INFLUENCE DE LA SCULPTURE FRANÇAISE
discutées, il n'en
faut pas moins leur
reconnaître deux
qualités essentielles,
la magnificence, la
perfection décorative et la beauté des
portraits pleins de
vérité et de vie.
Au XVIIIe siècle,
on vantait à Milan
Francesco Zarabat-
ta, chez lequel domine une noblesse
paisible très rare fig 322
alors (fig. 313);
Carlo Francesco
Melone, aux modelés pleins de grâce (fig. 318) ; Carlo Maria Giudici (1723-1804; fig. 324), et Giuseppe Franchi (1729-1806); ces deux derniers sont des artistes de transition chez qui la fièvre du XVIII1 siècle et la froide solennité académique se fondirent avantageusement.
En même temps triomphait Canova, dont nous avons déjà parlé, et avec lui le néo-classicisme à l'Académie des Beaux-Arts de Bréra ; Andréa Appiani y préconisait les mêmes principes en peinture. A Milan, où l'œuvre de Canova était représentée par des spécimens remarquables
Fig. 323. — C. Simonetta.
Saint Ambroise Martyr.
(Milan, Dôme.)
(Cliché Lissoni.)
Fig. 324. C.-M. Giudici.
Saint Jérôme.
(Milan, Dôme.) (Cliché Lissoni.)
Fig. 325. — G.Monti.
Judas Macchabée.
G.-B. Perabô.
Matathias.
(Milan, Dôme.)
(Cliché Lissoni.)
LE NORD DE L'ITALIE
(fig. 317), vécurent alors plusieurs artistes distingués qui restèrent fidèles à leur drapeau, longtemps après la chute de l'Empire ; mais ils s'engourdirent dans une facture purement extérieure, pour ainsi dire archéologique, que ne réchauffait aucun foyer intérieur. Aussi leur art, en réaction contre celui du Bernin et de ses imitateurs, est-il monotone, leur technique uniforme et plate, quoiqu'ils aient essayé de donner au marbre des qualités picturales en l'ornant de stries variées, en lui laissant son opacité, ou en le polissant. Parmi les sculpteurs de cette longue période, rappelons Gaetano
fig. 325) ;
G.-B. Perabô (fig. 325), et Abbondio Sangiorgio (1789-1879), à qui l'on doit le char à six chevaux de l' Arco délia Pace (fig. 307).
Le triomphe du romantisme (Voir p. 94) jeta le discrédit sur ces artistes ; ils eurent pour successeurs, à Milan, Pietro Magni (1817-1877; fig. 319), Vincenzo Vêla (1820-1891; fig. 326), Odoardo Tabacchi (1831-1905 ; fig. 320), Francesco Barzaghi (1839-1892), célèbre surtout à cause de la statue équestre de Napoléon III, et Giuseppe Grandi (1843-1894), dont la très belle statue de Beccaria est bien à tort jugée inférieure au monument des Cinque Giornate, confus et mal venu.
BIBLIOGRAPHIE. — P. Moriggi, Sommario délie Cose memorabili di Milano, Milan, 1609. ~ F. Cassina, Le Fabbriche piii cospicue di Milano, Milan, 1840. — C. Romussi, Milano nei suoi Monumenti, Milan, 1875. — G. Moretti et U. Nebbia, La Conservazione dei Monumenti délia Lombardia, Milan, 1908. — A. Ricci, Storia delï Architettura italiana. — Lùbke, Compendio di Storia délie Belle Arti, p. Il : la Scultura, Milan, 1901. — G. Ferra-
Fig. 326. — Vincenzo Vêla.
Les Derniers Jours de Napoléon.
(Versailles, Musée.)