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LES MONUMENTS GOTHIQUES A GENES

d'arceaux boiteux. Une grande rosace s'épanouit en dessus du portail unique à simples nervures.

En général, les façades, les côtés et quelquefois aussi les parois intérieures sont revêtus de plaques de marbre blanc et noir.

Les clochers carrés se terminent ordinairement par une flèche polygonale, entourée de quatre aiguilles aux angles, suivant le style français ; cette influence se retrouve aussi dans l'ornementation du Dôme de Gênes, dédié à San Lorenzo, l'église la plus riche et la plus intéressante de toute la Ligurie (fig. 43 1 à 433). C'est à la fin du XIe siècle qu'elle est mentionnée pour la première fois, au moment où les croisés, conduits par Guglielmo Embriaco, étaient revenus d'Orient, porteurs de précieuses reliques. Elle fut consacrée en 1118. De cette époque datent, au moins en partie, les portes latérales et diverses sculptures représentant l'histoire de la Madone. L'influence française apparaît dans le basrelief placé dans la lunette de la porte principale, où l'ogive est d'une époque postérieure, peut-être du commencement du XIVe siècle. Ce bas-relief représente le Rédempteur dans la traditionnelle auréole

elliptique, entre les symboles des Evangélistes, dominant le martyre de Saint Laurent. La figure dite du Rémouleur"semble être de la même période ; il tient à la main le disque d'un cadran solaire ; quelques critiques reconnaissent à tort dans cette statue un saint portant une

meule, comme San Quirino Fig. 420. — Portofino. — Les Tombes /r jq^\

des Dorta, a San Fruttuoso. ^ «y {'

(Cliché Alinari.) Le Dôme, incendié en

LE NORD DE L'ITALIE

Fig. 43o. — Lavagna. — Basilique

de San Salvatore.

(Cliché Alinari.)

1 296, fut reconstruit à l'intérieur pendant les dix années qui suivirent, alors que triomphait l'ogive suraiguë (fig. 431). L'entreprise avait été confiée à l'architecte Marco (de Venise), le même peutêtre à qui l'on doit le cloître de San Matteo. Plus tard, en 1567, Galeazzo Alessi éleva la coupole.

Les deux siècles qui suivirent se signalèrent par de déplorables embellissements, et c'est en 1 896 seulement qu'a commencé une restauration générale de ce bel édifice.

Parmi les anciens palais de Gênes, un des plus caractéristiques est celui de San Giorgio (fig. 435), fondé peu après le milieu du XIIe siècle, réparé au siècle suivant, agrandi en 1571, sauvé de la destruction et restauré en ces dernières années. Deux étages s'élèvent au-dessus du portique ; le premier a des fenêtres à trois meneaux ; au second, elles sont à deux meneaux ; au sommet, se dressent des créneaux.

Plus tard, les portes sculptées, dont nous reparlerons sous peu,

acquirent une grande richesse :

dans l'architrave furent représentés des sujets sacrés : Y Adoration des Mages, Y Annonciation et plus souvent Saint Georges (fig. 423 et 440).

Tous les monuments ligures cités jusqu'ici et beaucoup d'autres moins intéressants, partant moins connus, témoignent de la persistance des influences étrangères, auxquelles il a été fait allusion dès le début du chapitre. L'influence française n'est pas moins visible dans la voûte de l'église San Michèle à Vintimille que dans les sculptures du Dôme de Gênes.

Fig. 43i. — Gênes. — Intérieur

de la Cathédrale San Lorenzo.

(Cliché Noack.)

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