LES RUINES ROMAINES EN LIGURIE
FlG. 424. — FlNALBORGO.
Castel Govone.
(Cliché A lin a ri.)
avec ferveur, et toujours largement récompensé, même quand elle l'a demandé à d'autres pays. Aussi la région mérite-t-elle d'être appelée artistique ; il suffit, pour s'en convaincre, de la parcourir sans idées préconçues et sans s'arrêter uniquement aux séjours de plaisir.
La Ligurie renferme de très belles ruines romaines, telles que les ponts sur le Bormida, à Millesimo, et sur le Centa, le monument funéraire appelé le Phare, au sommet d'une colline près d'Albenga, la curieuse tour destinée à servir de phare dans l'île de Bergeggi, le théâtre de Vintimille et les ruines de Luni. 11 reste aussi des constructions militaires du Moyen Age, à Gênes, la porte Soprana et celle des Vacca, les enceintes de Levanto, de Noli, de Monterosso et de Portovenere, les tours de Noli, d'Andora et de Portofino ; le château des Doria à Dolceacqua, ceux de Castelnuovo Magra, d'Arcola,
le Castel Govone à Fmalborgo (fig. 424), ceux de Sarzana, d'Appio, et surtout celui de Lerici, plus grandiose ; puis le baptistère (fig. 427) et la partie inférieure de la façade du Dôme d'Albenga (ce sont les constructions chrétiennes les plus anciennes de toute la Ligurie ; peut-être remontent-elles au Ve siècle) ; de remarquables églises romanes, telles que la Cathédrale et le baptistère de Vintimille, San Siro et son presbytère à San Remo, le Dôme de Gavi, l'église paroissiale de
Borzonasca, ornée à l'extérieur
riG. 425. — Rapallo. — Ruines j» 11
de l'Église de Valle Cristi. d arceaux supportes par de hauts (Cliché Mina ri.) piliers en saillie ; San Paragorio
Fig. 426. — Andora. — Eglise du Château. (Cliché Alinari.)
LE NORD DE L'ITALIE
de Noli, le couvent de l'île du Tino, les deux églises consacrées à San Bartolomeo, à San Pier d'Arena, et les ruines pittoresques de San Pietro à Portovenere, fièrement campées sur le bord de la roche noire qui surplombe la mer. Citons aussi les édifices où l'ogive s'est combinée avec le plein cintre roman, ou encore ceux où l'ogive a triomphé sans partage : l'église de San Giacomo et San Filippo, celle de Castello (fig. 426), à Andora, l'église en ruines de Valle Cristi, près de Rapallo (fig. 425), le Dôme d'Albenga déjà mentionné (fig. 428), les abbayes de Soviore à Monterosso, de Santa Maria del Tiglieto à Cervara, de San Fruttuoso avec les tombes des Doria (fig. 429), blottie entre les rochers, comme si elle craignait la fureur des flots ; celles de Levanto, de Riomaggiore et de San Salvatore à Cogorno (fig. 430), en face du Palais Fieschi, sur la petite place non loin de l'Entella, où coule sans cesse une eau fraîche entre les rangées d'arbres.
Les églises romanes et ogivales ne manquent pas à Gênes même : citons Santa Maria di Castello, San Donato, Saint-Cosme et Saint- Damien, Santa Maria délie Vigne, dont le cloître est du XIe siècle, l'intérieur de 1 586, la tour du XIIe siècle ; San Matteo sur une petite place à l'aspect vénérable, et San Giovanni Battista di Pré, dont on admire la crypte et le beau campanile ogival (fig. 434).
Dans tous ces monuments, le type qui prédomine est celui de la basilique; la façade comporte un tympan dont les rampants, soutenus par des piliers dessinés en saillies légères, sont bordés
Fig. 427. — Albenga. — Baptistère.
Fig. 428. — Albenga.
Cathédrale.
(Cliché Alinari.)