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LES SCULPTEURS A MILAN

Fig. 3i6. — Marco

d'Agrate. — San

Bartolomeo.

(Milan, Dôme.)

l'influence de Michel- Ange et de Sansovino, bien naturelle chez ceux qui subissaient l'ascendant de Pellegrini, avec lequel travaillait spécialement Francesco Brambilla. Divers artistes combinèrent les deux manières, ou plutôt s'y essayèrent ; ils quittaient la première pour passer à la seconde et s'appliquaient à donner une musculature héroïque à leurs conceptions les plus mesquines !

Les phases successives de l'art sont si inégales et si confuses qu'elles ne laissent pas à la critique la faculté de faire des délimitations ou de prononcer des jugements définitifs. Il n'y avait pas alors à Milan d'artiste vraiment éminent qui sût faire un choix entre le bon et le mauvais et créer

ainsi une œuvre caractéristique et bien définie. Pourtant il reste des essais pleins de mérite de Marco d'Agrate (1522- 1571), modeleur expert, célèbre surtout pour son San Bartolomeo (fig. 316) ; de Angelo de Mariais (1556-1584) dont la statue de Pie IV (fig. 315) se recommande par des qualités de sobriété rares chez cet artiste, généralement tourmenté, d'une élégance confinant à la mièvrerie ; de Stoldo Lorenzi et d'Annibale Fontana (1540-1587), qui travaillèrent à la façade de Santa Maria presso San Celso ; ils avaient accepté la réforme michelangesque en s'appliquant à en tempérer les audaces. Mais le sculpteur le plus distingué de cette époque fut Leone Leoni (1509-1592), également très

Fig. 317. — Milan.

Canova. — Napoléon Ie

(Palais de Bréra.)

Ml LONE .

Sw Rosalie.

(Cliché Lissoni.)

Fig. 3iq. — Milan.

P. Magni.

Monument a Léonard de Vinci.

(Cliché Alinari.)

LE NORD DE L'ITALIE

apprécié en Espagne. A plusieurs reprises, entre 1 555 et 1 585, Leoni fit de longs séjours à Milan.

Il s'y construisit une maison très bizarre, dite des "Omenoni" à cause des géants en forme de cariatides qui en ornent la façade (fig. 314).

Ce qu'il a laissé de plus remarquable dans la métropole lombarde, c'est le monument de Gian Giacomo de Medici, au Dôme.

Au XVIIe siècle, parmi les artistes les plus recherchés et les plus renommés, citons Gaspare Vismara, mort en 1 65 1 , après avoir travaillé au Dôme en qualité de premier sculpteur pendant au moins quarante ans ; Gian Battista Maestri, dit Volpino (j 1680), grandiose et sévère, notamment dans la statue de Sant' Aurea ; Carlo Simonetta (t 1693), académique et recherché (fig. 379); Stefano Sampietro (t1716); Dionigi Bussola, assez faible dans les sujets qui exigent de la vigueur, mais dont les formes féminines sont pleines de grâce, telle la statue de Santa Dorotea (fig. 322) ; enfin Giuseppe Rusnati (mort en 1713), avec lequel nous entrons dans le XVIIIe siècle (fig. 321).

Tout en conservant le style baroque, la sculpture s'affine et s'assouplit sous l'influence française des Coysevox, des Girardon, des Puget, des Coustou, etc. Une recherche plus soutenue de la grâce est ce qui distingue l'art du XVlir siècle de celui du siècle précédent *, c'est la qualité que les maîtres français, et surtout Girardon, avaient ajoutée à ta plastique italienne du XVIe siècle et â celle du Bernin au XVIIe. La sculpture de cette longue période continue à être ironiquement qualifiée de baroque " : mais, si la conception et la forme des œuvres prises une à une peuvent être

Fig. 320.

O. Tabacchi.

Sainte Marie Égyptienne.

(Milan, Dôme.)

FlG. 321. — G. Rusnati

Elisée.

(Milan, Dôme.)

(Cliché Lissoni.)

D. Bussola.

Sainte Dorothée.

(Milan, Dôme.) (Cliché Lissoni.)

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