construire une nouvelle façade.
On entre d’abord dans une petite rotonde. Le premier tombeau à dr. est celui du peintre Carlo Maratta (m. 1713), le premier à g. celui de Salvator Rosa (m. 1673). Dans la chapelle, le Christ apparaissant à la Madeleine, tableau d’autel d 'Arrigo Fiammingo.
Ensuite on arrive au grand transept. Dans le passage, à dr. dans une niche: St Bruno, fondateur de l’ordre des chartreux, statue colossale remarquable par Houdon (env. 1760); dans la chapelle à g.: Jésus donnant les clefs à St Pierre, bon tableau d’autel de Girol. Muziano. Le transept, jadis nef principale, a 90 m. 60 de long, 28 de haut et 27 de large. Huit des seize colonnes, hautes de 13 m. 80, sont antiques et de granit oriental; les huit autres, en briques, ont été ajoutées lors de la restauration. — Les grandes peintures proviennent en majeure partie de St-Pierre, où elles ont été remplacées par des mosaïques. — Bras dr. du transept: sur le pavé, le méridien de Rome, tracé en 1703 par Bianchini ; à dr., le Crucifîment de St Pierre, par Ricciolini ; la Chute de Simon le Magicien, d’après Franc. Vanni, dont l’original est à St-Pierre (p. 360) ; à g., de Girol. Muziano , St Jérôme au milieu des ermites, dans un paysage de Bril; de Baglioni , Miracle de St Pierre; à l’extrémité, la chap. du bienheureux Niccolô Albergati. — Bras g. du transept: à g., Subleyras, Messe de St Basile, avec l’empereur Yalens; Pomp. Batoni, Chute de Simon le Magicien; à dr., P. Blanchi, l’immaculée conception; P. Costanzi, Résurrection de Tabita; à l’extrémité, la chapelle St-Bruno.
Dans I’abside: à dr. , RomaneUi , la Présentation; le Dominiquiu, Martyre de St Sébastien, peinture à l’huile remarquable; à g., RoncaUi, Mort d’Ananie et deSaphire; Maratta , Baptême de J.-C. Dans le chœur, deux tombeaux: à g. celui de Pie IV, à dr. celui d’ Antonio Serbelloni, d’après Michel-Ange.
Les autres parties des thermes, auparavant occupées par les chartreux, sont maintenant utilisées par différents établissements de bienfaisance et d’éducation et par le musée des Thermes.
Le **musée des Thermes (. Museo N azionale JRomano delle Terme Diocleziane ; pl. I 27) comprend en majeure partie des objets trouvés à Rome dans les terrains appartenant à l’Etat ainsi que la magnifique collection Boncompagni-Ludovisi (p. 189). Les changements dans l’installation des objets sont fréquents. Heures de visite, v. p. 163. L’entrée est dans l’angle entre la place des Thermes et celle des Cinq-Cents. On passe par la porte de l’hospice Marguerite («per i poveri ciechi») et on tourne à g. dans la
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Musée des Thermes. ROME. J. Collines de l'est. 183
cour ( a sur le plan ci -contre). — Directeur, le prof. R. Paribeni. Guide imprimé (1905) 1 fr. 50. V. aussi Helbig, les Musées deRome, TT, p. 195-206 et 97-132.
On monte d’abord l’escalier à dr. au bout du corridor d’entrée.
Premier étage. — lre salle. Au milieu: fragment d'un groupe hellénistique, l’Enlèvement d’une femme, Borée et Orithye ou Centaure et Lapithe; vase de marbre à bas-reliefs (grues); sur les parois, bonnes mosaïques (poissons, ornements divers) et une mauvaise, représentant un cadavre étendu avec l’inscription grecque «connais-toi toi-même», d’un tombeau de la voie Appienne. A dr. : deux gros piliers avec inscriptions, ayant servi de listes de sacrifices et de jeux aux fêtes séculaires de Rome, trouvés près du pont St- Ange; au pilier du côté de l’entrée sont mentionnés les jeux sous Auguste, l’an 17 av. J.-C., et le «Carmen sæculare» d’Horace, fait pour la circonstance; les inscriptions de l’autre pilier sont relatives aux fêtes sous Septime-Sévère, l’an 204 npr. J.-C. Sur la paroi à g. de ce pilier se trouvent les Fasti Prænestini, calendrier des fêtes autrefois encastré dans les parois de la curie de Préneste (p. 460).
