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LA PESTE DE GENES

Fig. 469.— G.-B. Carbone.

Portraît.

(Rome, Musée National.)

(Cliché Andersen.)

à l'éclat des couleurs ; l'ensemble forme un vrai chef-d'œuvre.

Mais retournons au Baciccia, qui nous paraît, dans plusieurs de ses œuvres, le plus remarquable des artistes génois formés à l'école de Rome ; il y vécut assez longtemps et y exécuta de très grandes fresques.

Seule son enfance s'écoula à Gènes, et il n'y apprit que les'rudiments du dessin, puisque, à peine âgé de quatorze ans, il trouva moyen de s'embarquer pour Civita-Vecchia et d'aller à Rome. Là il contracta un engagement avec un peintre français, qui lui faisait copier ses œuvres ; mais la fortune ne lui sourit qu'à partir du jour où il devint le protégé de celui qui fut le grand arbitre de l'art à Rome, à cette époque, le Bernin. Il peignit d'abord divers portraits et de petits tableaux d'invention, puis des tableaux d'autels, des décorations de coupoles et de voûtes (fig. 465). Son œuvre la plus considérable de toutes manières est la voûte de l'église du Gesù, à laquelle il travailla au moins quinze ans. Il y représenta le Triomphe du nom de Jésus, avec une multitude d'anges et de saints qui s'agitent au milieu des vibrations de la lumière et du chatoiement

des couleurs, au-dessus de nuages frangés d'or ; leurs lignes se fondent en vapeurs légères dans un cadre architectural, sur lequel il leur fait projeter leurs ombres fuyantes. Il serait d'une critique mesquine de rechercher si ces raccourcis, nombreux et très difficiles, présentent

quelques défauts. Le Ba- Fig. 470. — G.-B. Castiglione. ♦ 1

Jeune Femme et son Fils. CICC,a n est certes Pas le

fXapies, Musée National.) (aichè brogi.) Corrège, mais son oeuvre

LE NORD DE L'ITALIE

Fig. 471. — N. Barabino. — La Navigation. (Gênes, Palais Communal.) (Cliché Brogi.)

surpasse en vigueur et en agrément toutes celles du même genre qui ont été exécutées à Rome vers cette époque. Le Triomphe de l'Ordre de Saint François, peint ensuite par lui à la voûte de l'église des Saints- Apôtres, est inférieur à bien des égards. On

s'aperçoit que le talent du Baciccia déclinait avec les années ; sans doute la douleur qu'il éprouva du suicide de son fils et de la mort du Bernin, son heureux conseiller, fut pour beaucoup dans cette décadence. Mais il ne faut rien exagérer : même à un âge avancé, il produisit encore des œuvres excellentes. On l'admirait aussi comme portraitiste, et avec raison. Dans le portrait de Clément IX, où se retrouve la manière de Velasquez, il a reproduit les traits caractéristiques et le sentiment avec une telle sûreté, une si parfaite élégance de forme et de touche, que ce tableau n'est guère inférieur aux portraits du grand maître espagnol (fig. 468).

Au début du XVIIIe siècle, Giuseppe Palmieri (1674-1740) s'inspira de Castiglione et s'attacha surtout à peindre des animaux ; mais, si son coloris était bon, il dessinait mal. L'influence de Castiglione s'exerça aussi sur l'irascible Pier Paolo Raggi (1646 ?-l 724), auteur de bacchanales tumultueuses, et sur Carlo Antonio Tavella, dit " le Solfarolo " ( 1 668- 1 738), né à Milan, où il étudia sous Tempesta ; mais il fit sa carrière à Gênes. Alessandro Magnasco, dit Lissandrino" (1 681 - 1 742), fut un artiste actif et aimable ; en quelques coups de pinceau il savait animer d'une ardeur insolite ses petits personnages élancés, campés sur des fonds de ruines et de paysages, illuminés de lueurs imprévues qui s'opposent à de larges taches d'ombre (fig. 464).

Cependant, depuis quelque temps déjà, l'école génoise avait sombré au milieu des influences les plus disparates. L' Accademia Ligustica " ne réussit pas à la relever, quoique, plus tard, au XIX siècle, elle ait suscité quelques bons artistes : Santo Bertelli, qui a laisssé des fresques appréciées à Arenzano, et Nicole Barabino de San Pier d'Arena (1831-1891), établi à Florence, mais qui ^__ 256 —

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