DECADENCE DE LA PE
Borromeo, il exécuta de nombreux travaux en Lombardie ; il devait décorer la coupole du Dôme de Plaisance, lorsque la mort le surprit.
Dans la suite, la peinture lombarde s'alanguit de plus en plus, et la faible notoriété des artistes d'alors correspond vraiment à la médiocre importance de leurs œuvres. Tous ceux qu'on pourrait citer furent des virtuoses du pinceau, et rien de plus. Seul Fran-
INTURE LOMBARDE
Fig. 337. — D. Induno.
L'Antiquaire.
(Florence, Musée de l Académie.) (Cliché Alinari.)
d'ailleurs, a laissé à Milan, dans les palais Clerici, Archinti et Dugnani, sans parler de Saint- Ambroise, de merveilleuses décorations.
Quand plus tard, pendant la période française, Milan devint la ville la
Fig. 336. — Andréa Appiani.
Apollon et Daphné.
(Milan, Musée de Bréra.) (Cliché Brogi.)
cesco Londonio (1723-1782) mérite une mention particulière pour ses innombrables peintures pastorales ; comme animalier, il est digne d'être mis au même rang que Rosa da Tivoli et Castiglioni. Giuliano Traballesi (1727-1812), qui quitta Florence pour Milan, apporta dans ses œuvres décoratives une grâce et une souplesse en partie inspirées de Tiepolo (fig. 338) ; ce dernier,
Fig. 338. — G. Traballesi.
L'Amour et Psyché.
(Milan. Collection Cri ;;oni.) (Cliché Andcrsoii.)
LE NORD DE L'ITALIE
Fig. '5'5g. — A. Focosi.
Condamnation des Huguenots.
(Milan, Musée du Château.)
(Cliché MontaboneJ
plus importante de 1* Italie, le goût artistique changea de direction, et il y eut quelques peintres d'un vrai mérite, tels que Giovanni Bellati (1745- 1808), Giuseppe Mazzola (1748-1838) et Giuseppe Bossi(l 777-181 5), artiste élégant et très instruit (fig. 327).
C'est à lui, à Carlo Bianconi, critique d'art érudit, collectionneur infatigable, et à Andréa Appiani qu'est due l'initiative de l'admirable Pinacothèque de Bréra. Appiani fut, à Milan, le peintre le plus considéré et le plus célèbre pendant la période napoléonienne, le représentant parfait et convaincu du néo-classicisme, après Canova et David. Aussi est-il facile de comprendre qu'il réussit moins bien les sujets historiques ou sacrés que les sujets mythologiques (fig. 336), qui inspiraient surtout l'école dont il se réclamait. Mais on ne peut lui refuser un certain sentiment personnel et une exécution habile, grâce à laquelle il se distingue de ses contemporains et s'élève vraiment au-dessus d'eux. Ses portraits sont excellents ; il savait saisir dans ses modèles les traits qui accentuent la ressemblance et le caractère, sans négliger une rare dignité d'attitude et une grande sévérité de technique. Né à Bosisio, patrie de Giuseppe Parini, en 1 754, on l'envoya étudier à Milan, où il ne tarda pas à se faire remarquer par quelques portrajts. En 1 790, il obtint ses premiers grands succès avec sa Sainte Elisabeth et son Hercule entre le Vice et la Vertu, qui lui valurent la charge de peindre à fresque les peducci " de la coupole de Santa Maria presso San Celso. Esprit pratique et avisé, il sut faire son chemin dans la vie publique ; on le trouve successivement
membre du corps législatif Fig. 340. — C. -F. Nuvoloni. t 1 r> - i r • 1 •
LA Famille du Peintre. «la République cdprae
(Milan, Musée de Bréra.) (Cliché Anderson.) (I 797). électeur au Collège
PRIORITE DU ROMANTISME
Fig. 341. — Giovanni Segantini.
A la Fontaine.
des savants (1802), membre de l'Institut des sciences, lettres et arts, et conservateur de la Pinacothèque, d'où il avait su évincer Bossi. Ses œuvres les plus célèbres sont toujours les décorations du Palais Royal, qu'il ne put achever ; en 1813, il fut frappé d'un coup d'apoplexie qui le rendit incapable de tout travail pendant les quatre dernières années de sa vie. Après Appiani, les classiques produisirent peu ; aussi le romantisme remporta-t-il sur eux une victoire facile, grâce à la pléiade de peintres, dont le plus distingué est Francesco Hayez (de Venise) (Voir p. 94, fig. 168).
L'influence de ces tendances nouvelles fut considérable ; elle transforma ceux qui avaient été élevés à l'école des classiques. Cette empreinte romantique ne s'effaça jamais, même chez des artistes qui pourtant recherchèrent des effets nouveaux, à l'exemple de la France, ou à celui de Naples, où travaillaient avec une ardeur rajeunie, sinon avec des idées absolument neuves, Antonio Palizzi et Domenico Morelli. A Milan, comme dans tout le reste de l'Italie, la peinture resta plus ou moins romantique pendant tout le xix< siècle ; la littérature et le théâtre n'y contribuèrent pas moins que F. Hayez.
Il y eut alors de nombreux artistes de valeur, tels que Giovanni Carnevali, dit Piccio, très original (1804-1876), Aiessandro Focosi (1836-1869, fig. 339), Domenico et Girolamo Induno, — le premier (1815-1878) excellent dans les tableaux de genre (fig. 337), le second (1827-1890) qui traita avec bonheur les sujets militaires, — Federico Fa-
Fig. 342. — F. Faruffini.