2e salle: sculptures du tombeau de C. Sulpicius Platorinus, noble Romain du temps d’Auguste, trouvées en 1880 dans le jardin de la Farnésine (p. 394; dessin du monument à côté de la sortie), consistant en urnes de marbre richement ornées, et un bon buste de jeune fille, probablement Minatia Polla, dont l’urne cinéraire, à g. à la fenêtre, a été trouvée dans le tombeau. Ensuite, des ^asreliefs en stuc d’une maison romaine des premiers temps de l’Empire découverte au même endroit; ils décoraient la voûte d’une chambre à coucher et présentent, entre de jolis ornements, des paysages, des scènes du culte et des mystères de Bacchus, le tout exécuté avec habileté et beaucoup de goût.
3e salle: statue d'homme nu s'appuyant sur un bâton, beau bronze à barbe gravée à la pointe, qui représente probablement un prince grec, trouvé avec le suivant lors de la construction du théâtre National (p. 193). * Pugiliste au repos, bronze qui a dû faire partie d’un groupe. Le réalisme dans la reproduction de la laideur du modèle est allé jusqu’à rendre les blessures reçues en combattant, les écorchures de la peau et les gouttes de sang; on remarquera aussi l’exactitude avec laquelle sont reproduits les gantelets à cercles de fer qui lui garnissent les poings. Statue en bronze de Bacchus, probablement faite en Campanie au mes. av. J.-C.; le contraste des couleurs (les yeux sont d’argent, les lèvres de cuivre, le diadème à ornements d’argent et de cuivre) produit un effet surprenant; la main droite tenait une coupe à deux anses.
4e salle. Au milieu de la paroi qui fait face à l’entrée: * statue d'Apollon, d’après un original datant de la jeunesse de Phidias; à g., tête de Vénus, du temps de Praxitèle; *tête de jeune fille ceinte d’un bandeau (Hygie; fin du ve s. av. J.-C.); à dr., tête de garçon
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Musée des Thermes.
à longs cheveux bouclés; tête colossale d’Asclépios (copie d’une célèbre statue de Pergame) ; à dr. de la sortie, tête plus petite du même dieu; torse d’une statue de femme, archaïque (original grec);
tête de femme grecque , archaïque; statue d’Athéné, presque archaïque ; * statue de femme vêtue d’une fine draperie, probablement Charis, la déesse de la grâce; torse d’athlète d’après Polyclète.
5e salle: autres bas-reliefs en stuc de la maison romaine du jardin de la Farnésine. Au milieu, * statue en marbre de Bacchus provenant de la villa d’Adrien (p. 449), excellente copie pourtant
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un peu efféminée d’un bronze original grec du ve s. avant J.-C. (p. XL vu).
6e salle : **Ephèbe à genoux , marbre trouvé à Snbiaco dans la villa de Néron (p. 457), original grec excellent qu’on n’a pas encore pu expliquer. Devant la fenêtre, *tête de Perse mourant , de la lre école de Pergame (p. li), trouvée sur le Palatin; *tête de jeune fille endormie. Aux murs, * peintures sur fond noir , de la maison romaine de la Farnésine; sur le fond noir étaient esquissés en jaune des paysages fantastiques qu’on ne reconnaît plus qu’à quelques endroits. Dans le haut, frise de figures coloriées, avec scènes de tribunal pleines de vie. — Dans un cabinet contigu à g., fragments de statues des prêtresses de Vesta trouvées dans l’Atrium de Vesta (p. 284); la *demi-figure qui se trouve en face de l’entrée est particulièrement remarquable; toutes ont la coiffure caractéristique des Vestales. — Dans le cabinet de dr., un * Hermaphrodite trouvé en 1879 lors de la construction du théâtre Costanzi (p. 158) dans le péristyle d’une maison antique, le meilleur exemplaire de ce type (v. p. 210).
7e salle, où mène un petit corridor à droite: aux murs, *peintures sur fond rouge} encore de la maison romaine déjà mentionnée. Les figures sur fond blanc, telles que la Parure de Vénus (B 5), à l’entrée, et les scènes de genre (B 4), du côté de la 8e salle, sont des imitations exactes de la peinture archaïque du ve s. av. J.-C., tandis que le sujet au milieu du n° B 4, l’Education de Bacchus, est dans le style de l’époque de la construction de la maison; on suppléait donc alors ainsi au manque d’originaux anciens. Au milieu de la salle : fragments d’une statuette de Pan et d’une seconde en basalte représentant un jeune garçon. A dr., dans le coin: 517, belle tête d’adolescent dans le style de Scopas.
