MOSAÏQUES
sentent la forme des édifices religieux à trois nefs ; le dôme seul en comptait cinq.
Le tombeau de Théodoric (fig. 6) offre une disposition particulière.
Construit en blocs carrés, taillés avec précision et posés à joints sans mortier, il comprend deux étages ; l'étage inférieur, décagonal, montre sur chacune de ses dix faces une vaste niche
Fig. 12. — Ravenne. — Vierges. Mosaïque
de Sant' Apollinare Nuovo.
(Cliché Alinari.)
ménagées dans l'épaisseur du mur. On a prétendu que, vis-à-vis de ces dixhuit lunettes, se trouvait un nombre égal de voûtes et d'arcs soutenus par des colonnettes disposées sur le bord du balcon et formant un portique circulaire autour de l'édifice.
Nous croyons que ces arcs et ces cavités supportaient non un balcon praticable,
Fig. ii. — Ravenne. — Sant' Apollinare
in Classe. Mosaïque de l'abside.
(Cliché Alinari.)
surmontée d'un arc, formé de onze claveaux dentés et soutenus par des piliers massifs. Dans l'une des niches, à l'Ouest, s'ouvre la porte d'une salle en forme de croix.
A chaque face, sauf à celle où s'ouvre la porte, correspondent à l'étage supérieur deux lunettes
. i3. — Ravenne. — Theodora.
Mosaïque de Saint- Vital.
(Cliché Alinari.)
LE NORD DE L'ITALIE
Fig. 14. — Ravenne. — Saint-Vital et tombeau de gallia placidia.
mais une simple décoration architecturale en relief adhérant au mur, dans le genre des pilastres et des arceaux qui ornent les autres monuments de Ravenne. Et ceci fait hésiter à rapprocher la rotonde des sépultures de Syrie :
ici encore apparaît l'influence romaine. L'intérieur de l'étage inférieur rappelle l'édifice romain de San Germano (mont Cassin), converti en église du Crucifix, plusieurs tombes de la voie Appienne et surtout la construction que Giuliano da San Gallo vit et dessina vers 1517, à Capua vecchia ". Ce n'est pas seulement l'art chrétien du Ve et du VIe siècle qu'il faut étudier à Ravenne, mais aussi celui des siècles suivants, jusqu'au XIIe; il s'y révèle dans de très curieux édifices qui démontrent comment l'art byzantin, en perdant quelques-uns de ses caractères, en a insensiblement acquis d'autres, pour aboutir à l'art roman. Contrairement à ce qu'on a prétendu jusqu'ici, les cryptes et le palais dit de Théodoric ne sont que des constructions tardives élevées entre le VIIIe et le XIIe siècle. On supposait, autrefois, que les campaniles de Ravenne dataient, comme les églises, du Ve et du VIe siècle ; on admet aujourd'hui que ces campaniles, ajoutés après coup, sont de beaucoup postérieurs. Leur construction a été l'occasion de remaniements de toutes sortes ; leur emplacement varie d'église en église, preuve qu'ils ne figuraient pas sur le plan primitif et qu'on les a érigés plus tard dans n'importe quel espace
d. 1.1 . Fig. i5. — Ravenne.
emeure libre. > Saint-Vital.
Enfin leur construction n est pas (Cliché AUnari.)