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LA FAMILLE DES CAMP! A CREMONE

Fig. 354. — G. -F. Bembo.

Vierge avec les Saints

Cosme et Damien.

(Crémone, Église San Pietro.)

(Cliché Alinari.)

le surnom de Pseudo-Boccaccino, subit aussi l'influence de Vivarini (fig. 357) ; quelques critiques, sans preuves certaines d'ailleurs, Font identifié avec le Nicolas d'Appiano, mentionné à la page 1 78.

Galeazzo Campi ( L477- 1 536) étudia lui aussi sous la direction de Boccaccio Boccaccino. Mais ni les excellents conseils de son maître, ni l'exemple du tableau du Pérugin ne parvinrent à le corriger de sa rudesse, sensible surtout dans les formes des personnages et dans un coloris rougeâtre. Des trois fils de Galeazzo, l'aîné, Giulio (1502-1572; fig. 352) surpassa les autres en noblesse et en force, quoiqu'il fût trop accessible à toute impression nouvelle. D'abord disciple du Romanino, nous le voyons peu à peu suivre le Parmesan, Lorenzo Lotto, le Titien, Dosso Dossi et enfin Jules Romain, dont l'idéal artistique est si différent de celui des précédents. Ses peintures sont très nombreuses, et dans beaucoup d'entre elles, mais non dans les dernières, on apprécie la force du coloris à la manière vénitienne, la grandeur de l'ensemble et l'énergie expressive du dessin.

Son frère Antonio, qui vécut dans la seconde moitié du XVIe siècle, fut un peintre moins habile, mais un artiste plus " universel ". Il est connu aussi comme architecte, sculpteur, cosmographe, historien. En peinture, il imite son père, il imite son frère Giulio, il imite le Corrège, puis Dosso, au point de le copier presque. Vincenzo Campi (1591), d'allures plus modestes et plus concentrées, évita les grands sujets historiques et sacrés et cultiva le portrait et les natures mortes, fleurs et fruits : il avait étudié les travaux

Fig. 355. S. Anguissola.

PORTR M l DE I \l ÎKI'R.

(Naples, Musée

LE NORD DE L'ITALIE

Fig. 356. — Crémone.

Escalier du Palais Dati,

construit par dattaro.

(Cliché Alinari.)

de Floris van Dyck et de Pierre Aertsz, dit Pierre le Long.

BernardinoCampiO 552-1 590), fils de Pierre Campi, orfèvre, travailla dans l'atelier de Giulio, puis passa dans celui d'Hippolyte Costa, à Mantoue, où il vit et imita les œuvres de Jules Romain. Plus tard, il fit preuve de goût en rejetant cette dernière influence pour s'adonner à l'étude du Corrège ; mais il ne s'assimila pas l'esprit de ce maître, tout en s'inspirant de lui au point de vue de la forme.

D'une activité prodigieuse, il décora quantité de localités de la Lombardie et de l'Emilie. A cette époque, naquit à Crémone Francesco Dattaro, architecte distingué,

auquel on doit l'escalier du palais Dati (fig. 356).

En 1899, il y eut, à p Crémone, une exposition d'art sacré, qui fit mieux connaître les artistes de cette cité, peut-être plus négligés de nos jours qu'autrefois, quand Zaïst (1774), GrasselH (1827) et Sacchi ( 1 872) s'en occupaient avec complaisance.

Cette exposition provoqua un regain de discussions et d'études, puis tout retomba dans l'oubli ; en général, les savants se désintéressent de Crémone, qui est comme perdue le long du Pô, loin des grandes lignes de chemin de fer. Et pourtant peu de villes peuvent se vanter de posséder un Dôme roman (fig. 358) aussi imposant que le sien, embelli çà et là des grâces de la Renaissance.

Cependant, de toute la Lombardie, la ville la plus remarquable

Fig. 357. — Pseudo-Boccaccino.

Vierge avec l'Enfant.

(Modène, Musée d'Esté.) (Cliché Anderson.)

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