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GIAN BATTISTA CRESPI

Fig. 332. — A. Figino.

Portrait

de Lucio Foppa.

(Milan, Musée de Bréra.)

(Cliché Anderson.)

tains et contradictoires, sur le père de Daniele Crespi, Gian Battista (1557-1 633), surnommé le Cerano, du lieu de sa naissance dans la province de Novare. Ils s'accordent pourtant à dire que, tout jeune, on l'envoya étudier à Rome et à Venise ; puis il se fixa à Milan, où il fut nommé peintre de la Cour et surintendant de tous les travaux du Dôme (de 1 629 jusqu'à sa mort). Le cardinal Borromée eut souvent recours à lui, et ses œuvres, tant de peinture que d'architecture, sont très appréciées. Dans ses compositions, il se montre avant tout le Novarais qui, depuis son enfance, avait eu sous les yeux les tableaux de Gaudenzio Ferrari ; si l'on veut découvrir en lui quelque chose d'étranger au style lombard, ce ne saurait être que de fugitives réminiscences de Federico Barocci et du peintre florentin Rosso. Celui-ci semble avoir inspiré le petit ange penché d'une façon plutôt incommode sur la grande viole, ses petites ailes bariolées palpitant sous l'effort; ce motif du grand tableau du Musée de Bréra est absolument délicieux. Mais le pinceau du Cerano est plus moderne que celui de Barocci et de Rosso ; avec lui font leur apparition les surfaces argentées et les transparences vitreuses, procédé qui triomphera dans la suite avec Giuseppe Maria Crespi, dit * 'l'Espagnol", et sera repris par PiazzettaetTiepolo.

A contempler les peintures des Procaccini et du Cerano, on est surpris de voir qu'elles ne doivent rien à l'influence académique de Federico Zuccari, qui travailla de 1597 à 1601 a Milan, ni au fier et sombre naturalisme de Michel- Ange Merisio de Caravage (1569-1609 ; fig. 335).

Il est vrai que ce dernier, nature violente et fantasque, ne tarda pas à quitter

Fig. 333. — Enea. Salmeggia.

Martyre de Saint Alexandre.

(Bergame, Académie Carra va.)

(Cliché I. I. dWrti Crajîchc.)

LE NORD DE L'ITALIE

Caravaggio et Milan pour chercher de l'ouvrage ailleurs, et ne trouver le plus souvent que des querelles et des déceptions ; mais il avait eu le temps de peindre en Lombardie des tableaux et des portraits, et sa manière, dune réalité tragique dans l'exécution, lui avait valu des admirateurs au sein même de cette école bolonaise qu'il combattait. Dans l'Italie méridionale, il forma des disciples fervents ; c'est lui qui suscita inconsciemment l'école qui prit le nom d'école napolitaine, et qui aboutit à Ribera, à Mattia Preti, etc. Autant qu'on en peut juger d'après les œuvres qui lui sont attribuées, Daniele Crespi échappa à l'influence du Caravage. Mais ces œuvres ne permettent guère de préciser sa personnalité artistique, tant elles sont différentes les unes des autres, tantôt rougeâtres, monotones, tantôt d'un coloris mal fondu et criard, tantôt d'une exécution menue et pénible, d'autres fois largement brossées de touches grasses et chaudes. Elève de son père et de Giulio Procaccini, Daniele Crespi peignit à la Chartreuse de Pavie et au Palais Ducal de Milan, et mourut de la peste en 1630, à peine âgé de quarante ans.

Il ne fit pas d'élèves, très différent en cela de Pier Francesco Mazzucchelli (1571-1626), dit le Moraz-

zone, à cause de son lieu de naissance, près de Varese. Pour celui-ci aussi, les renseignements font défaut : on sait qu'il alla pendant sa jeunesse à Rome, mais il est inexact qu'il y ait reçu l'empreinte des écoles de la fin du XVIe siècle. 11 s'est visiblement développé sous l'influence des maîtres lombards et bolonais, surtout de Camillo Procaccini.

Très protégé par le cardinal Federico

- f. londonio.

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