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L'ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE. LA SCULPTURE JUSQU'AU XIX- SIÈCLE

MULTIPLICITÉ DES FOYERS DE RENAISSANCE EN EMILIE. — R1MINI : SIGISMONDO MALATESTA ET L.-B. ALBERTI. — LES ARTISTES VÉNI- TIENS EN ROMAGNE. — FERRARE SOUS LES PRINCES D'ESTE. — BO- LOGNE: LES ARCADES; LES ÉDIFICES DU XV« ET DU XVF SIÈCLE. — LES SCULPTEURS : NICCOLO DALL' ARCA ; GUIDO MAZZONI ; A. BEGARELLI ; A. LOMBARDI : CLEMENTE

LE printemps de la Renaissance, en passant sur l'Emilie, y a laissé des fleurs jusque dans les coins les plus reculés. Il n'est pour ainsi dire pas de bourg, de château, ou de cité, où l'on n'en retrouve des traces, encore ornées de .leur grâce inimitable. Nous avons déjà dit qu'aucune région de l'Italie n avait possédé autant de cours souveraines que l'Emilie. Si celles de la famille d'Esté et des Bentivoglio ont été prépondérantes, elles n'ont pas enlevé aux autres la gloire d'une action intense et continue en faveur des lettres et des arts.

Voici, au-dessus de Reggio, le château de Scandiano, que Matteo Maria Boiardo, plus que tous les peintres, a peuplé des visions fantastiques de son Roland amoureux, et la Citadelle de Castelvetro, enrichie de palais par les Rangoni ; voici le château de la Mirandola, où Giovanni Pico s'exerça, grâce â une science prodigieuse, à discuter les thèses les plus ardues et â combattre de vieilles superstitions féroces ; puis le grand château de Carpi (fig. 497), qu'Alberto Pio fit décorer par Bernardino Loschi, tandis que, dans la cité embellie et

LE NORD DE L'ITALIE ~ fortifiée,

Fig. 496. — Cesena. — Bibliothèque des malatesta.

(Cliché Alinari.)

il élevait San Niccolô d après le plan de Baldassarre Peruzzi ; voici Correggio, au palais si élégant, orné de loggie et de ciselures de marbre sur Tordre de Françoise de Brandebourg, comme pour le préparer à recevoir la toute gracieuse Veronica Gambara ; voici Novellara et la forteresse où Francesco Gonzaga et Costanza Strozzi se consacrèrent à la protection des arts et à la piété ; Guastalla, où l'esprit fantasque et violent d'Achille Torelli retrouva Je calme en s'occupantbde la construction de son palais ; puis c'est l'édifice superbe de Montechiarugolo, témoin de l'heureuse jeunesse de Barbara Torelli, célébrée par l' Arioste ; plus loin Cortemaggiore, que Gian Lodovico Pallavicino agrandit et dota d'une forteresse et de deux magnifiques églises, Santa Maria délia Natività et délie Grazie, œuvre achevée par son fils Orlando, qui invita le Pordenone à les orner de peintures ; voici les châteaux de Torchiara (fig. 499) et de Roccabianca, d'une superbe architecture, décorés par Pier Maria Rossi avec un goût parfait et où, sur son ordre, des peintres de Crémone représentèrent des histoires d'amour avec des allusions à sa bien-année Bianca Pellegrini ou à la douce Griselda de Boccace ; puis la forteresse de Fontanellato, où les Sanvitale appelèrent le Parmesan pour qu'il y retraçât l'histoire de Diane et d'Actéon ; voici enfin Busseto, toujours fidèle, de siècle en siècle, aux Pallavicini, qui y élevèrent la forteresse, les murs, aujourd'hui en ruines, et des églises remarquables.

Fig. 497. — Carpi.

■ Château de la famille Pio.

(Cliché Dell' Emilia.)

Fig. 498. — Forlî. — Palais

DU PûDESTA.

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