8e salle: peintures sur fond blanc , surtout une belle figure de femme du côté de la sortie. — Dans la vitrine: objets divers en ambre; jouet en plomb du temple de Vénus à Terracine (p. 479; les jeunes Romaines avaient l’habitude d’offrir leurs jouets à Vénus avant leur mariage). Vases de verre. 524, excellente tête-portrait romaine, du temps de la République.
9e salle: peintures sur fond rouge , dont l’une (D 1) porte le nom du peintre, Seleukos, gravé à la pointe sur la seconde colonne verte, àdr. Dans les vitrines, monnaies d’or des années 336 à 474 apr. J.-C. (trouvées dans l’Atrium de Vesta, p. 283).
10e salle: peintures sur fond blanc et divers fragments. Au milieu, statuette de femme assise en marbre noir. — De là, on retourne dans la 7e salle pour entrer à g. dans la
11e salle: peintures sur fond blanc. Têtes grecques, entre autres le n° 578 particulièrement remarquable. Aux fenêtres, têtes de Socrate et d’un poète de l’époque hellénistique (probablement Callimaquc), dont une couronnée de lierre
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12e salle. Aux murs, mosaïques , la plupart d’une villa antique près de Baccano (p. 411), représentant des scènes mythologiques et des Muses. Bustes d’empereurs romains. A la paroi de dr., 584, fragment d’un bas-relief représentant la façade du temple de Vénus et Rome (p. 287 ; au fronton, Mars et Rhéa Silvia; à g., la louve et les jumeaux), faisant partie d’un relief du Latran (p. 329) ; en face, fragment d’un monument romain, sur lequel est représenté le temple de Quirinus sur le Quirinal.
13e salle: hermès de conducteurs de chars (v. p. 375, n° 619); mosaïque de quatre conducteurs de chars de la couleur des quatre partis du cirque (factiones).
14e salle: fragments de fresques; au-dessus, peintures murales d’un colombaire près de la porte Majeure (ier s. apr. J.-C.), à sujets empruntés aux mythes d’Enée et de Romulus; ces peintures étaient déjà endommagées au me s., où l’on se servit de nouveau du colombaire dont on revêtit les parois de stuc. A la paroi du fond, bustes de Caracalla adolescent (non pas Gréta) et dans son âge mùr. Au milieu, vase en marbre à bas-relief représentant l’initiation à Eleusis.
15e salle: torse du * Discobole de Myron (p. 232) trouvé en 1906 à Castel Porziano (p. 375); moulage de la statue complétée d’après d’autres répliques.
Revenant dans la lre salle pour passer à g. dans la 20e, on visitera d’abord les quatre pièces (Antiquarium) où sont exposés les objets provenant des fouilles du Latium.
16e salle: dans la vitrine du milieu, beaux fragments de bronze, statuettes, vases, sistres. Dans les armoires du fond, bronzes, parures, très beaux fragments de vases en verre, représentations en terre cuite de membres malades (offrandes d’un temple de dieux de la médecine). De plus, sur pivots, dans les salles 16 à 18, fragments de fins reliefs en terre cuite, plusieurs revêtus de traces de peinture, ayant servi à l’époque impériale à l’ornementation d’édifices.
17e salle: Dans l’armoire vitrée du milieu, fragments archaïques en terre cuite, de Rome. Au mur du fond, à dr. et à g., une armoire contenant des trouvailles du temple de Junon à Norba (p. 477), entre autres des statuettes en terre cuite et en bronze. Deux armoires renfermant des offrandes trouvées dans un temple pe Véies (p. 464) et consistant en parties du corps et animaux. Autre armoire remplie d’objets trouvés à Ostie.
18e salle: Au milieu, convercle d’une ciste en bronze, trouvée à Palestrina (p. 460) et revêtue d’une représentation de bataille gravée à la pointe; les deux statuettes servent de poignée. Au mur du fond, objets trouvés à Palestrina (l’armoire du milieu, qui renferme une frise archaïque, est particulièrement remarquable) et dans le temple de Diane à Nemi (p. 445; bronzes et terres cuites).
19e salle: restes des galères de parade du lac de Nemi (p.445):
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