PAV1E AU MOYEN AGE
Fig. 358. — Crémone.
Dôme et Grosse Tour.
(Cliché Alinari.)
après Milan est sans aucun doute Pavie. Comme Oxford par rapport à Londres, ou Padoue par rapport à Venise, elle constitue tout près de Milan un asile paisible pour les travailleurs intellectuels. L'intensité de la vie politique et commerciale, l'animation des rues et le luxe envahissant induisirent les Milanais, comme les Londoniens et les Vénitiens, à établir leur Université hors de leur ville fastueuse et bruyante.
Déjà célèbre dans l'antiquité, sous le nom de Ticinum, elle devint en 572 la capitale des Lombards, et prit sous leur domination le nom de Pâma. Ce fut dans la célèbre église de San Michèle Maggiore (fig. 359), reconstruite au XIe siècle, que furent couronnés Bérenger Iei, marquis du Frioul, Bérenger II, Arduin d'Ivrée, Frédéric Barberousse et dautres souverains allemands, auxquels Pavie resta fidèle jusqu'en 1360. A ce moment, Charles IV la céda à Galéas II Visconti. Celui-ci s'empressa d'y construire le Château
(fig. 361), remarquable encore aujourd'hui, quoique dépouillé d'une foule d'œuvres d'art ; on en admire la masse imposante et la belle cour aux ornements vénitiens. Un immense parc d'au moins onze milles de tour y était enclavé ; il servait à l'élevage et a la chasse de toutes sortes d'animaux. C'est dans une partie de ce parc que Jean Galéas Visconti commença la Chartreuse (fig. 360), pour accomplir un vœu de sa femme Catherine et pour satisfaire son propre désir d'avoir un palais pour y habiter, un jardin pour se divertir et une chapelle pour y faire ses
Fig. 35g. — Pavie.
San Michèle.
LE NORD DE L'ITALIE
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Fig. 36o.
— Pavie. — Chartreuse.
Façade.
(Cliché Alinari.)
dévotions". Ce fut Bernardo da Venezia, ingénieur et sculpteur sur bois, qui conçut en grande partie le plan et dirigea les premiers travaux de la Chartreuse de Pavie.
L'œuvre, dans son ensemble, avança très lentement ; si les progrès parfois étaient rapides, à d'autres moments les travaux étaient complètement abandonnés ; il en résulta des changements très considérables, non seulement dans la partie décorative, mais dans la conception même de l'édifice.
Une impulsion plus active fut donnée par François Sforza, principalement à la construction de l'église, tandis que les moines poussaient surtout à l'achèvement des cellules.
En 1453, Guiniforte Solari (f 1481) était nommé architecte de la Chartreuse ; sous sa direction et d'après ses dessins, on commença la façade de l'église (fig. 360, 365 et 364) ; on acheva les nefs et on termina les cloîtres (fig. 362), décorés de magnifiques terres cuites par Rinaldo de Stauris (de Crémone) (1464).
Quelques années après, mais encore avant l'arrivée d'Amadeo, nous trouvons sur les chantiers de la Chartreuse les Mantegazza et notamment Cristoforo. Celui-ci, dès 1463, fournissait des pierres
taillées pour les parois des nefs ; l'année suivante, on le retrouve avec De Stauris occupé aux travaux du petit cloître (fig. 362) ; puis, aidé de son frère Antonio, il sculpte le lavabo de la chapelle de la Madeleine ; enfin, en 1 473, toujours avec Antonio, il entreprend le grand travail de la façade de l'église (fig. 360, 364, 365).
Fig. 36i. — Pavie. — Château des Visconti.
(Cliché Alinari.)